Archives Mensuelles: juin 2017

TFGA S03 E01 : Montons dans le train de la hype !

Alex semble bien décidé à faire revenir les TFGA à la vie et c’est tout à son honneur. Donc pour cette saison 3, vu que je ne me souviens plus de la numérotation, nous allons donc prendre le train de la hype en jeux vidéo.

De la quoi ? Il est vrai qu’une explication de texte s’impose. « Hype » est un terme anglais désignant un sentiment d’envie chez le joueur, le lecteur ou spectateur, en gros. Pour provoquer cela, il existe une arme redoutable : la communication sous toutes ses formes. Et donc, Alex nous invite dans le wagon «  jeux vidéo » pour un top 5 des jeux pour lesquels les éditeurs ont su se montrer très habiles, ou non. Parfois, cela a fonctionné. Pour d’autres, j’ai été déçu. Préparez vos billets, le voyage va commencer. Voici ma sélection.

Premier arrêt : Chrono Cross, ou comment une intro suffit à éveiller l’intérêt

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Un TFGA sans Chrono Cross, ça vous aurait étonné, je suis sur. Mais ce n’est pas mon RPG favori d’entre tous pour rien, non plus… Ce qui m’a « hypé » pour ce jeu, c’est son introduction. Game One la diffusait de temps en temps dans ses plages de clips, et je dois dire que je trouvais cela magnifique. Un cadre paradisiaque au bord de la mer… Mais je devrai attendre quelques temps avant que je puisse avoir un exemplaire du jeu et qu’il devienne ce qu’il est pour moi…. Quand je dis qu’il a toutes les qualités… Dommage toutefois qu’il m’ait fallu passer par l’import. Allez Square Enix, sortez-le officiellement en Europe !

Deuxième arrêt : Final Fantasy VII, ou une claque un peu inattendue mais je n’ai pas perdu au change

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Une longue histoire avec ce jeu. Je laisse volontiers de côté les pleureuses du style «  ouin, ouin surcoté, ouin, ouin Sephiroth est un émo ». Comment expliquer qu’il ait reçu des notes frôlant la perfection s’il n’avait pas d’immenses qualités ? Et à vrai dire, ce titre ne devait pas être à l’origine mon premier choix. Je m’étais porté sur Tomb Raider II. Mais comme un autre membre de la famille le voulait aussi, j’ai accepté de changer mon choix. Et comme j’étais grand lecteur de magazines papier, je voyais qu’un autre titre avait eu des 97% chez l’un, 19/20 chez un autre, etc. Final Fantasy VII. Il fut pour moi un putain de choc à plusieurs niveaux. Une aventure épique sur 3 CD, un système de combat en béton armé, je le dis, pour moi il n’a qu’un seul défaut : sa traduction en français. Il faut noter que le spot de pub qui a été diffusé en France montre un gros spoiler… Bon, maintenant, tout le monde le connait. Et c’est sans doute parce que j’adore ce jeu que j’ai peur en ce qui concerne le remake actuellement en développement…

Troisième arrêt : Shadow Hearts : Covenant, ou comment un grand jeu de la PS2 est passé inaperçu

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Vous le savez, la série Shadow Hearts a toujours été dans l’ombre d’autres grosses licences du RPG. Et pourtant, elle mérite largement le détour, notamment pour son système de combat qui interdit de s’endormir ou de jouer de manière robotique.

Et c’est avec le deuxième Shadow Hearts que j’ai découvert la série. Pourtant le jeu n’a pas fait l’objet d’une communication monstre. La première fois que je l’ai vu, c’était lors d’un vidéo test du site anglophone GameSpot. Le testeur était enthousiaste, et après visionnage je me suis dit que je ferais bien de le prendre s’il sortait en France. Un peu plus tard, je le vois en test import d’un magazine spécialisé. Finalement, le jeu sort en France, avec des textes traduits. Je n’ai pas regretté mon achat, car il est à mon sens le meilleur jeu de la trilogie et un des meilleurs RPG de la PS2. Une suite, certes, mais quelle suite…

Voie de garage : Final Fantasy XIII : incohérences et mensonges de l’éditeur

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Plus que Final Fantasy XV, que beaucoup décrient, moi, c’est contre  le treizième épisode je garde une dent dure. Pourquoi ? Parce qu’il est très loin des promesses faites par Square Enix, mis à part pour les graphismes. Inutile de nier, le titre est magnifique. Pour le reste, il y a un grand décalage, et c’est ça que j’ai du mal à lui pardonner. A quelques jours de sa sortie en Europe, le réalisateur et le producteur du jeu promettaient monts et merveilles, avec notamment, un monde ouvert, encore plus que dans le douzième qui faisait déjà assez fort dans le domaine. Ah… au vu du résultat final, on a pas du avoir la même conception de « monde ouvert ». FF XIII est un putain de couloir sur 90% de son parcours, et ce n’est pas l’évasion sur Grand Pulse qui me fera changer d’avis tant il y a peu de choses à y faire à part des chasses. Ajoutez à cela un univers incohérent, un scénario limite incompréhensible, un système de combat archi-bourrin, des héros à claquer, notamment Snow avec ses phrases nanardesques à souhait, du style «les vrais héros n’ont pas besoin de plan»… Bref. Quelques jours après, sortait Resonance of Fate. Bien que plus difficile, je l’ai largement préféré. Et le titre aurait pu être premier si un autre n’avait pas non plus eu sa place niveau déception…

Déraillement : Duke Nukem Forever, ou comment une attente de 15 ans finit par mettre à jour les lacunes du développement

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Eh oui. Duke se retrouve premier, mais pas pour de bonnes raisons. Alors que je suis archi-fan de l’épisode 3D, grâce à la variété des armes , dont certaines sont vraiment géniales, la qualité de level-design dans tous les chapitres du jeu, cette suite au développement chaotique qui s’est étalé sur 15 ans est un immense ratage. Oh, je ne m’attendais pas à une merveille graphique, loin de là, mais tout le monde sait que ça ne fait pas tout. Ici, le level design est pauvre, sans imagination, avec des idées mal exploitées. On se contente de suivre des couloirs. De plus, le pauvre Duke ne peut plus porter que deux (2, 1*2, 1+1, vous avez bien lu) armes à la fois. FUCK IT. Le problème, c’est que le jeu a connu un développement chaotique, avec comme point d’orgue la faillite de 3D Realms. Gearbox Software, qui avait repris le projet, s’est juste contenté de le terminer. Pourtant le nouvel éditeur n’a pas manqué de communiquer sur le titre au moyens de vidéos rigolotes… Mais le résultat est archi décevant, et l ‘édition collector une vaste arnaque au vu de ce qui a été proposé. Fail to the King, Baby…

Voilà, c’est tout pour ce TFGA. A bientôt pour un nouvel article et n’hésitez pas à aller voir celle des autres blogueurs ici même ça leur fera plaisir.

Weekly Retro#26 : Sega, c’est toujours plus fort que toi ?

Bonjour et bienvenue dans ce vingt-sixième Weekly Retro. Aujourd’hui nous allons parler de Sega, suite à une news qui n’a pas échappé à votre serviteur. Il faut dire aussi que la Megadrive a bercé mon adolescence…

Alors voilà, Sega a décidé de rééditer les jeux qui ont contribué à sa gloire  sur mobiles, et  la compilation s’appelle Sega Forever. Ou plutôt, pour être exact, c’est une application. Dans la première fournée, ce sont 5 jeux Megadrive qui sont disponibles : Sonic The Hedgehog, Kid Chameleon, Altered Beast, Comix Zone et Phantasy Star II. L’appli est disponible de deux façons : gratuitement, ou pour 1,99 € pour chaque jeu. La raison ? Rien n’est jamais réellement gratuit et l’appli comportera des pubs si  vous ne payez pas  le prix demandé. En espérant que cela ne gâche pas le plaisir de jouer… Autrement dit, si vous prenez les 5, vous pourrez y jouer pour 10 € sans publicités. Reste à voir si cela les vaut. 

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Ce sont donc des titres pionniers de la console pour l’essentiel,  témoins de leur époque, ainsi que « le dernier grand hit »  qu’est Comix Zone, jeu auquel je vous recommande absolument de jouer tant ses idées sont brillamment exploitées. Sonic se recommande bien entendu de lui-même, notamment si vous voulez amuser les petits-neveux.  Mais je vais m’attarder sur les trois autres brièvement.

On évacue tout de suite Altered Beast, clairement dépassé dans son déroulement et sur le plan technique. Pour la petite histoire, c’est Sega of America qui eut l’audace de changer de jeu en bundle, c’est à dire de remplacer celui-ci par Sonic, ce qui provoqua l’ire du PDG de Sega Japon. Mais bien leur en a pris.

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Kid Chameleon est un jeu de plates-formes corsé mais bien réalisé, et dont la progression dans les niveaux se fait à  l’aide de casques de transformations  et chacune dispose d’un gameplay particulier. Le jeu est vaste, et je ne sais pas si le nombre de niveaux est réellement connu, mais il y en aurait plus de 100.  Le titre est dur, avec des pièges bien vicieux, par exemple, j’ai perdu une vie en dépassant le drapeau qui symbolisait la fin de niveau après en avoir parcouru une vingtaine. Je me suis rétamé dans les pics disposés au mur. Tout à recommencer… C’est vous dire l’ingéniosité des programmeurs…D’autant que les vies et les continues sont loin d’être infinis mais peuvent se gagner selon le score.

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Phantasy Star II est un RPG. Un grand jeu, en avance sur son temps en 1989. Oui mais voilà, ce titre a vraiment vieilli dans ses mécanismes. Il est doté d’une difficulté élevée dès le début, et le levelling est obligatoire si vous désirez voir la fin. Mais le titre dispose d’une équipe attachante, à commencer par Nei… Si bien que sa disparition a dû créer un traumatisme chez les joueurs de l’époque.

Le jeu se passe dans le système solaire d’Algol, sur la planète Motavia. Rolf, le héros du jeu fait des cauchemars récurrents, celui d’une jeune femme combattant un démon, mais ne peut rien faire pour lui venir en aide.  Lorsque le jeu débute, le commandant de Motavia lui assigne une nouvelle mission : Mother Brain, le super ordinateur qui a permis le développement de la vie sur cette planète auparavant désertique, se transforme, lentement mais surement, en Skynet. Rolf doit donc enquêter sur ce qui ne va pas à commencer par la recrudescence de monstres et le dérèglement du climat. 

Le titre assume pleinement son coté SF,  offre des graphismes très colorés même s’il n’exploite pas pleinement les capacités de la Megadrive.  Il est de plus sacrément long et offrira du fil à retordre aux joueurs. Si vous trouvez les RPG actuels trop faciles, essayez donc celui-ci…

Voilà… Pour finir, sachez que Sega promet des jeux toutes les deux semaines sur son application. Cependant, je me demande comment vont tourner les titres issus du catalogue Saturn et Dreamcast promis par l’éditeur…

On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau Weekly Retro.

Les 20 ans de Final Fantasy Tactics

Dans les années 90, le jeu de rôles en jeux vidéo était pratiquement inconnu en Europe. Si certains titres parvenaient tout de même à atteindre nos côtes,  ils restaient confidentiels, d’autant que, la plupart du temps,  les textes restaient en anglais, ce qui les coupaient d’un large public. Mais l’âge d’or eut lieu surtout au Japon et aux Etats-Unis. Pour attendre une venue massive du genre en Europe, il faudra attendre l’arrivée de Final Fantasy VII sur PlayStation, qui malgré son numéro, fut le premier FF à atteindre le vieux continent, dans les dernières semaines de 1997.  Le jeu dont je vous parle aujourd’hui  date d’avant son arrivée, et n’a pas atteint l’Europe sous sa première version. 

Final Fantasy Tactics  fête aujourd’hui les 20 ans de sa sortie au Japon. L’Amérique du Nord suivra dans les premiers jours de 1998, alors que les européens, eux, se régalaient avec FF VII, justement. Mais un petit retour sur FFT ça ne se refuse pas…

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Pendant ce temps, en Ivalice…

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Et, comme son nom l’indique, le jeu est un jeu… tactique. C’est à dire que contrairement à un RPG classique, ici, les combats se font sur un champ de bataille entre deux camps qui ont chacun leurs propres unités.  Chacune n’agit qu’une seule fois par tour, et la gestion des déplacements est primordiale pour pouvoir prendre l’avantage.  Dans FFT, vous avez une phase  » joueur » et une phase « ennemis ». Les objectifs consistent généralement dans ce genre de jeu à éliminer toutes les unités adverses ou le boss du lieu, mais le scénario pourra varier avec par exemple, des personnes à protéger.  FFT est un jeu difficile, mais heureusement, vous pouvez recruter des unités pour grossir vos rangs, soit en vous rendant à la caserne, soit  au cours du scénario. Le jeu  dispose aussi d’un système de 20 classes de métiers qui contiennent chacune 8 niveaux de maîtrise. Il est possible d’en changer entre  les phases de combat.

Le relief des cartes est à prendre en compte lors des batailles, ainsi que la direction vers laquelle vous positionnez votre personnage.  D’autres facteurs entrent en jeu dans la réussite ou l’échec d’un coup, notamment les signes du zodiaque, le jeu vous demandera dès le début d’en choisir un, et cela affectera les affinités avec les personnages d’autres signes, qui peuvent être excellentes, bonnes, ou mauvaises. 

Scénario en béton et réalisation en or

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Parlons-en du scénario car c’est un jeu développé par Yasumi Matsuno, déjà à l’origine de Ogre Battle et Tactics Ogre, donc ce dernier est assez complexe et remplis d’enjeux  plus développés que dans ce qui existait jusque là. C’est sans doute pour cela que le titre est encore considéré comme LA référence du genre : aucun ne lui arrive à la cheville sur ce critère, tant les niveaux de lecture, pour peu que vous compreniez l’anglais, sont nombreux. Le jeu se passe dans le monde d’Ivalice, et est à ma connaissance le premier à l’introduire, il raconte le déroulement de la « Guerre des Lions » et tourne autour de l’histoire de deux garçons, Ramza Beoulve , incarné par le joueur et Delita Hyral. Le premier est issu d’une famille noble, l’autre d’une famille de roturiers. Ce sont deux amis d’enfance qui ont connus des destins différents. Le tout se déroule sous forme de flashback pendant une grande partie du titre, mais n’est pas non plus avare en twists bien sentis. C’est cela qui surprend : le jeu est en trompe-l’œil. Matsuno y a inclus des enjeux politiques qui permettent de comprendre ce qui se passe. 

Techniquement, le jeu est superbe. La réalisation technique est au top, dans un univers médiéval, ce qui permet de lui donner une identité. Il faut noter que les cartes de batailles sont en 3D et que nous avons la possibilité de les tourner à 360 degrés pour avoir une meilleure visibilité. Les musiques sont faites par Hitoshi Sakimoto et Masaharu Iwata. Orchestrale et souvent grandiloquente, la bande-son s’est faite remarquer et elle est parfaitement adaptée au conflit politique qui se passe dans le jeu.

Le titre pourra paraître peu évident, et c’est dû au fait qu’il est assez facile de rater son coup. Avoir l’avantage ne signifie pas forcément réussir. De plus, il faut faire attention aux sorts de zone, par exemple, pour ne pas brûler un allié  un allié avec le sort de feu ou guérir des adversaires par inadvertance…

FFT était de plus rempli de références  aux autres FF sortis jusque là,  et il était même possible d’y voir Cloud et Aerith, de FF VII, sorti depuis quelques mois déjà au Japon. 

Enfin, le titre arrivera en Europe dans sa version PSP, en 2007, et sous-titré « The War of the Lions ». Les textes sont hélas restés en anglais, bien qu’un peu modifiés, mais requiert quand même un plus haut niveau qu’un jeu lambda. 

Voilà, c’est tout pour ce bref hommage à un jeu qui a su s’imposer comme la référence absolue  du  T-RPG  sur consoles. 

[critique film] Wonder Woman

Deux critiques ciné en peu de temps, ça reprend un peu d’activité sur le blog… Et cette fois, c’est un film à l’affiche qui a les honneurs d’être critiqué dans cet article Il s’agit de Wonder Woman.

Un film pour une Amazone

Les films de super-héros issus de comics, on en a eu plein ces dernières années, au point d’en connaître toutes les ficelles du déroulement, et d’en frôler l’overdose tant les déclinaisons sont nombreuses et la qualité par toujours au rendez-vous. Marvel et DC ont toutefois compris qu’il y avait de l’argent à se faire, alors, pourquoi se priveraient-ils ? Et, concernant DC, il faut avouer que le dernier métrage sorti était très loin d ‘être une réussite. Je parle bien sur de Suicide Squad, réunion ratée de méchants du DC-Universe. De même que je n’ai pas non plus beaucoup apprécié Batman V. Superman, et j’en ai parlé ici même. Mais nous allons tout de même nous attarder sur ce film, car un personnage apparaît dans une scène clé du film : Wonder Woman, qui va aider les deux justiciers. Un objet du même film aussi permet de déclencher l’histoire de notre héroïne, racontée par conséquent sous forme de flashback : la photo sur laquelle elle apparaît avec des soldats américains. 

Cela pressentait-il un film consacré à Diana Prince dans un avenir proche ? La question était rhétorique, et la réponse évidente. La problématique est de savoir si Wonder Woman est un bon film . En tant que métrage appelant, sans aucun doute, d’autres épisodes, il raconte notamment les origines de l’héroïne. La petite Diana  vivait sur une île peuplée d’Amazones. Le lieu disposait d’un champ de force qui l’empêchait d’être visible aux yeux des hommes. Tout change lorsqu’un espion britannique s’écrase avec son avion dans les eaux turquoises de l’île. En entendant son histoire, Diana décide de l’aider, au risque de ne jamais revoir les siennes, alors que le monde est en pleine Première Guerre Mondiale. Je ne vous révélerai pas les raisons, pour éviter tout  risque de spoiler.

Bonne réalisation et bonnes intentions

Wonder Woman dure près de 2 heures et demie, ce qui est long, et pourtant, le film passe bien, et dispose d’un bon rythme. Bon, il y a aussi quelques rares longueurs mais on voit petit à petit l’évolution du personnage principal. Le long-métrage dispose d’un humour bien senti, basé essentiellement sur le décalage entre WW et le monde des hommes. Pour ne prendre que celui-ci, le dialogue sur le secrétariat est absolument savoureux. On notera aussi une critique, assez légère mais existante, sur la place (ou plutôt, « la non-place ») de la femme dans la société humaine dominée par les hommes.  Le tout donne une caractérisation du personnage, et finalement l’attachement du spectateur à l’amazone, superbement jouée par Gal Gadot.

Mais Wonder Woman n’en oublie pas  d’être un film mettant en scène des scènes d’action bien badass.  Il faut bien remplir le cahier des charges… Elles sont assez peu nombreuses au final, mais n’arrivent jamais vraiment gratuitement. Elles sont plutôt inspirées, et sont situées aux moments clés du métrage.

Wonder Woman dispose d’une réalisation solide, on sentait bien que Patty Jenkins maîtrisait son sujet. Sa façon de faire ressemblait tellement à du Zack Snyder, que j’ai cru à un moment que c’était lui qui réalisait le film, mais l’homme, occupé ailleurs, n’en est que le producteur. 

Le film est pétri de bonnes intentions, et il le montre, et s’il est vrai qu’on retrouve les bons côtés, il emmène aussi avec quelques travers inhérents au genre : vrai-faux méchant, et combat final qui est une bouillie numérique pour les yeux pour ne citer que ceux-là.  

Même s’il n’est pas parfait, Wonder Woman est à ce jour un des meilleurs films sur le DC Universe. Et ça, c’est déjà très bien. 

Voilà, n’hésitez pas à me dire si vous avez le film et ce que vous en avez pensé dans les commentaires.

Affiche Wonder Woman

Wonder Woman

Réalisation : Patty Jenkins

Genre : Action

Avec : Gal Gadot, Chris Pine, Robin Wright, Ewen Bremmer…

Durée : 2 h 21

Distribution : Warner Bros. France

En salles depuis le 7 juin 2017.

 

Raconte-nous un bon film #1 : Avalon

Bienvenue dans « Raconte -nous un bon film », une série d’articles qui font revenir un peu de cinéma sur le blog, et qui changeront de temps en temps des mauvais films. La règle première est la même, les films en question ne doivent pas avoir fait l’objet d’un article sur le blog. En revanche, contrairement aux mauvais films, je ferai en sorte qu’il n’y ait pas de spoiler, le but étant de vous inciter à le voir.

Et on commence avec Avalon, réalisé par Mamoru Oshii et sorti en 2001.

Le roi Arthur était un roi de pixels

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Avalon a été tourné en Pologne, avec des acteurs de même nationalité, et produit et réalisé par une équipe japonaise. D’après Mamoru Oshii, il était parfois difficile de se faire comprendre, et la scène avec l’hélicoptère a été une des plus éprouvantes,selon le making-of présent dans le DVD bonus… Difficile de ne pas le croire.

Avalon est un jeu de guerre  en ligne illégal qui se passe en grande partie dans un univers virtuel réaliste,où les joueurs s’affrontent dans des parties compétitives et dans lesquelles ils peuvent changer de classe en accomplissant des missions, qui deviennent de plus en plus difficiles, avec par exemple, un temps limité. La plus basse des classes, là où tous les joueurs débutent, est la classe C, la plus haute serait la classe Spéciale A, mais peu ont pu y accéder. Les joueurs qui se débrouillent bien peuvent devenir de « prêtres », qui sont les personnages les plus puissants du jeu.

Les participants peuvent convertir leurs résultats de score en argent réel, points d’XP ou les échanger contre un équipement plus performant.

Mais y jouer n’est pas sans dangers : comme les joueurs y connectent directement leur cerveau grâce à un casque, certains peuvent voir leur esprit définitivement coincé dans le soft et rester dans un état végétatif dans le monde réel. Il sont appelés les « non revenus » et il est dit que leur âme repose sur une îles avec celles d’autres guerriers. Le nom Avalon provient de l’île de légende celte, ou reposerait entre autres le roi Arthur.

Avalon nous permet de suivre l’évolution de Ash, une jeune femme qui ne vit que par le jeu. Son ancienne équipe, les Wizards, a été dissoute pour une raison inconnue. Lorsqu’elle apprend que son ancien chef d’équipe est un non-revenu, elle se lance à se recherche…

Un film d’ambiance avant tout

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Avalon propose un monde désincarné et déshumanisé en grande partie. Ash n’a de réelle affection dans le monde réel pour un seul être vivant : son chien, qui n’est jamais nommé, mais qui est représenté par un basset-hound, espèce qui apparaît dans tous les films du réalisateur. Le tout baigne dans une ambiance sombre, avec un effet sépia pendant la majeure partie du métrage, sauf à la fin, qui est en couleurs normales. Ce parti-pris esthétique lui donne une certaine originalité. Il faut également mentionner l’excellente bande-son composée par Kenji Kawaii, avec la collaboration de l’orchestre philharmonique de Varsovie.

Avalon est une réflexion sur le réel et le virtuel, qui propose une vraie ambiance, ce qui fait de lui un film unique, dans lequel on retrouve les thèmes chers au réalisateur. Certains crieront que la notion de monde virtuel avait déjà été présente dans Matrix. C’est vrai, mais je tiens à signaler que ce dernier s’est fait parce que les frères Wachowski (qui sont devenues désormais sœurs) voulaient faire un film live inspiré de Ghost in the Shell, réalisé par Oshii. Les clins d’œil ne manquent d’ailleurs pas. 

Malheureusement, le long-métrage n’est pas sans défauts, et se retrouve plombé par son rythme, aussi mou qu’une tortue atteinte d’arthrose. Certaines scènes sont longues, et je n’ai jamais su si le fait de voir Ash monter un escalier dans son intégralité était un choix délibéré du réalisateur, et où il voulait en venir. Après, il faut ajouter à cela un jeu d’acteurs assez moyen, mais qui passe tout de même, et une fin assez abrupte. Cependant, cette dernière laisse le spectateur faire sa propre interprétation.

Avalon est un bon film. Il propose de belles idées et une ambiance particulière, et était en avance sur son temps. Il faut toutefois composer avec son déroulement très lent pour pleinement l’apprécier et de fait, ne plaira pas à tous.

Voilà, c’est tout pour ce premier numéro, je vous dis à bientôt pour un nouvel article.