L’AGDQ 2019 bat un nouveau record

J’écris sans doute ça chaque année, mais une fois encore, l’Awesome Games Done Qick 2019 qui s’est achevée tôt dans la matinée, a encore battu un record de dons par rapport à 2018. Au total, ce sont 2 394 668 dollars qui ont été récoltés pour la Prevent Cancer Foundation, une association de lutte contre le cancer, alors que le montant de 2018 s’élevait à 2 261 823 dollars. Ce qui était déjà stratosphérique, il faut l’avouer.

Une semaine de marathon de jeux vidéo avec les meilleurs speedrunners de la planète pour lutter contre une saloperie qui nous touche tous à divers degrés. Alors que certains médias s’acharnent sur les jeux vidéo en les accusant de tous les mots, l’AGDQ prouve qu’ils sont montrés sous leur meilleur jour, et sur ce blog nous adorons qu’un de nos loisirs préférés serve une bonne cause. Une fois encore, tout était disponible en direct gratuitement via Twitch avec un restream dans la langue de Molière. Le public français a encore une fois été très présent.

Voilà, bravo encore aux donateurs, aux organisateurs et aux commentateurs, et le prochain marathon de Games Done Quick aura lieu du 23 au 30 juin 2019 avec la Summer Games Done Quick (SGDQ).

Comment ça j’ai remis une photo de Vanille ? Mais non…

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Raconte-nous un bon film : Invasion Los Angeles

Bonjour et bienvenue dans un nouvel article consacré cette fois ci à un très bon film signé John Carpenter, pourtant moins connu que certains autres : Invasion Los Angeles. Suite à sa réapparition en version remasterisée dans une salle parisienne, ce long-métrage sorti en 1988 mais toujours terriblement actuel méritait bien un retour.

Carpenter, brut

Invasion Los Angeles, ou « They Live  » en V.O., c’est du John Carpenter en version fâchée. N’ayant toujours pas digéré la réticence de studios et producteurs lors de la production de Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, il décide de faire mal et de dénoncer un système qu’il déteste. Et cela, il le fait en montrant les opprimés, les sans-grade, ceux qu’Hollywood, et l’Amérique en général, ne veut pas montrer.

Le rôle principal est tenu par le catcheur Roddy Piper, qui incarne ici un homme au chômage du nom de John Nada. Déjà, rien que le nom donne le ton. Il n’y a pas plus commun que « John » comme prénom et  » Nada » signifie  » rien » en espagnol. Notre « nobody » arrive à Los Angeles dans le but de se faire embaucher sur les chantiers de construction. Il est accueilli par Frank Armitage, qui lui fait une petite place dans le bidonville réservé aux ouvriers de chantiers. Toute la hargne de Carpenter se reflète dans ces exclus de la société, citoyens de secondes zone, abrutis par la pub, la télé, l’argent et le rêve qu’on leur fait miroiter alors qu’il est clairement inaccessible. Cette frange de la population, qui pensait croire en l’Amérique, au self-made man, qui en est réduite à faire un boulot de forçat pour les puissants. Mais les petits, les invisibles, à force, vont finir par se rebeller. L’objet déclencheur sera pour John une paire de lunettes de soleil qu’il découvrira par hasard dans l’église jouxtant le camp de travailleurs. Ces lunettes permettent de voir le monde tel qu’il est.

Et ce n’est vraiment pas beau à voir. Un monde en noir et blanc, et dont les affiches publicitaires diffusent des messages sous couvert de publicités qui sont en réalité « Obéissez! » « Ne posez pas de questions! » « mariez-vous et reproduisez-vous! »  » regardez la télé! » le summum étant atteint avec le message sur la liasse de billets du marchand de journaux avec « This is your god » dessus. Carpenter dénonce au moyen de très bonnes idées, comme les ondes émises par les postes de télévision, les maux de la société américaine et l’asservissement des masses. Il faut parfois un autre regard pour voir la vérité en face. Ce n’est pas forcément très fin, comme la scène de banque, ou défoncer des banquiers au shotgun est une scène purement gratuite,on ne peut plus primaire dans l’esprit mais le symbole est fort. Et ce d’autant que les puissants sont représentés par des extraterrestres ayant pris l’apparence d’humains. Le réalisateur leur a fait un look horrible, digne d’une série B voire Z : pas de peau, yeux exorbités… Mais qui ont des réseaux et qui communiquent via des montres en or. Au final, on retient le gros doigt d’honneur fait par Nada, qui est celui de John Carpenter, mais aussi de ceux brimés par le système. Un doigt en signe de victoire. Un des derniers plans du film. Tout un symbole.

Terriblement actuel

Coté réalisation, c’est lisible, et le début du film s’installe sur un faux-rythme. Roddy Piper joue son rôle à merveille, et ce d’autant qu’en catch, on doit savoir jouer la comédie. Certaines scènes manquent de dialogues mais rien que les plans son évocateurs. L’alternance entre le noir et blanc et la couleur fait partie des excellentes trouvailles du film. Il y a des phrases devenues cultes comme celle qui introduit la séquence de la banque, où Nada, près d’un drapeau américain, shotgun dans les mains et lunettes noires sur le nez, lance « I have come here to chew bubble gum and kick ass… And I’m all out of bubble gum »! Cette phrase sera reprise de façon un poil modifiée dans Duke Nukem 3D, où là aussi, Los Angeles était envahie par des extraterrestres. Les effets spéciaux ont vieilli et trahissent un peu le film sur son age, et pourtant, en ces temps de crise, et celui qui est en 2018 à la tête des Etats-Unis, la satire n’a jamais été aussi forte.

L’AGDQ 2019, c’est parti depuis hier

Bonjour, bonne année et bienvenue dans ce premier article de l’année 2019 sur le blog .

Et qui dit nouvelle année, dit, pour les amateurs de jeux vidéo, le lancement des marathons caritatifs avec notamment l’Awesome Games Done Quick (AGDQ) qui a commencé depuis hier . De nombreux speedrunners termineront des titres le plus vite possible et feront part de leurs techniques pendant une semaine non-stop . Le but étant de récolter des fonds pour la Prevent Cancer Foundation, une association de lutte contre le cancer. Et tout le monde peut donner, même 1 €, ou soutenir la recherche également en achetant des T-Shirts sur la boutique The Yetee en relation avec l’événement . Pour chaque T-shirt acheté, 4 dollars seront reversés à la PFC. Faites-vous plaisir. ( attention, les tailles sont exprimées en mesures américaines).

L’événement a débuté hier à 18 heures et se poursuivra jusqu’au dimanche 13 janvier dans la matinée, sans interruption. Vous pouvez le voir gratuitement via Twitch, et les commentateurs français œuvrent sur Le French Restream, mais d’autres canaux de diffusion en d’autres langues sont également disponibles en plus de l’anglais qui est le canal d’origine. Vous pouvez également voir le planning de l’événement, adapté au fuseau horaire de votre région du monde.

Parmi les recommandations, pour aujourd’hui lundi 8 janvier, ne ratez pas le bloc jeux 16-bits, avec notamment Ecco : The Tides of Time sur Megadrive ou Earthworm Jim 2 sur SNES.

La soirée sera consacrée à la saga CastleVania à partir de 19 h 24.

Ensuite, on entamera Mardi avec Donkey Kong Country : Tropical Freeze sur la version Switch à 00 h 09. Mais la journée s’annonce également riche, avec Resident Evil et Silent Hill 2 tôt dans la matinée, puis on enchaînera sur Tomb Raider II et Angel of Darkness. Qui sera suivi à 10 h 27 d’un speedrun sur NieR : Automata un excellent jeu qui en a surpris plus d’un en 2017. Ne ratez pas non plus la soirée consacrée à Sonic à partir de 21 h 28 et qui se poursuivra dans la nuit de mercredi.

Pour le mercredi 9, la journée s’annonce calme mais il y a un bloc Mario dans la nuit avec Mario Kart 64 à 2 h du matin, pour se conclure avec Super Mario RPG : The Legend of the Seven Stars à 4 h 20 du matin, un régal pour les couche-tard ( ou lève-tôt, on ne sait jamais). La journée se conclura avec un speedrun sur The Legend of Zelda : Twilight Princess à 21h 45.

Le jeudi 10 sera une journée très attendue pour les amateurs de jeux bizarres ou mauvais, avec le bloc Awful Games entre 7 h 49 et 14 h 57. Un gros morceau qui vous fera surement sourire avec des bizarreries dont nous vous laissons le plaisir de découvrir. Ce bloc majeur sera précédé d’un bloc Megaman, que les lève-tôt fans de la licence ne sauraient manquer.

Le vendredi 11 janvier sera LA journée du jeu d’aventure et de rôle, avec notamment The Wind Waker ( 05 h 24 ), Diablo 2 (15 h 27) Divinity : original Sin 2 (17 h 57) pour enchaîner ensuite avec Grand Theft Auto : Vice City à 18 h 34.

Le samedi 12 poursuivra sur sa lancée LE gros morceau de la journée,, la run sur Final Fantasy IX de 05 h 16 à 15 h 01. A Link to hte Past à 18 h 56 et Dark Souls III à 21 h 01 ne seront pas non plus en reste.

Le dimanche 13 marquera la conclusion de ce marathon caritatif avec Super Mario Odyssey et Super Metroid pour refermer l’événement, et un grand final prévu à 6 h 49.

D’ici là, j’espère que vous aurez trouvé votre bonheur dans tous les jeux proposés et que je n’ai pas cités mais qui méritent tout autant d’être vus .

Et sur ce blog, nous aimons les initiatives de ce type, qui présentent les jeux vidéo sous leur meilleur jour. Mais je crois que vous le savez déjà.

A bientôt pour un nouvel article.

French Restream : https://www.twitch.tv/lefrenchrestream

Pour faire un don : https://lefren.ch/dons.php

Pour acheter dans la boutique The Yetee https://theyetee.com/collections/agdq

Cinévrac de Noël : c’est Astérix qui rencontre Spider-Man…

Bonjour et bienvenue dans ce Cinévrac de Noël 2018, le premier depuis longtemps, je sais, mais bon… Et cette fois, on va parler de deux films d’animation, et mieux encore, ils sont tous les deux excellents. Une fois de plus je vais rappeler que contrairement à une croyance trop répandue, NON, l’animation ne s’adresse pas qu’aux enfants. Les films  critiqués sont Astérix : Le secret de la Potion Magique et Spider Man : New Generation

Astérix : le secret de la Potion Magique : Putain il est fort ce con! 

Après un très bon Domaine des dieux mais hélas trop fidèle au matériau de base, le duo Alexandre Astier et Louis Clichy récidive quatre ans plus tard avec Le Secret de la Potion Magique.
Qui ne s’est pas demandé ce qu’étaient les ingrédients de ce breuvage en lisant les albums, à part le gui, bien entendu ? Avouez, on s’est tous, absolument tous, posé la question…

Ce long métrage ne prend pas l’histoire d’un album en particulier, mais s’inspire de plusieurs d’entre eux pour trousser une histoire inédite. Un peu de Devin, un peu de Tour de Gaule, pour ne prendre que les références évidentes… Et j’ai envie de dire  » Putain il est fort ce con ». Pourquoi?

Tout d’abord pour l’excellence des dialogues. Les vannes fusent, c’est souvent très drôle, et si vous êtes des inconditionnels de Kaamelott, vous saurez à quoi vous attendre. Puisqu’on en est là, on va parler voix : Roger Carel étant maintenant trop âgé, c’est Christian Clavier qui double Astérix. Un choix qui peut sembler étrange, mais finalement logique, étant donné que non seulement l’acteur a endossé deux fois le rôle ( bon ok, on ne retiendra que Mission Cléopâtre, le premier étant largement assez nul pour étendre le patrimoine de nanars hexagonaux), et qu’il réussi à trouver le ton juste, sans être hystérique (ouais parce qu’on ne sait jamais avec lui).

Ensuite, s’il y a une chose qu’on ne peut enlever à cet épisode d’Astérix, c’est son inventivité. Ça va très vite, mais il y a quasiment une trouvaille à chaque scène, à chaque plan. Même le combat final, j’ai fait  » whoa putain! » c’est dire. C’est bien fait et presque au niveau des Douze Travaux, lui non plus pas inspiré d’un Album. Alexandre Astier aurait il trouvé en lui la flamme de Goscinny ? A ce niveau, on retiendra notamment la dénonciation du machisme dans plusieurs scènes (dont la phrase de fin prononcé par Panoramix, mais je ne vais pas spoiler). On voit d’ailleurs, alors que tous les hommes sauf le barde sont partis faire le tour de la Gaule pour trouver un successeur à Panoramix, que les femmes du village sont aussi très débrouillardes, bien plus qu’Assurancetourix, chef intérimaire. Le patriarcat de la société gauloise, dénoncée en sous-texte, en prend un coup. On notera aussi des noms toujours aussi drôles . Bref, cet Astérix est bourré de références, et de trouvailles, non seulement aux albums dont il puise sa matière première, mais aussi dans la pop-culture actuelle et aussi à l’actualité.

Techniquement, c’est toujours aussi bien fait. Et que dire des musiques du film, l’OST est géniale et variée. Et il fallait oser mettre « You Spin Me Round » de Dead or Alive, perle so 80’s et kitch…
De plus, le rythme est rapide et on ne voit pas passer l’heure et demie de film. Moderne et actuel tout en conservant l’esprit d’origine, ce Astérix version Astier est sans aucun doute un excellent film d’animation de cette fin d’année, même si la concurrence est rude.

Astérix: le secret de la Potion Magique

Réalisation : Alexandre Astier et Louis Clichy

Genre : Animation, aventure

Avec les voix de Christian Clavier,  Bernard Alane, Florence Foresti…

Durée : 1 h 25 

Distribution : SND

En salles depuis le 5 décembre 2018.

Film vu en salle au Pathé Saran avec une place achetée par mes soins.

Spider-Man New Generation, ou comment réinventer Spidey

Alors là, je dois avouer qu’il s’agit d’une des meilleures surprises de cette année. A vrai dire, la bande annonce ne m’avait pourtant pas emballé. Mais devant toutes les belles critiques spectateurs sur divers sites et blogs, je me suis dit pourquoi ne pas aller le voir…
Et après la séance, j’en suis ressorti en me disant que ce film est non seulement un des meilleurs films d’animation de 2018, mais aussi un des meilleurs films Spider Man jamais faits.


Bon, on va l’avouer, le fait que Sony fasse tout pour conserver ses droits sur l’homme-araignée, c’est petit, tout de même.
Mais à vrai dire, on va évacuer ça bien vite, parce qu’on aimerait bien que tous les films du spidey-verse soient de cette qualité.
Le parti pris graphique pourra toutefois surprendre : collant au plus près à l’esthétique  » comics » , le long métrage en reprend tous les codes : le split-screen judicieusement utilisé rappelle la division en cases, et des phylactères apparaissent pour représenter le for intérieur de Miles, par exemple. Ou encore, des onomatopées pour illustrer les bruitages Le tout donne une ambiance pop bienvenue, ça chatoie comme jamais. Cependant, on s’y fait très vite, et on s’embarque pour de bon dans cette aventure rythmée et bourrée de bonnes idées. Mention spéciale au combat final, merveille d’inventivité à la fois graphique et scénique.


On ne s’ennuie jamais dans ce film, qui revisite de façon audacieuse le mythe de Spider Man. Le fil conducteur suit Miles Morales, vivant à Brooklyn, qui est lui aussi piqué par une araignée radioactive. Il découvre peu à peu qu’il a les mêmes pouvoirs que Spider Man, héros respecté de New York. Mais avant même qu’il ait eu le temps de les apprivoiser, il voit Le Caïd activer une étrange machine qui fait arriver cinq autres Spider (Wo)Men dans sa dimension. Qui peuvent bien être l’équivalent de l’Araignée dans d’autres dimensions ? Quel destin leur est tombé dessus ? Le film démultiplie les déclinaisons du héros pour mieux le réinventer. Tous ont une personnalité propre. Le film mêle habilement action et humour, et surtout, se veut incroyablement adulte. C’est de plus bourré de références à la pop-culture. Il explore des notions de physique quantique, d’univers parallèles, mais également les notions d’apprentissage et de transmission. Mais à vrai dire, qui peut être Spider Man ? Pourrait il lui être quelqu’un d’ordinaire ?
Ce cocktail d’action est bien entendu accompagné d’une BO d’enfer.
Là encore on ne voit pas le temps passer et on regrette que cela se termine. Cependant, ne partez pas avant d’avoir vu la scène post-générique, absolument hilarante.

Enfin, je vais terminer sur un point qui m’a particulièrement énervé. Ayant vu le film en VF ( désolé, pas le choix dans ma région), des footballeurs ont doublé les principaux rôles. DES. FOOTBALLEURS !!! Désolé, mais prendre des stars, fussent-elles championnes du monde de football, pour doubler un film d’animation, c’est un non-sens. Demande t-on aux doubleurs de jouer un match comptant pour une coupe d’Europe, par exemple ? Non. Et franchement, ça m’énerve de voir que ça se fait de plus en plus en matière d’animation, de prendre des stars connues, même si ce n’est pas leur métier comme acteurs de doublage… Presque autant que de croire que l’animation, ça ne s’adresse exclusivement qu’aux enfants. Ou encore de remplacer un titre en anglais par un autre titre en anglais.

Ce coup de gueule passé, voilà, Spider Man New Generation c’est de l’excellent boulot, une merveilleuse exploitation inventive de la licence, plus que méta, du genre, comme on aimerait en voir plus souvent.

Spider Man : New Generation 

Réalisation : Bob Perischetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman

Genre : Animation, Action

Avec les voix de : Stéphane Bak, Camélia Jordana, Olivier Giroud…

Durée : 1 h 57 

Distribution : Sony Pictures Releasing France

En salles depuis le 12 décembre 2018.

Film vu en salles au Pathé Saran avec une place achetée par mes soins.

[Guns of the Kikoolols] Le Petit Q, tout petit petit.

L’année 2018 s’achève dans moins d’un mois et le plus grand événement médiatique pour moi n’aura pas été la Coupe du Monde,  mais la fermeture de la chaîne de télé Nolife, qui a eu lieu  en avril dernier.

« Jul, tu nous gaves avec ça. Tourne la page ».  Moi je veux bien.  Mais ce sont les autres qui ne veulent pas que je le fasse apparemment. Parce que hier, une rubrique d’une émission en Acess Prime Time m’a particulièrement énervé,  et a démontré à quel point la chaîne était importante à bien des égards. Dans mon viseur, cette fois, c’est Le Petit Q, rubrique incluse au sein de Quotidien, sur TMC. 

Le reporter de  TMC avait jugé bon de faire un reportage sur le concert d’Hatsune Miku  qui avait lieu vendredi sur Paris.  Le problème, c’est qu’il a sorti de la naphtaline tous les clichés, absolument tous,  sur la culture japonaise et geek contre lesquels Nolife se battait. Vous savez, les « Japon terre de contrastes » ou encore  » Entre tradition et modernité ».  Trois minutes trente à charge, d’interview de spectateurs sans doute triés sur le volet, mais difficile sans doute d’en vouloir à ceux qui ont répondu au type de la chaîne, peut-être étaient ils mal informés sur ce que pensent les grands médias des cultures alternatives.  Pour info, Nolife avait refusé qu’Envoyé Spécial vienne les interviewer, connaissant hélas trop bien le sort réservé à la culture Geek. D’ailleurs, lorsqu’un/une reporter de M6 ou de TF1 venait sur le forum et recherchait des gens spectateurs de la chaîne à interviewer, les membres lui faisaient comprendre de façon fort courtoise que ce n’était pas ici qu’il fallait aller. Nous n’étions pas naïfs à ce point.

Bref, presque 11 ans de combats mis à terre par un reportage ne prenant même pas la peine de comprendre qui était vraiment  Hatsune Miku et les immenses possibilités offertes par le logiciel permettant de composer les chansons qu’elle chante,à savoir Vocaloid, créé par la société Crypton  Media. J’en ai d’ailleurs fait un article disponible ici .  Ils n’ont pas été jusqu’à comparer sa musique avec celle de René la Taupe-chose qu’avait osé faire  Canal+ , mais  l’angle  était  » regardez ces gens bizarres qui agitent des bâtons lumineux d’aéroport en assistant à un concert d’une chanteuse qui n’existe même pas ».  Désolé, mais une telle stigmatisation, CE. N’EST. PLUS. POSSIBLE.  Stop. Sérieusement, Stop.  

Le petit Q aurait-il orienté son reportage de la même manière s’il avait été question d’un concert de Johnny en hologramme pour le premier anniversaire de sa mort ? Surement pas.  Pourquoi la culture Geek est elle moquée, stigmatisée dans les grands médias ? Il faut faire quoi pour qu’enfin , elle ne soit plus montrée du doigt par les grands médias ou des ligues de vertu ?  Je suis d’autant plus déçu que Quotidien me semblait plutôt tolérante par rapport à certaines autres émissions. 

Vous le voyez, le combat est encore d’actualité. Tant  que cela ne cessera pas, nous devrons revendiquer. Revendiquer d’aimer les jeux vidéo, l’animation,  les mangas, les concerts d’Hatsune Miku et de ses amis, de ne pas forcément jouer à Call of ou Fifa. Nous devons crier que la culture geek mérite le respect, d’où qu’elle vienne. Qu’elle est égale à d’autres. La route s’annonce encore très longue.