Archives Mensuelles: novembre 2018

[Critique Film] Sale Temps à l’Hotel El Royale

Je dois l’avouer, Sale Temps à l’Hotel El Royale est une des très bonnes surprises de cette année pour moi. Je n’en attendais pas spécialement quelque chose, et pourtant j’ai été agréablement surpris par le deuxième long métrage de Drew Goddard.
Justement, mérite-t-il de lui accorder encore plus de crédit après La cabane dans les bois? La réponse est oui.

Smoke and Mirrors

el royale bridges erivo

El Royale, c’est le nom d’un hôtel miteux qui a connu autrefois son heure de gloire et qui a pour mérite d’être à cheval sur deux Etats : la Californie et le Nevada. Sept personnes y arrivent lors d’une matinée de janvier 1969 dans la même journée et ont leur propres raisons d’être ici. Un trou perdu qui ne va pas tarder à se transformer en enfer…
Goddard (pas Jean-Luc) n’invente rien, et je dirais même que ses inspirations son visibles. Ce huis-clos s’apparente même, à de nombreux égards, à du théâtre. La première scène est exactement comme ça : on voit un homme dans un décor d’une chambre d’hôtel, démontant le plancher pour y plaquer ce qu’on suppose être le magot d’un braquage. On y entend que de la musique et quelques sons. Aucun dialogue, rien.
J’ai bien dit « on suppose », parce que rien ne permet de le confirmer. Et à vrai dire, des suppositions, le spectateur en fera plein le long du métrage, tant le réalisateur prend un malin plaisir à le guider sur de fausses pistes. Dès le départ, le jeu n’est que fausses-pistes, fausses identités et jeux de miroirs dans ce qui va tourner au jeu de massacre.
Une des forces du film est son casting absolument impeccable : Jeff Bridges est impérial en prêtre ayant des absences, Dakota Johnson incarne une jeune femme rebelle armée d’un shotgun, et Chris Hemsworth en gourou est surprenant. Et encore, je n’ai cité que quelques uns d’entre eux. On retiendra aussi Lewis Pullman en un excellent réceptionniste traumatisé.
Le film prend son temps pour tout dévoiler. Ce n’est que petit à petit que le spectateur reconstitue le puzzle de cette intrigue à tiroirs. Et lorsque ça tâche au rouge, ça fait souvent mal.
El Royale bénéficie d’une écriture intelligente et Goddard ( toujours pas Jean-Luc… Ok, j’arrête avec ce gag foireux), sait mener ses acteurs. Le genre de cinéma pop et décomplexé comme on en fait rarement. On notera aussi une excellente musique faite par Michael Giacchino et un choix de chansons absolument génial apportant une certaine ambiance.

Mais tout n’est hélas pas parfait : le « chapitrage » du métrage plombe hélas le rythme global, notamment dans la seconde partie.

L’Amérique face à ses démons

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Ça , c’était pour la première lecture. Pour la seconde, on voit que Goddard arrive à transmettre quelques messages bien sentis sur notre époque : une Amérique divisée, voire traumatisée par un passé qu’elle regrette et a bien du mal à avancer. Un pays paranoïaque, dans lequel le mensonge, comme dans le film devient de plus en plus la norme ( notamment avec l’autre taré de président….) et le parallèle Nixon/ Trump ne trompe pas. En effet, dans El Royale,, nous avons bien du mal à démêler le vrai du faux. Imaginez ce que ça dit dans une ère où les « fake news » sont devenues quasiment une norme… la résonance est évidente, et les derniers événements de ces jours derniers (retrait d’une accréditation présidentielle d’un journaliste de CNN) lui donne encore plus de poids.

Beaucoup diront que c’est du « sous-Tarantino ». Ce n’est pas forcément faux, mais pas vrai pour autant. C’est une erreur d’attendre de faire aussi bien que le maître absolu pour un deuxième long-métrage. Goddard s’en inspire, ça se voit, mais y apporte aussi une touche personnelle. Certes, ça ne défouraille pas dans tous les sens, mais est-ce vraiment ce qu’on attendait ?
Malgré une fin trop conventionnelle à mon gout, Sale temps à l’Hotel El Royale apporte un petit vent frais dans le cinéma de genre.

affiche el royale

Sale temps à l’Hotel El Royale 

Réalisation :  Drew Goddard

Genre : Thriller

Avec : Jeff Bridges,  Dakota Johnson, Chris Hmesworth, Cynthia Erivo…

Durée : 2 h 22 

Distribution : Twentieth Century Fox France

En salles depuis le 7 novembre 2018.

Film vu au cours d’une séance achetée par mes soins au Pathé Orléans.

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Geek Contest #20 : Le Moyen Âge

J’en ai manqué des Geek Contest depuis quelques temps… Mais je dois avouer que celui de ce mois-ci  est particulièrement intéressant car il s’agit du Moyen Âge.

Petit rappel historique : les historiens  qualifient de « Moyen Âge » la période qui va de la la chute de l’Empire Romain d’Occident (476 ap. J-C. ) jusqu’à la prise de Constantinople en 1453 ou à  1492  avec la redécouverte de l’Amérique par Christophe Colomb.  Ils le découpent en trois périodes successives : le haut Moyen Âge, le Moyen-Âge central et le Moyen Âge Tardif. En gros, et quelle que soit la date d’arrêt ( qui varie selon les historiens, les vrais, pas Lorant Deutsch, ni Bern, ni Ferrand, c’est toujours bon de le rappeler) , c’est une période qui s’étale sur près de 1000 ans.  Bien que mal-aimée et vue comme une période sombre de l’histoire européenne, tout n’était cependant pas si noir et la période a été propice à des progrès, des découvertes et diverses inventions qui servent toujours aujourd’hui. Enfin, petit rappel de vocabulaire  : l’adjectif  pour qualifier quelque chose en rapport  avec cette période est « médiéval », et non « moyenâgeux » qui désigne quelque chose de très daté.  Je le précise car j’entends encore trop de gens faire la confusion et franchement, ça m’irrite les oreilles. 

Bien entendu, cette longue période de l’histoire des hommes était également une mine pour les créateurs en tous genre. Que ce soit en jeux vidéo, films, ou littérature. Comme ça tombe bien, le Geek Contest  de ce mois consiste à trouver un film, un jeu vidéo, une série, un livre et une personne célèbre ou un objet en rapport avec cette période. Voici donc ma sélection.

Le jeu vidéo : MediEvil

Medievil_cover

Il faut toujours que je trouve un moyen aux alentours d’Halloween de parler de MediEvil. Et il se prête bien à se thème car le jeu se passe en 1286, dans le pays de de Gallowmere, qui rappelle fortement l’Angleterre médiévale. C’est vrai, c’est  un jeu qui traite le sujet de façon naïve, mais on y trouve sorcières, potirons, squelettes, armures,  rois, et même les décors évoquent parfois l’époque médiévale avec certains éléments tels que  les grands drapeaux de certains niveaux. A vrai dire, les détails par rapport à l’époque où se déroule le jeu sont tellement nombreux qu’il serait impossible de tous les lister.  On notera aussi que le nom du jeu est un mélange entre « Medieval » et « Evil » , donc il a  sa place ici. Toujours est il que le remake devrait arriver en 2019 sur PS4. 

 

Le film : Robin des bois, prince des voleurs ( 1991)

affiche robin des bois

Célèbre héros anglais dont la légende fut maintes fois adaptée au cinéma, dont une par Disney,  j’avais le choix pour le film le mettant en scène mais  je crois que c’est le métrage de Kevin Reynolds qui m’a le plus marqué. Plus orienté action,  il a peut-être assez mal vieilli techniquement, mais il reste selon moi encore largement valable au niveau des péripéties, même si le méchant n’est plus Jean Sans-Terre mais le Shériff de Nottigham lui-même, joué par un excellent Alan Rickman.  A noter que la chanson phare du film n’est autre que « Everything I do » de Bryan Adams… Il devient quoi d’ailleurs ?

La série : Kaamelott

kaamelott

Evidemment!  Comment n’aurais-je pas pu mettre Kaamelott dans ce Geek Contest ? Oui, d’accord il y est déjà sur le thème de la nourriture, mais c’est avant tout une parodie de l’Angleterre médiévale, avec une réécriture hilarante du mythe du roi Arthur (dont nous ne sommes pas certains qu’il ait réellement existé), et de ses chevaliers de la Table Ronde. Dialogues, stupidités en touts genre, les premières saisons donnent dans les sketchs drôles tandis que la fin de la série  adopte un ton plus sérieux.  La série d’Alexandre Astier méritait de se retrouver dans  ce Geek Contest. Normalement, je ne devrais pas être le seul à l’avoir mis.

Le livre : Les Piliers de la Terre, de Ken Folett

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Alors là, on touche à du lourd, au sens propre comme au figuré. Les Piliers de la Terre est un ouvrage massif, et bien que l’intrigue soit une fiction, l’auteur donne une description incroyable de l’Angleterre du XIIe siècle, avec une très grande précision. Un sentiment de réalisme se dégage lorsqu’il décrit un pays ravagé par la guerre et la famine. L’histoire suit l’épopée de Tom, qui devient  petit à petit bâtisseur de la cathédrale de Kingsbridge. Bien entendu le récit comporte de multiples intrigues, mais c’est tellement bien fait au cours de ses 1050 (!)  pages, qu’on sent que l’auteur a fait un véritable travail d’historien, bien qu’il n’en soit pas un de profession.  Certains en France qui se prétendent comme tels devraient en prendre de la graine ( vous les connaissez déjà)…

Personnage : Marco Polo

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Sans doute le plus grand  voyageur de l’époque. Marco Polo partit en chine par la Terre, par un chemin qui s’appelait alors La Route de la Soie, et devint notamment un des favoris de l’Empereur Kubilaï Khan.  Il ne revint à Venise qu’ en 1295, après un séjour de 24 ans en Asie. Il consigna son épopée et ses découvertes par écrit.  Il inspira ainsi dans les siècles qui suivirent d’autres explorateurs à se lancer sur ses traces, tels que  Vasco de Gama ou Christophe Colomb, qui choisiront eux la voie des mers. Disons que depuis Marco Polo, gagner les Indes et l’Asie par la voie terrestre a été rendue très difficile pour les chrétiens depuis l’irruption des Turcs… 

Voilà, c’est tout pour ce Geek Contest. j’espère pouvoir faire celui du mois prochain aussi. N’oubliez pas que le concept a été crée par kavaliero et que vous pouvez aller rendre une visite aux autres participants.  A bientôt.