Archives Mensuelles: novembre 2013

La pire génération de joueurs ? édition 2013.

Bonjour et bienvenue dans cette quatrième édition de La pire Génération de Joueurs ? Réflexion et bilan que je fais le 30 novembre, à 25 jours de Noël donc, où je n’en doute pas les cadeaux concernant les jeux vidéo seront nombreux. Une fois de plus, l’article étant très long ( moins que l’année dernière toutefois) je le publierai sur deux jours de suite.

Un saut de génération

Et voilà, c’est fait, la PS3 et la Xbox 360 ont trouvés leurs remplaçantes, qui sont commercialisées l’une depuis hier (la PS 4 de Sony) et l’autre depuis le 22 de ce mois (Xbox One). Ce qui n’empêche pas les anciennes de continuer à être commercialisées. Faut-il pour autant passer directement à ces nouvelles consoles ? Certes, les prix sont moins élevés que sur la précédente génération (600 € pour la PS3, bravo Sony) les rendent attractives. Mais personnellement, j’attendrai au moins un an avant de me décider pour l’une d’elles. Déjà, au vu du line-up de lancement, y’a pas grand chose qui me pousse à les acheter. De plus,si pour la 360, Microsoft semble avoir délaissé sa console et que depuis un an, seuls des titres multi sortaient dessus, la PS3 a encore un peu à vivre, et ce ne sont pas les exclusivités sorties cette année qui démentiront, à commencer par le magnifique The Last of Us ( jouez-y, et vous comprendrez que Naughty Dog a carrément dépassé Uncharted avec ce jeu, notamment en matière de gameplay et d’écriture). De plus, le prix de la 360 et de la PS3, s’il reste un peu élevé, en font des consoles attractives et des supports idéaux pour découvrir des titres qu’on aurait laissés filé, notamment en occasion où les prix peuvent vite descendre et trouver de très bonnes choses à moins de 30 euros. Il serait dommage de ne pas profiter de ça. Notamment pour les amateurs de RPG .

Je vais aussi attendre et voir les fonctionnalités de chacune. Et ce que les deux constructeurs nous réservent niveau « surprises ». Prenons l’exemple de la Xbox One : la présentation faite par Microsoft à l’E3 a fait hurler tout le monde. Heureusement le constructeur a fait machine arrière, notamment sur le prêt de jeux restreint, la connexion obligatoire, et le tout dématérialisé et Kinect connecté obligatoirement pour qu’elle fonctionne, ce qui n’empêchera pas cette caméra d’être vendue avec la console d’office. Cela a conduit au débarquement du responsable de la branche jeux vidéo de la firme de Redmond, Don Mattrick, qui est allé se réfugier chez Zynga, le roi des pay to win sur réseaux sociaux. Étonnant. Cependant, rien en dit que Microsoft a réellement tiré un trait sur certaines entraves à la liberté des joueurs, rien ne dit qu’ils les remettront ensuite, par petites touches, histoire de bien faire passer la pilule. Le tout sans vaseline.

Wii U et Vita : un avenir incertain ?

Il y en a une qui s’est faite discrète pendant cette année. Je veux bien sur parler de la Wii U. Si Nintendo cartonne sur le marché des portables, avec sa 3DS, sa dernière console de salon en semble pas séduire, même au Japon. Que se passe t-il ? Manque de jeux ? Sûrement. La console n’a pour le moment pas de system seller dédié. Le tant attendu Rayman Legends a été au final retardé et adapté sur 360 et PS3, et on attend encore LE Mario qui permettra de faire vendre. Pareil, Zelda n’est pas pour tout de suite et il n’y a pas non plus de Mario Kart. C’est dommage qu’elle n’ait pas pu tirer profit de son année d’avance. Je répéterai jamais assez que ce qui fait le succès d’une console, ce n’est pas la puissance, mais les jeux. Peut-elle encore espérer sachant que sur la même ligne de prix, la PS3 et la 360 bénéficient de ludothèques conséquentes ?

Heureusement comme j’ai dit, que la 3DS se vend bien et dispose, elle, en revanche, de jeux. La Vita, chez Sony, souffre du manque de communication et même de la politique de sa maison-mère, qui ne sait visiblement pas quoi en faire. Il est cependant faux de penser que la console, très performante pour une portable niveau technique, ne dispose pas de jeux. Elle en a,et ils souvent très bons pour ne pas dire excellents, et elle peut se targuer d’avoir accueilli au début de l’année un des meilleurs J-RPG jamais sortis, Persona 4 the Golden, version revisitée et superbement refaite de Persona 4.J’ai aussi pu poser mes mains sur Dragon’s Crown, et vous trouverez des critiques de ces deux perles sur le blog. Pour les jeux, il n’est pas non plus interdit d’aller voir ce qui se fait via le PSN. Mais le manque de communication fait que la console souffre d’un déficit de notoriété. Que nous réserve Sony à ce sujet pour 2014 ?

Persona 4  The Golden, le meilleur du RPG japonais  dans le creux de vos mains.

Persona 4 The Golden, le meilleur du RPG japonais dans le creux de vos mains.

Mais surtout, je me pose la question de ce qu’on trouvera sur ces nouvelles consoles. Va t-on vers des suites à gogo (certaines sont déjà annoncées) ? Ce point là n’est pas gênant si tant est qu’elles soient de qualité. Pour preuve, Uncharted 4 de Naughty Dog, je l’attends quand même ( je parlais de The Last of Us plus haut…). Vers encore plus TPS génériques et impersonnels comme on en a trop eu déjà ? Prenez sur les anciennes consoles Quantum Theory ou Mindjack : deux bonnes blagues tentant de copier certains modèles. Mais ça a marché, et le genre a ses références, Gears of War, Uncharted, Vanquish, entre autres. Il ne fait nul doute que des FPS il y en aura à la pelle, et les équipes de développement des Call of Duty doivent déjà travailler sur les épisodes PS4 et One. D’ailleurs, le dernier volet, Ghosts, sorti en début de mois y est présent. Moi, s’il y a un genre que j’aimerais bien voir revenir, c’est bien les RPG japonais, trop absent sur la génération précédente. Final Fantasy XIII, pourtant décevant, s’est bien vendu. Mais peut-on en dire autant des autres ? Certains auraient mérité d’avoir du public, comme Nier, Resonance of Fate ou encore Lost Odyssey. Certains ont été de véritables blagues, comme les Hyper Dimension Neptunia, ou The Last Rebellion pour citer les pires. Un rebond des éditeurs japonais serait bienvenu, même si FF XV va à coup sur y être, et sans doute un Kingdom Hearts III, Square Enix ne pouvant manquer une telle occasion.

De plus,les disques durs livrés avec les consoles, me semblent trop limités pour mettre plus de 10 jeux. Il n’y a qu’à voir le nombre de Gigas requis pour chaque jeu, aussi bien sur One que sur PS4. Le dernier Call of, pour ne prendre que lui en prend 35 ! Forza 5 sur la One, pas moins de 50. Je n’invente rien, il m’a juste suffi de retourner les boites de jeux pour le voir.

Je crains également de voir la généralisation des Online Pass, notamment chez les éditeurs américains comme Electronic Arts. J’avais déjà dénoncé ces pratiques, mais apparemment ça plaît aux gens. Tout comme les DLC vendus à prix d’or. Activision sait très bien le faire. Et au début de l’année, on a même eu pire : EA a inventé le jeu réceptacle à DLC. Je veux bien entendu parler de Sim City, le cinquième épisode de la franchise. J’adore les city-builders et j’ai failli le prendre. Mais j’ai reculé au dernier moment. Je n’ai pas pris le jeu, pour plusieurs raisons : déjà faire des espaces minuscules ( 2 kilomètres de côté sans autre possibilité), ça nuit à la créativité d’un urbaniste en herbe. Ensuite, la connexion obligatoire. Il semblait évident que les serveurs allaient être saturés. Ce fut le cas et la leçon de Diablo III sorti en 2012 sur PC n’a pas été retenue. Ça n’a pas manqué, le jeu a reçu des notes inférieures en tous points à son prédécesseur. Canard PC l’a affublé d’un 4/10 à cause de ses défauts rédhibitoires. Alors, je suis allé sur Steam et pour moins de 10 €, j’ai téléchargé Sim City 4 me rappelant le bon temps où cette franchise n’était pas encore pervertie par le marketing.

Quand on voit ce que donne The Last of Us, on se dit que la  septième génération a su donner le meilleur question technique et intérêt. Ce n'est pas le cas de  tous les jeux...

Quand on voit ce que donne The Last of Us, on se dit que la septième génération a su donner le meilleur question technique et intérêt. Ce n’est pas le cas de tous les jeux…

Et nous, joueurs, sommes-nous prêts à changer ?

Une chose est sure, ce saut de génération n’est pas aussi spectaculaire que le fossé qui sépare la PS2 de la PS3 par exemple. Et nous dans tout ça ? Quand je vois que le dernier Call of Duty se vend par camions entiers, que certains n’hésitent pas à dire que c’est le jeu de l’année, désolé mais apparemment on dirait que non. Activision communique, à grands renforts de pubs, et les gens achètent. Des ados qui n’ont pas l’âge PEGI pour y jouer ( pour information, et ça vaut pour GTA V, les Call Of sont marqués 18+…), mais pas grave, du moment qu’il y a des flingues et qu’on tue des gens… Peu importe ses défauts comme une IA défaillante une fois de plus et un moteur recyclé… Sans compter que la bataille avec Battlefield, dont le quatrième épisode est également sorti en même temps que le jeu d’Activision, autant vous dire qu’on risque encore de bouffer des FPS. A terme, les éditeurs ne prendront plus de risques au vu du coût de développement d’un jeu, et ne feront plus que ce que le public demande. Les jeux vidéo se « casualisent ». Ce n’est pas nouveau me direz-vous, et merci Nintendo d’avoir tenté de ramener les familles devant la TV en faisant des gestes avec une manette/télécommande avec la Wii. Il existe des joueurs qui ne sont pas obsédés par les jeux de foot ou les Call of Duty. Des gens qui essaient de chercher d’autres jeux. J’ai peur qu’on ne se retrouve qu’avec uniquement quelques licences fortes, au détriment de la prise de risques. Pour cela il faudra aller chez les indépendants, mais le budget n’est pas le même. Et ce aussi bien pour le développement que pour la communication. Je dois bien l’avouer, la dernière génération de consoles me fait peur question créativité. Ça s’était déjà pas mal dégradé avec la PS3 et 360, mais là, je crois que ça ne fera qu’empirer. Mais comme les gens achètent, les éditeurs leurs donnent ce qu’ils veulent. Il faut bien faire plaisir également (et surtout) aux actionnaires…

( A suivre…)

 Julius

Publicités

La PlayStation 4 en vente dès aujourd’hui

Une semaine après sa concurrente, la quatrième console de salon de Sony débarque  chez tous les revendeurs.  Il vous en coûtera 399€ pour la PS4, soit 100 € de moins que la Xbox One, pour une capacité de disque dur  équivalente ( 500 Go),  et une manette Dual Shock, ainsi   qu’un fil HDMI inclus ( adieu, la bonne vieille prise péritel),  entre autres. On regrettera cependant le nombre d’exclus  jeux  plus restreint que sa concurrente  dont une clairement pas au niveau d’après les critiques (Knack), mais il faut bien le dire, les line-ups de consoles Sony  n’étaient pas folichons depuis la PS2. Les exclusivités  annoncées permettront à la console de se démarquer, sachant que Naughty Dog, entre autres, a dores et déjà annoncé la venue d’un quatrième Uncharted

Voilà, les deux  sont dans l’arène, la bataille va pouvoir commencer, et que le meilleur gagne. A vous de faire votre choix. 

Julius

La Dreamcast fête ses 15 ans

Bon anniversaire à la Dreamcast, qui fête aujourd’hui les 15 ans de sa sortie au Japon qui eut lieu le 27 novembre 1998 (pour l’Europe, il faudra attendre octobre 1999).  Ce fut la dernière console de Sega. Elle avait 4 ports manette, un atout non négligeable, mais surtout, avec son modem inclus, on pouvait se connecter  à Internet pour jouer en réseau… en 28 k  et  à une époque où la connexion était facturée à la minute, les opérateurs se goinfraient, et pendant ce temps, on ne pouvait pas téléphoner…

Console mésestimée, ne pouvant lutter face à l’arrivée de la PS2 de Sony, mais ce n’est pas la seule raison de son échec, je citerai entre autres éditeurs Electronic Arts, qui a refusé de développer des jeux pour la console. Sega annonça en janvier 2001 l’arrêt de la production de la console, pour devenir un éditeur software. Une vie courte, mais qui lui a permis d’accueillir  des jeux qui ont marqué: Les deux Shenmue, Sonic Adventure 1 et 2, Skies of Arcadia,  Resident Evil  Code : Veronica, Phantasy Star Online, Jet Set Radio, Soul Calibur… Et j’en oublie. 

Pourtant, force est de constater que la plupart des jeux ont pas trop mal vieilli (quelques textures graphiques qui trahissent quand même), mais cela démontre qu’elle était vraiment en avance sur son temps. Et les gens ne l’ont pas oubliée. Comme quoi, la légende perdure…Et je l’espère pour longtemps.

800px-Sega-dreamcast-set

 

Julius

Où sont donc passés nos modes d’emploi de jeux ?

On peut effectivement se poser la question.  Plus  le temps passe, moins les jeux matérialisés contiennent de modes d’emploi dignes de ce nom.  Au nom de l’écologie et histoire de monter qu’on préserve les forêts ?  Parce que mine de rien, ces livrets de plusieurs pages,  ils étaient bien faits, la plupart du temps. Chez Nintendo, on avait droit  généralement à une partie en français et une autre en néerlandais. ils étaient bilingues et la séparation était clairement faite.  Mais il y avait de la couleur.En revanche, sur les consoles Sega, notamment pour la Master System et la  Megadrive, lors des premières années, ces fascicules rectangulaires qui accompagnaient les jeux étaient monochromes : encre noire  pour la MD, bleue pour la MS, avec des photos en noir et blanc.  De plus, nous avions droit à 8 langues parlées en Europe  : sur les pages de gauche, nous avions de gauche à droite : l’anglais, l’allemand, le français, le castillan ( espagnol). Sur la page de droite, venait ensuite l’italien, le suédois ( si, si), le néerlandais, et…le finnois ( je vous assure que c’est vrai).  Idéal pour enrichir son vocabulaire, non ?Ce n’était pas toujours le cas, certains éditeurs pouvant sortir des modes d’emploi  différents. Ou encore, la version européenne de Landstalker  ne contenait que trois langues (français, anglais, allemand).Vers la fin de la Megadrive, les sections des langues  étaient clairement séparées dans les notices de jeux de dernière génération, et le finnois ainsi que le suédois avaient disparu.  Il faut dire aussi, que du temps des 8/16 bits, faire une introduction de jeu n’était pas forcément facile. Donc, les notices de jeu permettaient , outre d’expliquer comment mettre en route la console et comment y insérer la cartouche, de poser un contexte, en racontant une histoire au lecteur, qui connaissait le pourquoi du comment lorsque le jeu commençait. On y décrivait aussi les principes de jeu, et les bonus qu’on pouvait trouver.  Par exemple dans la notice d’un Sonic, on savait que le super-anneau dans une télévision  en donnait 10 d’un coup.  Dans les jeux d’action plates-formes, on avait aussi un bref descriptif des niveaux, souvent traduits dans notre langue sur le papier.  Les notices ont continué  dans la génération 32 bits à être multilingues,  celle de Die Hard Trilogy  était d’ailleurs bien épaisse,  mais ce n’était pas toujours le cas. La génération d’après a vu la plupart des notices en français uniquement. Pour la septième, la génération PS3/ 360, Wii,  ça dépendait des cas, mais rares ont été celles qui faisaient plus de trente pages.  Certaines sont juste là pour y mettre les garanties  et les précautions d’usage,  dans la plupart des cas  les principes généraux et les commandes. Certaines font juste 4 pages. Pour la huitième génération qu’est ce que ce sera ?  Remarquez pour les jeux 3DS, vous n’avez qu’une double feuille avec photo d’écran vous expliquant les commandes…  Sur Vita , les notices des jeux sont à consulter sur la console elle même. Sur PC on se retrouvait  parfois avec une encyclopédie pour un RPG ou un city-builder!

Donc, les gens qui fabriquent les  modes d’emploi seraient devenus de grosses feignasses  avec le temps ? Non.  Seulement, les  technologies ont  évolué. L’évolution des supports de jeux (de la cartouche, nous sommes passés au CD, puis au DVD, puis au Blu-Ray), ont permis d’avoir plus de place.  Cet espace supplémentaire a permis l’arrivée d’introductions permettant de poser le contexte,  de raconter le début de l’histoire, lorsqu’on ne découvre pas cela en  cours de jeu par le biais de textes et de boites de dialogues à l’écran, et maintenant tous sont au moins doublés en anglais. plus besoin de coucher du texte sur un papier alors que les joueurs peuvent directement visualiser le cours des choses!  Pas mal de jeux ont maintenant des didacticiels pour vous apprendre à jouer, par exemple, « Appuyez sur Carré pour donner un coup de poing à votre adversaire » lorsque parfois les touches sur lesquelles appuyer n’apparaissent pas à l’écran, on appelle ça des QTE.  Au final il est vrai que l’utilité d’une notice complète peut être remise en question, maintenant que les gens peuvent  » voir »  les choses. L’inconvénient, c’est que ça tue l’imaginaire… Ça veut dire quoi « kuristusotteeseensa » en finnois ?

Julius

[critique jeu] The Last of Us

Naughty Dog, c’est l’histoire d’une success story depuis Crash Bandicoot, jeu qui a révélé le studio (fondé en 1986 sous le nom de Jam Software) sur PSX. Toutes les licences développées depuis les jeux du bandicoot, pour le compte d’Universal, ont eu un succès aussi bien critique que public. Sur PS3, après avoir développé les trois Uncharted d’excellente facture, voilà que le studio sort un nouveau jeu : The Last of Us. Ce titre est il bien parti pour suivre ses aînés ou bien est il un ratage monumental ? Bon je sais que vous savez, mais je ne pouvais pas passer à côté d’une critique pour vous dire mon ressenti.

 The-Last-Of-Us

L’apocalypse selon Naughty Dog

Le jeu commence alors qu’une épidémie a lieu dans la ville d’Austin. Les médias locaux font état d’une augmentation de 300% des hospitalisations dans tout le pays. La situation est grave, et Joël, le héros du jeu, ainsi que sa fille, ne vont pas tarder à s’en rendre compte. Ils doivent fuir. Loin.

 

Vingt ans plus tard, Joël vit dans une zone sécurisée. L’épidémie due à un champignon, le cordyceps, s’est propagée et contaminé l’humanité avec ses spores. L’armée contrôle strictement les allées et venues des survivants, et gare à celui qui désobéit, ou pire, qui s’est fait contaminer. La loi martiale sévit, et la vie n’est pas facile. Notre homme vit de trafics en tous genres avec son amie Tess. Un groupe s’est monté pour résister à l’armée, les Lucioles, et la guérilla est permanente. Après 48 heures d’incubation, les humains deviennent des « infectés », ne pensant qu’à une chose, répandre la contagion, notamment par morsure. Joël semblait s’accommoder de cette vie, mais lors d’une mission qui ne s’est pas déroulée comme prévu, il va se retrouver chargé par la chef des Lucioles d’escorter Ellie, une jeune fille de 14 ans, qu’il doit emmener à l’autre bout de la ville. Mais il va en être tout autre…

 

Le jeu part d’un fait réel : le champignon responsable, le cordyceps, est un parasite des insectes. Ils ont étendu cela à une supposition qui est que ce machin pas sympa (cherchez donc un peu) pourrait aussi contaminer les humains.

the-last-of-us-giraffe

Parfois, on a droit à des moments de tendresse.

Survivre à l’enfer

The Last of Us a au moins le mérite de partir sur un point de vue original. Point de chasse au trésor, ici, le monde dépeint par le jeu est résolument pessimiste et angoissant. Les zones hors de contrôle de l’armée sont en proie aux brigands et aux infectés. Tout est en ruine. Les bâtiments menacent de s’effondrer, et il est impossible de passer certains endroits sans masque à oxygène pour ne pas se faire contaminer. La loi de la jungle a repris sa place. Chaque être vivant ressemblant de près ou de loin à un humain constitue un danger potentiel. Soit parce qu’ils ont été contaminés, soit parce qu’ils luttent, eux aussi pour la survie. Notre duo trouvera toutefois des alliés sur la route, même si , tout ne se passera pas forcément au mieux. Le but est clair, il faut survivre. Et ce d’autant que si on peut trouver des armes diverses, les munitions sont non seulement limitées, mais en plus, vos ennemis n’en lâcheront pas des tonnes, et chaque coup de feu renseignera vos opposants sur votre position. Difficile de prendre l’IA en défaut tant au niveau des infectés que des humains « normaux ». La console réagit à vos actes et n’hésitera pas à vous prendre à revers. Il faut absolument partir du principe que vous ne serez jamais supérieurs à vos ennemis. Heureusement, Joël peut concentrer son ouïe pour repérer des ennemis potentiels dans un périmètre limité, ainsi que leurs mouvements. Idéal pour établir une stratégie. Car foncer dans le tas sera rarement une bonne idée. Il vaut mieux y aller furtivement, et éliminer un ennemi par derrière. Vous pouvez aussi aller au corps à corps, avec les armes de mêlée que vous trouverez, vous ferez mal, mais attention à la riposte, d’autant que leur usage est limité par une barre de résistance. Plus vous tapez, plus elle s’useront, jusqu’à se briser. Et surtout, cela vous expose aux armes à feu de certains. Se prendre une balle ne pardonne pas.

"je suis planqué derrière le bar, il ne pourra pas me voir!"

« je suis planqué derrière le bar, il ne pourra pas me voir! »

Le jeu dispose d’un système de crafting permettant de fabriquer des objets sur place : par exemple, avec de l’alcool, et un chiffon, vous pourrez créer une trousse de soin . Mais ces ingrédients peuvent, avec un tesson de bouteille, faire un excellent cocktail Molotov… Attention, se soigner ou fabriquer un objet prend du temps et il vaut mieux ne pas le faire pendant une bataille, car vous serez vulnérable, fouiller dans son inventaire ne met pas le jeu en pause.

Il faut choisir judicieusement les objets à confectionner. S’il trouve des gélules, Joël pourra améliorer certaines de ces compétences. Les armes s’améliorent, elles, grâce aux établis qu’on peut trouver dans les bâtiments à condition d’avoir suffisamment d’outils et mécanismes. Donc le jeu oblige le joueur à une gestion de ses ressources pour espérer survivre. Très bien trouvé.

 

Faites des kits de soin dès que vous le pouvez.

Faites des kits de soin dès que vous le pouvez.

 

The Walking Alive

Plus on parcourt The Last of Us, plus les références évidentes sautent aux yeux. On y trouve pêle-mêle, un peu de The Walking Dead pour la survie, un peu de La Route pour le parcours d’un homme et d’une ado dans un pays en ruines, Je suis une Légende, et pas mal d’autres dans la pop culture « zombiesque » et apocalyptique de ces dix dernières années. Et ça se voit.

Le jeu voit ses grandes parties découpées au rythme des saisons. Que se passe t-il entre Joël et Ellie ? Quelle relation entre celui qui a connu le monde d’avant, et celle qui n’a que 14 ans, et qui n’a jamais vu autre chose qu’une zone de quarantaine ? Force est de constater que Naughty Dog a vraiment travaillé le duo vedette. Lui, le vétéran, l’as de la survie, las de la vie (et pour cause, mais je ne vous dirai pas pourquoi) et elle, l’ado limite rebelle mais qui n’a d’autre choix que de le suivre. C’est sans doute là une des autres forces du jeu, sa qualité d’écriture. Non seulement, il y a de la qualité dans les dialogues, mais aussi dans le scénario global du jeu et les personnages intervenant dans le jeu. Le jeu est loin de nous prendre pour des imbéciles, car ici, dans ce monde désormais en ruines, personne n’est épargné.

 

Petite ballade à cheval...

Petite ballade à cheval…

Techniquement, c’est du grand art, à tous points de vue. Le jeu est sûrement un des plus beaux de la fin de vie de la PS3. L’Amérique en ruines est très bien rendue, avec un certain souci du détail. Un univers crade, hostile, qui contraste avec certains couchers de soleil. On notera aussi le travail sur la narration et la mise en scène des cinématiques. Le souci des détails des visages est tel qu’Ellie ressemble beaucoup à Ellen Paige. Pas de doute, Naughty Dog maîtrise, une fois de plus, la machine. Je trouve même le jeu plus beau que le dernier Uncharted, qui lui aussi faisait déjà très fort, c’est dire.

 

C'était l'heure de pointe quand l'apocalypse a eu lieu...En témoignent ces carcasses de voitures.

C’était l’heure de pointe quand l’apocalypse a eu lieu…En témoignent ces carcasses de voitures.

La musique, signée Gustavo Santaolalla, représente parfaitement ce qu’on ressent dans le jeu. Du calme trompeur de la page de présentation, aux percussions de plus en plus fortes lors de l’approche des ennemis jusqu’à devenir vraiment stressante en cas de bataille, elle sait se faire présente. Le jeu dispose non seulement de textes en de nombreuses langues, mais on a aussi le choix des voix. La VF est bonne, les acteurs jouent bien le jeu, mais les puristes le savent, pour une expérience totale, rien ne vaut la VO américaine.

 

La prise en main est intuitive, le système de crafting bien pensé. Si vous avez joué aux Uncharted, nul doute que vous devriez être familiers avec le gameplay. Il y a toujours un cover-system digne des meilleurs TPS, et les ennemis pourront également faire de même. De plus, votre jeune coéquipière n’a rien d’un bulot et sait aussi se débrouiller. Parfois elle vous trouvera certains objets. D’ailleurs si vous galérez trop, et ça vaut pour le mode de difficulté standard, le jeu vous offrira quelques cadeaux discrets. Par exemple, votre arme rechargée, votre santé plus haute, voire une trousse de soins dans l’inventaire, ou pose d’un checkpoint plus avancé… En cas de gros problème, vous pouvez recommencer la séquence en cours en baissant le niveau de difficulté.

 

Le genre de situation qu'il vaut mieux éviter d'avoir...

Le genre de situation qu’il vaut mieux éviter d’avoir…

Cette découverte des États-Unis de 2033 vous prendra environ 20 heures, (mon temps se situait à 19 heures et 46 minutes), ce qui en fait un jeu un peu plus long qu’un Uncharted. Certes, c’est guidé comme les jeux précédents, mais on prend plaisir à batailler et tenter de se frayer un chemin dans ce monde où la loi n’a plus cours, plus aucune, sauf celles de la jungle et du plus fort. Et vous devrez l’être, même si ce ne sera jamais le cas à première vue, car certains passages sont vraiment tendus. Le gros avantage de TLOU, c’est de toujours surprendre. Les séquences se suivent mais ne se ressemblent jamais. Certains passages sont vraiment bien trouvés et le mot «  entraide » sera aussi primordial. Les chasseurs de trophées se feront un plaisir de les chercher, il y a également un mode New Game +, et un DLC est annoncé, mettant en scène Ellie et une amie, intitulé Left Behind, et compris dans le Season Pass inclus avec le jeu. En fait, c’est comme les infectés du jeu, quand y’en a plus… y’en a encore. Il est vrai qu’on regrette que l’aventure se termine. Et si vous n’en avez pas encore assez, il existe un mode multijoueur, mais vu la qualité du solo, on se dit qu’il semble bien anecdotique. Il est cependant bien pensé.

 

"Qu'i z'y viennent, je défendrai la gamine coûte que coûte!"

« Qu’i z’y viennent, je défendrai la gamine coûte que coûte! »

Verdict :

Toute l’expérience acquise par les Uncharted est ici à son sommet. The Last of Us, c’est un jeu travaillé de bout en bout, jouable et accessible. Naughty Dog nous a fait un jeu qui saura surprendre le joueur, aussi bien dans ses possibilités de gameplay et au niveau du scénario. Certes, il reprend pas mal de choses de jeux déjà sortis dans ses principes, mais il le fait bien. Bref, c’est un produit abouti, bien pensé, qui conclut en beauté la venue du développeur sur PS3. The Last of Us n’est peut être pas le dernier des grands jeux de la console, mais il en fait assurément partie.

 

Points Positifs :

Réussite technique et artistique

Joël et Ellie

Le scénario

La variété des situations

L’aspect survie

Le système de crafting bien pensé

« Oh Putain ! » (en jouant et en ayant fini le jeu)

 

Points négatifs :

Un mode multi qui peut sembler bien anecdotique, vu la qualité énorme du solo.

« Comment, c’est déjà fini ? »

 

The Last of Us

Développeur : Naughty Dog

Éditeur : Sony

Genre : Survival-horror

Disponible sur: PS 3

Date de sortie : 14 juin 2013

Textes : français

Voix : françaises

Signalétique PEGI : 18+

Remerciement Spécial : Merci une fois de plus à Eresh ( qui se reconnaîtra), pour le jeu. 

Julius