[Critique Film] Sale Temps à l’Hotel El Royale

Je dois l’avouer, Sale Temps à l’Hotel El Royale est une des très bonnes surprises de cette année pour moi. Je n’en attendais pas spécialement quelque chose, et pourtant j’ai été agréablement surpris par le deuxième long métrage de Drew Goddard.
Justement, mérite-t-il de lui accorder encore plus de crédit après La cabane dans les bois? La réponse est oui.

Smoke and Mirrors

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El Royale, c’est le nom d’un hôtel miteux qui a connu autrefois son heure de gloire et qui a pour mérite d’être à cheval sur deux Etats : la Californie et le Nevada. Sept personnes y arrivent lors d’une matinée de janvier 1969 dans la même journée et ont leur propres raisons d’être ici. Un trou perdu qui ne va pas tarder à se transformer en enfer…
Goddard (pas Jean-Luc) n’invente rien, et je dirais même que ses inspirations son visibles. Ce huis-clos s’apparente même, à de nombreux égards, à du théâtre. La première scène est exactement comme ça : on voit un homme dans un décor d’une chambre d’hôtel, démontant le plancher pour y plaquer ce qu’on suppose être le magot d’un braquage. On y entend que de la musique et quelques sons. Aucun dialogue, rien.
J’ai bien dit « on suppose », parce que rien ne permet de le confirmer. Et à vrai dire, des suppositions, le spectateur en fera plein le long du métrage, tant le réalisateur prend un malin plaisir à le guider sur de fausses pistes. Dès le départ, le jeu n’est que fausses-pistes, fausses identités et jeux de miroirs dans ce qui va tourner au jeu de massacre.
Une des forces du film est son casting absolument impeccable : Jeff Bridges est impérial en prêtre ayant des absences, Dakota Johnson incarne une jeune femme rebelle armée d’un shotgun, et Chris Hemsworth en gourou est surprenant. Et encore, je n’ai cité que quelques uns d’entre eux. On retiendra aussi Lewis Pullman en un excellent réceptionniste traumatisé.
Le film prend son temps pour tout dévoiler. Ce n’est que petit à petit que le spectateur reconstitue le puzzle de cette intrigue à tiroirs. Et lorsque ça tâche au rouge, ça fait souvent mal.
El Royale bénéficie d’une écriture intelligente et Goddard ( toujours pas Jean-Luc… Ok, j’arrête avec ce gag foireux), sait mener ses acteurs. Le genre de cinéma pop et décomplexé comme on en fait rarement. On notera aussi une excellente musique faite par Michael Giacchino et un choix de chansons absolument génial apportant une certaine ambiance.

Mais tout n’est hélas pas parfait : le « chapitrage » du métrage plombe hélas le rythme global, notamment dans la seconde partie.

L’Amérique face à ses démons

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Ça , c’était pour la première lecture. Pour la seconde, on voit que Goddard arrive à transmettre quelques messages bien sentis sur notre époque : une Amérique divisée, voire traumatisée par un passé qu’elle regrette et a bien du mal à avancer. Un pays paranoïaque, dans lequel le mensonge, comme dans le film devient de plus en plus la norme ( notamment avec l’autre taré de président….) et le parallèle Nixon/ Trump ne trompe pas. En effet, dans El Royale,, nous avons bien du mal à démêler le vrai du faux. Imaginez ce que ça dit dans une ère où les « fake news » sont devenues quasiment une norme… la résonance est évidente, et les derniers événements de ces jours derniers (retrait d’une accréditation présidentielle d’un journaliste de CNN) lui donne encore plus de poids.

Beaucoup diront que c’est du « sous-Tarantino ». Ce n’est pas forcément faux, mais pas vrai pour autant. C’est une erreur d’attendre de faire aussi bien que le maître absolu pour un deuxième long-métrage. Goddard s’en inspire, ça se voit, mais y apporte aussi une touche personnelle. Certes, ça ne défouraille pas dans tous les sens, mais est-ce vraiment ce qu’on attendait ?
Malgré une fin trop conventionnelle à mon gout, Sale temps à l’Hotel El Royale apporte un petit vent frais dans le cinéma de genre.

affiche el royale

Sale temps à l’Hotel El Royale 

Réalisation :  Drew Goddard

Genre : Thriller

Avec : Jeff Bridges,  Dakota Johnson, Chris Hmesworth, Cynthia Erivo…

Durée : 2 h 22 

Distribution : Twentieth Century Fox France

En salles depuis le 7 novembre 2018.

Film vu au cours d’une séance achetée par mes soins au Pathé Orléans.

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Geek Contest #20 : Le Moyen Âge

J’en ai manqué des Geek Contest depuis quelques temps… Mais je dois avouer que celui de ce mois-ci  est particulièrement intéressant car il s’agit du Moyen Âge.

Petit rappel historique : les historiens  qualifient de « Moyen Âge » la période qui va de la la chute de l’Empire Romain d’Occident (476 ap. J-C. ) jusqu’à la prise de Constantinople en 1453 ou à  1492  avec la redécouverte de l’Amérique par Christophe Colomb.  Ils le découpent en trois périodes successives : le haut Moyen Âge, le Moyen-Âge central et le Moyen Âge Tardif. En gros, et quelle que soit la date d’arrêt ( qui varie selon les historiens, les vrais, pas Lorant Deutsch, ni Bern, ni Ferrand, c’est toujours bon de le rappeler) , c’est une période qui s’étale sur près de 1000 ans.  Bien que mal-aimée et vue comme une période sombre de l’histoire européenne, tout n’était cependant pas si noir et la période a été propice à des progrès, des découvertes et diverses inventions qui servent toujours aujourd’hui. Enfin, petit rappel de vocabulaire  : l’adjectif  pour qualifier quelque chose en rapport  avec cette période est « médiéval », et non « moyenâgeux » qui désigne quelque chose de très daté.  Je le précise car j’entends encore trop de gens faire la confusion et franchement, ça m’irrite les oreilles. 

Bien entendu, cette longue période de l’histoire des hommes était également une mine pour les créateurs en tous genre. Que ce soit en jeux vidéo, films, ou littérature. Comme ça tombe bien, le Geek Contest  de ce mois consiste à trouver un film, un jeu vidéo, une série, un livre et une personne célèbre ou un objet en rapport avec cette période. Voici donc ma sélection.

Le jeu vidéo : MediEvil

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Il faut toujours que je trouve un moyen aux alentours d’Halloween de parler de MediEvil. Et il se prête bien à se thème car le jeu se passe en 1286, dans le pays de de Gallowmere, qui rappelle fortement l’Angleterre médiévale. C’est vrai, c’est  un jeu qui traite le sujet de façon naïve, mais on y trouve sorcières, potirons, squelettes, armures,  rois, et même les décors évoquent parfois l’époque médiévale avec certains éléments tels que  les grands drapeaux de certains niveaux. A vrai dire, les détails par rapport à l’époque où se déroule le jeu sont tellement nombreux qu’il serait impossible de tous les lister.  On notera aussi que le nom du jeu est un mélange entre « Medieval » et « Evil » , donc il a  sa place ici. Toujours est il que le remake devrait arriver en 2019 sur PS4. 

 

Le film : Robin des bois, prince des voleurs ( 1991)

affiche robin des bois

Célèbre héros anglais dont la légende fut maintes fois adaptée au cinéma, dont une par Disney,  j’avais le choix pour le film le mettant en scène mais  je crois que c’est le métrage de Kevin Reynolds qui m’a le plus marqué. Plus orienté action,  il a peut-être assez mal vieilli techniquement, mais il reste selon moi encore largement valable au niveau des péripéties, même si le méchant n’est plus Jean Sans-Terre mais le Shériff de Nottigham lui-même, joué par un excellent Alan Rickman.  A noter que la chanson phare du film n’est autre que « Everything I do » de Bryan Adams… Il devient quoi d’ailleurs ?

La série : Kaamelott

kaamelott

Evidemment!  Comment n’aurais-je pas pu mettre Kaamelott dans ce Geek Contest ? Oui, d’accord il y est déjà sur le thème de la nourriture, mais c’est avant tout une parodie de l’Angleterre médiévale, avec une réécriture hilarante du mythe du roi Arthur (dont nous ne sommes pas certains qu’il ait réellement existé), et de ses chevaliers de la Table Ronde. Dialogues, stupidités en touts genre, les premières saisons donnent dans les sketchs drôles tandis que la fin de la série  adopte un ton plus sérieux.  La série d’Alexandre Astier méritait de se retrouver dans  ce Geek Contest. Normalement, je ne devrais pas être le seul à l’avoir mis.

Le livre : Les Piliers de la Terre, de Ken Folett

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Alors là, on touche à du lourd, au sens propre comme au figuré. Les Piliers de la Terre est un ouvrage massif, et bien que l’intrigue soit une fiction, l’auteur donne une description incroyable de l’Angleterre du XIIe siècle, avec une très grande précision. Un sentiment de réalisme se dégage lorsqu’il décrit un pays ravagé par la guerre et la famine. L’histoire suit l’épopée de Tom, qui devient  petit à petit bâtisseur de la cathédrale de Kingsbridge. Bien entendu le récit comporte de multiples intrigues, mais c’est tellement bien fait au cours de ses 1050 (!)  pages, qu’on sent que l’auteur a fait un véritable travail d’historien, bien qu’il n’en soit pas un de profession.  Certains en France qui se prétendent comme tels devraient en prendre de la graine ( vous les connaissez déjà)…

Personnage : Marco Polo

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Sans doute le plus grand  voyageur de l’époque. Marco Polo partit en chine par la Terre, par un chemin qui s’appelait alors La Route de la Soie, et devint notamment un des favoris de l’Empereur Kubilaï Khan.  Il ne revint à Venise qu’ en 1295, après un séjour de 24 ans en Asie. Il consigna son épopée et ses découvertes par écrit.  Il inspira ainsi dans les siècles qui suivirent d’autres explorateurs à se lancer sur ses traces, tels que  Vasco de Gama ou Christophe Colomb, qui choisiront eux la voie des mers. Disons que depuis Marco Polo, gagner les Indes et l’Asie par la voie terrestre a été rendue très difficile pour les chrétiens depuis l’irruption des Turcs… 

Voilà, c’est tout pour ce Geek Contest. j’espère pouvoir faire celui du mois prochain aussi. N’oubliez pas que le concept a été crée par kavaliero et que vous pouvez aller rendre une visite aux autres participants.  A bientôt. 

 

La PS 1 Classic Mini : 99 € pour ça ?

ps 1 mini

Nintendo a lancé la mode, et le rétrogaming est atteint ces dernières années par le syndrome des consoles « Mini ». Une manne qui ne pouvait évidemment pas échapper longtemps à Sony qui compte bien prendre sa part du gâteau en lançant sa PS 1 Classic Mini. Ils ont communiqué dessus le mois dernier en dévoilant les cinq premiers jeux de la liste, et en ouvrant les précommandes à partir de là.  Mais comme la liste officielle des jeux en occident a été dévoilée, je ne sais pas pour vous, mais je me sens floué.  Non pas que les jeux soient des daubes finies, loin de là, (quoique, pour certains…) et il y a même des jeux cultes. Mais si Nintendo voulait faire plaisir aux joueurs en mettant beaucoup de références de l’ère 8 ou 16 bits, on a l’impression que Sony  fait ça dans un but purement commercial. Voyez plutôt la liste intégrale : 

Battle Arena Toshinden

Cool Boarders 2

Destruction Derby

Final Fantasy VII

Grand Theft Auto

Intelligent Qube

Jumping Flash

Metal Gear Solid

Mr Driller

Oddworld: Abe’s Oddysee

Rayman

Resident Evil Director’s Cut

Revelations: Persona

Ridge Racer Type 4

Super Puzzle Fighter II Turbo

Syphon Filter

Tekken 3

Tom Clancy’s Rainbow 6

Twisted Metal

Wild Arms

Le ratio entre jeux cultes  et jeux moyens est trop faible pour justifier une telle dépense. Par exemple, pourquoi Rainbow Six ? Sachant que la version PS1 est une sous-version de celle du PC… et la tactique anti-terroriste façon « réaliste », ce n’est pas ma came, vraiment. Jumping Flash, c’est marrant 5 minutes, pas plus. Syphon Filter ? Les deux suites sont tellement mieux (bien qu’elles forment une histoire complète), idem pour Twisted Metal. Sans compter que certains jeux accusent vraiment leur âge et vieillissent mal : ceux qui joueront au premier Wild Arms risquent d’avoir un choc.  Toshinden et Destruction Derby pouvaient faire illusion lors de la sortie de la console, mais ils ont vite été dépassés. Notamment pour le premier, qui fait pâle figure  à côté de Tekken 3 également inclus!  Ridge Racer Type 4, est loin d’être le meilleur jeu de course automobile de la console, autant mettre Gran Tursimo 1 ou 2 dans ce cas. 

Vous voyez, ces titres auraient pu être remplacés par d’autres : Crash, Spyro, MediEvil, bien que faisant l’objet de remakes, avaient aussi leur place.  Où sont Tomb Raider, FF VIII, FF IX, Legend of Dragoon pour les RPG ? Et dans ce domaine je n’aurais pas été contre un Chrono Cross ou un Xenogears. Pourquoi pas un Valkyrie Profile, en remplacement du premier Persona. Quand je pense que les joueurs japonais auront Parasite EveFinal Fantasy VII, c’est bien, c’est culte. Sauf qu’on le trouve à peu près partout maintenant, notamment avec les versions spéciales ( graphismes améliorés avec textures HD) et il n’est pas vraiment cher à l’achat. Rayman, c’est pareil, il est loin d’être rare.

Klonoa, Tombi, Tail Concerto, je pense aussi à vous. Et que dire de Symphony of The Night, considéré comme l’un des meilleurs Castlevania ?

Voilà. Il y avait tellement mieux à faire, tant la première PlayStation avait des hits à la pelle. Mais là, c’est trop moyen pour justifier le prix , même si, soyons honnêtes, la liste de jeux n’aurait pu en aucun cas contenter tout le monde. De plus, même si la plupart des jeux avaient bénéficié de textes en français ( voire de doublages pour MGS et Syphon Filter), nous n’aurons droit qu’aux versions américaines! Incompréhensible.

Toutefois, j’espère que si Sega parvient à sortir sa Megadrive « Mini » officielle, que l’éditeur suivra plus les traces de Big N que de Sony….

Pour finir, je vous mets le lien vers mon très estimé collègue bloggeur  Romain, qui a lui aussi écrit un article sur le sujet et encore plus incisif que le mien. Allez lui rendre aussi visite, ça lui fera plaisir.

La Megadrive fête ses 30 ans : mes jeux du cœur

J’aurais pu vous parler des polémiques jeux vidéo qui enflamment les réseaux sociaux en ce moment. Mais non, je vais vous parler d’autre chose. De la console 16 bits  qui a bercé toute mon adolescence : la Megadrive.  En effet, cette console fêtera ses 30 ans le 30 octobre prochain au Japon. Une trentenaire, certes, mais qui n’a jamais su percer dans son pays d’origine, dans lequel Nintendo a toujours dominé. C’est surtout en Amérique et en Europe qu’elle connaîtra le succès.Pour cela, Sega s’appuiera sur plusieurs piliers : Le premier, ce fut de s’attirer les faveurs d’Electronic Arts  qui publiera sur la console des jeux de sports de licences prestigieuses pour attirer le public nord-américain. On notera que la console sera rebaptisée aux US sous le nom de Genesis. Ensuite, un marketing fort et agressif, notamment aux States où la publicité comparative était autorisée. Le slogan « Genesis does What Nintendon’t » est  resté dans les mémoires. En France, on se souvient aussi du slogan « Sega, c’est plus fort que toi » ainsi que des pubs avec le punk halluciné qui se prenait des taules. Cette stratégie agressive sera reprise quelques années plus tard par un nouvel entrant : Sony.  Vu qu’on a désormais la PS4 de nos jours inutile de vous dire ce que ça donné… Mais revenons à notre 16 bits.

Sega_Mega_Drive_PAL

La console en elle-même se présentait comme un objet aux formes arrondies et faisant penser à quelque chose de moderne pour l’époque. Il faut avouer que la première version de la MD a toujours son petit côté charmant même trois décennies plus tard. J’ai toujours trouvé le look de la Megadrive 2 moins bien fait. La première version de la MD permettait aussi de brancher un casque audio sur la console. La manette, en forme de croissant, était alors plus ergonomique que les gros pavés de l’époque. Elle disposait d’une croix directionnelle circulaire permettant 8 directions et de quatre boutons : A,B,C, et Start. Plus tard, une manette 6 boutons sortira améliorant grandement le gameplay des jeux de combat ou de certains autres jeux.  La Megadrive embarquait un processeur très rapide, plus que celui qui sera mis dans la Super Nintendo. Cela permettait une fluidité à toute épreuve sur des shoot’em up, et sans ce processeur, sans doute Sonic et ses suites n’auraient pas été ce qu’elles sont devenues. J’arrête là pour la technique, il faut dire que c’est assez barbant pour un article de blog, et je ne suis pas là pour relancer la guerre qui faisait rage dans les cours de collège, je veux  juste lui rendre hommage, je vais donc vous parler des jeux du cœur, de mon cœur, sur cette console. Ces quelques jeux ne pouvant satisfaire tout le monde, merci de ne pas me reprocher de ne pas y avoir inclus votre jeu de la mort qui tue.

QuackShot (1991)

Quack Shot Starring Donald Duck présentation

Les jeux Disney ont toujours été sauf exceptions, des jeux de qualité sur Mega Drive. Alors, en tant que fan de l’univers des canards Disney, QuackShot se devait d’être là, et les raisons sont multiples : d’abord,  la réalisation globale est magnifique. Le jeu est coloré, les sprites sont énormes, les musiques très bien faites (mention spéciale au thème de la Transylvanie, lugubre à souhait). Ensuite, l’aventure est dépaysante et le level-design très bien pensé. On rencontre divers personnages de l’univers Disney et cet hommage à Indiana Jones se refait toujours avec le même plaisir.

Sonic the Hedgehog 2 (1992)

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Certains me diront que Sonic 3 et Knuckles est meilleur et tout et tout. D’accord. Mais Sonic 2  est sans doute l’épisode sur lequel j’ai passé le plus de temps. Notamment parce que mes parents ne m’ont jamais offert Sonic 3 à l’époque, qui coûtait plus cher que la moyenne des cartouches MD. Mais bref. Le jeu est plus long, plus beau, plus difficile aussi par rapport à Sonic 1. Le jeu ajoute des nouveautés comme le spindash et surtout un nouveau personnage jouable, Miles « Tails » Prower, qui se paie même le luxe d’apparaître sur l’écran de présentation. Je me souviens aussi des heures sur le mode deux joueurs du titre, avec son image écrasée et ses ralentissements…

LandStalker (1993)

Landstalker puits

Une grande aventure. Qualifié de  » Zelda de la Mega Drive » lors de sa sortie,  le jeu de Kan Naito avait une particularité : il était en 3D isométrique. C’est-à-dire une vue de trois-quarts, permettant de jouer sur les éléments du décor et les perspectives.  Il utilise la puce spéciale DDS-520 qui permettait un tel rendu. Le soft regorge de coffres à trésors cachés. Mais de Zelda, le titre n’en possède pas grand chose, en fait si ce n’est son héros elfique. Ce dernier part en compagnie de Friday, une nymphe des bois, à la recherche des trésors du roi Nole sur une île isolée. La seule princesse du jeu est une cruche. En gros, Lyle part dans un quête pour son profit à lui et lui seul. Bien entendu le méchant duc de Mercator ainsi que d’autres chasseurs voudront mettre la main sur lesdits trésors… Le jeu est bien réalisé, et possède des énigmes à s’arracher les cheveux. Ainsi que des phases de plates-formes bien reloues, mais bon, pour l’exploration, l’aventure et les découvertes, la MD tenait là son grand jeu d’aventure, qui avait eu le mérite aussi d’avoir été traduit en français.

Comix Zone ( 1995)

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Qualifié de  » Dernier grand jeu de la Megadrive », Comix Zone est un jeu surprenant qui n’a pas volé son appellation.  Skectch Turner, auteur de comics new-yokais, se retrouve aspiré dans sa propre bande dessinée et c’est désormais sa créature la plus redoutable, Mortus, qui tient le crayon. Il devra se frayer un chemin de case en case en résolvant des énigmes pour progresser, et passer les boss de fin d’épisode. Le jeu est d’une réalisation qui montre les capacités de la MD, avec des musiques « grunge »  qui ambiançaient les parties. Coups variés, utilisation d’objets,  voix, Comix Zone est un jeu assez court, mais difficile et dispose de deux fins différentes. Je me suis éclaté dessus comme un dingue. J’ai juste regretté l’absence d’un mode deux joueurs.

Streets of Rage 2 (1992)

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1992 fut l’année des suites pour deux licences Sega emblématiques de la console.  Mais des suites encore meilleures. C’était le cas pour Sonic ( voir plus haut)  mais aussi pour Streets of Rage. Comparer le premier SoR à celui ci reviendrait à comparer du pâté et du foie gras tant les améliorations sont nombreuses : quatre combattants, meilleurs graphismes, cris, musiques de folie avec un Yuzo Koshiro au meilleur de sa forme, mais surtout un gameplay soigné. A deux, le plaisir est encore plus grand. Le jeu démontre le meilleur de la Megadrive et ce n’est pas pour rien que j’y rejoue encore assez souvent histoire de distribuer quelques mandales virtuelles. Il n’y a pas à dire, ça défoule.

Aladdin (1993)

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Dire que j’ai failli l’oublier… Pourtant, je suis un fervent défenseur de la version Megadrive d’Aladdin  par rapport à la version Super Nintendo.  Combien de temps passé à y jouer ? Certes, ce n’est pas le jeu le plus difficile de la console, mais on reste baba devant tant de beauté graphique, d’animations et de musiques restées assez fidèles au film ( bien que le processeur de la MD ne leur rende pas honneur).  Aladdin fait évidemment partie de mes jeux du cœur.

 

Voilà pour ma sélection mais il est vrai que la console a accueilli nombre de grand hits, et les jeux du cœur  varieront d’un joueur à l’autre, par exemple je suis sur que C2J aura une sélection différente de la mienne.  Vous pouvez retrouver la plupart de ces jeux dans les différentes compilations sorties par Sega sur consoles actuelles. 

La console a 30 ans, j’ai grandi avec, et pourtant, j’ai l’impression que les jeux cités n’ont pas vieilli d’un poil. Bref, la Megadrive nous rappelle qu’elle est une trentenaire toujours dans la fougue de sa jeunesse.

Et vous, quels ont été les jeux de cette respectable console qui vous ont vraiment marqués ?

 

JV le mag, presque 5 ans et risque d’y laisser ses dents

Les choses ne sont pas simples pour la presse papier et ce depuis un moment. Et cela est encore plus vrai concernant le secteur des jeux vidéo. Mais voilà, l’année dernière, le principal distributeur de la presse papier, Presstalis, manque de faire faillite. Et donc, décide de prélever unilatéralement 1% du chiffre d’affaire de tous les magazines que l’entreprise distribue, et ce pendant 4 ans.  Canard PC a failli y laisser ses plumes. Heureusement pour ce magazine de qualité, il a été sauvé grâce à une campagne de crowdfunding  qui a dépassé toutes leurs espérances. Mais ils ont hélas dû passer en mensuel. 

En 2013, JV le Mag sortait en kisoques. Un magazine qui se voulait au dessus de la plupart de ses concurrents au niveau qualité. Lorsque Presstalis a failli couler, pour éviter ce qui est, il faut bien le dire, un racket, ils sont passés chez les Messageries Lyonnaises de Presse (MLP) un distributeur concurrent et  n’ont du coup pas tiré la sonnette d’alarme. Mais voilà, les MLP sous-traitent désormais une partie de la distribution à Presstalis et le vol des 1% du chiffre d’affaire sur 4 ans s’applique donc désormais pour eux aussi. JV Le Mag étant comme CPC totalement indépendant,  ce dernier se retrouve à son tour dans la panade avec un préjudice total de 32 000 euros.  Et donc, tente à son tour de  se sauver en lançant une campagne de crowdfunding.  Je vous mets le Tweet. Et vous pourrez constater qu’ils leur faut 40 000 € ne serait-ce que pour continuer à exister. 

Mais pourquoi je relaie cette info ? Qui me paie pour le faire ? Personne. Je suis un lecteur de la presse vidéoludique depuis les années 90. Je prête toujours une attention à ce qui sort dans le domaine en regardant outre le rédactionnel, les choses secondaires pour beaucoup (maquette globale, qualité du papier).  Et je n’ai pas été le dernier à dénoncer au début de ce blog et de cette décennie, la piètre qualité rédactionnelle de certains titres. JV est sorti dans un contexte tendu où seul Canard PC tentait de surnager de la fange. Une bonne partie de la presse papier avait d’ailleurs déjà périclité, notamment l’excellent IG. Alors comme je les aime bien aussi, si je ne peux pas aider financièrement ce mois ci au vu des choses à venir à ce niveau, le moins que je puisse faire est de relayer l’appel à la générosité du magazine dirigé par Sophie Krupa (qui vient d’Orléans, en plus).

Parce que arrêtons de nous mentir : certains financent des iPhones hors de prix à un opportuniste de première, ou financent un voyage à une tête à claques de télé-réalité partout autour du monde… sauf en Afrique ( « Ben oui, y’a quoi à part des Noirs ? « ), alors pourquoi n’aiderions nous pas la presse de qualité ? Lequel de ces combats est le plus légitime ? Celui d’abrutis qui font des caprices de gamins ou d’un organisme qui se fait racketter par un autre ?  Il y a vraiment des fois où cette société me fait peur.

Bref, je souhaite la réussite de la campagne à JV. Il est toutefois dommage que ce soit la presse de qualité qui souffre le plus. Pendant ce temps, Jeux Vidéo Revue, magazine médiocre de Lafont Presse garanti 100% repompe se porte bien, hélas…