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[Retrogaming] Fortress of Fear, ou l’aventure du chevalier plombé

Si on connaît le développeur britannique RareWare pour ses jeux de grande qualité sur consoles Nintendo lors de la deuxième moitié des années 90, il y a un jeu dont il ne s’est jamais vanté: il s’agit de Warriors & Wizards X: Fortress of Fear, sur Game Boy, sorti en 1990 et édité par Acclaim. Je vais dire qu’il fallait bien se faire les dents avant de pondre des hits quelques années plus tard… Et nous verrons que les souvenirs, il vaut mieux que ça reste des souvenirs, parfois…

Gros lourdaud au secours de la princesse

La saga des Wizards & Warriors avait déjà connu deux épisodes sur NES. On ne sait pas pourquoi on passe directement au dixième sur GB, les sept autres jeux n’ayant jamais vu le jour lors de sa sortie, mais bon, on fera avec… Un Wizard & Warriors III finira cependant par sortir sur NES en 1992.

Dans Fortress of Fear, vous incarnez le chevalier Kuros qui doit entrer dans la forteresse du sorcier Malkil, qui a enlevé la princesse du royaume.

Et quand je dis « chevalier » , c’est vraiment le chevalier avec son armure et même son heaume. Le jeu est décomposé en 5 grands niveaux eux-mêmes divisés en plusieurs sous-niveaux et qui se concluent avec une bataille face à un boss, Malkil étant bien entendu le dernier.

Kuros se bat avec son épée,qui ne sera pas de trop pour affronter les diverses créatures qu’on trouve dans le château: piranhas, serpents gants, chauves-souris, squelettes, dragons… bref, tout ce qu’il faut pour faire une ambiance médiévale… Sur sa route, notre preux chevalier trouvera divers bonus comme des gemmes qui donnent des points supplémentaires, et une vie au bout de dix récoltées, des bottes qui permettent de sauter plus loin, des clés pour pouvoir progresser, un item qui remet de la santé et parfois, des vies. Chaque coffre que vous trouvez interrompt l’action pour vous mettre un message en vieil anglais vous indiquant ce que vous avez trouvé. Imaginez la tête du gosse en CM2 ou sixième qui débute en anglais, vient tout juste d’apprendre les auxiliaires au présent, dont « You have » et se retrouve avec la forme « thou hast ». Quant à moi je pigeais rien à l’anglais vu que j’ai fait allemand LV1…

J’avais découvert ce soft lorsque j’avais une dizaine d’années ( j’en ai quarante actuellement, faites le calcul…), et je me dis que les souvenirs, c’est souvent trompeur, notamment en matière de jeux vidéo. Et lorsque le jeu était vanté dans le catalogue Nintendo, il était marqué «18 niveaux de terreur ». On comprend pourquoi… Et aussi parce que la mémoire humaine a tendance à enjoliver les souvenirs. Mais le «c’était mieux avant » ne s’applique pas forcément en jeux vidéo, et tout particulièrement pour le soft qui fait l’objet de cette critique.

Parce que ne vous leurrez pas, Fortress of Fear n’est pas un bon jeu. Et il fait même pâle figure face aux mêmes jeux du genre, à commencer par Super Mario Land pourtant sorti un an avant.

Le Moyen-Age du jeu vidéo dans toute sa splendeur

Puisqu’on parle de période médiévale, j’aurais plutôt tendance à dire que c’est le soft lui même qui est moyenâgeux. Pour un jeu de 1990, les graphismes sont assez inégaux. Certains décors sont corrects et certains sprites assez grands, tandis que d’autres seront franchement moches et dépouillés. Mais au moins le jeu reste assez lisible. Malheureusement, j’ai constaté un problème de proportions : Kuros semble presque trop grand par rapport à l’échelle globale du jeu.

Niveau sonore, c’est la cacophonie plus qu’autre chose. Certaines musiques, comme celles de l’écran-titre ou des boss sont plutôt bonnes, mais pour d’autres, on dirait de la harpe celtique mal accordée avec du cor anglais crasseux. Et qu’on me dise pas qu’il s’agit d’un jeu Game Boy de 1990, hein. Parce que la encore Super Mario Land exploite les capacités du support à merveille, Balloon Kid aussi, d’ailleurs, pour reprendre des jeux du même genre et de la même période de sortie. Sur ce point, le soft n’a pas franchement d’excuse. Ajoutez à ça des bruitages qui font dans le n’importe quoi ( le bruit quand on élimine les ennemis est atroce), et vous aurez vite fait de couper le son. Ou pas, je vais y revenir .

Un jeu où même les sauts sont un enfer

Vous allez me dire que le titre se rattrape sans doute sur sa jouabilité… même pas. Kuros est ultra lourd à diriger, et pire encore la hauteur des sauts est à prendre en compte, si jamais on chute de trop haut, on perd de l’énergie, voire des vies. Et c’est pareil si vous ne jugez pas correctement la distance. Avec les deux boutons d’actions de la portable de Nintendo je vous laisse imaginer le massacre. D’autant plus que vous devrez parfois faire des sauts de l’ange sur des plates-formes se trouvant parfois en dehors de l’écran. Je n’en reviens pas, j’ai là un soft qui trouve le moyen de rater ce qu’il y a de plus essentiel dans un jeu de plates-formes ! Ajoutez à cela une détection des collisions trop imprécise, et vous avez un jeu qui s’avère frustrant à jouer ou alors les gamins ont une dose de patience que n’ont plus les adultes. Sans compter que la perte d’une vie vous fera perdre tous les avantages que vous aviez alors: clés, armures et bottes renforcées s’envoleront. L’unique bon point dans tout cela, c’est que vous reprenez immédiatement à l’endroit où vous avez perdu la vie. L’inconvénient, c’est que si vous êtes dans une zone infestée d’ennemis, vous subirez immédiatement des dégâts vu qu’il n’existe aucune frame d’invincibilité vous permettant de vous enfuir. La plupart des ennemis, dont certains n’hésiteront pas à passer au travers de votre sprite comme si rien ne les arrêtait soit dit en passant, nécessitent plusieurs coups pour être vaincus et là non plus, il n’y a pas d’indications vous permettant de savoir si vous les touchez ou non. Donc le jeu vous oblige à jouer avec le son, car seuls les bruitages vous guideront. Imaginez face aux boss, vous aurez les tympans vrillés avant même d’avoir atteint la fin du jeu… si vous y arrivez. Les niveaux ne sont pas chronométrés et d’un côté on comprend pourquoi une fois qu’on y a joué.

Le level design est de plus on ne peut plus linéaire, certains sous-niveaux sont des lignes droites, et parfois deux ou trois sauts sur des plates-formes et hop, next. Plus paresseux, tu ne pouvais pas faire.

Knightmare

On le voit, le jeu n’est pas facile, les chutes seront nombreuses et ce sont surtout elles qui vous causeront la perte de nombreuses vies. Mais le plus frustrant dans tout cela, c’est que Rare n’a même pas songé à inclure des Continues ou un système de mots de passe, ce qui était pourtant assez commun à l’époque. Une fois toutes vos vies épuisées, les One-Up supplémentaires existent, mais sont assez rares, c’est le Game Over. Même si vous étiez au dernier boss, vous devrez tout refaire depuis le début. Le jeu vous offrira juste le « privilège » d’inscrire votre nom (en 3 lettres) sur le parchemin d’honneur, si vous faites un bon score, mais ce dernier ne sera pas conservé si vous éteignez la portable. Remarquez, lorsqu’on termine le jeu… On a juste droit à un simple écran disant «Bravo, vous avez délivré la princesse, merci et à la revoyure ! » bon j’exagère un peu mais en gros c’est ça. Et il n’y a même pas de staff roll. Mais entre nous, qui voudrait se retaper ce jeu à la difficulté aberrante?

En fait le titre nous ment dès le départ, parce qu’on voit sur la jaquette un gars baraqué ressemblant à Conan le Barbare et finalement, on se retrouve avec un pauvre type pataud dans une armure trop grande pour lui… C’est pas bien de mentir aux enfants !

Mais vous me direz qu’en trois décennies, le temps a passé et que le jeu a pu être jugé bon pour l’époque… On va dire que c’était les débuts de Rare. Malheureusement, Fortress of Fear a du mal à tenir la comparaison avec Mario Land, Balloon Kid, ou encore Gargoyle’s Quest sortis à peu près au même moment sur la portable monochrome, bénéficiant tous d’une réalisation beaucoup plus soignée. Et surtout, ces jeux bénéficient aussi d’une difficulté plus équilibrée, et de bonus permettant une expérience de jeu moins frustrante.

Après avoir fait le bonheur des possesseurs de consoles Nintendo, dans la deuxième moitié des années 90, avec notamment Donkey Kong Country, GoldenEye 007 ou Banjo & Kazooie, Rare appartient à Microsoft depuis 2003.

Conclusion 

L’enfance et la mémoire sont parfois de faux-amis, et c’est souvent vrai en matière de jeux vidéo. Si certains demeurent des classiques, notre absence de regard adulte nous fait aimer des jeux qui se révèlent au final assez moyens, voire mauvais. Fortress of Fear est le symptôme de ce cela. Entre une réalisation très moyenne même pour son époque de sortie, une jouabilité lourde et une difficulté souvent atroce, je comprends mieux pourquoi quasiment tout le monde l’a oublié, à commencer par Rare eux-mêmes… Parce que oui, pour avoir dû y rejouer pour écrire cette petite critique rétro, Fortress of Fear, c’était mieux dans mes souvenirs.

Nom : Wizards & Warriors X: the Fortress of Fear

Console : Game Boy

Année de sortie : 1990

Genre : jeu moyenâgeux (si ce n’est pire)

Développeur : RareWare

Éditeur : Acclaim

Cote rétro : bon marché (5-10 €), mais franchement investissez cette somme dans d’autres jeux du genre sur la même machine.

L’AGDQ 2022 bat son record de 2020

L’Awesome Games Done Quick, le premier marathon caritatif axé jeux vidéo de l’année s’est terminé aux alentours de 8 h du matin chez nous (2h aux US sur le fuseau de l’Est), ce 16 janvier 2022 et renoue avec un record de dons. Une semaine de marathon qui s’est faite une nouvelle fois online ,et qui a battu son propre record de dons en dépassant les 3 millions de dollars une nouvelle fois.

Les 3 416 729 dollars enregistrés au moment de couper le signal continuaient encore d’augmenter. Pour rappel, ces dons iront à la Prevent Cancer Fundation, une organisation non gouvernementale qui lutte contre le cancer. Les organisateurs auraient bien voulu le refaire sur site avec la présence des runners, mais une fois encore, le COVID-19, cet enfoiré de virus ( on ne le dira jamais assez), a contraint de nouveau à une édition 100% online. Ce qui n’a pas empêcher cette semaine d’être riche en événements.

Le premier marathon caritatif gaming de l’année se termine, mais d’autres auront lieu. Notamment la SGDQ cet été… en espérant une amélioration de la situation sanitaire qui, il est vrai, commence à durer…

[Gros coup de gueule] Arrêtons avec les NFT !!!

Bon… Avant toute chose, je vous souhaite à toutes et tous une très bonne année 2022, même si le COVID rend ces temps difficiles. Puisse t-elle vous apporter bonheurs et réussites…

Et l’année en matière de jeux vidéo elle commence fort. Fort, parce que Konami décide de nous chier littéralement à la gueule. Je m’excuse de cette vulgarité, mais rien d ‘autre ne vient. En effet, la firme, qui n’est plus que l’ombre d’elle même, vient d’annoncer qu’elle allait fêter les 35 ans de Castlevania avec… des NFT. https://twitter.com/gautoz/status/1479022986380419072?t=UDrHwsKYEPxAprL7C0sj8Q&s=19

Vous avez bien lu. Des NFT !!! Mais on se moque de qui, par Jupiter ? Lorsque je vois de plus en plus d’éditeurs céder à ce truc, j’ai vraiment envie de pleurer! Mais c’est quoi des NFT allez-vous me dire ? NFT signifie Non Fungible Token. C’est une sorte de crypto-monnaie, un peu à l’instar des Bitcoins. Je vous la fais courte parce que l’économie mondiale et moi ça fait souvent deux, mais en gros, comprenez que ce système va amener de la spéculation dans le monde du jeu vidéo. Et une spéculation virtuelle, qui plus est. Autrement dit, une arnaque, dans laquelle peu vont gagner beaucoup, et où beaucoup perdront gros. Je n’en reviens pas. Comment peut-on proposer aux joueurs d’investir par exemple, dans une image du château de Castlevania ? Comment ne pas fêter l’événement dignement, en proposant des jeux gratuits par exemple ? On parle de Castlevania bordel ! Une des nombreuses sagas , au départ exclusive à Nintendo, avec laquelle pas mal de joueurs ont forgé leur amour du jeu vidéo! Je me sens insulté, pas vous ?

Mais d’un côté, qu’attendre de Konami de nos jours ? La firme est au fond du trou. Elle a abandonné quasiment toutes les licences qu’elle possédait. En 2021, elle a lancé le successeur de PES, e-Football, dans un état catastrophique et un contenu minable. Chez EA, on rigole. Hideo Kojima s’est barré, et je me dis que finalement le Pachinko ce n’était pas si mal en fait…

Ce logo vous évoque des souvenirs ? A moi aussi.

En réalité, les NFT sont le point final de ce qu’est le capitalisme débridé dans le jeu vidéo. Ce loisir coute déjà cher, les jeux peuvent désormais aller jusqu’à 80 € neufs sur le dernières consoles mises sur le marché. Beaucoup de titres proposent des DLC histoire de prolonger le plaisir. Mais au moins, ces derniers ne sont pas obligatoires, même s’il n’est pas normal de payer au final deux fois le prix du jeu pour les fans acharnés ( coucou Bobby, tu t’en sors comment avec les affaires que tu as aux fesses? ). Beaucoup de jeux ne sortent pas finis, même après des années de retard, il n’y a qu’à voir l’état technique initial de Cyberpunk 2077 sur PS4 et Xbox One. On parle de Rockstar qui a lancé une GTA Trilogy vendue au prix fort et blindée de bugs et de glitches qui n’existaient pas dans les jeux d’origine? Résultat, on installe le jeu, on veut le lancer et… Ah non, deux heures d’attente pour charger la mise à jour 1.01 de 6 Gigas. Dire qu’il n’y a pas si longtemps, on mettait une cartouche ou un CD, on allumait, on jouait quasiment immédiatement… Le rétrogaming, ça a du bon…

Où et comment en est-on arrivés là ? Les DLC se sont imposés avec notre complicité à nous, les joueurs. Comment disait Coluche, il aurait juste suffi de ne pas acheter pour que ça ne se vende plus. Il faut à tout prix qu’un jeu soit rentable. Mais même rentabilisé, ça n’empêche pas certains de sortir un réédition du jeu à l’occasion d’un anniversaire ou d’une version GOTY et de refaire passer les joueurs à la caisse en payant plein pot pour la troisième fois au moins. Oui, Skyrim, c’est bien de toi que je parle.

Alors, allons nous être complices des NFT, un système dont on ne sait quasiment rien ? Allons nous accepter que certains se moquent ouvertement de nous ? Personnellement, j’espère que ce système ne prendra jamais et se cassera la gueule. Quitte à ce que certains éditeurs perdent gros, ça leur apprendra. A force de trop vouloir jouer et de prendre les gens pour des idiots… J’ai beau adorer les jeux vidéo, ce loisir me dégoûte tout de même un peu.

Je crois que j’ai tout dit sur le sujet. Pour finir, sachez que ces propos n’engagent que moi et ne sauraient être la vérité absolue. Mais il fallait que je le dise.

[Critique rétro] Parasite Eve, le survival-horror selon Squaresoft

Ça me fait mal de le dire, mais les gros éditeurs prenaient des risques à la fin des années 90, quitte à se planter. Au moins, ils auront essayé. C’était le cas de Squaresoft, qui avec l’arrivée de Sony sur le marché des consoles a pu ainsi expérimenter différents types de jeux. Certes, la firme reste spécialisée dans le RPG mais cela ne l’empêchera pas de sortir des jeux dans le domaine de la baston comme Tobal No1 et 2, Ergheiz (ahaha) ou la course avec Chocobo Racing. Et encore j’en cite bien peu. Et voilà qu’en 1998, Square nous pond un jeu hybride, entre RPG et horreur, du nom de Parasite Eve. Une prise de risque qui s’avérera payante vu que l’éditeur en sortira deux suites, même si chez nous, en Europe, nous n’avons jamais eu le droit au premier jeu en version officielle. Mais ça ne m’empêchera pas de revenir sur ce « RPG cinématique » comme la jaquette du jeu le décrit si bien. Parce que c’est quoi Parasite Eve, en fait ?

Ca annonce la couleur…

C’est l’histoire de la mite aux condries…

C’est ce qui s’appelle brûler les planches. Littéralement.

Eh bien, Parasite Eve est à la base un roman écrit en 1995 par Hideaki Sena. L’histoire parle de mutations cellulaires, de mitochondries, d’êtres génétiquement modifiés et d’expériences scientifiques assez horribles. Il n’existe pas, à ma connaissance, de traduction de l’ouvrage en français, mais le livre est sorti en version anglophone. Il en existe même un film mais il n’est pas très bon d’après les retours que j’ai eus.

Et donc, Squaresoft décide de faire, à partir de cette base, un jeu vidéo. Nous sommes donc le 24 décembre 1997 à New York, et la jeune agent de police du NYPD Aya Brea va assister à un opéra à Carnegie Hall. Mais la pièce tourne au drame lorsque la cantatrice, Melissa Pearce, met littéralement le feu à la scène. Aya voit ainsi les acteurs, mais aussi les spectateurs prendre feu. Seule survivante du carnage, elle tente d’arrêter la jeune femme, qui se fait désormais appeler Eve. Cette dernière s’enfuit. Aya tente de la suivre dans les loges et les égouts, mais ne trouve sur son chemin que des personnes carbonisées ou des créatures mutantes. Eve lui révèle cependant qu’elles se connaissent, et que ses mitochondries vont bientôt s’éveiller.

C’est ainsi que démarre une semaine de poursuites à travers Manhattan pour empêcher le pire de se produire, avec un monstre mutant en liberté.

Et si le roman se passait au Japon, Square déplace l’action en Amérique du Nord. On apprend assez rapidement que le jeu se présente comme une suite au roman, notamment avec l’arrivée du scientifique japonais Kunihiko Maeda, qui a vécu pareille situation sur l’Archipel.

Mais dis moi Jamy, euh Julius, qu’est-ce qu’une mitochondrie ? Eh bien, c’est l’organisme qui fournit l’énergie aux cellules des êtres vivants quels qu’ils soient, pour faire très simple.

Et dans Parasite Eve, ces mitochondries deviennent folles et se mettent à attaquer les cellules, transformant les gens et animaux en monstres, ou les brûle dans des combustions spontanées.

Seule Aya semble immunisée à ce phénomène. La raison de sa résistance à cela est aussi une des intrigues du soft.

Eve lève-toi

Un combat de boss sur un carrosse. Original.

Parasite Eve se divise en 6 chapitres qui sont autant de jours, à savoir Resonance, Fusion, Selection, Conception, Liberation et Evolution. Tous ces noms, sauf celui du premier chapitre, font allusion à la division cellulaire et à la naissance d’un être vivant, ça annonce la couleur… Le jeu, bien qu’assez court, tient sur 2 CD. Square ayant toujours la folie des grandeurs, le développeur n’a pas manqué de mettre de jolies cinématiques pour l’époque pour illustrer l’histoire. C’est un RPG « cinématique », je le rappelle…

Vous incarnez uniquement Aya, qui évolue dans des lieux que vous choisissez sur la carte de Manhattan, avec ses endroits emblématiques. La jeune policière pourra toutefois compter sur ses collègues policiers, notamment son coéquipier Daniel Dollis, qui ressemble beaucoup à Danny Glover dans l’Arme Fatale, soit dit en passant. Elle pourra aussi compter sur Maeda, venu tout droit du Japon pour des raisons évoquées plus haut.

Vous évoluerez dans différent lieux réalistes comme un musée, Chinatown ou un hôpital, mais ces lieux sont très mal fréquentés. En effet, si les combats aléatoires sont moins fréquents que dans d’autres jeux du genre, vous en ferez tout de même, avec plein de créatures mutantes comme des serpents, des araignées géantes, des rats mutants et bien entendu des boss assez impressionnants à la fin d’un donjon ou d’une intrigue. Lorsqu’un combat se déclenche, vous pouvez vous déplacer dans l’aire de jeu. En effet, vos armes ont une certaine portée, représentée par une demi-sphère verte et il faudra bien se placer pour pouvoir toucher l’ennemi. Si ce dernier a plusieurs cibles, vous pouvez choisir laquelle viser en premier. Les ennemis disposent souvent d’attaques à distance comme des bras-boomerang, des tentacules ou des projectiles, qui peuvent aussi vous empoisonner ou vous infliger une anomalie de statut. Cependant, leur taille sur l’écran peut limiter vos déplacements dans l’aire de jeu. Bien entendu, la distance joue également un rôle sur les dégâts causés et subis. Le système est géré par l’ATB, l’Active Time Battle, représenté par la jauge bleue au dessus des HP de notre héroïne. La barre verte en dessous représente la Parasite Energy, qui permet d’utiliser des pouvoirs spéciaux. Si certains sont de puissantes attaques, la plupart d’entre eux sont défensifs ou servent à guérir. Elle se reconstitue petit à petit au cours des combats. Attention toutefois, car les magies les plus puissantes, obtenues évidemment vers la fin de l’aventure, consommeront toute votre barre de PE et pire encore, Aya se retrouvera étourdie pendant quelques instants. Imaginez si un boss lance une attaque et que vous en puissiez rien faire ou n’avez pas assez de PE pour vous guérir…

Les dinosaures du musée ne seront pas aussi gentils que Denver.

Aya utilise généralement les armes à feu de diverses sortes (pistolets, pistolets automatiques, fusils, lance-grenades) mais elle peut en cas de besoin utiliser sa matraque au corps à corps. Aucune inquiétude à avoir néanmoins : les munitions sont tellement nombreuses qu’il faudrait vraiment le vouloir pour tomber à court malgré le fait qu’elles soient comptées. Et en bonne flic qu’elle est, elle utilisera des gilets pare-balles pour sa protection.

Ton crafting a grandi

L’aspect survival-horror de Parasite Eve repose aussi sur un inventaire limité. Vous ne pourrez pas stocker les objets dans un sac sans fond et la gestion est primordiale. Vous pourrez augmenter les emplacements en utilisant les points bonus accordés à chaque changement de niveau, par exemple. Seules les munitions n’obéissent pas à cette règle.

Mais vous pouvez aussi combiner votre équipement. Par exemple, vous pourrez mélanger deux armes l’une avec l’autre. Il vous faut des outils, représentés par une clé à molette, ou une autorisation pour le faire auprès de votre collègue à l’armurerie du commissariat. Le truc c’est que les subtilités du système ne sont pas expliquées, alors je vais m’attarder un peu dessus. Pour améliorer les armes ou armures en dehors du commissariat, sélectionnez l’avant-dernière option du menu principal. Mais je recommande d’être près d’un téléphone, qui sert à sauvegarder, pour relancer le jeu en cas d’erreur. D’une manière générale, la fusion d’équipement entraînera la perte d’un des deux objets. Et je conseille de sélectionner en premier l’objet le moins puissant, pour transférer les compétences de celui-ci au plus puissant. Le truc c’est qu’on ne connaît le résultat qu’une fois la manœuvre effectuée, il est impossible de voir ce que cela peut donner avant et revenir sur nos pas une fois la manip terminée.

Faire cela permet généralement d’avoir des équipements plus puissants (un lance-grenades avec une attaque de ouf ça ne se refuse pas par exemple) mais permet aussi de libérer de la place dans l’inventaire.

De l’énergie à revendre

In New Yooork… Pardon.

Techniquement, Parasite Eve est très réussi. Pour un jeu datant de 1998, les graphismes sont très jolis, et New York est représentée de façon réaliste, tout comme les humains. Les ennemis sont de belle taille, et je ne parle même pas de certains boss, absolument énormes. Square n’a pas manqué d’agrémenter les points clés de l’histoire avec de jolies cinématiques bien mises en scène. Reste que le jeu trahit quand même son âge avec des textures parfois assez floues qui passent moins bien qu’avant. Mais l’aspect « horreur » se voit assez souvent, notamment lors des mutations d’ennemis, ou même lorsqu’on voit dès les premières secondes de l’intro la Statue de la Liberté pleurer des larmes de sang… Et comment ne pas oublier sur un accord de piano assez lugubre, la phrase de l’intro qui annonce la couleur : The worst foe lies within the self ( « le pire ennemi réside en nous-mêmes ») ?

Par ailleurs, l’ambiance horrifique du jeu est bien restituée par les musiques faites par Yoko Shimomura qui a cette fois utilisé des synthétiseurs pour créer diverses ambiances. Des morceaux assez organiques, donc, mais qui passent assez bien, et qui parfois font preuve de créativité étonnante. Par exemple, dans Urban Noise, le thème de la carte de Manhattan, on entend des sonorités évoquant les touches d’un téléphone. La compositrice sait aussi bien restituer les moments glauques. Entre ça, et les morceaux dignes de l’opéra avec des échantillons de voix, la variété est de mise.

Les bruitages sont assez nombreux, mais comme dans de nombreux jeux de l’époque, il n’y a malheureusement pas de voix à part les cris d’Aya lorsqu’elle se fait toucher.

L’animation est bonne, il n’y a pas de ralentissements que ce soit dans les déplacements ou les combats, qui se déroulent exactement dans la même aire de jeu. On regrettera juste une Aya un poil lente tout de même.

La jouabilité est très bonne elle aussi. On se fait vite aux déplacements de notre policière et le système de combat devient vite instinctif. Le menu de jeu est assez clair et intuitif également.

Court mais dense. Mais court…

En réalité, Parasite Eve n’a qu’un seul point faible : sa durée de vie. En effet, bien que tenant sur 2 CD, vous plierez le jeu en 10 à 12 heures lors de votre premier run. La faute sans doute à une structure trop linéaire, où l’on avance dans des lieux en récoltant les divers objets et où il n’y a quasiment jamais d’entrave importante à notre progression. Et même si le deuxième disque vous donnera un peu plus de fil à retordre, notamment avec des boss très résistants et disposant d’attaques ravageuses, le titre ne compte pas parmi les plus difficiles de la machine. Sauf que, pour avoir la vérité sur la relation qui unit Aya et Melissa/Eve, vous devrez reprendre la partie en mode EX, qui vous permet de conserver certains paramètres et ajoute un donjon supplémentaire le Chrysler Building. Vous aurez ainsi 77 étages à gravir avec des boss et des sauvegardes tous les 10 étages. Le véritable défi du jeu se trouve dans cet immeuble, tout comme le véritable dénouement, en réalité, et vous allez cette fois-ci vraiment en baver pour arriver jusqu’à Eve. Mais Parasite Eve a un autre atout pour lui : son rythme. Le jeu a le mérite d’être intense, les vrais temps morts sont assez rares, et l’histoire est bien rythmée et alterne avec les phases de donjon.

En Europe, le jeu ne sortira jamais de façon officielle. Mais nous aurons droit à sa suite, Parasite Eve 2, qui marche encore plus sur les traces de Resident Evil et de Dino Crisis de Capcom, avec des textes traduits, mais qui laisse un peu de coté la partie RPG du titre. Puis nous aurons droit à The Third Birthday su PSP, un épisode tellement spécial qu’il a divisé aussi bien que les joueurs que la critique.

Conclusion : Un excellent mélange des genres

Parasite Eve est un excellent titre, qui aurait vraiment mérité une sortie européenne officielle. Le mix RPG/Horreur prend plutôt bien. Son ambiance horrifique dans les rues de New York, son héroïne et les questions qu’il pose sur la science sans conscience en font un jeu qui aurait mérité un plus large public. Ajoutez à cela un système de combat bien trouvé et dynamique, une réalisation globalement excellente, ce jeu reste une perle de la PlayStation, même de nos jours.

Le Chrysler Building apparait seulement après avoir terminé le jeu une première fois.

Points Positifs :

L’héroïne du jeu

Une suite au roman

Le scénario

Une belle réalisation

Les musiques de Yoko Shimomura

Points Négatifs :

Durée de vie assez courte malgré tout

Pas de voix digitalisées

Certaines textures graphiques ont mal vieilli tout de même

En Europe, on l’attend toujours…

[Marathon]Le Desert Bus de l’Espoir 2021 termine sur un record de dons

Après une année 2020 perturbée par le Covid, Le Desert Bus de l’Espoir était de retour dans les locaux de l’association Petits Princes avec une édition « hybride », avec invités en plateau et d’autres à distance. Les parrains de cette année étaient Carole Quintaine et Donald Reignoux. L’événement, qui avait lieu pendant 60 heures depuis vendredi, était organisé par Loisirs Numériques et vient de se terminer avec un record de dons, le compteur affichait 70 390 euros lors de l’arrête du stream.

Un record qui va permettre à l’Association Petits Princes de réaliser encore plus de rêves d’enfants et d’adolescents gravement malades.

Et je vais rappeler le principe de ce marathon caritatif : il s’agit de jouer à un jeu, Desert Bus, qui fait partie de la compilation Smoke & Mirrors conçue par le duo Penn and Teller et qui aurait dû sortir sur Mega-CD,l’extension de la Megadrive, mais cela ne s’est jamais produit. Le principe est simple, on conduit un bus, vide, sur une route, toute droite, entre Tucson et Las Vegas, et le voyage dure huit heures. Les seules distractions sont un mini-sapin qui tourne, quelques panneaux « stop » et un moustique qui s’écrase au bout de cinq heures environ. Et il ne faut pas s’arrêter, sinon, il est quasiment impossible de redémarrer et une dépanneuse nous ramène en temps réel à notre point de départ! Les concepteurs voulaient démontrer que si un jeu s’avérait aussi réaliste que dans la vraie vie, ben, ce serait clairement chiant. Desert Bus porte d’ailleurs le titre de « jeu le plus ennuyeux du monde ».

Mais c’est aussi un jeu qui sert pour une bonne cause: celle de permettre aux enfants malades de réaliser leurs rêves. Et ça, c’est bien. Vivement l’édition 2022 pour faire… encore mieux!