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[Pop-culture anime] Evangelion débarque sur Netflix et c’est une bonne chose

Neon Genesis Evangelion a débarqué sur Netflix en ce premier jour d’été. Et c’est une bonne chose. Le service n’a pas fait les choses à moitié, vu que vous aurez aussi le droit aux OAV permettant de mieux expliquer la fin assez absconse de la série, mais cependant voulue par son réalisateur, Hideaki Anno, voire de la réinventer.

J’ai un rapport particulier avec cet anime, étant donné que c’est elle, avec Chroniques de la Guerre de Lodoss qui m’a fait comprendre que l’animation japonaise ne se limitait pas aux dessins animés du Club Dorothée, ni même à Dragon Ball Z. Pour tout vous dire, je n’ai jamais accroché à cette dernière. Evangelion, je l’ai découverte en passant du temps sur une petite chaîne de CanalSat, qui s’appelait C: . C’était littéralement l’ancêtre de Game One, qui sera son évolution en septembre 1998.

Mais Evangelion fait partie des claques dont j’ai eu du mal à me remettre, même 25 ans après. Si vu de très loin, on peut dire que ce sont des ados qui combattent des monstres de l’espace appelés Anges dans de gros méchas, la vérité est plus complexe. Hideaki Anno a signé une oeuvre à la fois sombre, et surtout terriblement humaine. N’allez pas croire qu’il y a un héros sans faiblesses, ce n’est absolument pas le cas. Tout le monde a ses qualités, mais aussi des défauts, ses failles, ses blessures et pas forcément des moindres, que le scénario prendra un malin plaisir à explorer. Ici pas de héros type de manga de l’époque. De fait, on ressent de l’empathie pour certains personnages, à un point que je n’imaginais même pas.

L’action se passe en 2015. En l’an 2000 un énorme météore frappe la Terre en Antarctique, c’est le Second Impact, qui donna lieu à un cataclysme, faisant fondre les pôles et disparaître la moitié de l’humanité Suite à cela , des créatures extraterrestres appelées « Anges » tentent de détruire Tokyo-3, la nouvelle capitale du Japon. C’est dans cette forteresse que se situe la NERV, une organisation chargé de combattre ces monstres grâce à des robots géants, les Evangelion ou EVA pour faire plus court.

Evangelion, c’est violent, déprimant la plupart du temps, une série sortie au moment où le Japon est traumatisé par deux événements d’ampleur : le tremblement de terre de Kobe et les attentats du métro de Tokyo au gaz sarin. Miroir des peurs et des failles du Japon mais également de l’humanité en général. Face aux monstres, des adolescents aux capacités spéciales se dressent, aux commandes des EVA. L’anime se centre sur le parcours de Shinji Ikari, un adolescent renfermé et ne sachant pas communiquer avec les autres.

Véritable concentré de trente ans de japanime, Evangelion est une oeuvre aussi majeure qu’Akira, car mature, d’une richesse inégalée, possédant aussi ses propres codes et développant des thèmes touchant à la fois à la religion, la philosophie ( notamment Nietzsche et son concept de « surhomme »), la psychanalyse (Anno n’hésitant pas à citer Freud), et aura également eu une énorme influence sur d’autres œuvres, telles que Serial Experiment Lain, parce qu’elle aura su bousculer les codes. Et ce malgré un manque de budget qui se ressent vers la fin.

Techniquement, la série est composée de couleurs vives, un peu comme pour s’opposer à l’aspect sombre de l’oeuvre. Le tout n’a pas trop mal vieilli , même si l’animation trahit un peu son âge, et la version Netflix a bénéficié d’un redoublage français qui a parait-il de bons retours, notamment quand on connait le doublage d’origine. Reste que les rumeurs disent qu’ils ont édulcoré également la relation entre Shinji et Kaworu… C’est dommage d’avoir fait ça, si c’est avéré. De même qu’il n’y aurait plus Fly Me to the Moon en tant que générique de fin… La musique de l’anime est signée Shiro Sagisu, qui était également à l’oeuvre sur Nadia : Le secret de l’eau bleue, l’autre projet de Hideaki Anno, et qui fera plus tard celle de Bleach ou encore de Berserk.

Depuis 25 ans, Evangelion a fait son chemin et déchaîne toujours autant les passions. Devenue emblème de la pop-culture japonaise, la série a acquis son statut d’oeuvre culte, avec produits dérivés, dont des figurines, des jeux vidéo, mais aussi à travers les cosplays. Vous l’aurez compris, si vous êtes fans de japanime et que vous êtes abonné à Netflix, et que vous ne la connaissez pas encore, Evangelion est à ne manquer sous aucun prétexte. Et à défaut, vous pouvez aussi lire le manga, qui comporte 14 volumes.

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[Critique Koi Koi] Summer Wars

Summer Wars commence de façon étrange . Nous sommes entrainés dans un monde virtuel, celui de OZ, une sorte de super réseau social très évolué où tout est possible, comme dans la vraie vie, et les avatars virtuels des personnes connectées se parlent à voix haute. Tout le monde, où qu’il soit, est connecté et peut y accéder via un ordinateur, une télévision ou un téléphone portable.Pour un peu cela rappellerait le premier Matrix , et ce n’est pas la seule référence au film des frères Wachowski. Mais si Hosoda établit clairement au début du film les frontières entre réel et virtuel, il fait en sorte de les estomper petit à petit. Sous ses airs faussement naïfs d’une histoire mettant en scène un adolescent doué en maths  mais maladroit invité par sa Senpaï à passer quelques jours dans sa famille pour l’anniversaire de son arrière-grand -mère, c’est également une réflexion sur le monde virtuel,  et qu’un acte, quel qu’il soit, sur Internet, peut entrainer des conséquences parfois fâcheuses dans le monde réel. 

La jolie Natsuki, issue d’une famille attachée aux traditions…

D’ailleurs, à l’avenir, il n’est pas exclu que l’homme devienne « hyperconnecté » avec l’avancée technologique, amenant petit à petit à sa déshumanisation. Le film n’est pas avare en symboles et allégories,et le scénario  dispose d’idées et de rebondissements intelligents. Hosoda met en face à face plusieurs mondes : monde virtuel  (OZ) et monde réel, société moderne et société traditionnelle japonaise.

Bienvenue dans OZ…

Le chara-design est  bon pour les principaux personnages, un peu moins pour les secondaires, mais les décors  restent  de très bonne facture, mention spéciale au monde virtuel, qui a fait l’objet d’attentions particulières. Il faut également saluer la mise en scène. Le plus fou dans tout ça c’est que l’animation est constante, et fluide, et si cela n’a pas suffi à vous convaincre, il faut aussi souligner les excellentes musiques qui accompagnent le long métrage. Certains thèmes vous resteront longtemps dans la tête.
Puisant à la fois dans Matrix et Avalon ( d’un autre Mamoru), Summer Wars est un film d’animation où les contrastes sont forts et marqués, mais  est également une réflexion sur l’homme, la société  et ses rapports au virtuel et au réel.

Julius

Summer Wars

Année de sortie : 2009 ( Japon)

Réalisation : Mamoru Hosoda

Réalisation de l’animation : Mad House

Musiques : Akihiko Matsumoto

Licence : Kazé

Sortie de The Artist en DVD

Vous le savez, C2J et moi, nous avons adoré The Artist et à notre avis les récompenses qu’il a eues ne sont pas volées.  Hé bien si vous  l’avez raté au cinéma, même s’il est encore en exploitation en salles,  sachez que  film est disponible en DVD et en blu-Ray aujourd’hui. Vous n’êtes pas encore partis l’acheter ? 

Julius 

[Critique anime] Cowboy Bebop

Il n’est pas facile de parler,et encore moins de rester objectif, devant une série d’animation japonaise qui m’a marqué. Et quand je dis marqué, je préfère le signaler tout de suite, c’est qu’elle reste LA série d’animation japonaise qu’aucune autre, aussi bonne soit-elle, n’a pu détrôner dans mon cœur. Je vais vous expliquer pourquoi. Article réalisé sans spoilers.

Cowboy Bebop a été crée en 1998 par Sunrise et réalisée par Shin’Ichiro Watanabe en 1998. Elle fut diffusée pour la première fois le 3 avril 1998 sur TV Tokyo au Japon, sous licence Bandai Visual.

En France, ce fut Dynamic Vision ( aujourd’hui Dybex) qui a récupéré la licence. Elle fut d’abord diffusée sur Game One, puis sur Canal+ en 2001, et ensuite sur AB 1 et NT1. La série connut un succès mondial, et par la suite, des jeux-vidéo et même un long métrage virent le jour.

Contexte

La série se passe en 2071. Les hommes ont colonisé une partie du système solaire, et un accident de Gate, sorte de gros portail circulaire permettant des voyages en hyperespace, a rendu en 2022 la Terre inhabitable en surface parce qu’elle a causé l’explosion d’une partie de la lune dont les débris retombent maintenant sur notre belle planète bleue. Il y a eu près de 4,7 milliards de morts et les rares qui restent se cachent maintenant sous la surface. Les humains ayant quitté la Terre se sont dispersés, sur Mars, sur Vénus,et certaines lunes de Jupiter et de Saturne. Mars est le centre névralgique des humains et est la planète la plus peuplée, elle est aussi le centre administratif et économique du système solaire. La monnaie qui a cours est le Woolong, traduit par « Uron » dans la V.F., allez savoir pourquoi.

Mais certains vivent en marge du système. C’est le cas des criminels et des chasseurs de prime, appelés dans leur jargon «  cowboys ». Le gouvernement martien met souvent des primes sur la tête des bandits recherchés et encourage les chasseurs à remettre les malfrats vivants et indemnes aux autorités contre la somme demandée. La criminalité atteint des taux alarmants, notamment avec l’influence grandissante des organisations criminelles telle celle des Dragons Rouges, et du trafic de drogue, dont une, le Red Eye , fait de véritables ravages.

Les vaisseaux spatiaux sont devenus la norme,tout comme les voyages en hyperespace, et la médecine a fait d’énormes progrès, notamment dans les biotechnologies et en cryogénie.

Jet, le propriétaire du Bebop et Spike,en veste bleue, en pleine  téléconférence.

Un simple anime ? Non, c’est plus que ça !

C’est dans ce contexte que vont se croiser les destins de Spike Spiegel, Jet Black, Ein,qui est un chien, Faye Valentine et Ed’, les cinq personnages principaux, à bord du Bebop, ancien vaisseau de pêche reconverti en base pour chasseurs de primes.

Il est vrai que pour faire simple, on pourrait dire que Cowboy Bebop, c’est un anime de science-fiction racontant les péripéties de chasseurs galactiques. Mais ce n’est pas que ça. Cet anime est un mélange d’influences cyberpunk, film noir, et western pour les plus notables.

La série a une intrigue principale en fil rouge, mais peu d’épisodes ont des rapports les uns avec les autres. Il s’agit en général de « one shot » ayant chacun leur propre intrigue, cependant, ils sont bien construits et on se laisse prendre dans la série. On dira que les deux axes principaux sont centrés sur Spike et Faye.

Cow Boy Bebop se décompose en 26 épisodes , appelées « sessions » de 26 minutes. Les épisodes rendent hommage à différents genres cinématographiques, ce qui n’est pas pour déplaire, et la série se départit d’un humour fin et bien trouvé, allant du burlesque au cynisme le plus noir. En général, il est dû aux relations qu’entretiennent les personnages du Bebop entre eux.

Ed’, la plus jeune du groupe, démontrera ses talents de hackeuse hors-pair.

Le rapport à la musique, notamment au Jazz et ses dérivés,le bebop en étant un, est très présent, ne serait-ce par le mot « session » remplaçant des mots comme « chapter » ou « episode »… Cela se retrouve aussi dans les titres, comme Jupiter Jazz, Mushroom Samba ou Asteroïd Blues, pour ne citer qu’eux…

S’il n’y avait que ça… Mais non, la musique fait partie intégrante de la série, et illustre très bien les séquences. C’est Yoko Kanno et son groupe, the Seatbelts, qui a été chargée de la composée et leur travail a été extraordinaire. Pour qu’un anime soit marquant, il doit aussi avoir de bons génériques de début et de fin. C’est le cas ici, avec Tank! en ouverture, qui démarre en fanfare, et chaque épisode, à l’exception du 13ème et du dernier, se referme avec The Real Folk Blues, chanté par Mai Yamane et The Seatbelts, qui vous restera dans la tête même après avoir vu ne serait-ce qu’un épisode. Toutes ces collaborations, en plus de celle de Tim jensen , donne à la série une bande-son hors du commun, car parfaitement en rapport avec le titre : des morceaux dérivés du jazz, aussi bien dans les rythmes que dans l’instrumentation, des morceaux chantés, comme Green Bird,le tout donnant une ambiance unique à la série.

Mais une bande-son, même exceptionnelle, ne fait pas forcément un bon anime. Ce qui frappe dans Cowboy Bebop, et ce depuis plus de 13 ans maintenant, c’est la qualité de ses graphismes. L’ambiance futuriste est parfaitement retranscrite, le choix des couleurs est parfait, et le design des personnages ne souffre d’aucun défaut, je dirais même que Spike dégage une classe comme rarement j’en ai vu dans un anime. Les décors sont fouillés et très colorés. On soulignera aussi un parfait jeu de lumières dans les scènes.

Je mentionnerai aussi la qualité de l’animation, alors qu’on reprochait aux anime japonais de n’être animés qu’à deux images par seconde, hé bien celui-ci vous démontrera le contraire! C’est fluide, et c’est très bien mis en scène. Sunrise a assuré de côté là.

Il vaut toujours mieux voir un anime en V.O.S.T., c’est un fait. Pourtant, je voudrais tout de même souligner que la V.F. est bonne, pour une fois. Les doubleurs sont bien dans la peau de leurs personnages respectifs.

Faye est jolie, certes, mais vénale et s’incruste  sur le Bebop sans demander l’avis aux autres…

1,2,3, Jam !

Pour tout vous dire, c’est le seul anime devant lequel j’étais en larmes après la fin du dernier épisode. Pour arriver à me faire pleurer, surtout devant un produit télévisé, il faut que la charge émotionnelle qu’il transporte soit forte. C’est le cas. Impossible de rester de marbre devant la destinée des personnages principaux, notamment Spike.

Mais les mots sont dérisoires, notamment devant le degré de finition globale de la série, faisant de chaque épisode une pièce d’orfèvre. Mine de rien, Cowboy Bebop n’a pas vieilli, même en 2012 et rares sont les séries d’animation japonaise qui peuvent se targuer d’un tel exploit. Le meilleur moyen de s’en rendre compte, c’est de regarder la série par soi-même. Je termine-là mon article alors que je pourrai encore en écrire des pages et des pages, et vous dis ceci : See You Space Cowboys !

Julius

Cowboy Bebop

Animation

Pays : Japon

Réalisateur : Shin’Ichiro Watanabe

Première diffusion Japon : 3 avril 1998 sur TV Tokyo

Studio : Sunrise

Licence : Bandai Visual ( Japon) Dybex ( France)

Diffusion France : 1999

Nombre d’épisodes : 26

Genre : Science-fiction teintée de western, film noir,entre autres.