Archives Mensuelles: février 2022

[Coup de gueule] Players only love you when they’re playing…

Parfois, la communauté gamer me dégoute… Je m’explique: Impossible de passer à côté du premier gros jeu de ce début d’année, j’ai nommé Horizon: Forbidden West, la suite de Horizon: Zero Dawn. Depuis lundi dernier, c’est tout de même fou ce que je lis à propos du jeu et des tests parus sur les sites spécialisés. Entre les lecteurs de certains sites qui infligent direct une mauvaise note ou qui descendent allègrement le jeu qui a le malheur de sortir sur la mauvaise gamme de consoles selon eux, qui pensent que ce n’est qu’un Horizon 1.5, ou pire, qui mettent une mauvaise note en se basant uniquement sur les let’s play de streameurs via Twitch, parfois je me dis que j’ai envie de me tenir loin de ces gens.

Le pire ? Des types qui commentent les tests sur les réseaux, mais qui osent affirmer que les notes n’ont aucune crédibilité parce que les testeurs n’y ont passé que 2 à 4 heures de jeu… Ben en fait ce n’est pas le cas. Parce que lorsqu’on est testeur de jeu, la seule différence avec le public, c’est que bien souvent, nos rédac-chefs les reçoivent en avance et les distribuent ensuite à l’équipe, en fonction des affinités, et des titres pour lesquels nous sommes intéressés. Par exemple, ne me demandez pas de tester un jeu de sport... Le fait d’avoir les softs en avance permet justement d’y passer du temps. Parce que perso, j’ai du mal à croire que certains puissent penser que nous puissions n’y passer que 2 à 4 heures pour se faire un avis définitif, notamment sur des open-world comme Horizon! Et bien souvent, cela s’accompagne de clause de confidentialité , appelées NDA. Si jamais vous faites savoir que vous avez reçu un jeu pas encore sorti, de quelque manière que ce soit ( texte, image, vidéo), cela peut aller, au mieux, de votre renvoi du site pour lequel vous écriviez et au pire… jusqu’à un procès. Oui vous avez bien lu, car cela nous engage juridiquement parlant.

Si je vous parle un peu des ficelles du métier et que l’accusation de corruption des testeurs est plus vieille encore que l’existence des Doritos, cette affirmation là, elle est nouvelle, tout comme celle du « de toute façon ce sont les joueurs qui détermineront la note d’un jeu ». Ah oui , et comment, tu m’expliques le truc ? De toute façon, il n’y a jamais de note « juste » dans le sens où il n’existe pas de test vraiment « objectif » , car il dépend du ressenti de celui qui critique. Et au delà de la question du barème de la note, de son utilité ou non, de toute façon, une note excellente, donc élevée, fera toujours naitre la suspicion, et une note trop basse fera aussi râler. Mais on ne va pas mettre des notes entre 12 et 14 à tous les jeux, non plus…

Le cas Breath of the Wild

Ensuite, « l’Open World est loin de celui de BOTW »… Arrêtons de tout comparer à Breath of the Wild! Parce que s’il renouvelle la formule des Zelda, pour y avoir un peu touché ( merci Nono pour le prêt) , le champ de jeu est grand, on peut aller partout, certes mais… j’ai trouvé aussi ça très vide, mais peut-être que c’est dû au fait qu’il faut entendre respirer la nature, comme l’indique le titre… Et pour vous dire je me suis ennuyé au bout d’un moment, avec seulement 4 véritables donjons en plus du sempiternel château, et des sanctuaires très courts à faire sentant beaucoup le copier/coller. Mais surtout, les armes et l’équipement cassent trop facilement et le fait de passer trop de temps à les réparer ont, à mon sens, ruiné mon immersion. C’est bien simple : tirez 10 flèches avec un arc ou tuez deux mobs avec une épée légère, et vous serez bons pour en trouver d’autres ou les réparer. Même dans The Witcher III, l’équipement était plus résistant. Je sais que beaucoup ne vont pas être d’accord et je ne vais pas me faire que des copains en disant cela, mais ce n’est que mon ressenti, pas une vérité absolue. Le meilleur open-world pour moi reste celui développé dans Xenoblade Chronicles X. Un épisode assez à part de la saga, avec une histoire en retrait au final, mais le monde créé est inattaquable, avec une faune vivante, et souvent pas hostile si vous n’embêtez pas les créatures sauvages. Je persiste et je signe, donc : on a laissé passer des choses sur BOTW et pardonné des défauts qu’on a pas laissé passer sur d’autres jeux, notamment… Le premier Horizon. Ce qui ne veut absolument pas dire que ceux qui ont testé BOTW sont corrompus, que ce soit clair. Il a simplement une vision de l’open world qui ne conviendra pas à tous, et Horizon en a une autre.

A l’Horizon, rien de nouveau, vraiment?

Concernant Horizon Forbidden West, je vais donner mon point de vue viteuf sur les premières heures de jeu : le titre est magnifique, même sur PS4. C’est beau, encore plus que le premier épisode, fluide, même si j’ai remarqué quelques détails grossiers parfois, mais difficile de ne pas s’émerveiller. Les quêtes semblent encore mieux construites, le gameplay plus souple, et j’ai noté une nouveauté de taille : si vous avez plus d’objets que vous ne pouvez en porter, ceux que vous avez en trop sont désormais envoyés automatiquement en réserve. De même, en cas d’échec, le jeu vous fait reprendre près du lieu de bataille et non plus au feu de camp. Mais cela n’est pas un avis définitif, je n’en suis vraiment pas loin. Mais, si certains reprochent au titre de ne pas correspondre à ce que Guerrilla avait promis, je pense que ce n’est pas le cas. Jamais Horizon Forbiden West n’a promis de révolutionner la formule du premier. Et c’est le cas pour tout deuxième épisode, à de rares exceptions. C’est vrai que Guerrilla a beaucoup communiqué dessus, montré des visuels, etc. De toute façon, si les néerlandais avaient fait un changement radical, les gens auraient aussi râlé. de ce que j’ai lu des différents tests, le soft est excellent même s’il aurait pu aussi proposer plus de nouveautés, mais est une suite largement digne de son aîné.

Tout ça pour dire que souvent, certains trouvent de faux arguments pour descendre un jeu de façon purement gratuite. Mais si j’écris ce billet, c’est que j’ai l’impression que la défiance envers les testeurs de jeux s’accentue de plus en plus, tout comme celle des médias concernant l’information, vous savez, le fameux « on nous cache tout, on nous dit rien »… Parce que pour se forger un avis sur un titre, il faut y jouer. On peut ne pas accrocher, pour diverses raisons. Me concernant, pour reprendre un jeu encensé par la critique, je n’ai pas aimé Red Dead Redemption 2. Je l’ai trouvé beau, certes, mais ayant des missions incohérentes et la multiplicité des commandes sans trop d’indications, et une interface peu pratique à utiliser m’ont sorti du jeu. Mais il y a un gouffre entre ne pas apprécier une expérience gaming, ça peut arriver, et être persuadé de détenir LA vérité absolue et traiter les testeurs de personnes qui n’y connaissent rien. Du genre, et vu sur un forum également que Horizon est parfait pour ceux qui n’ont aucune culture vidéoludique. Ce qui n’est évidemment pas vrai. Les deux jeux s’inspirent de diverses civilisations tribales, et on voit que les programmeurs ont fait des recherches sur le sujet. Seulement, ces personnes sont trop sures d’elles pour pouvoir faire les recherches, persuadées de détenir la vérité sur un jeu, en faisant des comparaisons qui n’ont pas forcément de sens.

Ma main à couper que pour Elden Ring, qui sort en fin de semaine, ce sera pareil… Un jeu qui ne m’intéresse absolument pas, mais ce n’est pas pour ça que je vais le descendre… Et si, finalement l’essentiel, ce ne serait pas de prendre plaisir avec les jeux auxquels nous jouons ?

Rions un peu avec du rétrogaming

Maintenant, faisons un peu de « Gaming-Fiction » et imaginons que les forums de jeux vidéo existaient une trentaine d’années en arrière, lors de la sortie de deux jeux en 1992, à savoir Sonic the Hedgehog 2 chez Sega et Super Mario Land 2 : Six Golden Coins chez Nintendo (pas de jaloux, comme ça). Imaginez un peu les trolls :

Sonic 2 : 5/20 : Sega nous pond un jeu quasiment identique au premier : même graphismes, musiques qui se ressemblent, même level-design. Casino Night est sympa mais pour le reste c’est du déjà-vu. Il y a trop peu de nouveautés, et le petit écureuil qui nous suit finit par devenir énervant.

Super Mario Land 2 : 7/20 : Malgré les persos plus gros et un jeu plus vaste, cette fois SML2 est trop difficile, bon courage pour passer certains boss ! Et que dire du recyclage du boss final du premier dans la Space Zone! En plus, quand vous faites un Game Over, les pièces que vous avez trouvées sont rendues aux boss c’est nul! Puis aussi certains ennemis sentent le réchauffé, le nouveau méchant n’a pas le charisme de Bowser et c’est toujours en noir et blanc. Le monde de MarioLand n’a absolument aucun sens. Mario est tombé bien bas.

En espérant que cela vous aura fait rire. Parce qu’il y a toujours matière à râler, en fait et ce qui est vrai maintenant l’était déjà avant même sans les Zinternets. Mais je pense que c’est pareil pour tous les gros jeux qui sortent: souvent, c’est dur d’être aimé par des cons…

PS : Pour ceux qui se demandent d’où vient le titre : c’est le refrain de la chanson Dreams de Fleetwood Mac ( et dont le groupe irlandais The Corrs fera une excellente reprise dans le non moins excellent album Talk on Corners) : Thunder only happens when it’s raining/ Players only love you when they’re playing/ They say women, they will come and they will go/ When the rain washes you clean, you’llknow/ You’ll know.