[Marathon]Le Desert Bus de l’Espoir 2021 termine sur un record de dons

Après une année 2020 perturbée par le Covid, Le Desert Bus de l’Espoir était de retour dans les locaux de l’association Petits Princes avec une édition « hybride », avec invités en plateau et d’autres à distance. Les parrains de cette année étaient Carole Quintaine et Donald Reignoux. L’événement, qui avait lieu pendant 60 heures depuis vendredi, était organisé par Loisirs Numériques et vient de se terminer avec un record de dons, le compteur affichait 70 390 euros lors de l’arrête du stream.

Un record qui va permettre à l’Association Petits Princes de réaliser encore plus de rêves d’enfants et d’adolescents gravement malades.

Et je vais rappeler le principe de ce marathon caritatif : il s’agit de jouer à un jeu, Desert Bus, qui fait partie de la compilation Smoke & Mirrors conçue par le duo Penn and Teller et qui aurait dû sortir sur Mega-CD,l’extension de la Megadrive, mais cela ne s’est jamais produit. Le principe est simple, on conduit un bus, vide, sur une route, toute droite, entre Tucson et Las Vegas, et le voyage dure huit heures. Les seules distractions sont un mini-sapin qui tourne, quelques panneaux « stop » et un moustique qui s’écrase au bout de cinq heures environ. Et il ne faut pas s’arrêter, sinon, il est quasiment impossible de redémarrer et une dépanneuse nous ramène en temps réel à notre point de départ! Les concepteurs voulaient démontrer que si un jeu s’avérait aussi réaliste que dans la vraie vie, ben, ce serait clairement chiant. Desert Bus porte d’ailleurs le titre de « jeu le plus ennuyeux du monde ».

Mais c’est aussi un jeu qui sert pour une bonne cause: celle de permettre aux enfants malades de réaliser leurs rêves. Et ça, c’est bien. Vivement l’édition 2022 pour faire… encore mieux!

[Coup de gueule]Easy Mode

Je ne sais pas pour vous, mais moi, il y a des fois où le monde du jeu vidéo me dégoûte un peu. Je ne suis pas adepte du «c’était mieux avaannt» par ce que ce n’est pas forcément vrai. Et comme tout média, les jeux vidéo ont aussi leurs marronniers bien à eux. La bataille Mario VS Sonic c’est un peu dépassé, il faut le dire, mais l’un d’eux revient régulièrement depuis pas mal d’années: la difficulté dans les jeux vidéo.

Le débat est revenu ces derniers jours, avec la sortie de deux jeux réputés difficiles: Shin Megami Tensei V et la version Beta jouable de Elden Ring, qui sort lui en février prochain. Pour tout vous dire, ça me gave. Ca me gave de voir que certains justifient les jeux difficiles en disant que c’est normal d’en baver et que ce n’est pas normal que les développeurs puissent y inclure des options permettant de faciliter le jeu où une meilleure accessibilité. C’est vrai, les Dark Souls ne vous font aucun cadeau en cas d’erreur. C’est vrai aussi, les jeux From Software ne sont pas réputés en général pour faciliter la vie des joueurs. Il en est de même pour Atlus et ses Shin Megami Tensei ( dont Persona en est le spin-off et NON L’INVERSE, c’est toujours bon de le rappeler).

Et pourtant, je suis quelqu’un qui a 30 ans de gaming dans les pattes. Je suis quelqu’un qui en a bavé sur certains jeux, qui n’en a pas terminé d’autres à cause d’une trop grande difficulté quand il était gamin. Un exemple tout simple : Ecco The Dolphin et sa suite. Qui aurait imaginé qu’un jeu avec un dauphin ferait baver des millions de gosses? Si vous saviez ce qui se cache derrière ce jeu, vous seriez surpris, je ne dis que ça.

Mon avis sur la question ? Chacun(e) est libre. Libre de jouer à ce qu’il veut. Libre de jouer à un jeu difficile s’il en a envie. Libre de baisser la difficulté d’un titre s’il en ressent le besoin. Parce que où est le plaisir s’il se transforme en frustration? Doit-on vraiment péter les plombs devant un obstacle devant un simple JEU vidéo ? Nous ne sommes pas tous des pros de shoot’em ups hardcore. Peut-être que c’est barbant à force de resusciter ses compagnons gérés par l’IA et qui meurent de nouveau immédiatement après… Nous n’avons pas tous la même patience.

Je suis quelqu’un qui s’énerve facilement à force de ne pas y arriver parfois. Alors oui, il m’arrive de jouer en mode facile. Parfois pour gagner du temps, d’autres pour passer un boss qui me mettait la misère dans un mode plus élevé. Mais je suis aussi quelqu’un qui considère que le mode facile d’un jeu permet également d’appréhender plus rapidement les mécaniques des jeux. D’ailleurs, dans certains jeux (les Disney notamment) ce mode porte le nom de « practice » ( qu’on pourrait traduire par « exercice » ou « entrainement »). Donc ces modes ont une utilité: apprendre à jouer avant de passer à une difficulté supérieure. Et jouer dans ces modes ne doit aucunement priver les joueurs de pouvoir finir un jeu. Coucou Streets of Rage 3, dont la version occidentale a une difficulté abusée pour des raisons souvent indéfendables… Mais croyez-vous que les speedrunners jouaient d’emblée aux modes de jeu les plus difficiles avant d’arriver à faire leurs performances?

Et jouer en mode facile ne signifie pas pour autant que le soft sera une promenade de santé. Dans SMT III, le mode « permissif » du remaster HD PERMET certaines choses, mais ne veut aucunement dire que vous le terminerez facilement. Idem pour le « Continue Service » des jeux de baston SNK. Ca offre un « avantage » » aux joueurs, mais ça ne veut pas dire que le dernier boss d’un KoF se fera battre en un seul coup de poing.

Jouer en mode facile ne diminue t-il pas le sentiment d’accomplissement d’avoir réussi quelque chose ? Je ne le pense pas. Les jeux vidéo doivent être accessibles à tous. Jamais je ne blâmerai quelqu’un qui désire progresser plus facilement dans un jeu en abaissant la difficulté. Je préfère même cela plutôt qu’il/elle soit dégoûté(e) de ce loisir à force de ne pas y arriver.

J’estime que plutôt de nous tirer dans les pattes pour une histoire de difficulté et se la jouer élitiste parce qu’on a fini un titre difficile, nous devrions nous unir contre ceux qui voudraient que ce loisir disparaisse de l’espace culturel. Ca, c’est un combat qui vaudrait le coup d’être mené, vous ne trouvez pas ?

[Jeux vidéo]Quelques jeux pour Halloween?

Halloween est à la base une fête païenne importée aux Etats-Unis par des migrants irlandais au XIXè siècle. C’est l’époque de l’année où la lumière du jour commence à vraiment diminuer, celle du passage à l’heure d’hiver, et aux nuits longues et aux brumes parfois persistantes, surtout par chez moi, entre Val de Loire et Sologne. Je vous assure qu’on se croirait au mieux dans un jeu Nintendo 64 sans RAM-Pack et au pire dans Sleepy Hollow. Mais je ne vais pas vous faire la météo, ni un cours d’histoire…Non , je vais vous parler des jeux qui sont en rapport avec la période, qui ne sont pas forcément d’horreur, même s’il y en a quelques uns, bien entendu. Toutefois, cet article ne saurait être exhaustif.

On commence avec celui que je refais chaque année, MediEvil. Le premier vous place dans ambiance où sorcellerie, magie, monstres et potirons se côtoient, sans compter que le héros, Sir Daniel Fortesque, est un squelette ambulant. Un ambiance magique et fantastique, dans un jeu très bien réalisé aux musiques envoûtantes et un doublage des voix en français hilarant, malgré une certaine raideur dans la jouabilité. Si vous désirez en savoir plus, vous avez une critique du jeu sur ce blog.

Restons sur PS1 avec Nightmare Creatures. Cette fois, les créatures maléfiques ont envahi les rues de Londres, menées par le diabolique Adam Frowley. Vous pouvez incarner un homme du nom d’Ignatius, ou une femme qui s’appelle Nadia. Ces deux exorcistes devront mettre fin aux plans de Frowley en combattant dans chaque recoin de la capitale anglaise, même les plus mal famés. Un bon jeu, pas évident qui a malheureusement moins bien vieilli que MediEvil, mais qui propose là encore de jolies musiques faites par Frédéric Motte, ainsi que de jolies idées de gameplay. A refaire pour le souvenir de Kalisto, une ancienne boite française qui n’est hélas plus. Le jeu aura toutefois droit à une suite.

Mais bien évidemment, je vous entends tous crier « Et Resident Evil, alors ? ». Je vous rassure je n’ai pas oublié. Bien qu’Alone in The Dark ait posé les jalons du jeu d’horreur en 3D quatre ans avant lui, Resident Evil reste un incontournable du genre, ainsi que le deuxième épisode. Ce sont les deux qui restent, à mon sens, portés sur l’horreur et le glauque, la série prit après un tournant action malgré un RE 4 de très haute tenue. Mais là encore, il n’est pas évident de se replonger dans ces jeux avec la jouabilité raide de l’époque et ses plans de caméra fixes. Je vous recommande donc de les faire en version Remake, vous ne regretterez pas l’investissement.

Et on ne pouvait pas non plus oublier la saga Silent Hill. Née en 1999 sur PS1, avec un très bon épisode, ce seront surtout le 2 et le 3 qui marqueront les joueurs, de par leur ambiance étouffante, leur histoire, les antagonistes (coucou Pyramid Head) et surtout, cette saga instille la peur par les grésillements d’une radio lorsque des monstres sont proches. Ces deux softs macabres ont marqué à raison, les joueurs et ont supplanté bien des jeux de leur époque. Je ne vous ai pas parlé des musiques d’Akira Yamaoka, qui sont excellentes. Le 2 fait partie des jeux qui m’ont donné envie de m’acheter la PS2. Et je n’ai qu’un regret : qui sait ce que P. T. aurait pu donner, si le projet était allé au bout ?

Et pusiqu’on évoque les belles heures de Konami, restons-y. Refaire un Castlevania est toujours une bonne idée, mais encore plus lors d’Halloween : ambiance gothique, monstres mythiques et on affronte Dracula à la fin. La saga de la famille Belmont et de ses descendant a souvent fait l’objet d’un soin particulier et s’accorde parfaitement avec l’ambiance de la période. N’étant pas un spécialiste de la série, je ne peux vous dire quels sont les épisodes à éviter, je sais juste qu’il y en a quelques uns qui n’atteignent pas les critères de qualité.

Je vais maintenant évoquer un jeu étrange paru sur PS2, du nom de Forbidden Siren. Il faut avoir le cœur bien accroché, car là, c’est vraiment, mais alors vraiment glauque. Après un rite sacrificiel ayant tourné au désastre, une rivière de sang inonde un village lorsqu’une sirène retentit peu avant minuit. Les habitants y vont et ressortent transformés en « Shibitos », autrement dit des morts-vivants. Vous jouez à tour de rôle les différents survivants, dix au total qui tentent de survivre pendant trois jours au désastre. Le titre a donc une narration éclatée. Cependant, tous disposent du don de vision, qui permet de voir à travers les yeux des monstres, donnant un aspect tactique au jeu. Un titre dont la fin m’a traumatisé, mais genre vraiment. Et dire qu’il en existe deux autres épisodes… Mais au fond, il n’y a qu’une sirène qui hurle…

On se détend un peu avec la saga Vampire/Darkstalkers. De très bon jeux de combat en 2D sur PS1 de Capcom, pas vraiment horrifiques, mais qui proposent des créatures folkloriques de l’horreur et de la nuit, telles que des vampires, une momie, un loup-garou ou même une succube. Une ambiance gothique qui sied très bien à l’ambiance d’Halloween, je trouve, aidée par une belle réalisation et une jouabilité exemplaire. Ces jeux méritent largement d’être redécouverts. Si vous parvenez à les trouver, bien entendu…

Je ne peux que vous conseiller Deadly Premonition, qui peut rentrer dans la catégorie. Les aventures de Francis York Morgan à Greenvale s’inspirent grandement de Twin Peaks, l’horreur en plus. Les meurtres sont particulièrement sanglants, l’ambiance poisseuse à plsuieurs moments et les scènes d’action sont tirées tout droit des anciens Resident Evil. Cependant, l’ambiance, les thèmes, l’histoire et le héros sauvent un gameplay qui est pour le coup franchement daté. Mais malgré ses imperfections, Deadly Premonition reste un titre qu’il faut avoir dans sa collection. Et comme l’indique la photo, oui, j’ai deux versions du jeu, et si vous le pouvez, privilégiez la version PS3 : un peu plus jouable et surtout, avec des pans d’histoire supplémentaires. Pour plus d’infos, reportez vous à ma critique.

Vous aimez Alice au Pays des Merveilles et sa suite ? Moi aussi. Mais là, je vous parle d’American Mc Gee’s Alice, et d’Alice : Retour au pays de la folie. Ah, c’est certain, nous sommes très loin de la version Disney de l’histoire de Lewis Carroll. Ici, vous incarnez une Alice Liddell prisonnière de sa propre folie, un conte bien sanglant et horrifique, lugubre, et gothique. Deux jeux à redécouvrir, dont je ne comprends pas certaines critiques assassines. Ils sont loin d’être parfaits, mais peuvent maquer les esprits par leur ambiance. Une bonne variation sur Alice.

Bien évidemment, le RPG a aussi ses représentants horrifiques, et le meilleur exemple qui me vient en premier n’est autre que… Parasite Eve. Un RPG fait par Squaresoft dans lequel vous incarnez Aya Brea, une policière new-yorkaise qui va vivre une semaine littéralement d’enfer. En effet, alors qu’elle assiste à un opéra au Carneggie Hall, tous les spectateurs prennent feu, sauf elle. Que s’est il passé ? Aya se lance sur les traces d’Eve, ou plutôt de Melissa Pearce, la cantatrice responsable du carnage, et en apprendra plus sur les mitochondries, les manipulations génétiques. Le jeu se termine dans une explosion d’horreur, avec une histoire qui marquera les joueurs. Le titre est très bien réalisé : de jolis graphismes, des musiques restituant une ambiance oppressante assurées par Yoko Shimomura et un système de combat qui sera sans doute repris ensuite en partie par Vagrant Story.

Il faut savoir que le soft est à la base un roman de Hideaki Sena, qui a reçu des prix littéraires au Japon. Une traduction en anglais de celui-ci existe.

Parasite Eve en jeu vidéo donnera lieu à deux suites : Parasite Eve 2, qui se rapproche de la saga Resident Evil, et qui sortira chez nous, alors qu’on attend toujours pour le premier, et The Third Birthday sur PSP.

Et dans le même genre, impossible de ne pas mentionner Koudelka et les deux premiers Shadow Hearts. Ces titres sont liés par des éléments du scénario, que je ne dévoilerai pas ici, mais qui offrent certains moments d’horreur (le village cannibale du premier, par exemple), des ambiances gothiques et crépusculaires et surtout un certain rapport à l’histoire des hommes, notamment à la Première Guerre Mondiale. Impossible d’oublier Yuri, Alice, Karin, et les autres, dont la famille Valentine. Si Koudelka est perfectible dans son système de combat, SH réparera cela avec un système génial du nom de « Roue du jugement » qui s’améliorera d’épisode en épisode. Il vous faudra donc être rapide et précis. Dommage toutefois que le troisième Shadow Hearts: From The New World, abandonne l’ambiance purement horreur, même s’il reste, à mon sens, très bon.

Mais là, je ne vous ai parlé que de jeux rétro. Alors je vais vous parler de jeux plus actuels qui sont aussi dans le thème. Les références du genre , actuellement, sont Visage et Outlast, deux jeux qui s’avèrent à la fois terrifiants et très efficaces dans leur genre. Et les sites et magazines les ont plutôt bien notés, donc si vous aimez… Ou pourquoi ne pas tenter Phasmophobia, à plusieurs dont j’ai vu plusieurs streamers y jouer. Et la série des Project Zero (Fatal Frame au Japon) est revenue ces derniers jours avec le cinquième épisode, La prêtresse des eaux noires, qui est désormais sorti sur Steam. La saga, qui est d’abord apparue sur PS2, consiste à photographier des fantômes… Mais il faut là encore avoir le cœur bien accroché.

Je citerai aussi Until Dawn, un thriller où beaucoup de vos actions auront des conséquences, notamment de faire mourir vos personnages. Et dans le genre oppressant, Alien Isolation se pose en maître du genre. Comprendre : vous êtes seul, et traqué par le xénomorphe. Un jeu imparfait mais qui respecte le matériau d’origine, notamment le premier film de 1979, où on ne voit pas la bête de quasiment tout le film.

Évidemment, il existe des jeux d’horreur à proprement parler, comme Agony par exemple. Un tel ratage, je me demande encore cela a pu être possible. Une horreur technique et ludique, qu’elle reste comme une référence du genre, sauf que là, c’est tout sauf flatteur. La presse ne s’y trompera pas et vouera à juste titre le jeu aux gémonies (expression de boomer, je sais)pour qu’il retourne dans les cercles de l’Enfer de Dante. Je n’en connais pas d’autres, mais il doit bien exister d’autres softs comme ça…

Enfin, je vais terminer sur un point accessibilité. Les jeux d’horreur, qu’ils soient actuels ou rétro, ne s’adressent pas forcément à tous, notamment aux hypersensibles. Évitez les si vous ne vous sentez pas bien. Ne vous forcez pas à terminer si jamais vous voyez que ça ne colle pas ou que vous avez trop peur. Prenez votre temps. Peut-être serait il temps de prendre en compte cela lors de l’élaboration d’un jeu. Cela commence toutefois à bouger un peu et c’est une bonne chose. Cependant, pas mal de jeux dont j’ai parlé dans cet article devraient convenir à tout le monde.

Voilà, en espérant que ce petit tour non exhaustif vous aura plu.

[retrogaming] Sonic & Knuckles a passé tous les tests, sauf un

Mega Force était enthousiaste

Le 18 octobre 1994, Sonic & Knuckles sortait sur Mega Drive. Le jeu est en réalité la deuxième partie de Sonic 3, sorti le 2 février de cette même année, qui avait été divisé en deux pour des questions de délai. Conscient que le jeu s’enchainait directement, Sega a mis au point un adaptateur sur la partie supérieure de la cartouche, appelée « Lock-On ». Le but premier de cela était bien entendu de jouer au véritable Sonic 3, ce qu’aurait dû être le jeu à la base, et pour lequel Sega avait demandé aux équipes de se lâcher. Le jeu devenant alors Sonic 3 & Knuckles. La partie Sonic 3, à la fin de Launch Base, enchainait alors directement avec le début de Sonic & Knuckles, qui était lui aussi jouable en solo. De fait, Tails pouvait par ce système explorer la partie S& K et Knuckles la partie Sonic 3. Le nombre d’émeraudes à récolter passe alors de 7 à 14. Je ne vais pas refaire la critique que j’ai rédigée il y a deux ans, mais Sonic 3 & Knuckles demeure un des plus grands jeux de plateformes de son époque, rivalisant sans mal avec un Mario.

Internet n’étant pas encore dans les foyers français, je me reportais à la presse papier pour me renseigner sur les jeux du mois. Comme quoi l’argent de poche ça servait… Et justement, les journalistes français sont pour la plupart, enthousiastes. Consoles + adjuge 93% à S& K, louant l’intérêt du jeu seul, le qualifiant de « petite bombe » qui devient « atomique » couplé avec Sonic 2 ou 3. Player One lui octroie un 95% disant que  » le système mérite bien des éloges ». SuperSonic un magazine spécialisé Sega, adjugera allez, un bon 92% louant l’intérêt du lock-on bien que soulignant le peu de nouveautés par rapport à Sonic 3 et Méga Force, le magazine de référence des consoles Sega de l’époque, un 93% avec un testeur enthousiaste : « comment pourrais-je critiquer un tel chef d’oeuvre ? » « j’en reste sans voix! «  louant là aussi le concept du lock-on.

Bref, toute la presse de novembre/décembre 1994 est enthousiaste. Toute? Non! Il y a un magazine qui n’a pas apprécié plus que ça Sonic & Knuckles, et pas des moindres : il s’agit de Joypad. Testé par un certain « Judge Dredd » , (qui n’est apparemment pas resté très longtemps à la rédac), le jeu se fait descendre. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais le testeur n’a visiblement pas compris le système du Lock-On. Ni même pris en compte que le jeu solo propose un contenu équivalent, voire légèrement supérieur à celui de Sonic 3. La notation s’en ressent : 11/20 en graphismes… Il se moque de qui, sérieusement ? Pour lui « seuls trois niveaux méritent le détour, et encore je suis gentil ». Euh mec, ils sont dans la continuité de Sonic 3, donc fouillés, colorés et fins, et si tu voulais souligner un manque de renouvellement des univers, ce n’était pas une raison de le descendre ainsi. Il y a même certains effets qui relèvent de la prouesse sur la console ! Et quid de la narration, qui prouve qu’un jeu n’a pas forcément besoin de textes pour raconter une histoire?

Joypad beaucoup moins.

Dans la même veine, 12/20 en note sonore : « manque d’originalité sauf Sandopolis. Où sont les bruitages, au fait ? » En fait, il a joué sans le son, c’est ça ? En réalité, je pense qu’il n’a pas compris que le jeu était dans la continuité de Sonic 3 et que s’il voulait quelque chose de vraiment différent, ce n’était pas avec ce jeu qu’il allait l’avoir. En témoigne cette phrase sur l’animation :  » Sonic, lui, semble ne pas avoir évolué depuis ses prestations dans le volume 3. Pourquoi ? «  La note globale sera de 81%. Pas si mal dans l’absolu, mais dans la presse, ça signifiait déjà un jeu en deçà des hits et ce n’est pas ce qui manquait en 1994 ( EarthWorm Jim, Mickey Mania, Le Roi Lion et plein d’autres). Effectivement, je pense que ce Judge Dredd n’a pas compris ce qu’était visiblement le jeu et nous n’avons pas dû jouer au même que ce soit moi ou ses confrères.

Mais bon, à vrai dire, même si je n’ai jamais compris cette descente en flèche du jeu, même 27 ans plus tard, Joypad n’était pas un mauvais magazine, bien au contraire. Et au début des années 90, oui, il pouvait arriver que les testeurs d’un magazine n’aimaient pas un jeu, pour diverses raisons : ils n’ont pas compris où le soft voulait en venir, ou encore, en voulant trop comparer par rapport à d’autres épisodes d’une saga. Un exemple ? Consoles + s’était montré cette même année 94 peu enthousiaste quant à la venue de Castlevania : New Generation sur Mega Drive, arguant principalement qu’il ne tenait pas la comparaison avec Super Castlevania IV sur Super Nintendo… Mais cela prouvait aussi que les rédacteurs en chef laissaient une certaine liberté d’évaluation à leurs testeurs.

Il est toutefois dommage qu’un des plus grands paltformers de son époque une fois couplé à Sonic 3 ait bénéficié d’un tel traitement…

[Démo] Tales of Arise, un nouveau départ pour la saga ?

Un nouveau Tales of, c’est toujours un événement tant la saga est une des plus prolifiques du RPG japonais qui existe depuis 1995, le premier, Tales of Phantasia, étant apparu en fin de vie de la Super Famicom. Et mine de rien, Bandai Namco n’a pas sorti de nouveau Tales of depuis 2017, avec Tales of Berseria. Un très bon titre, très sombre, mais qui n’allait pas assez loin dans le changement voulu par le développeur et commençait vraiment à accuser un retard technique flagrant. Mais Bandai Namco l’a promis, Tales of Arise sera un nouveau départ pour la série. La démo jouable sortie sur le PSN m’a permis d’en avoir un premier aperçu.

Tales of Nouveau Départ

Cette démo vous permet de la parcourir avec le personnage de votre choix parmi six Le duo principal, de ce que le jeu me donne à croire, est composé d’Alphen, un guerrier, et de Shionne, une mage. Il faut noter que pour une fois, le rôle principal masculin est plus âgé que la moyenne des héros du genre. Un duo assez complémentaire par ailleurs, car lui ne peut sentir la douleur, tandis qu’elle inflige des souffrances à ceux qu’elle touche. De plus, les deux viennent de deux contrées qui semblent être en conflit.

On démarre en haut d’une falaise, en suivant un chemin sinueux pour ensuite atterrir dans une vaste plaine.

Les ennemis sont toujours visibles et il est possible des les éviter. Le terrain regorge de coffres et autres choses à débusquer. Nous évoluons désormais dans un monde qui semble plus ouvert, et si vous avez joué à Final Fantasy XII, vous devriez en avoir une idée. En effet, s’il y a un reproche qu’on pouvait formuler aux derniers Tales of, au moins depuis la PS3, c’était de proposer de vastes salles, mais souvent vides de contenu, faisant naître plus de frustration que de satisfaction chez le joueur.

L’objectif principal de cette démo vous sera donné par un garde aux portes de la ville des environs. Il consistera à éliminer la bestiole qui terrorise les environs.

Lorsque vous rencontrez un ennemi, cela lance un combat directement sur l’aire de jeu.

Vous pouvez changer de personnage à la volée en appuyant sur un bouton de la croix directionnelle. J’ai quand même eu une sensation assez étrange : j’ai l’impression que les persos au corps-à-corps ne connaissent pas l’esquive et du coup perdent rapidement leurs HP. Je n’ai pas trouvé non plus de raccourci permettant d’utiliser des objets rapidement, m’obligeant à appuyer sur le pavé tactile pour utiliser une fiole de résurrection, par exemple. Il faut avouer que cela est guère pratique et casse un peu le rythme des combats.

Les ennemis les plus résistants ont des parties brillantes, qui représentent leurs points faibles. Il vous faudra donc attaquer ces parties pour les affaiblir plus rapidement. A force d’attaque, les ennemis sur le point de vaciller subiront une « rupture » qui les étourdira.

Vous pourrez aussi lancer un combo à deux, et la croix directionnelle servira alors à choisir votre partenaire, permettant de varier les super-attaques. Il ne faut pas les négliger, car les dégâts sont ravageurs. Les combats sont globalement vifs et assez rythmés.

Tales of Evolution

Des efforts ont été faits pour la narration : par exemple : arrêtez vous sur le promontoire qui domine la plaine au début de la démo , et votre personnage s’extasiera de la beauté du paysage. On notera aussi que les saynètes facultatives ont également été retravaillées : désormais, il y a un effort dans les animations et la narration, les différentes vignettes donnant l’impression de voir un manga ou une petite BD se former sous nos yeux. Et certaines seront disponibles lorsque vous ferez la cuisine, qui est une constante de la saga depuis longtemps. On notera aussi des dialogues entre les différents personnages lors de vos déplacements.

Passons à l’aspect technique. Premier constat : le jeu est beau, même sur PS4. Un bond a été fait par rapport aux épisodes précédents, c’est certain. La profondeur de champ est là et on voit très loin Mais les personnages et les ennemis ont eux aussi fait l’objet de plus d’efforts, les proportions sont plus réalistes. Tales of Arise sera t-il enfin digne des consoles actuelles sur ce plan ? Il semblerait bien, oui.

Les musiques sont magnifiques, et je connaissais le thème principal du jeu, Blue Moon, depuis un moment, mais là elles s’annoncent encore plus en phase avec l’esprit du jeu. Il sera bien entendu possible de mettre les voix en japonais, je suis content qu’on impose plus aux joueurs uniquement le doublage anglais dans les RPG. Dommage toutefois que toutes les conversations ne soient pas doublées. Résultat, on voit les persos remuer les lèvres, les sous-titres, mais pas le son, notamment lorsqu’on s’adresse à des PNJ secondaires. Ca fait bizarre, de nos jours.

Le jeu est très jouable et les déplacements sont très fluides. Il est toutefois dommage de ne voir que le leader du groupe lors des déplacements sur la carte mais les autres se manifestent via des dialogues qu’on peut entendre et voir la teneur en bas à gauche de l’écran. Une fonction de saut a été implémentée, ce qui évite de se retrouver coincé devant un muret sans savoir quoi faire… Oui je sais c’est un cliché mais il est tellement utilisé celui-ci…

Si vous savez où aller, cette démo devrait vous prendre environ une heure, sachant qu’elle s’arrête juste après avoir vaincu la grosse bête qui fait office de boss. Le lieu où elle était située devrait être entre une dizaine et une quinzaine d’heures de jeu, les personnages démarrant tous au niveau 25. Il ne sera donc pas possible d’importer ses exploits dans le jeu final, évidemment. Parce que je ne connais pas beaucoup de RPG où le joueur commence à un niveau élevé, le seul exemple me venant en tête étant Trails of Cold Steel II, où le joueur commence au niveau 40, mais c’est une suite directe du premier et le scénario justifie cela.

Cependant, Bandai Namco a su donner une certaine rejouabilité à sa démo. En effet, si vous faites les six personnages, vous verrez à la fin le trailer qui leur est dédié, de quoi mettre encore plus l’eau à la bouche lors de la sortie officielle du titre.

Conclusion : Convaincu

Évidemment, Tales of Arise aurait rejoint ma ludothèque PS4 qui qu’il advienne, en tant que fan de la saga. Mais répond t-il à la question du nouveau départ pour la série ? Cette démo, qui reste une démo, ne permet pas d’y répondre franchement, à cause d’éléments manquant encore à l’appel comme l’histoire du jeu. Mais on peut noter des évolutions dans le présentation, la narration, et le système de combat. L’exploration semble même plus ouverte qu’avant. Il est donc trop tôt pour voir si le nouveau départ promis aura bien lieu, mais les bases semblent bien y être présentes. Rendez-vous donc le 10 septembre pour la sortie officielle du jeu.