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La presse à l’époque de Final Fantasy VII

Attendu depuis très longtemps, Final fantasy VII Remake sortira, au moins pour sa première partie, le 10 avril prochain sur PS4.

Refonte d’un jeu qui a fait beaucoup parler, en bien comme en mal, je vous propose de partir à l’époque de Final Fantasy VII, au moment où ce dernier allait débarquer en France. Vous allez voir, ce n’est pas triste.

Le contexte général en novembre/décembre 1997 est le suivant : les trois « grands » magazines généralistes de jeux vidéo, à savoir Consoles+, Joypad et Player One existent toujours, mais d’autres titres ont vu le jour : des généralistes, comme Playmag, CD Consoles ou consacrés à une marque, comme Mega Force (spécialisé Sega) ou Super Power ( pour Nintendo). La PlayStation, console très en vogue, a même droit à son magazine officiel : PlayStation Magazine, détenu par la même maison qui édite Joypad, et l’époque verra l’émergence d’un groupe : Future Corp. Mais là n’est pas le sujet.

Final Fantasy VII arrive, donc. Inutile de le cacher plus longtemps, les jugements sont unanimes. Le jeu récolte des notes exceptionnelles, 19/20 chez l’un , 97% chez l’autre… bref, le jeu est LE jeu de cette fin d’année, rivalisant avec la suite des aventures de Lara Croft, qui était aussi un des jeux du moment.

On notera aussi que certains, comme Playmag, donnaient même des conseils pour jouer, en révélant même certains des mini-jeux présents, ou comment exploiter les compétences et les matérias.

D’autres ont évidemment, fait un dossier sur l’historique du jeu de rôle sur PC et consoles…

Ce qui surprend, c’est que la quasi-totalité des tests prend entre 6 et 8 pages rien que pour ce jeu. Et si on compte les dossiers cela atteint plus de 20 pages.

Des tests souvent illustrés avec parfois des pages entières de captures d’écran. Niveau maquette, certains magazines comme Player One, utilisent un fond et une police d’écriture différente .

La plupart du temps, les photos sont légendées, et on a eu droit à d’énormes spoilers sur le scénario en lui-même : Consoles+, en toute innocence et ce dès la première page de son test, pose la question : «Votre héros est il un clone, une sombre machine programmée par la Shinra ? Vous le saurez en terminant le jeu. » Sachant que cela est un des enjeux du titre, ça la fout mal ! Idem pour les Armes…

Ou encore pire, Total Play, un magazine qui venait de se lancer en décembre 1997, spoile carrément la mort d’Aeris dans le descriptif du personnage !

D’accord, on voyait dans la pub qui passait (pas si souvent) à la télé que Cloud immergeait «son amour impossible », mais tout de même…

Comment les rédac’chefs ont ils pu laisser passer certains spoilers aussi gros ? Mystère.

Quoi qu’il en soit, le jeu emballe tout le monde. Mais comme le jeu parfait n’existe pas, on peut y lire comme défauts l’absence de voix digitalisées ou de cris, (récurrent), ou « on ne sait pas d’où viennent les Invocations » ( Player One), ou encore un scénario « moins romantique que dans FF VI » ( Joypad).

Mais le travail le plus complet de l’époque a été fait par Playmag, qui proposait, sur un total de 22 pages, une rétrospective de la saga, le système de jeu, les mini-jeux et le test proprement dit. Il y tellement de texte que le maquettiste a dû mettre celui du test en diagonale pour gagner de la place. Et pourtant, tout est clair.

Le retour de bâton se fait sentir, parfois de façon très dure, dans le courrier de certains magazines les mois suivants, avec des lecteurs pas du tout en accord avec les écrits des testeurs. Dans Playmag, le début 1998 a vu apparaître dans ses colonnes des avis parfois argumentés disant que « non, FF VII n’est pas si bien que ça, et vaut juste la moyenne », ou des avis plus énervés, par exemple disant avoir arrêté avec les ennemis en forme de maison du Secteur 6, parce que c’était trop ridicule…

Bref, Final Fantasy VII a fait beaucoup parler de lui, souvent en bien, parfois en mal, et on pouvait voir une certaine défiance envers la presse de l’époque de la part de certains lecteurs. Il ne fait nul doute que le Remake, dont la première partie sort le 10 avril 2020, fera lui aussi parler bien du monde, en bien comme en mal.

La démo de Final Fantasy VII Remake

Final Fantasy VII aura marqué son temps, c’est une évidence, et ouvert grand la porte du JRPG en Europe à la fin des années 90.

Avec l’arrivée des consoles en HD, beaucoup se demandaient ce que pourrait donner un FF 7 avec les outils graphiques réactualisés. Une rumeur persistante, un film prolongeant l’histoire du jeu (Advent Children), et le développement d’un lore au travers de différents jeux permettaient d’espérer. Pendant longtemps, ce fut un serpent de mer. Et lors de l’E3 2015, surprise : un court trailer annonçait la venue sur PS4 de Final Fantasy VII Remake.

Et quasiment cinq ans plus tard, ce rêve deviendra réalité le 10 avril prochain avec la première partie de l’histoire qui se déroulera intégralement dans Midgar, la grande ville tentaculaire du début du jeu. Et pour nous donner un avant-goût, Square Enix a sorti en début de semaine une démo jouable sur le jeu. Mon verdict sur ce moment, c’est dans les lignes qui vont suivre.

Feeling Fantasy

Lorsque j’ai lancé la démo, le jeu démarre exactement comme l’original : les étoiles, Aerith qui prie devant une source de matéria, le panorama de la ville, le train qui arrive… Et vlan, 23 ans dans les dans, le Julius, qu’il s’est pris. Les feelings d’antan sont là. J’étais un ado de 16 ans, émerveillé par ce que je venais de voir lors de Noël 1997, sur une simple 32 bits, et là c’est encore plus joli. Aerith version 2020, c’est beau !

Cette démo reprend le début du jeu, qui consiste à détruire le réacteur numéro 1 de Midgar.

Cela a à peine commencé qu’on peut voir le travail effectué par les équipes sur le plan graphique et musical : c’est magnifique.

On notera aussi une scénarisation plus poussée, avec les gardes arrivant pour tenter de vous arrêter, les transitions sont invisibles, les chargements aussi, c’est fluide, et ça enchaîne bien. La section mise en avant dans la démo est le début du jeu, à savoir le sabotage du réacteur numéro 1 de Midgar. Cloud Strife, un ancien membre du SOLDAT, a rejoint un groupe d’écologistes radicaux baptisé Avalanche. Il accepte de les aider en tant que mercenaire, mais même s’il est un ami de Tifa, Barret, le chef du mouvement, ne lui fait pas confiance.

Donc, le groupe, c’est à dire Cloud, Barret, Jessie, Biggs et Wedge, s’infiltre dans le réacteur. Et là, on constate que c’est nettement plus grand que dans l’original. Le donjon est assez sombre, et la progression se fait par étapes avec des combats qui viennent pimenter l’action. On retrouve aussi quelques phases inédites, un peu inutiles il faut bien le dire, comme les lasers à franchir.

Le système de combat est un mélange entre action-RPG tel que Kingdom Hearts et FF XIII, pour une couche de tour-par-tour et de stratégie.Les attaques de base, qui se font en appuyant sur Carré, permettent de remplir une jauge ATB, divisée en deux sections. Une fois remplie, elle permet en appuyant sur Triangle, de déclencher les attaques spéciales du personnage. Cette jauge d’ATB est importante à plus d’un titre, étant donné que l’utilisation des objets vous en coûtera une barre, tout comme le fait de lancer un sort.

Ensuite, le système nous force à passer d’un combattant à l’autre en fonction des situations. En effet, les tourelles situées en hauteur ne peuvent être détruites que par Barret, qui peut attaquer à distance avec son bras-mitrailleur contrairement à Cloud. Les ennemis ont aussi une barre de choc, qui une fois dans cet état, seront pendant quelques instants à la merci de vos combattants, et cela multipliera les dégâts infligés. Le tout s’avère très nerveux.

On retrouve les scènes emblématiques du donjon, comme la descente du train, l’entrée dans le réacteur proprement dit, l’ascenseur, et une animosité entre Cloud et Barret. Ce dernier me fait penser un peu au Capitaine Haddock dans Tintin, aussi bien dans ses attitudes que dans son langage. Il faut dire que le surjeu de son doubleur français était criant.

On peut explorer les recoins des étages, pour y trouver des objets, soit dans des coffres, soit dans des caisses à détruire. On notera que le jeu reprend une mécanique vue dans les Kingdom Hearts, à savoir que l’interaction avec les objet se fait avec Triangle.

Puis on arrive au cœur du réacteur, et c’est alors que le clou du spectacle a lieu : l’affrontement avec le Garde-Scorpion, le premier boss du jeu original. S’il ne tenait que quelques coups dans FF VII, là, le combat est nettement plus long, et découpé en plusieurs phases. Le boss est également plus coriace et dispose de plusieurs patterns d’attaque. Il peut aussi se protéger et on comprend vite qu’il faire preuve de tactique pour lui faire diminuer sa barre de vie. Il es toutefois dommage que les missiles soient difficiles à esquiver. Pour tout vous dire, il a bien failli m’avoir tant mes potions descendaient vite.

Une fois le boss mis hors d’état de nuire, vous aurez droit à la fuite du réacteur. Mais cette fois, on a droit à quelque chose de plus pimenté, avec une phase à la Uncharted et l’apparition d’un ennemi appelé « Combattant » et très chiant à abattre à cause de sa capacité d’esquive clairement abusée. La démo s’achève une fois que Cloud et Barret sont revenus à la sortie du réacteur juste à temps pour éviter l’explosion.

Un bon pressentiment…

Je dois avouer, faire cette démo a été une heure de pur plaisir. Nous avons droit à un jeu très joli, pour ne pas dire magnifique sur PS4, une musique réorchestrée à merveille et qui s’adapte en fonction des situations, et aussi des surprises scénaristiques que je ne révélerai pas pour ne pas vous spoiler. Le donjon ne s’étale plus sur quatre malheureux écrans (mais c’était dû aux limitations techniques, je sais), et si le jeu tient ses promesses sur la possibilité d’explorer Midgar, FF VII Remake sera sûrement un jeu majeur de cette année.

Pour cette démo, la VF m’a parue un peu en deçà, avec un Barret râleur, un Cloud qui m’a semblé hors du coup et une Jessie vraiment stupide… A voir sur la longueur. Mais nous serons quoiqu’il advienne loin de la noirceur et de la maturité d’un Vagrant Story… d’un côté, FF VII ne l’a jamais été non plus.

De même, le mode «  classique » ne vaut même pas la peine d’être joué tant il facilite trop les choses.

Il est permis d’avoir quelques craintes, aussi. Perso, je pense que ça va barder si jamais ce Remake s’avère au final trop dirigiste et trop «  couloir » comme FF XIII sorti il y a dix ans. Nous n’avons pas pu voir au travers de cette démo ce que donnait le système de matérias…

Mais il est trop tôt pour sortir la mitraillette. Il ne faut pas oublier que cette démo propose un contenu qui commence à dater un peu, et que les programmeurs ont pu modifier des choses. Et qu’une démo… c’est une démo.

Pour avoir les réponses à toutes les questions que les gens se posent, il faudra attendre le 10 avril. Moi, je suis convaincu.