Archives Mensuelles: mars 2017

Weekly Retro #19: zones emblématiques 1

Bonjour et bienvenue dans  ce dix-neuvième Weekly Retro. Parfois, je vous parlerai de niveaux ou donjons emblématiques de jeux du passé.  Cette fois, nous parlerons de Sonic 2, Final Fantasy VI et Chrono Cross.

1- Metropolis Zone (Sonic 2)

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Pour commencer, je vais vous parler de Metropolis Zone, c’est à dire la huitième présente dans Sonic the Hedgehog 2 sur Megadrive. Pourquoi ? Parce qu’elle est marquante à plus d’un titre. C’est la dernière zone « régulière » du jeu, et la seule à comporter trois actes au lieu de deux.  C’est aussi une des plus vastes, mais surtout une des plus vicieuses. Se présentant sous la forme d’un monde mécanique à dominante verte, tout, ici est fait pour tuer le joueur dès que possible. Entre les pistons qui vous écrasent sans pitié, les fosses de lave, les mécanismes fous, on est servi! Les ennemis sont, de plus ,ultra-vicieux. Souvent, ils vous attendront  au moment de la réception d’un saut, bref, là où le joueur devait  logiquement arriver. Il faut dire que les crabes ont une pince qu’ils peuvent lancer à distance, et les mantes religieuses deux lames à tête chercheuses en guise de pattes avant. Mais surtout, surtout… Tout le monde se souvient de ces FUCKING étoiles! Ces vicieuses sont implantées dans le décor, et nous ne pouvons de fait, pas les éliminer. En réalité, elles s’autodétruisent  dès que vous passez à proximité, en éclatant et lançant leurs pointes acérées  dans plusieurs directions. Je ne vous dis pas lorsque vous grimpez sur les vis géantes du lieu ou êtes sur une plate-forme mobile… Parce que  si vous étiez touché, non seulement vous perdiez vos anneaux durement acquis après la rencontre malencontreuse avec un crabe ( quelle idée de vouloir lui serrer la pince…),  mais en plus, vous tombiez, vous forçant a refaire toute la montée et sans anneaux pour recommencer. Ou alors, dans le pire des cas, vous tombiez dans le vide, perdant ainsi une vie. 

Et je ne vous parle pas du boss, ultra-chiant. Eggman arrive avec une ribambelle de ballons qu’il fait tourner autour de son vaisseau. Il est intouchable tant que  ces derniers ne tournent pas  à l’horizontale autour de lui. Chaque impact lui en fera lâcher un. Vers la fin du combat, il se mettra à tirer de gros lasers dès qu’il n’en aura plus.  Je n’ai jamais réussi à passer ce boss avec Knuckles, ( il est possible de jouer avec sous conditions), je m’explique: Eggman viendra vous attaquer au sol, et la meilleure tactique consiste donc à sauter par dessus le vaisseau  sans se faire toucher par les ballons qui gravitent. Si on a le bon timing, avec Tails et Sonic, ça passe, ces derniers sautant suffisamment haut. Mais ce n’est pas le cas de Knuckles, qui lui, fait des bonds de moindre hauteur. A force, ça m’a barbé. 

Je sais que Wing Fortress est pire que cette zone, mais Metropolis montre vraiment que le jeu commence à se corser sérieusement.  Il faut souligner aussi l’excellence du thème musical.

2-La forêt fantôme (Final Fantasy VI)

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Peu après  le début du jeu, le scénario de ce grand RPG se sépare en trois. L’embranchement de Sabin est le plus long , le plus difficile ( pas de sorts de soin, donc obligation de se soigner uniquement avec les objets), mais aussi le plus varié. Donc, nous passons dans un endroit magnifique, la Forêt Fantôme. Facile à passer lorsqu’on connait le chemin, elle mène au train fantôme, qu’on aperçoit en arrière-plan, chargé d’emmener les morts dans l’au-delà. Sabin, Cyan et éventuellement Shadow auront fort à faire pour éviter  d’être emmenés. La forêt en elle-même dispose d’un thème onirique, reflétant bien l’atmosphère du lieu. Le train dispose d’un thème délicieusement lugubre mais bien trouvé. Le tout se termine par un boss qui peut se battre en un seul coup, et il  y a des indices dans le texte.  Mais FF VI reviendra, car il y a tellement de lieux dont je veux vous parler…

3-La Mer Morte (Chrono Cross)

CC DeadSea

Evidemment… mon RPG préféré d’entre tous, ça faisait longtemps que je ne vous en avais pas parlé n’est-ce pas ? Eh bien, cette fois, nous parlerons de la Mer Morte. Ce donjon est en réalité  une  représentation de l’avenir en ruines du Home World, le monde où vit Serge. Il faut un objet et une épée spéciale pour y entrer. Il est composé de plusieurs secteurs. On commence par passer sur un échangeur autoroutier en ruines, sur lequel un boss très chiant à battre, Highwayman, nous attend dès l’entrée. Puis nous passons dans une zone à l’aspect futuriste, sur le point d’être avalé par un tsunami,  mais semble figée dans le temps. On peut même marcher sur l’eau figée On peut voir d’ailleurs les fantômes des anciens habitants des lieux. Les résidences recèlent des trésors, et nous en apprenons plus sur un ennemi déjà présent dans Chrono Trigger. C’est d’ailleurs dans ce lieu que les liens entre les deux jeux s’affirment de plus en plus. Pour preuve, après avoir  traversé la Tower of Gheddon, nous arrivons au Leene Square (tiens…) où nous voyons les héros du jeu précédent sous forme de fantômes. Et c’est là que nous affrontons le véritable boss du lieu, Miguel, sur un thème absolument sublime. Je m’arrête là pour ne pas spoiler la suite. Mais la Mer Morte est sans doute un des donjons m’ayant le plus marqué de ma vie de joueur.  Et sans doute est il un des mieux construits du RPG japonais. Non seulement dans sa structure, mais aussi pour ce qu’on y apprend. Pour cela, faites le jeu. Oui, faites-le.

Voilà, on se retrouve bientôt pour un prochain Weekly Retro. 

 

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[cinéma]Ghost in the Shell : le faux et le vrai problème

Voilà, on y est,  mercredi prochain, c’est-à-dire le 29 mars, le film live Ghost in the Shell sortira en salles. Une polémique a dores et déjà entouré le projet avant même sa sortie ou les premiers trailers, le choix de  Scarlett Johannson pour  incarner le Major Motoko Kusanagi. Mais nous allons voir qu’on ferait mieux de s’interroger sur d’autres choses Cet article n’est en rien une critique du long-métrage, que je n’ai pas encore vu bien évidemment,  j’y mets juste mes doutes. D’ailleurs, je pense qu’elles doivent être sous embargo vu que comme je suis quelques comptes de blogs cinéma sur les réseaux sociaux, j’en aurais vu passer au moins une ou deux après les avant-premières parisiennes. 

1-Scarlett Johannson : Le faux problème

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Je reviens d’abord sur ce « problème », pour pour qu’il en soit un, car cela a pris trop d’ampleur. C’est vrai, on aime ou pas l’actrice, mais le problème n’est pas là. Le truc, c’est que dès l’annonce du casting, beaucoup ont crié au scandale que ce ne soit pas une actrice asiatique qui ait le rôle principal.  J’ai envie de dire : et alors ? Je sais que le « whitewashing » fait rage à Hollywood, mais je ne pense pas que ce problème s’inscrive dans ce cadre, le film est réalisé par un américain et j’ai peur qu’il ne soit fait justement pour les Américains, mais j’y reviendrai plus tard.  Les Japonais eux, ont trouvé normal que la production  prenne une actrice de chez eux. Qu’on l’aime ou pas. Ce qui aurait vraiment été  gênant, ç’aurait été de prendre la première actrice asiatique venue. Imaginez qu’elle n’ait pas des origines japonaises… Là, ça aurait fait polémique sur l’Archipel. Mais même Mamoru Oshii, réalisateur de Ghost In The Shell en long-métrage d’animation en 1995 et de sa suite,  a dit de plus que le Major n’était qu’un corps robotisé  avec cerveau humain et qu’il pouvait être joué par n’importe qui et avoir l’apparence qu’il voulait, et qu’il n’était pas dit dans le film d’origine (ni le manga papier de Masamune Shirow, matière d’origine), que Motoko soit asiatique. Si même ce cinéaste respecté le dit, c’est que la polémique sur l’actrice n’a  vraiment pas lieu d’être.

2- Sur quoi ferait-on mieux de s’inquiéter 

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Je dois bien avouer que les bandes-annonces que j’ai vues m’inquiètent beaucoup. Si on sent que visuellement, Rupert Sanders a fait un maximum pour respecter un tant soit-peu l’oeuvre, ( me basant, une fois encore, sur les trailers, rien de définitif sur mon avis),  mais le remix version boum-boum de « Awakening » fait par Steve Aoki me fait mal, quand on connait le score de Kenji Kawaii. Mais là encore ce n’est pas bien grave. Et si nous détournions nos yeux de Scarlett pour plutôt les braquer sur le « propos » du film ? 

Ghost in The Shell, aussi bien en manga qu’en long métrage, est une oeuvre complexe. Une oeuvre avant-gardiste, qui posait la question de savoir qu’est-ce qu’être humain, robot, qu’est ce qui différencie l’homme de la machine, opposait intelligence humaine et intelligence artificielle, avec des concepts philosophiques et des références assez pointues au risque parfois de larguer le spectateur. En gros, il donnait à réfléchir pour quiconque a un minimum d’intelligence. Et cela résonne encore plus 22 ans plus tard, avec nos sociétés hyper connectées et où on commence à parler de transhumanisme de façon sérieuse. 

Là, au vu des trailers, avec une phrase qui est  » ils ne vous ont pas sauvé la vie, ils vous l’ont volée », j’ai peur que le film ne soit qu’un  métrage typiquement américain. Qu’on ne retrouve pas, malgré la présence avérée du « Marionnettiste »,  le message que tentaient de faire passer  Shirow et Oshii. Un truc calibré pour public adolescent sans subtilité, faisant de Sanders un simple Yes Man, marionnette des producteurs à ce niveau. Ce serait dommage de faire ça.  Vraiment. En langage plus trivial, ça s’appelle prendre le spectateur pour un con.

Vous allez le dire:  » Mais Jul, tu es par trop exigeant,  laisse-toi porter par le spectacle et voit ça comme un bon film d’action si tu n’y trouves pas ce que tu veux. » Désolé mais non, on parle de GITS, donc, offrir du spectacle et voir Kusanagi botter des culs juste pour porter sa marque de bottes cybernétiques sur le postérieur des vilains, ça ne va pas le faire, car s’il y a quelque chose d’exigeant, c’est bien l’oeuvre elle-même.  Elle n’existerait pas ou si je ne la connaissais pas, le problème ne se poserait surement pas.  J’espère que Sanders a pu mettre sa propre vision de l’oeuvre, pour y inclure au moins le message, même simplifié, de l’oeuvre d’origine. 

Mais je sais aussi que le pire n’est jamais certain, et qu’on peut peut-être s’attendre à une surprise de ce côté-là…

Mais sans doute que je m’inquiète trop et que mes appréhensions seront levées lorsque j’aurai vu le film…  De toute façon je vous en ferai une critique ici même. 

Voilà, je voulais attirer votre attention sur le fait que peu importe qui incarne le Major,  ce problème est ridicule par rapport aux propos qui se trouveront dans le film. Allez Rupert, j’espère que tu aura été assez fan pour reproduire la portée et les concepts d’origine et t’affranchir des carcans d’Hollywood. 

Weekly Retro #18 : Classiques d’aujourd’hui, d’hier et de demain

Le Weekly Retro revient sur le blog après une interruption pour cause d’emploi du temps chargé sur le plan personnel.

Je vous propose un numéro un peu particulier cette semaine. En effet, j’avais envie de réfléchir sur la notion de «  classique » de jeu vidéo. Ce ne sont que quelques pistes, rien de plus.

Je joue en ce moment à Horizon Zero Dawn, et comme vous le savez ce début d’année 2017 , bien pourri sur le plan politique, est en revanche extraordinaire sur le plan vidéoludique. Pas une semaine sans qu’un jeu d’exception ne sorte. Et ça va continuer. Mars est même un mois fou à l’image de sa météo : Horizon Zero Dawn, je vous en ferai sans doute une critique ici, et la plupart des critiques de presse ont salué les qualités du jeu, sauf Gamekult, mais je pense qu’ils doivent avoir une dent contre Guerrilla Games.

Et le dernier Zelda , intitulé Breath of the Wild remporte tous les suffrages sur la toute nouvelle console de Nintendo, la Switch, lancée au début du mois sur le marché.

D’autres titres, dont certains à venir comme NieR Automata ( sans doute une critique sur ce blog aussi), ou Persona 5 pour ne citer qu’eux, ont raflé aussi des notes excellentes en version import.

Cette année s’annonce donc comme une année de rêve pour les joueurs…et de cauchemar pour le portefeuille…et le temps. En effet, chaque journée ne dure que 24 heures, et il n’est pas extensible.

Nul doute que tous ces titres, et j’en ai oublié, deviendront des classiques lorsque la génération actuelle sera devenue « rétro ».

Mais qu’est ce qui fait qu’un jeu devient un classique unanimement reconnu ?

1-L’illusion du GOTY

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Ah, le fameux GOTY, à chaque fin d’année c’est pareil, les gens se disputent pour savoir quel titre sera le Game of the Year, c’est à dire le jeu de l’année, le tout instrumentalisé par les magazines. Du genre, il ne faut en choisir qu’un seul. Maintenant, admettons que vous avez acheté tous les gros titres que j’ai cités ci-dessus que vous les ayez terminés, et surtout grandement appréciés. Maintenant, choisissez-en un seul. Je suis certain que le choix ne sera pas facile.

D’autant que le titre considéré comme jeu de l’année pour un joueur ne sera pas forcément le même pour d’autres. Tout dépend de l’expérience qu’on en retire et de ce à quoi on a joué.

Il vaut mieux donc faire une récap’ en fin d’année, permettant de partager les expériences de jeu sur un an, bonnes ou mauvaises. Oui, une déception peut arriver…

2-Le premier jeu est souvent marquant

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La notion de « classique » vient aussi avec la façon dont nous avons abordé notre première expérience vidéoludique. Par exemple, la mienne, c’est lorsque j’ai reçu ma Megadrive avec Sonic et Streets of Rage en bundle. Le jeu du hérisson bleu fut le premier à squatter la fente de la console, autant vous dire que ce titre est culte et que je ne lui trouve quasiment aucun défaut. Et peut-être que, pour ceux qui ont eu la MD avant, il s’agira de Altered Beast, premier jeu à être vendu en bundle avec.

Mais disons ce qui est, ce dernier est vraiment limité dans son gameplay, son level-design et n’exploite vraiment pas la console. Il aura fallu le courage de Tom Kalinske, président de Sega of America pour changer la donne et mettre le premier Sonic à la place, ce qu ne plut pas du tout au chef de Sega Japan. Pourtant, la stratégie s’avéra payante. Mais cela ne fut que le premier d’une série de conflits qui perdureront jusqu’à la fin de Sega en tant que constructeur …

Pour en revenir à nos pixels, si cela fut Sonic pour moi, pour d’autres, la première expérience fut sans doute sur un autre jeu ou une autre console. Je ne sais pas, un Mario, Aladdin ( version MD superior!!!), et tiens, ça va nous permettre d’enchaîner sur un autre point : les critères « objectifs ». Peut-être que pour ceux qui se lancent dans le jeu vidéo à notre époque,  Final Fantasy XV sera pour eux un classique…. Non, ne me parlez pas de Star Ocean 5, par pitié…

3- Les atouts doivent être visibles

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Ce que j’appelle les « critères objectifs » est comment le jeu se présente à vous. Cela passe par les graphismes, le son, mais aussi la jouabilité. Mais un joueur normalement constitué verra en premier lieu la jaquette d’un titre, et même quelques images au dos pour donner une idée. Le critère graphique est donc de première importance. Je doute que le premier Sonic soit devenu aussi culte sans des graphismes prouvant que la MD savait aussi se défendre… Mais parfois c’est raté. Manque de temps, de moyens, il arrive que des programmeurs ratent cet aspect d’un jeu.

Donc, il faut rattraper une tare en soignant une autre. Et là la jouabilité devient essentielle. Je suis prêt à pardonner la mocheté d’un jeu si la jouabilité suit.

Le son compte pour les oreilles, mais au besoin, si les musicos n’ont pas su dompter le processeur son, il y a toujours la possibilité de couper celui-ci sur toute bonne télécommande.

Évidemment, ne maîtriser aucun de ces trois critères essentiels donnaient souvent une daube qui atterrissait, entre autres, chez Ze Killer de Consoles+.

Cependant, pour vouloir sortir une véritable daube bien fumante, il faut vouloir de nos jours, et elles deviennent vraiment rares, faut-il s’en plaindre ?…ou alors, il faut s’appeler Nintendo et faire l’opposé de Breath of the Wild avec 1-2 Switch.

Mais là encore, attention, cette définition purement « objective » n’est pas inamovible.

4-Parfois, on aime un jeu envers et contre tout

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Là je vais évoquer le cas de certains titres qui normalement auraient dû être très moyens voire mauvais, mais qu’on aime pour une raison purement subjective.

Je n’ai jamais caché être un fan de Deadly Premonition. A vrai dire, j’aime bien les choses un peu bizarres, et si la volonté de vouloir sortir du lot se démarque, je prends. DP est moche, bourré de bugs, à la limite du jouable dans certaines séquences, ce qui fait qu’il en a repoussé pas mal. Pourtant, en creusant, on découvre un jeu avec une écriture de scénario folle, des personnages creusés. Mais je comprends aussi que certains n’aient pas aimé.

Idem un jeu tel que Big Rigs : Over The Road Racing, jeu de courses de camions sur PC, est tellement bourré de défauts qu’il en devient attachant. Pour un peu, on aurait pitié de lui, d’être sorti dans un aussi sale état et pas fini. Comme quoi, dans les jeux vidéo, on peut devenir aussi un classique, mais pas pour les bonnes raisons. En cinéma, on appelle cela un « nanar ». D’ailleurs, je me demande quels titres pourraient faire partie du lot en matière de JV…

5-L’expérience de jeu dépend de chacun de nous

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Mais comme je l’ai dit, ces critères ne sont pas inamovibles. Le jeu vidéo est avant tout une question de feeling. Et parfois, il arrive de ne pas accrocher à un titre qui a pourtant tout pour plaire : graphismes, jouabilité et scénario au top. Par exemple, je n’ai pas accroché au premier Dishonored. Vous pouvez me jeter des tomates pourries si vous voulez, je ne nie pas ses qualités, visibles, mais il y a un « truc » qui chez moi n’est pas passé. Cela peut arriver à n’importe qui et sur n’importe quel jeu.

Voilà, je termine en disant qu’en réalité, la notion de « classique » n’est pas figée. Elle dépend de certains critères que j’ai évoqués plus haut. Et dans tout ça, le temps change t-il quelque chose à l’affaire ? Oui… et Non. Disons que un excellent jeu le restera, un mauvais aussi. Je doute que des titres jugés très mauvais à l’époque de leur sortie se soient améliorés avec le temps. Mais le recul permet d’avoir un nouveau regard. Peut-être que certains jeux auraient mérité une meilleure considération lors de leur sortie, et que certains autres ont peut-être été surestimés…D’autres vieillissent plus ou moins bien. C’est le cas de Altered Beast, qui témoigne de son époque de sortie. 

Voilà, je vous dis à la semaine prochaine pour nouveau Weekly Retro.

Cinévrac mars 2017

Bonjour et bienvenue dans un nouveau Cinévrac. Il est vrai que je n’ai pas rédigé de critique cinéma depuis longtemps  sur le blog, eh bien les voici de retour, avec deux films, qui sont Kong : Skull Island et T2 Trainspotting

Putaing, Kong!

1-La salle
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Me rendant sur Paris pour certaines raisons, vint un vendredi gris et triste. Comme je me trouvais non-loin du quartier de La Villette, pourquoi ne pas aller voir un film au nouveau Pathé du centre commercial flambé, flambant neuf ? Il faut que mon Pass serve à quelque chose…
Je m’y rends et je jette un coup d’œil sur les films qui commencent. Tiens à 10 heures, il y a Kong Skull Island... il était 9h55. En VOST ET dans la salle IMAX en plus ? On peut dire que je suis verni. Le cinéma est propre, mais grand, presque trop. J’ai eu du mal à trouver la salle, après avoir monté une foule d’escalators . Remarquez, cela m’a épargné les pubs, je suis à peine installé que les qualités de l’IMAX me sont vantées dans le jingle. Et il est vrai qu’au niveau technique, il n’y a rien à redire : l’image est nette, claire (alors que je trouve que beaucoup de films en 3D sont assez sombres), le son du film était bien spatialisé, la salle avait des fauteuils propres, confortables (mais aussi beaucoup de duos), et une pente assez prononcée avec un écran e 22 m de base. Excusez du peu… Il fallait bien ça pour Kong, non ? Allez, passons à la critique du film lui-même.

2-Le film
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Si je devais avoir un seul mot pour qualifier le long -métrage, ce serait l’adjectif « bordélique« . En effet, le film a tendance à partir dans tous les sens, puisant son inspirations dans différentes références notamment celui du film de guerre, dont des pompages flagrants à Apocalypse Now. D’ailleurs, cela se passe juste après la fin de la Guerre du Vietnam. Les troupes américaines doivent se retirer mais un contingent reste pour faire une dernière mission : explorer l’île de Skull Island découverte par les ingénieurs de Landsat. Ainsi, un groupe de militaires menés par Samuel L. Jackson et des civils tel qu ‘une biologiste, une photographe pacifiste, doivent s’y rendre. Problème, elle est inaccessible à cause de la dépression orageuse qui l’entoure. Mais les hélicos de l’armée passent le front dépressionnaire, et arrivent en vue de l’île. Mais voilà, il y en a un qui ne souhaitait pas du tout l’arrivée des Américains sur son territoire : Un très grand singe du nom de Kong. Après que notre géant ait écrasé d’une pichenette les engins volants, tout le monde va se retrouver séparé.
Le film alterne donc entre péripéties d’exploration, de découvertes ( oh, un beau plan emprunté à Jurassic Park!)et de purs moments d’action. Le problème, c’est qu’il est hélas trop manichéen, et tire parfois vraiment sur le nanar question dialogues. C’est tout de même gênant. Les militaires ne sont que des brutes tandis que les civils eux, font la connaissance des autochtones, et découvrent que Kong n’est pas si méchant que ça. L’objectif réel de la mission n’est qu’un prétexte. Je me suis demandé ce que certains dialogues venaient faire là, tant ils n’ont pas la place dans un blockbuster. Mais le métrage offre de purs moments d’action, et les batailles avec notre singe géant préféré sont impressionnantes. Dommage d’avoir mis une séquence où le gentil pourfend plein d’ennemis volants, tout en échappant aux émanations toxiques. Il y a plein de potentiel gâché dans ce film. Il montre des choses, et des belles, mais c’est tellement foutraque dans l’écriture qu’on dirait que c’est un gosse qui a rédigé le script.
Il n’en reste pas moins un plaisir, coupable ou non, idéal pour se vider la tête. Peut être était-ce là son objectif et rien d ‘autre mais comme il prétend aller dans la catégorie « Blockbuster » je pense que l’intention est plus triviale.

Kong: Skull Island

Réalisation : Jordan Vogt-Roberts

Genre : Blockbuster

Durée : 1 h 59

Avec : Samuel L. Jacson, John Goodman, Brie Larson, Tom Hiddleston…

En salles depuis le 8 mars 2017.

 

De quoi se remettre sur de bons rails…

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On est pas sérieux, quand on a 25 ans. Oui, certes. Sauf que les 4 junkies de Trainspotting en ont maintenant 20 de plus. Danny Boyle adapte « Porno« , de Irvine Welsh, qui est la suite de Trainspotting.
Le premier film était un coup poing dans le si bien rangé cinéma britannique. Violent, immoral, les héros n’étaient pas des tendres. Mais il laissait une note d’espoir, contrairement à d’autres sur le sujet, notamment Requiem for a Dream.
T2 Trainspotting commence alors que Mark Renton (Ewan Mc Gregor) fait son retour à Glasgow. Le moins qu’on puisse dire c’est que ses trois autres camarades ne sont pas forcement ravis de le revoir, pour des raisons liées à la fin du premier film, que je ne dévoilerai pas ici. Chacun d’eux a évolué différemment, mais aucun n’a réussi à s’intégrer à la société.
D’une façon générale, j’ai trouvé le film moins marquant que le premier, mais ce n’est pas pour ça qu’il est mauvais. Il n’est jamais facile de faire une suite, aussi bien en livre qu’en film et celui-ci s’en tire plutôt bien. On peut même invoquer l’effet de surprise, puisque le précédent avait une fin assez définitive. Une certaine mélancolie se développe dans le métrage, au point d’abuser parfois de flashbacks et de références au premier, comme s’il ne parvenait jamais à s’en détacher réellement. comme le dit Spud :« Tu reposes trop sur la nostalgie ». Le film souffre également d’un manque de rythme, certaines scènes sont vraiment trop longues. Pourtant, il y en a aussi des géniales, (le duo Rent Boy/ Sick Boy dans un troquet et leur chanson improvisée…un pur moment de bonheur). Le film montre également le « non-accomplissement » des personnages dans la vie, qu’ils ont refusé de choisir. Mais le quatuor a plutôt bien vieilli, même Robert Carlyle, dont la transformation est impressionnante. En elle-même, la réalisation est bonne. Le film a également une BO excellente, avec des morceaux de choix. En VO, il faut toutefois se faire à l’accent écossais assez rocailleux des acteurs notamment quand l’oreille est plus habitué à celui britannique…

T2 Trainspotting n’est pas une suite ratée, même s’il aurait pu être mieux. Et il assume plutôt bien le fait d’être une séquelle qui se passe réellement vingt ans plus tard. Ce qui n’est pas le cas de certains autres, notamment s’ils sont français…

T2 Trainspotting

Réalisation : Danny Boyle

Genre : comédie dramatique

Durée : 1h57

Avec : Ewan Mc Gregor, Ewen Bremmer,  Robert Carlyle, Johnny Lee Miller…

Distribution : Sony Pictures Releasing France

En salles depuis le 1er mars 2017

Guns of the Kikoolols épisode #75

Nintendo est il plus grand que ses erreurs ?

Deux GotK en peu de temps, il y avait longtemps que cela ne m’était pas arrivé. Mais là, voici la raison de mon courroux :http://www.huffingtonpost.fr/laurent-amar/critique-console-switch-nintendo/

Un article de blog paru sur le Huffington Post. Et comme vous le savez,  aujourd’hui c’est le jour de la sortie officielle de la nouvelle console de Nintendo, la Switch. A titre personnel, je ne la prendrai pas immédiatement, pour différentes raisons.  Mais alors faire un bashing gratuit de celle-ci  dès le jour  de sa mise sur le marché, je n’avais encore jamais vu ça! 

 En réalité, on sent que l’article part très mal dès le départ. Déjà, on voit que l’auteur se définit comme « Blogueur mondain et Jet-setteur ». Autrement dit,un de la trempe de  Frédéric Beigbeder, qui fait que mépriser ce qui amuse les roturiers… Je me demande comment on a pu le laisser faire un article parlant de jeux vidéo ! 

Le premier paragraphe rappelle les heures bénies de Nintendo, avec la Nintendo 64 , la Super Nintendo et la Game Cube  » dans une moindre mesure » selon son auteur, pour lui désormais passées. 

Les paragraphes suivants tente de démontrer que la Nintendo 64, malgré la désertion des éditeurs tiers, mettait tout de même une claque aux concurrents, notamment grâce à Rareware.  Ce n’est pas faux, d’un côté, mais c’est oublier que Sony savait aussi se défendre. Puis ensuite, il loue l’inventivité de Nintendo à l’époque avec Super Mario 64, véritable leçon de level-design. Ce qui est vrai. Puis bien entendu, impossible de passer à côté de Ocarina of Time…Jeu, qui pour lui « a tout inventé »… Vraiment?  OoT est extraordinaire, personne ne le conteste, mais il n’a fait que transposer en 3D ce qui était déjà en 2D en améliorant la formule.

Je signale aussi que les jeux Nintendo 64 n’étaient hélas pas au top graphiquement, avec une sortie de brouillard permanent pour l’horizon, OoT n’y échappe pas, à tel point que vers la fin de la console, certains titres ambitieux avaient besoin d’une extension de mémoire pour fonctionner.

Ah, si seulement Rare était resté chez Nintendo, et si l’évolution technologique n’était pas aussi rapide… hein ? C’est vrai quoi… Car ces louanges sont un procédé stylistique pour mieux contre-attaquer ensuite et défendre sa thèse. Jules César l’utilisait déjà dans Commentaires sur la guerre des Gaules.

 L’homme qualifie donc la Wii et la Wii U de « honte du jeu vidéo« … Là, c’est aller trop loin.  La Wii avait vraiment pour ambition de  redonner un aspect familial au jeu vidéo. On ne peut pas reprocher à Nintendo d’avoir tenté, d’autant qu’elle compte de jolies perles et elle s’est très bien vendue. Idem pour la Wii U. Pour en posséder une, la console est loin d’être une honte question jeux. Mais je suppose que ce Monsieur n’a jamais joué à Mario Kart 8, Super Mario Maker ou Xenoblade Chronicles X…  Des perles que je vous recommande chaudement.  Mais effectivement, elle s’est beaucoup moins bien vendue que sa grande sœur, et c’est peut-être là son plus grand drame.

Ensuite l’homme qualifie la Switch de « la dernière abonmination de Nintendo« . De quel droit ? DE QUEL DROIT ? La console est à peine sortie qu’elle se fait déjà descendre!  Il lui reproche son caractère hybride, et qu’on retourne au « motion gaming  » avec sa fonction de console portable.  C’est si fatiguant que ça que de la remettre dans le dock , c’est vrai… On passera sur le fait que l’écran en 720p est « un recul d’au moins six ans« … Petite mise au point pour Monsieur Amar : cette définition est sans doute dépassée pour des écrans TV, mais pour une console portable c’est au contraire une jolie résolution. Et comparer ça à des écrans 4K, franchement, c’est l’argument le plus naze que je n’ai jamais lu. Monsieur Amar ne doit pas savoir que depuis la Wii, Nintendo a  abandonné la course à la puissance…  Et que le constructeur préfère tenter des choses,  exploiter son savoir-faire, pour attirer les joueurs…  Et c’est le cas, une fois encore, avec la Switch. Alors oui, la console n’est pas parfaite, elle a des défauts, notamment techniques,  mais, je vous en conjure, lisez plutôt les avis plus nuancés des différents sites spécialisés plutôt que le billet d’un jet-setteur qui semble déconnecté du monde.

Et si M. Amar veut vraiment voir des « abominations »  en termes de console, qu’il aille se balader sur Youtube. Il verra que des consoles vraiment merdiques, ça existe. Par exemple, je vous ai parlé ici même récemment de l’Hyperkin, de Mattel. 

« Nous préférons nous arrêter là« . Ouais, tu fais bien mec, tu as dit suffisamment de conneries jusqu’ici. Mais ça ne l’a pas empêché de continuer, en prétendant que la « PS4 pro offre des des merveilles, comme Horizon Zero Dawn » et que le directeur de Nintendo France « peinait à justifier l’existence de cette drôle de console auprès des distributeurs, de plus en plus sceptiques ». Mais bien sur! C’est sans doute pour ça qu’elle bénéficie d’une promo énorme et que la moitié( au moins ) de mes followers sur Twitter l’ont ou vont l’acheter ! Et aussi que Zelda Breath of The Wild récolte d’aussi bonnes notes que le hit de Guerrilla Games! 

Quant à la fin de l’article… Reprocher à Nintendo de  « faire une stratégie commerciale à l’encontre de ce que souhaitaient les joueurs… »  Bien sur, bien sur… Parler au nom  » des joueurs », cette masse informe et sans visage, ça l’arrange bien. Je signale à ce pauvre type que la puissance ne fait pas tout. Il ne suffit pas de faire du 1080p à 60 fps pour  faire un bon jeu!  Ce qui compte, c’est ce qu’ils offrent en qualités ludiques. Si la puissance suffisait pour vendre, alors la Xbox ( celle sortie en 2002)  serait première de sa génération.  Et s’il se dit fidèle de la première heure de Nintendo,  dans ce cas, il soutiendrait tout de même le constructeur même s’il est sujet à critiques, et ne lui reprocherait pas de tenter des choses. 

Descendre une console à peine sortie, je n’avais encore jamais vu ça. La switch, une console jugée dès le premier jour lors d’un procès inique prenant la forme d’un article de blog niché sur la version française du Huffington Post. On peut émettre des doutes sur la stratégie de Nintendo, oui. Mais il y a une grosse nuance entre « douter » et « descendre en flammes ».  Les doutes sont faits pour être levés. L’auteur est en revanche, pétri de certitudes. Nintendo tente, et comme je l’ai dit, on ne peut lui reprocher de le faire.

Or, chacun le sait, ce n’est que le temps, aidé par l’adhésion ou non des éditeurs et des joueurs,  qui décideront si la Switch sera un succès ou un échec. Personnellement, je penche pour la première solution au vu de ce qui est annoncé. Je lui souhaite une belle vie.