Archives de Catégorie: Cinéma

[critique cinéma]Pacific Rim : Uprising

Je savais qu’il aurait été difficile d’égaler le premier film. Mais là, tout de même, ce qui aurait pu être un divertissement honnête n’est qu’un film largement dispensable, qu’on rangera au rayon des films d’action décérébrés au milieu des autres qui existent déjà. Pacific Rim Uprising ne tient pas ses promesses.
Le film n’a, en fait, aucun enjeu. Il offre un scénario d’une platitude sans bornes, dans lequel vous aurez droit à pas mal de clichés du genre : rivalités masculines et féminines, retournements de situations que l’on voit arriver à des kilomètres, mais là, en plus, on a droit à un méchant ridicule. les bonnes idées sont trop rares et hélas noyées dans le flot de tout le reste. Alors que le premier était une lettre d’amour à deux pans de la culture japonaise que sont les gros robots et les Kaijus, qui me rappelaient perso la série Evangelion, fleuron de l’animation japonaise, on nous colle ici un faux prétexte avec le fils d’un des héros du premier film qui retourne au camp d’entrainement de pilotage de Jaegers. Et tiens, parlons-en, des Jaegers… C’est quoi ce look complètement kawaii qu’ils ont collé à celui de la tête à claques qui sert d’héroïne ? SÉRIEUSEMENT ??? Mais bon, si encore c’était le plus grave… Mais…non. En réalité, plus de la moitié du film, c’est des pleurnicheries des différents protagonistes, et une lutte contre un Jaeger renégat. Les Kaijus ? Il ne sont là que dans le dernier tiers du film et par la volonté d’un méchant savant fou qu’on devine directement quand on le voit pour… bah parce qu’il est méchant et qu’il cachait bien son jeu, le bougre…

Le scénario multiplie aussi les incohérences. Les motivations des uns, et des autres ? OSEF. Si vous trouviez que les personnages du premier étaient mal écrits, que diriez vous de celui-ci… La façon dont ils découvrent le véritable but des Kaijus est aussi tiré par les cheveux. Le premier au moins, installait un rythme, et ne faisait pas du spectacle pour rien. Ici, même le Deus ex Machina qui permet d’affronter le monstre de fin, c’est du grand n’importe quoi, tout comme le moyen trouvé pour le battre.

Le métrage n’impressionne pas, et les combats sont filmés à la manière d’un vidéoclip. Le tout es trop rapide, trop expédié et il semble que certaines coupes de montage se voient. Bref, c’est une sous-copie du premier, sans le charisme des acteurs, avec un ersatz de scénario . Quelque chose s’est brisé entre les deux films, Pire , il brise toute a signification de son prédécesseur et la mythologie , pour aboutir à quelque chose qui est au niveau de la saga Transformers, et il y a vraiment de quoi pleurer. Deux choses ont fini de m’achever devant ce triste spectacle : la réplique de fin du héros au méchant qui rappelle un autre navet intégral, à savoir le deuxième Independance Day et le fait que Del Toro soit producteur de ce truc sans âme.

affiche pacific rim

Pacific Rim Uprising

Réalisation : Steven S. DeKnight

Genre : suite ratée

Avec : John Boyega, Scott Eastwood, Cailee Spaeny, Rinko Kikuchi…

Durée : 1h51

Distribution : Universal Pictures France

En salles depuis le 21 mars 2018.

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Cinévrac de mars 2018

Bonjour et bienvenue dans un nouvel article . Cette fois, un cinévrac consacré à deux excellents films, à savoir La Forme de l’eau de Guillermo Del Toro et The Disaster Artist de James Franco.

La forme de l’eau : Guillermo del Toro à son meilleur

affiche la forme de l'eau

La forme de l’eau est sans doute l’aboutissement du cinéma du réalisateur mexicain. C’est vrai, il est un personnage particulier, avec son propre univers. Ce qui lui permet de faire des films très singuliers, mais pas toujours compris par la critique. La forme de l’eau, c’est toute son expérience au service du cinéma. Le film raconte une histoire d’amour. Mais qu’est ce qu’elle est belle, entre une jeune femme muette et une créature humanoïde aquatique . Deux êtres incompris, inachevés, différents du reste des humains qui peuplent le lieu de l’action.  Elle, c’est Elisa, une jeune femme employée comme femme de ménage dans un centre de recherche ultra secret des Etats-Unis dans les années 60, en pleine Guerre Froide. Un jour, elle est témoin de l’arrivée d’une mystérieuse créature aquatique dans le centre. Petit à petit, elle va chercher à mieux la connaitre. Et sans doute la créature est le personnage qui a le plus d’humanité de tout le film.  Del Toro montre aussi les travers de l’époque, notamment une Amérique raciste et paranoïaque. Les Russes et leurs espions sont également de la partie… Mais voilà, Del Toro nous fait comprendre que les méchants ne sont pas forcément ceux qu’on croit. Ni même les monstres.  On notera l’excellente performance de Sally Hawkins en femme muette. A vrai dire, les acteurs sont tous bien dirigés, bien que le méchant de l’histoire soit un peu caricatural.  Bien entendu, la réalisation est à la hauteur des enjeux : le métrage offre une photo soignée, esthétique avec des plans magnifiques. On retiendra notamment celui d’ouverture et celui de conclusion. On notera aussi l’excellence de la bande originale. Une belle romance pour un excellent film avec un beau message sous-jacent à l’intérieur. 

La Forme de l’eau ( The Shape of Water)

Réalisation : Guillermo del Toro

Genre : fantastique

Avec : Sally Hawkins, Michael Shannon, Richard Jenkins…

Durée : 2 h 03

Distribution : Twentieth Century Fox France 

En salles depuis le 21 février 2018

The Disaster Artist : La fabrique d’un nanar culte

affiche the disaster artist

The Room de Tommy Wiseau est un OVNI nanardesque comme on en a jamais fait avant et dont on en fera jamais plus après. Malgré la qualité désastreuse du métrage, ce dernier est devenu culte par son ridicule et continue à être diffusé en séances spéciales. On ne sait d’ailleurs toujours pas grand chose de Wiseau lui-même…le type lui-même semble venir d’un autre monde! Pour rappel, une critique de ce film est disponible sur ce blog.
Mais The Room aura également été une expérience traumatisante pour son partenaire de jeu principal, Greg Sestero, qui tirera un livre de cette aventure, intitulée « The Disaster Artist« . Le film est donc une adaptation du bouquin.
Il n’en reste pas moins que même sans avoir lu le matériau d’origine, The Disaster Artist est un très bon film. Il raconte la rencontre entre Wiseau et Sestero tous deux joués par les frères Franco,, et comment ils en sont venus à créer leur film. Wiseau, en réalité, ne connaissait rien en cinéma ni en jeu d’acteur, mais était persuadé d’être excellent. Ce dernier lui demande d’où vient son aisance, alors que lui n’arrive pas à se libérer. Mais les choses ne seront pas si simples. Le tournage prendra énormément de retard, et Tommy, à la fois scénariste/réalisateur/acteur ne tolérera aucune contestation, se comportant en véritable dictateur.
Il faut souligner ici que le film est une performance à plusieurs niveaux : reconstitutions des scènes du nanar à l’identique, c’est déjà très bien, mais aussi la performance incroyable de James Franco dans le rôle de Tommy Wiseau. Tout simplement incroyable, on dirait le vrai… Autrement dit, c’est un bon acteur qui se retrouve dans la peau d’un mauvais. Mais il reprend tout de lui, son look, et surtout sa façon de parler et ses attitudes, et de fait est méconnaissable.
Ensuite, le film est aussi une réflexion sur le métier d’acteur et de comédien. En effet, il ne suffit pas de connaitre ses classiques, encore faut-il savoir les jouer. Ce que Wiseau et Sestero auront bien du mal à faire. Mais, si le second sait évoluer et apprendra ses limites, le premier, lui est persuadé de son talent. Ce sont en réalité deux amis que tout oppose : l’âge, et leur manière d’être. En témoignent les deux scènes où ils rencontrent chacun une figure connue d’Hollywood : Wiseau est clairement dérangeant dans tous les sens du termes, tandis que Greg, au hasard d’une rencontre dans un magasin, se la jouera modeste quand il se verra proposer un petit rôle. Je ne vous révélerai pas qui sont les deux personnes rencontrées, mais sachez qu’il y a beaucoup de  » guests » jouant leurs propres rôles.
C’est aussi une réflexion sur le cinéma : The Room aurait-il dû sortir en l’état ? Mais plus que tout, il se dessine en filigrane la machine à broyer que peut également être Hollywood. Combien d’acteurs réussissent vraiment dans ce monde impitoyable ?
Voici quelques raisons qui font que The Disaster Artist, contrairement à son nom, n’est pas un désastre et est à voir. Sans compter la surprise post-générique. Et pas parce qu’il y a aussi The Rythm of the Night, de Corona ( la chanteuse, pas la bière).

The Disaster Artist

Réalisation : James Franco

Genre : Biopic

Avec : James Franco, Dave Franco, Seth Rodgen, Alison Brie…

Durée : 1 h 43

Distribution : Warner Bros France

En salles depuis le 7 mars 2018

[critique ciné] Zombillénium

Vous avez sans doute remarqué, mais les films d’animations sortent dans les salles à l’approche des vacances scolaires, histoire d’emmener les enfants lors d’une sortie ciné, même si les prix d’une place ne baisse hélas pas, notamment pour  un plein tarif adulte.  Mais en ce moment, trois films d’animation se partagent l’affiche : My Little Pony le film, Le monde secret des emojis, et Zombillénium. Avant de passer au sujet qui nous intéresse, je vais m’attarder sur le cas du second de la liste. Juste pour vous dire que c’est de la merde en barre. Une pub honteuse avec des placements produits qui ne se cachent même plus. C’est une insulte à l’animation, c’est visuellement immonde, et ça va vite rejoindre Foodfight! ou Ratanouilles dans la catégorie nanar de compet’ et enfances souillées. Il faut vraiment le voir pour le croire, notamment en 2017. Et vous croyez vraiment que j’ai payé une place pour ça ou utilisé mon Pass ? Déconnez pas, les gens… J’ai, pour une fois, traversé hors des clous. Z’allez pas m’en vouloir…

En revanche, pour Zombillénium, qui est le vrai sujet de la critique, j’ai payé ma place et je n’ai pas regretté. Je suis fan de la BD faite par Arthur de Pins, qui est composée pour le moment, de trois tomes : Gretchen, Ressources Humaines et Contrôle Freaks. J’étais curieux de voir ce qu’allait donner l’adaptation en long-métrage animé . Attention, ce qui suit est susceptible de contenir des spoilers.

Au Nord, c’était les démons…

Gretchen animée

Pour ceux qui ne connaîtraient pas le contexte de Zombillénium, c’est le nom d’un parc d’attractions situé dans les Hauts-de-France, à proximité de Valenciennes. Le thème principal est les monstres et l’épouvante, et le parc est peuplé de monstres des légendes. De vrais monstres. Le problème, c’est que le parc ne plait pas à la population locale, car il a été construit sur une ancienne mine dans laquelle des mineurs sont morts d’un coup de grisou, et aucune embauche n’a eu lieu alors que la région est à 12% de chômage.  C’est dans ce contexte tendu  qu’arrive Hector Saxe, papa d’une petite fille et contrôleur des normes, qui compte bien faire fermer le parc. Il tombe sur Francis Von Bloodt, le vampire directeur du parc, qui le gère d’une façon paternaliste. Mais voilà,  Hector va là où il n’aurait pas dû, et Francis se voit contraint de « l’embaucher ». Je ne vous dirai pas ce que signifie une embauche dans ce parc, mais les lecteurs de la BD le savent.  De plus, un autre problème se présente, la fréquentation du parc est en baisse, et le grand patron ( là non plus, pas de spoiler) donne 15 jours à Francis et ses employés-monstres pour redresser la barre…

On le voit, le postulat de départ a un peu changé par rapport au support d’origine. Aurélien, chômeur, est remplacé par Hector, car selon Arthur de Pins dans une interview accordée à Geek Le Mag, le premier ne se prêtait pas à une écriture cinématographique. De plus dans la BD, c’est sur un cimetière et non sur une mine que le parc a été construit. Ce qui permet de faire un générique d’ouverture qui est une merveille graphique.

Un habile mélange pour prôner la tolérance

Hector Sirius

Pour le reste, le scénario mélange habilement les éléments des trois albums. Visuellement, il est très fidèle, et est très bien animé. On retrouve les personnages de la BD, outre Francis, ils sont tous là : Aton la momie (doublée par un excellent Gilber Levy), Sirius le squelette, doublé par Mat Bastard, du groupe Skip the Use, Blaise, le loup-garou, ou encore Gretchen, la jolie sorcière stagiaire. On retrouve même José, le zombie fan de Michael Jackson. 

La relative brièveté du long métrage (1h18) permet une efficacité dans la narration et le déroulement, quasiment sans temps morts. Mieux, certaines scènes sont géniales, comme le concert de rock et sa battle de guitares électriques, ou encore la poursuite entre une Austin Mini et un vieille camionnette diesel fumante  Citroën conduite par Sylvain, ancien mineur devenu alcoolique. L’ambiance sonore est également géniale, entre les musiques d’ambiance bien trouvées et les chansons faites par Mat Bastard. L’une d’elles, Stand as One, est un hymne à la tolérance et reflète la raison pour laquelle a été construit le parc : Si Francis est effectivement un vampire, il voulait avant tout faire un endroit dans lequel les monstres de toute nature pourraient se sentir en sécurité.  Sans aucun doute la chanson la plus symbolique du film. Et puisque nous sommes dans la musique, si je vous dis qu’on trouve une jolie version des Corons de Pierre Bachelet… j’en ai vraiment eu des frissons de joie, notamment quand on voit la scène à laquelle l’air est associé. 

Qu’est-ce que Twilight prend dans gueule !!!

Et surtout, il y a une chose que j’ai particulièrement kiffé: le démolissage en règle de la saga vampire-paillettes qu’est Twilight. J’ai toujours considéré cette saga littéraire et cinématographique adaptée comme une insulte au mythe des vampires, et cela semble être le cas aussi d’Arthur de Pins et d’Alexis Ducord, le co-réalisateur. La vedette du parc, c’est Steven, un vampire playboy qui brille au soleil, le clone animé d’Edward Cullen, et qui fait sensation sur la grande roue. Arrogant,  il est convaincu qu’il faut un changement radical dans le parc et mettre les zombies au placard pour faire un parc consacré aux vampires uniquement.  Bien évidemment, l’arrivée d’Hector ne lui plait guère… Certes, il ne change pas des méchants qu’on a déjà vu de par ses actions, mais il a le mérite d’être bien écrit. Mais Twilight se prend des taquets, parfois subtils, tout au long du métrage, jusqu’au combat final. 

Un très bon film d’animation, qui manque juste un peu de mordant

Aton Francis

Au final, Zombillénium s’adresse à tout le monde, car il offre différent niveaux de lecture :  les enfants passeront un bon moment avec les monstres,verront une jolie histoire, les fans de la BD reconnaîtront certains dialogues repris mot pour mot, et les adultes verront des références multiples, aussi bien à la pop culture qu’aux problèmes de société actuels. La contrepartie, c’est que le tout est tout de même moins mordant ( si je puis dire) que la BD. Mais c’était sans doute le petit prix à payer pour attirer tous les publics. Le long-métrage prouve qu’une production franco-belge peut faire, sans aucun doute, aussi bien que les américains, tout en étant aussi un poil moins stupide dans le message qu’il délivre. 

Si vous ne devez voir qu’un seul film d’animation en cette période d’Halloween, celui-ci est un excellent choix.  Nul doute que ce parc d’enfer vous emmènera au paradis.

Verdict : Vaut le billet

affiche zombillénium

Zombillénium

Réalisation : Arthur de Pins et Alexis Ducord, d’après la bande dessinée faite par Arthur de Pins

Genre : animation

Avec les voix de : Emmanuel Curtil, Alexis Thomassian, Gilbert Levy, Mat Bastard…

Durée : 1 h 18

Distribution : Gebeka Films

En salles depuis le 18 octobre 2017.

 

[critique film]Kingsman : le Cercle d’or

Bonjour et bienvenue dans une nouvelle critique ciné. Nous allons donc parler aujourd’hui du deuxième film dans l’univers Kingsman.

En 2015, Kingsman : Services Secrets était une excellente surprise et une parodie des films de James Bond.  On y découvrait Taron Egerton en Eggsy, et un Colin Firth déchaîné. On se rappellera les deux scènes cultes que sont le saut en parachute et surtout, le massacre dans l’église  sur la deuxième partie de Free Bird de Lynyrd Skynyrd. Le film était jubilatoire à bien des égards, et donc la question qui se pose est de savoir si avec ce deuxième épisode, intitulé Le Cercle d’Or , Kingsman continuerait sur sa lancée. La réponse est oui, je dirais même qu’il est encore plus décomplexé que le premier. Ce qui est bien… et pas bien à la fois. 

American whiskey

Nous retrouvons donc Eggsy, devenu un Kingsman à part entière, qui se fait alpaguer dès la première scène par une vieille connaissance.  le tout aboutira à une course-poursuite débridée, alors que le métrage n’a pas commencé depuis 5 minutes. Au moins, ça donne le ton, et Kingsman 2 est un grand huit permanent.  Mais cette fois, les Kingsman auront fort à faire. En effet, la méchante du film, incarnée par Julianne Moore détruit leur QG. Ils devront donc demander de l’aide aux Statesman, leurs cousins américains, qui se dissimulent sous couvert d’une… distillerie de whisky. Ouais aux States. Du Whisky américain.  Il parait que rien ne vaut l’écossais mais je ne suis pas buveur de ce breuvage alcoolisé, qui doit de toute façon l’être de façon modérée.  Tout le film est comme ça : encore plus énorme que le premier. Les situations sont encore plus nombreuses qu’avant, les dialogues encore plus drôles, les gadgets plus inventifs et on rit beaucoup. Il faut dire que les acteurs s’en donnent à cœur joie : Taron Egerton et Mark Strong s’amusent , de même que Julianne Moore, en méchante sadique et psychopathe, qui diffère de Samuel L. Jackson mais reste très bonne dans son rôle. Mais la surprise du chef, c’est sans doute Elton John. Je dirais même que c’est le plus « hénaurme » de tous, et on sent qu’il s’est amusé, avec un certain sens de l’auto-dérision. 

Un film généreux…sans doute un peu trop

Mais cette générosité finit tout de même par générer un petit sentiment de trop-plein, et de fait, un aspect tape-à-l’œil pas toujours bienvenu. Pourtant, Matthew Vaughn  sait toujours aussi bien filmer, il y a du rythme, les batailles sont parfaitement chorégraphiées. Mais paradoxalement, le film m’a paru un peu moins maîtrisé que le premier. De même, on regrettera que certains rôles soient quasiment de la figuration : si Channing Tatum s’en sort bien, on voit trop peu Jeff Bridges ou Halle Berry.  Heureusement, il évite de sombrer dans l’auto-parodie pas drôle. Quoi qu’il en soit, Kingsman : Le cercle d’Or remplit son objectif : divertir le spectateur, qui en aura vraiment pour son argent, même si l’effet de surprise est passé. Il reste une excellente comédie d’action.

kingsman 2

Kingsman : Le cercle d’Or

Réalisation : Matthew Vaughn

Genre : comédie d’action

Avec : Taron Egerton, Colin Firth, Julianne Moore, Mark Strong, Halle Berry…

Durée : 2 h 20

Distribution : Twentieth Century Fox France

En salles depuis le 11 octobre 2017.

 

[Critique film] Baby Driver

Je vais être honnête , quelques jours encore avant sa sortie, j’ignorais tout de ce Baby Driver, et je n’en attendais pas spécialement quelque chose mais lorsque j’ai vu que le film était de Edgar Wright, je me suis dit que ça valait peut-être le coup d’aller le voir. Eh bien, ce fut une excellente surprise. J’aime ce que fait Wright, je ne m’en cache pas, car il est de ceux dont les films, s’ils ne sont pas parfaits ont tout de même quelque chose en eux, à commencer par la trilogie « Cornetto » (Shaun of the DeadHot FuzzDernier Pub avant la fin de monde) et j’ai également adoré son adaptation de Scott Pilgrim.

Grosses Caisses et Cinéphilie

Et voilà qu’avec Baby Driver, Wright revient, dans son premier long-métrage hollywoodien, pour nous entraîner dans  quelque chose complètement fou, plus encore que ce qu’il avait fait auparavant, mais surtout, mieux maîtrisé. Imaginez un peu : le héros est un ado du nom de « Baby » qui conduit des bolides pour permettre aux braqueurs de s’échapper. Mais comme il a un acouphène aux oreilles, il écoute de la musique en permanence avec son iPod, ce qui ne l’empêche pas de comprendre exactement ce que veut « Doc », un parrain d’Atlanta…
Nous avons donc un film à la croisée de la comédie musicale, de Drive, et d’autres films de gangsters. En effet, la cinéphilie de Wright se voit, et surtout, se sent dans la réalisation. Certains plans iconiques vous rappelleront quelques références (dont Heat, passionnant duel entre Al Pacino et Robert de Niro), bref, Baby Driver est non seulement un film, mais aussi un véritable hommage au cinéma.

Fast and Furious

Le métrage pétarade et roule sur les chapeaux de roues. Les courses-poursuites sont impressionnantes de maîtrise et il se dit que Quentin Tarantino himself aurait donné des conseils au réalisateur pour certaines. La première moitié du film est très chorégraphiée, très esthétique, pour aller ensuite dans une action pure. Les habitués du cinéaste reconnaîtront certaines astuces de réalisation. On remarquera aussi l’intelligence de certaines scènes.
Un autre atout du film est sa playlist, juste magistrale. C’est fun, c’est varié, et ça montre son côté totalement décomplexé et assumé.
Mais Baby Driver ne serait rien sans son casting : Ansel Elgort joue le rôle-titre, et il sera accompagné de Kevin Spacey dans un rôle qu’on attendait pas forcément, de Lily James en tant que serveuse dans un restaurant, le couple Eiza Gonzalez/ Jon Hamm fonctionne à merveille et on notera aussi la venue de Jamie Foxx en tant que braqueur.

(Trop) Plein de bonnes idées

Le tout pour un film à l’objet assez mince au final, mais qui a le mérite d’être traité de façon très intelligente et qui n’a qu’un seul but: donner du fun au spectateur. C’est sur que ceux qui s’attendaient à un polar plus sérieux comme Télérama ont été déçus. Les dialogues sont écrits de façon brillante, les bonnes idées sont nombreuses, je dirais même qu’elles se bousculent, jusqu’à aller parfois à un sentiment de  » trop plein » qui pourra déplaire. Il faut dire que le montage et le rythme effréné y sont pour beaucoup. Le tout pour parfois refluer lors des scènes de romance, pour mieux repartir ensuite. On voit l’évolution du héros, qui petit à petit, se rend compte qu’il a  affaire a tout sauf à des enfants de choeur…  L’intelligence de Wright aura également été de faire un film dans lequel le « bad guy » n’est pas forcément celui auquel on s’attendait au départ, mais surtout, n’était pas forcément destiné à l’être. En résumé, Baby Driver, c’est de belles bagnoles, des casses, Kevin Spacey, des courses-poursuites, des influences diverses et une réalisation de haute-volée et une BO magistrale.
Bref, tant d’éloges pour dire que Baby Driver, par ses influences, ses idées, sa réalisation, est une des très bonnes surprises de cet été.

affiche Baby Driver

 

Baby Driver

Réalisation : Edgar Wright 

Genre : Action, musical

Avec : Ansel Elgort, Lily James, Kevin Spacey, Jamie Foxx…

Durée : 1 h 53

Distribution : Sony Pictures Releasing France

En salles depuis le 19 juillet 2017