Archives Mensuelles: décembre 2018

Cinévrac de Noël : c’est Astérix qui rencontre Spider-Man…

Bonjour et bienvenue dans ce Cinévrac de Noël 2018, le premier depuis longtemps, je sais, mais bon… Et cette fois, on va parler de deux films d’animation, et mieux encore, ils sont tous les deux excellents. Une fois de plus je vais rappeler que contrairement à une croyance trop répandue, NON, l’animation ne s’adresse pas qu’aux enfants. Les films  critiqués sont Astérix : Le secret de la Potion Magique et Spider Man : New Generation

Astérix : le secret de la Potion Magique : Putain il est fort ce con! 

Après un très bon Domaine des dieux mais hélas trop fidèle au matériau de base, le duo Alexandre Astier et Louis Clichy récidive quatre ans plus tard avec Le Secret de la Potion Magique.
Qui ne s’est pas demandé ce qu’étaient les ingrédients de ce breuvage en lisant les albums, à part le gui, bien entendu ? Avouez, on s’est tous, absolument tous, posé la question…

Ce long métrage ne prend pas l’histoire d’un album en particulier, mais s’inspire de plusieurs d’entre eux pour trousser une histoire inédite. Un peu de Devin, un peu de Tour de Gaule, pour ne prendre que les références évidentes… Et j’ai envie de dire  » Putain il est fort ce con ». Pourquoi?

Tout d’abord pour l’excellence des dialogues. Les vannes fusent, c’est souvent très drôle, et si vous êtes des inconditionnels de Kaamelott, vous saurez à quoi vous attendre. Puisqu’on en est là, on va parler voix : Roger Carel étant maintenant trop âgé, c’est Christian Clavier qui double Astérix. Un choix qui peut sembler étrange, mais finalement logique, étant donné que non seulement l’acteur a endossé deux fois le rôle ( bon ok, on ne retiendra que Mission Cléopâtre, le premier étant largement assez nul pour étendre le patrimoine de nanars hexagonaux), et qu’il réussi à trouver le ton juste, sans être hystérique (ouais parce qu’on ne sait jamais avec lui).

Ensuite, s’il y a une chose qu’on ne peut enlever à cet épisode d’Astérix, c’est son inventivité. Ça va très vite, mais il y a quasiment une trouvaille à chaque scène, à chaque plan. Même le combat final, j’ai fait  » whoa putain! » c’est dire. C’est bien fait et presque au niveau des Douze Travaux, lui non plus pas inspiré d’un Album. Alexandre Astier aurait il trouvé en lui la flamme de Goscinny ? A ce niveau, on retiendra notamment la dénonciation du machisme dans plusieurs scènes (dont la phrase de fin prononcé par Panoramix, mais je ne vais pas spoiler). On voit d’ailleurs, alors que tous les hommes sauf le barde sont partis faire le tour de la Gaule pour trouver un successeur à Panoramix, que les femmes du village sont aussi très débrouillardes, bien plus qu’Assurancetourix, chef intérimaire. Le patriarcat de la société gauloise, dénoncée en sous-texte, en prend un coup. On notera aussi des noms toujours aussi drôles . Bref, cet Astérix est bourré de références, et de trouvailles, non seulement aux albums dont il puise sa matière première, mais aussi dans la pop-culture actuelle et aussi à l’actualité.

Techniquement, c’est toujours aussi bien fait. Et que dire des musiques du film, l’OST est géniale et variée. Et il fallait oser mettre « You Spin Me Round » de Dead or Alive, perle so 80’s et kitch…
De plus, le rythme est rapide et on ne voit pas passer l’heure et demie de film. Moderne et actuel tout en conservant l’esprit d’origine, ce Astérix version Astier est sans aucun doute un excellent film d’animation de cette fin d’année, même si la concurrence est rude.

Astérix: le secret de la Potion Magique

Réalisation : Alexandre Astier et Louis Clichy

Genre : Animation, aventure

Avec les voix de Christian Clavier,  Bernard Alane, Florence Foresti…

Durée : 1 h 25 

Distribution : SND

En salles depuis le 5 décembre 2018.

Film vu en salle au Pathé Saran avec une place achetée par mes soins.

Spider-Man New Generation, ou comment réinventer Spidey

Alors là, je dois avouer qu’il s’agit d’une des meilleures surprises de cette année. A vrai dire, la bande annonce ne m’avait pourtant pas emballé. Mais devant toutes les belles critiques spectateurs sur divers sites et blogs, je me suis dit pourquoi ne pas aller le voir…
Et après la séance, j’en suis ressorti en me disant que ce film est non seulement un des meilleurs films d’animation de 2018, mais aussi un des meilleurs films Spider Man jamais faits.


Bon, on va l’avouer, le fait que Sony fasse tout pour conserver ses droits sur l’homme-araignée, c’est petit, tout de même.
Mais à vrai dire, on va évacuer ça bien vite, parce qu’on aimerait bien que tous les films du spidey-verse soient de cette qualité.
Le parti pris graphique pourra toutefois surprendre : collant au plus près à l’esthétique  » comics » , le long métrage en reprend tous les codes : le split-screen judicieusement utilisé rappelle la division en cases, et des phylactères apparaissent pour représenter le for intérieur de Miles, par exemple. Ou encore, des onomatopées pour illustrer les bruitages Le tout donne une ambiance pop bienvenue, ça chatoie comme jamais. Cependant, on s’y fait très vite, et on s’embarque pour de bon dans cette aventure rythmée et bourrée de bonnes idées. Mention spéciale au combat final, merveille d’inventivité à la fois graphique et scénique.


On ne s’ennuie jamais dans ce film, qui revisite de façon audacieuse le mythe de Spider Man. Le fil conducteur suit Miles Morales, vivant à Brooklyn, qui est lui aussi piqué par une araignée radioactive. Il découvre peu à peu qu’il a les mêmes pouvoirs que Spider Man, héros respecté de New York. Mais avant même qu’il ait eu le temps de les apprivoiser, il voit Le Caïd activer une étrange machine qui fait arriver cinq autres Spider (Wo)Men dans sa dimension. Qui peuvent bien être l’équivalent de l’Araignée dans d’autres dimensions ? Quel destin leur est tombé dessus ? Le film démultiplie les déclinaisons du héros pour mieux le réinventer. Tous ont une personnalité propre. Le film mêle habilement action et humour, et surtout, se veut incroyablement adulte. C’est de plus bourré de références à la pop-culture. Il explore des notions de physique quantique, d’univers parallèles, mais également les notions d’apprentissage et de transmission. Mais à vrai dire, qui peut être Spider Man ? Pourrait il lui être quelqu’un d’ordinaire ?
Ce cocktail d’action est bien entendu accompagné d’une BO d’enfer.
Là encore on ne voit pas le temps passer et on regrette que cela se termine. Cependant, ne partez pas avant d’avoir vu la scène post-générique, absolument hilarante.

Enfin, je vais terminer sur un point qui m’a particulièrement énervé. Ayant vu le film en VF ( désolé, pas le choix dans ma région), des footballeurs ont doublé les principaux rôles. DES. FOOTBALLEURS !!! Désolé, mais prendre des stars, fussent-elles championnes du monde de football, pour doubler un film d’animation, c’est un non-sens. Demande t-on aux doubleurs de jouer un match comptant pour une coupe d’Europe, par exemple ? Non. Et franchement, ça m’énerve de voir que ça se fait de plus en plus en matière d’animation, de prendre des stars connues, même si ce n’est pas leur métier comme acteurs de doublage… Presque autant que de croire que l’animation, ça ne s’adresse exclusivement qu’aux enfants. Ou encore de remplacer un titre en anglais par un autre titre en anglais.

Ce coup de gueule passé, voilà, Spider Man New Generation c’est de l’excellent boulot, une merveilleuse exploitation inventive de la licence, plus que méta, du genre, comme on aimerait en voir plus souvent.

Spider Man : New Generation 

Réalisation : Bob Perischetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman

Genre : Animation, Action

Avec les voix de : Stéphane Bak, Camélia Jordana, Olivier Giroud…

Durée : 1 h 57 

Distribution : Sony Pictures Releasing France

En salles depuis le 12 décembre 2018.

Film vu en salles au Pathé Saran avec une place achetée par mes soins.

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[Guns of the Kikoolols] Le Petit Q, tout petit petit.

L’année 2018 s’achève dans moins d’un mois et le plus grand événement médiatique pour moi n’aura pas été la Coupe du Monde,  mais la fermeture de la chaîne de télé Nolife, qui a eu lieu  en avril dernier.

« Jul, tu nous gaves avec ça. Tourne la page ».  Moi je veux bien.  Mais ce sont les autres qui ne veulent pas que je le fasse apparemment. Parce que hier, une rubrique d’une émission en Acess Prime Time m’a particulièrement énervé,  et a démontré à quel point la chaîne était importante à bien des égards. Dans mon viseur, cette fois, c’est Le Petit Q, rubrique incluse au sein de Quotidien, sur TMC. 

Le reporter de  TMC avait jugé bon de faire un reportage sur le concert d’Hatsune Miku  qui avait lieu vendredi sur Paris.  Le problème, c’est qu’il a sorti de la naphtaline tous les clichés, absolument tous,  sur la culture japonaise et geek contre lesquels Nolife se battait. Vous savez, les « Japon terre de contrastes » ou encore  » Entre tradition et modernité ».  Trois minutes trente à charge, d’interview de spectateurs sans doute triés sur le volet, mais difficile sans doute d’en vouloir à ceux qui ont répondu au type de la chaîne, peut-être étaient ils mal informés sur ce que pensent les grands médias des cultures alternatives.  Pour info, Nolife avait refusé qu’Envoyé Spécial vienne les interviewer, connaissant hélas trop bien le sort réservé à la culture Geek. D’ailleurs, lorsqu’un/une reporter de M6 ou de TF1 venait sur le forum et recherchait des gens spectateurs de la chaîne à interviewer, les membres lui faisaient comprendre de façon fort courtoise que ce n’était pas ici qu’il fallait aller. Nous n’étions pas naïfs à ce point.

Bref, presque 11 ans de combats mis à terre par un reportage ne prenant même pas la peine de comprendre qui était vraiment  Hatsune Miku et les immenses possibilités offertes par le logiciel permettant de composer les chansons qu’elle chante,à savoir Vocaloid, créé par la société Crypton  Media. J’en ai d’ailleurs fait un article disponible ici .  Ils n’ont pas été jusqu’à comparer sa musique avec celle de René la Taupe-chose qu’avait osé faire  Canal+ , mais  l’angle  était  » regardez ces gens bizarres qui agitent des bâtons lumineux d’aéroport en assistant à un concert d’une chanteuse qui n’existe même pas ».  Désolé, mais une telle stigmatisation, CE. N’EST. PLUS. POSSIBLE.  Stop. Sérieusement, Stop.  

Le petit Q aurait-il orienté son reportage de la même manière s’il avait été question d’un concert de Johnny en hologramme pour le premier anniversaire de sa mort ? Surement pas.  Pourquoi la culture Geek est elle moquée, stigmatisée dans les grands médias ? Il faut faire quoi pour qu’enfin , elle ne soit plus montrée du doigt par les grands médias ou des ligues de vertu ?  Je suis d’autant plus déçu que Quotidien me semblait plutôt tolérante par rapport à certaines autres émissions. 

Vous le voyez, le combat est encore d’actualité. Tant  que cela ne cessera pas, nous devrons revendiquer. Revendiquer d’aimer les jeux vidéo, l’animation,  les mangas, les concerts d’Hatsune Miku et de ses amis, de ne pas forcément jouer à Call of ou Fifa. Nous devons crier que la culture geek mérite le respect, d’où qu’elle vienne. Qu’elle est égale à d’autres. La route s’annonce encore très longue.