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[Jeux vidéo]Quelques jeux pour Halloween?

Halloween est à la base une fête païenne importée aux Etats-Unis par des migrants irlandais au XIXè siècle. C’est l’époque de l’année où la lumière du jour commence à vraiment diminuer, celle du passage à l’heure d’hiver, et aux nuits longues et aux brumes parfois persistantes, surtout par chez moi, entre Val de Loire et Sologne. Je vous assure qu’on se croirait au mieux dans un jeu Nintendo 64 sans RAM-Pack et au pire dans Sleepy Hollow. Mais je ne vais pas vous faire la météo, ni un cours d’histoire…Non , je vais vous parler des jeux qui sont en rapport avec la période, qui ne sont pas forcément d’horreur, même s’il y en a quelques uns, bien entendu. Toutefois, cet article ne saurait être exhaustif.

On commence avec celui que je refais chaque année, MediEvil. Le premier vous place dans ambiance où sorcellerie, magie, monstres et potirons se côtoient, sans compter que le héros, Sir Daniel Fortesque, est un squelette ambulant. Un ambiance magique et fantastique, dans un jeu très bien réalisé aux musiques envoûtantes et un doublage des voix en français hilarant, malgré une certaine raideur dans la jouabilité. Si vous désirez en savoir plus, vous avez une critique du jeu sur ce blog.

Restons sur PS1 avec Nightmare Creatures. Cette fois, les créatures maléfiques ont envahi les rues de Londres, menées par le diabolique Adam Frowley. Vous pouvez incarner un homme du nom d’Ignatius, ou une femme qui s’appelle Nadia. Ces deux exorcistes devront mettre fin aux plans de Frowley en combattant dans chaque recoin de la capitale anglaise, même les plus mal famés. Un bon jeu, pas évident qui a malheureusement moins bien vieilli que MediEvil, mais qui propose là encore de jolies musiques faites par Frédéric Motte, ainsi que de jolies idées de gameplay. A refaire pour le souvenir de Kalisto, une ancienne boite française qui n’est hélas plus. Le jeu aura toutefois droit à une suite.

Mais bien évidemment, je vous entends tous crier « Et Resident Evil, alors ? ». Je vous rassure je n’ai pas oublié. Bien qu’Alone in The Dark ait posé les jalons du jeu d’horreur en 3D quatre ans avant lui, Resident Evil reste un incontournable du genre, ainsi que le deuxième épisode. Ce sont les deux qui restent, à mon sens, portés sur l’horreur et le glauque, la série prit après un tournant action malgré un RE 4 de très haute tenue. Mais là encore, il n’est pas évident de se replonger dans ces jeux avec la jouabilité raide de l’époque et ses plans de caméra fixes. Je vous recommande donc de les faire en version Remake, vous ne regretterez pas l’investissement.

Et on ne pouvait pas non plus oublier la saga Silent Hill. Née en 1999 sur PS1, avec un très bon épisode, ce seront surtout le 2 et le 3 qui marqueront les joueurs, de par leur ambiance étouffante, leur histoire, les antagonistes (coucou Pyramid Head) et surtout, cette saga instille la peur par les grésillements d’une radio lorsque des monstres sont proches. Ces deux softs macabres ont marqué à raison, les joueurs et ont supplanté bien des jeux de leur époque. Je ne vous ai pas parlé des musiques d’Akira Yamaoka, qui sont excellentes. Le 2 fait partie des jeux qui m’ont donné envie de m’acheter la PS2. Et je n’ai qu’un regret : qui sait ce que P. T. aurait pu donner, si le projet était allé au bout ?

Et pusiqu’on évoque les belles heures de Konami, restons-y. Refaire un Castlevania est toujours une bonne idée, mais encore plus lors d’Halloween : ambiance gothique, monstres mythiques et on affronte Dracula à la fin. La saga de la famille Belmont et de ses descendant a souvent fait l’objet d’un soin particulier et s’accorde parfaitement avec l’ambiance de la période. N’étant pas un spécialiste de la série, je ne peux vous dire quels sont les épisodes à éviter, je sais juste qu’il y en a quelques uns qui n’atteignent pas les critères de qualité.

Je vais maintenant évoquer un jeu étrange paru sur PS2, du nom de Forbidden Siren. Il faut avoir le cœur bien accroché, car là, c’est vraiment, mais alors vraiment glauque. Après un rite sacrificiel ayant tourné au désastre, une rivière de sang inonde un village lorsqu’une sirène retentit peu avant minuit. Les habitants y vont et ressortent transformés en « Shibitos », autrement dit des morts-vivants. Vous jouez à tour de rôle les différents survivants, dix au total qui tentent de survivre pendant trois jours au désastre. Le titre a donc une narration éclatée. Cependant, tous disposent du don de vision, qui permet de voir à travers les yeux des monstres, donnant un aspect tactique au jeu. Un titre dont la fin m’a traumatisé, mais genre vraiment. Et dire qu’il en existe deux autres épisodes… Mais au fond, il n’y a qu’une sirène qui hurle…

On se détend un peu avec la saga Vampire/Darkstalkers. De très bon jeux de combat en 2D sur PS1 de Capcom, pas vraiment horrifiques, mais qui proposent des créatures folkloriques de l’horreur et de la nuit, telles que des vampires, une momie, un loup-garou ou même une succube. Une ambiance gothique qui sied très bien à l’ambiance d’Halloween, je trouve, aidée par une belle réalisation et une jouabilité exemplaire. Ces jeux méritent largement d’être redécouverts. Si vous parvenez à les trouver, bien entendu…

Je ne peux que vous conseiller Deadly Premonition, qui peut rentrer dans la catégorie. Les aventures de Francis York Morgan à Greenvale s’inspirent grandement de Twin Peaks, l’horreur en plus. Les meurtres sont particulièrement sanglants, l’ambiance poisseuse à plsuieurs moments et les scènes d’action sont tirées tout droit des anciens Resident Evil. Cependant, l’ambiance, les thèmes, l’histoire et le héros sauvent un gameplay qui est pour le coup franchement daté. Mais malgré ses imperfections, Deadly Premonition reste un titre qu’il faut avoir dans sa collection. Et comme l’indique la photo, oui, j’ai deux versions du jeu, et si vous le pouvez, privilégiez la version PS3 : un peu plus jouable et surtout, avec des pans d’histoire supplémentaires. Pour plus d’infos, reportez vous à ma critique.

Vous aimez Alice au Pays des Merveilles et sa suite ? Moi aussi. Mais là, je vous parle d’American Mc Gee’s Alice, et d’Alice : Retour au pays de la folie. Ah, c’est certain, nous sommes très loin de la version Disney de l’histoire de Lewis Carroll. Ici, vous incarnez une Alice Liddell prisonnière de sa propre folie, un conte bien sanglant et horrifique, lugubre, et gothique. Deux jeux à redécouvrir, dont je ne comprends pas certaines critiques assassines. Ils sont loin d’être parfaits, mais peuvent maquer les esprits par leur ambiance. Une bonne variation sur Alice.

Bien évidemment, le RPG a aussi ses représentants horrifiques, et le meilleur exemple qui me vient en premier n’est autre que… Parasite Eve. Un RPG fait par Squaresoft dans lequel vous incarnez Aya Brea, une policière new-yorkaise qui va vivre une semaine littéralement d’enfer. En effet, alors qu’elle assiste à un opéra au Carneggie Hall, tous les spectateurs prennent feu, sauf elle. Que s’est il passé ? Aya se lance sur les traces d’Eve, ou plutôt de Melissa Pearce, la cantatrice responsable du carnage, et en apprendra plus sur les mitochondries, les manipulations génétiques. Le jeu se termine dans une explosion d’horreur, avec une histoire qui marquera les joueurs. Le titre est très bien réalisé : de jolis graphismes, des musiques restituant une ambiance oppressante assurées par Yoko Shimomura et un système de combat qui sera sans doute repris ensuite en partie par Vagrant Story.

Il faut savoir que le soft est à la base un roman de Hideaki Sena, qui a reçu des prix littéraires au Japon. Une traduction en anglais de celui-ci existe.

Parasite Eve en jeu vidéo donnera lieu à deux suites : Parasite Eve 2, qui se rapproche de la saga Resident Evil, et qui sortira chez nous, alors qu’on attend toujours pour le premier, et The Third Birthday sur PSP.

Et dans le même genre, impossible de ne pas mentionner Koudelka et les deux premiers Shadow Hearts. Ces titres sont liés par des éléments du scénario, que je ne dévoilerai pas ici, mais qui offrent certains moments d’horreur (le village cannibale du premier, par exemple), des ambiances gothiques et crépusculaires et surtout un certain rapport à l’histoire des hommes, notamment à la Première Guerre Mondiale. Impossible d’oublier Yuri, Alice, Karin, et les autres, dont la famille Valentine. Si Koudelka est perfectible dans son système de combat, SH réparera cela avec un système génial du nom de « Roue du jugement » qui s’améliorera d’épisode en épisode. Il vous faudra donc être rapide et précis. Dommage toutefois que le troisième Shadow Hearts: From The New World, abandonne l’ambiance purement horreur, même s’il reste, à mon sens, très bon.

Mais là, je ne vous ai parlé que de jeux rétro. Alors je vais vous parler de jeux plus actuels qui sont aussi dans le thème. Les références du genre , actuellement, sont Visage et Outlast, deux jeux qui s’avèrent à la fois terrifiants et très efficaces dans leur genre. Et les sites et magazines les ont plutôt bien notés, donc si vous aimez… Ou pourquoi ne pas tenter Phasmophobia, à plusieurs dont j’ai vu plusieurs streamers y jouer. Et la série des Project Zero (Fatal Frame au Japon) est revenue ces derniers jours avec le cinquième épisode, La prêtresse des eaux noires, qui est désormais sorti sur Steam. La saga, qui est d’abord apparue sur PS2, consiste à photographier des fantômes… Mais il faut là encore avoir le cœur bien accroché.

Je citerai aussi Until Dawn, un thriller où beaucoup de vos actions auront des conséquences, notamment de faire mourir vos personnages. Et dans le genre oppressant, Alien Isolation se pose en maître du genre. Comprendre : vous êtes seul, et traqué par le xénomorphe. Un jeu imparfait mais qui respecte le matériau d’origine, notamment le premier film de 1979, où on ne voit pas la bête de quasiment tout le film.

Évidemment, il existe des jeux d’horreur à proprement parler, comme Agony par exemple. Un tel ratage, je me demande encore cela a pu être possible. Une horreur technique et ludique, qu’elle reste comme une référence du genre, sauf que là, c’est tout sauf flatteur. La presse ne s’y trompera pas et vouera à juste titre le jeu aux gémonies (expression de boomer, je sais)pour qu’il retourne dans les cercles de l’Enfer de Dante. Je n’en connais pas d’autres, mais il doit bien exister d’autres softs comme ça…

Enfin, je vais terminer sur un point accessibilité. Les jeux d’horreur, qu’ils soient actuels ou rétro, ne s’adressent pas forcément à tous, notamment aux hypersensibles. Évitez les si vous ne vous sentez pas bien. Ne vous forcez pas à terminer si jamais vous voyez que ça ne colle pas ou que vous avez trop peur. Prenez votre temps. Peut-être serait il temps de prendre en compte cela lors de l’élaboration d’un jeu. Cela commence toutefois à bouger un peu et c’est une bonne chose. Cependant, pas mal de jeux dont j’ai parlé dans cet article devraient convenir à tout le monde.

Voilà, en espérant que ce petit tour non exhaustif vous aura plu.

[retrogaming] Sonic & Knuckles a passé tous les tests, sauf un

Mega Force était enthousiaste

Le 18 octobre 1994, Sonic & Knuckles sortait sur Mega Drive. Le jeu est en réalité la deuxième partie de Sonic 3, sorti le 2 février de cette même année, qui avait été divisé en deux pour des questions de délai. Conscient que le jeu s’enchainait directement, Sega a mis au point un adaptateur sur la partie supérieure de la cartouche, appelée « Lock-On ». Le but premier de cela était bien entendu de jouer au véritable Sonic 3, ce qu’aurait dû être le jeu à la base, et pour lequel Sega avait demandé aux équipes de se lâcher. Le jeu devenant alors Sonic 3 & Knuckles. La partie Sonic 3, à la fin de Launch Base, enchainait alors directement avec le début de Sonic & Knuckles, qui était lui aussi jouable en solo. De fait, Tails pouvait par ce système explorer la partie S& K et Knuckles la partie Sonic 3. Le nombre d’émeraudes à récolter passe alors de 7 à 14. Je ne vais pas refaire la critique que j’ai rédigée il y a deux ans, mais Sonic 3 & Knuckles demeure un des plus grands jeux de plateformes de son époque, rivalisant sans mal avec un Mario.

Internet n’étant pas encore dans les foyers français, je me reportais à la presse papier pour me renseigner sur les jeux du mois. Comme quoi l’argent de poche ça servait… Et justement, les journalistes français sont pour la plupart, enthousiastes. Consoles + adjuge 93% à S& K, louant l’intérêt du jeu seul, le qualifiant de « petite bombe » qui devient « atomique » couplé avec Sonic 2 ou 3. Player One lui octroie un 95% disant que  » le système mérite bien des éloges ». SuperSonic un magazine spécialisé Sega, adjugera allez, un bon 92% louant l’intérêt du lock-on bien que soulignant le peu de nouveautés par rapport à Sonic 3 et Méga Force, le magazine de référence des consoles Sega de l’époque, un 93% avec un testeur enthousiaste : « comment pourrais-je critiquer un tel chef d’oeuvre ? » « j’en reste sans voix! «  louant là aussi le concept du lock-on.

Bref, toute la presse de novembre/décembre 1994 est enthousiaste. Toute? Non! Il y a un magazine qui n’a pas apprécié plus que ça Sonic & Knuckles, et pas des moindres : il s’agit de Joypad. Testé par un certain « Judge Dredd » , (qui n’est apparemment pas resté très longtemps à la rédac), le jeu se fait descendre. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais le testeur n’a visiblement pas compris le système du Lock-On. Ni même pris en compte que le jeu solo propose un contenu équivalent, voire légèrement supérieur à celui de Sonic 3. La notation s’en ressent : 11/20 en graphismes… Il se moque de qui, sérieusement ? Pour lui « seuls trois niveaux méritent le détour, et encore je suis gentil ». Euh mec, ils sont dans la continuité de Sonic 3, donc fouillés, colorés et fins, et si tu voulais souligner un manque de renouvellement des univers, ce n’était pas une raison de le descendre ainsi. Il y a même certains effets qui relèvent de la prouesse sur la console ! Et quid de la narration, qui prouve qu’un jeu n’a pas forcément besoin de textes pour raconter une histoire?

Joypad beaucoup moins.

Dans la même veine, 12/20 en note sonore : « manque d’originalité sauf Sandopolis. Où sont les bruitages, au fait ? » En fait, il a joué sans le son, c’est ça ? En réalité, je pense qu’il n’a pas compris que le jeu était dans la continuité de Sonic 3 et que s’il voulait quelque chose de vraiment différent, ce n’était pas avec ce jeu qu’il allait l’avoir. En témoigne cette phrase sur l’animation :  » Sonic, lui, semble ne pas avoir évolué depuis ses prestations dans le volume 3. Pourquoi ? «  La note globale sera de 81%. Pas si mal dans l’absolu, mais dans la presse, ça signifiait déjà un jeu en deçà des hits et ce n’est pas ce qui manquait en 1994 ( EarthWorm Jim, Mickey Mania, Le Roi Lion et plein d’autres). Effectivement, je pense que ce Judge Dredd n’a pas compris ce qu’était visiblement le jeu et nous n’avons pas dû jouer au même que ce soit moi ou ses confrères.

Mais bon, à vrai dire, même si je n’ai jamais compris cette descente en flèche du jeu, même 27 ans plus tard, Joypad n’était pas un mauvais magazine, bien au contraire. Et au début des années 90, oui, il pouvait arriver que les testeurs d’un magazine n’aimaient pas un jeu, pour diverses raisons : ils n’ont pas compris où le soft voulait en venir, ou encore, en voulant trop comparer par rapport à d’autres épisodes d’une saga. Un exemple ? Consoles + s’était montré cette même année 94 peu enthousiaste quant à la venue de Castlevania : New Generation sur Mega Drive, arguant principalement qu’il ne tenait pas la comparaison avec Super Castlevania IV sur Super Nintendo… Mais cela prouvait aussi que les rédacteurs en chef laissaient une certaine liberté d’évaluation à leurs testeurs.

Il est toutefois dommage qu’un des plus grands paltformers de son époque une fois couplé à Sonic 3 ait bénéficié d’un tel traitement…