Archives Mensuelles: septembre 2014

Guns Of The Kikoolols #63

Mensonge, Malhonnêteté, Aneries : Le MMA selon M6

Salut à tous et à toutes, une fois n’est pas coutume, c’est C2J qui vous écrit dans cette rubrique qui est, en temps normal, l’apanage de Julius. En temps normal, je suis une personne qui essaie de faire preuve de réserve et qui ne s’emporte pas facilement. Mais ici, j’ai été confronté à un reportage tellement mauvais et malhonnête que je me devais d’en parler dans le cadre des « Guns Of The Kikoolols » car tout journaliste digne de ce nom devrait se sentir insulté par le travail de cochon mené par Camille Courcy et les équipes de Giraf Prod.

Déjà, ça commence avec le titre : « Free-Fight : la folie des combats clandestins », un titre à charge qui biaise volontairement l’angle d’attaque dans un domaine volontairement péjoratif pour la discipline. A toutes fins utiles, je rappelle que la discipline s’appelle le MMA ou Mixed Martial Arts (ou Arts Martiaux Mixtes en français), qu’elle possède une fédération internationale (IMMAF) et plusieurs fédérations professionnelles réparties à travers le monde (UFC, Bellator, ONE FC, WSOF,…), donc la sur-utilisation du mot « Free-Fight » témoigne soit d’une certaine incompétence, soit d’une malhonnêteté crasse. Je vous ferai grâce du résumé, racoleur à souhait.

Le reportage s’axe d’abord sur les banlieues (comme par hasard) et de soi-disant circuits clandestins, organisé par un mec qui n’a pas été flouté. Bon, soit ce mec est complètement con (parce qu’il risque gros ici face à la justice et en plus, le reportage pourrait être utilisé à charge), soit ça sent le bidonnage. Et au vu de la suite, c’est cette dernière possibilité que je retiendrais parce que les soi-disants combats sont tellement ridicules que j’ai du mal à croire à la véracité de ce qui est présenté.

Autre axe présenté, Morsay. Et c’est là que le reportage finit de perdre toute crédibilité car le fait est que ce pauvre hère est un mythomane pathologique qui serait prêt à tout pour qu’on parle de lui (je ne vous donnerai pas d’exemple parce qu’on y serait encore la semaine prochaine, je vous conseillerais juste d’aller voir la vidéo de l’Ermite Moderne qui traite de ce sinistre personnage). Ce reportage ne déroge pas à la règle puisque toute cette histoire sent le bidonnage à plein nez. Même le soi-disant adversaire du poulain de Morsay a été reconnu et fait donc partie de la bande de ce dernier, les Truands 2 la Grand-Mère (2 la Grammaire, pardon… 2 la Galère, décidément).

Le troisième axe présenté par le reportage nous emmène à New York (comme par hasard le seul État des Etats-Unis d’Amérique qui interdit le MMA) pour suivre deux jeunes cadres qui pratiquent le MMA en amateur. On suit notamment la préparation de l’un d’entre eux en mettant bien l’emphase sur le côté quasi-suppliciel du « cutting » (cette pratique qui consiste à s’astreindre à un régime très dur en vue d’arriver à la limite de poids autorisé dans la catégorie dans laquelle le combattant est inscrit) en omettant bien sur de dire que c’est comme ça dans TOUS LES SPORTS A CATEGORIES DE POIDS (Boxe, Judo, Haltérophilie,…).

Cette partie du reportage est quand même intéressante puisqu’elle nous présente une sénatrice (Liz Krueger) opposée au MMA ainsi que son argumentaire selon lequel le MMA serait le plus dangereux de tous les sports (je tiens à rappeler que selon les seules statistiques répertoriées, il y a eu 9 morts en relation directe avec un combat de MMA entre 1998 et aujourd’hui contre 76 pour la Boxe Anglaise sur la même période de temps). A la décharge du documentaire, la voix-off tempère clairement les propos de la sénatrice en disant qu’il n’existe pas d’études sérieuses sur le sujet. En réalité, le problème du MMA à New York tient plus du problème économique que du problème éthique puisqu’il existe un conflit notoirement connu entre l’entreprise Zuffa (détentrice de l’UFC, la fédération de MMA la plus puissante du monde) et le très puissant syndicat new-yorkais de la restauration.

La dernière partie du reportage parle de la Thaïlande, partie complètement hors-sujet puisque dans ce pays, le MMA est aussi interdit. C’est pourquoi je n’en parlerais pas et que je me contenterais de dire que cela disqualifie encore plus ce reportage.

Est-ce que tout est à jeter dans cette émission ? NON ! Car le niveau remonte après le « retour plateau » avec Bernard de la Villardière, accompagné d’un des meilleurs défenseurs du MMA en France, Bertrand Amoussou (qui est accessoirement aussi le Président de la Fédération Internationale de MMA). Et l’intervention de M. Amoussou est remarquable puisqu’en quelques minutes, il arrive à démontrer l’idiotie de l’argumentaire précédemment utilisé et montre que la réalité du MMA en France est plus proche de sa vision que de celle que l’émission a cherché à dépeindre.

Au final, je dois vous dire que je suis très en colère par rapport à ce travail de cochon qui aurait valu une très mauvaise note à ceux qui l’ont fait si cela avait été présenté dans une (bonne) école de journalisme. J’en viens même parfois à rêver que le métier de journaliste soit réformé pour ne plus voir ce genre de chose (obtention de la carte de presse sanctionnée par un examen, formation d’un Conseil de l’Ordre basée sur la Charte de Munich par exemple, possibilité de sanctionner les journalistes,…) car les médias aujourd’hui ont un pouvoir incommensurable et il est inique à mon sens de laisser tout et n’importe quoi se faire. Car dites-vous que si ils peuvent bidonner ce genre de reportage, qu’est-ce qui vous garantit que tout le reste ne l’est pas non plus ? Tout ce que je peux vous conseiller, c’est de faire un travail de journaliste vous-même : recoupez et multipliez les sources, essayez de rester neutre et, comme disait un certain binoclard dégarni : « Faites attention ! Méfiez-vous des contrefaçons ! »…

C2J

PS: Allez jeter un oeil sur le Facebook et/ou sur le Twitter de Cyrille Diabaté (), ancien combattant de l’UFC. Surtout sa discussion avec une des journalistes impliquées dans le reportage (), c’est véritablement édifiant…

PS2 par Jul’ le 6/10/2014 : Le président de la SNJ de France 2, Arnaud Romera, vient d’avoir les preuves que le reportage était entièrement bidon, et il l’a signalé  sur sa page Facebook. L’escroquerie sur ce machin que j’hésite à qualifier de  reportage est donc totale. C’est aussi avec ce qualificatif que La Villardière  désigne un certain type de « journalisme »… On dit un grand Merci à Arnaud Romera qui lui, a  vraiment fait un travail d’investigation pour démontrer la supercherie. Il reste certaines personnes avec un certain honneur dans ce milieu…

Ça résonne sur le PSN

Cela fait plus de quatre ans que vous souhaitez jouer à Resonance of Fate sur votre PS3 et  le jeu n’est plus trouvable, même en occasion ? Eh bien réjouissez-vous, ce RPG signé Tri-Ace est apparu sur le PSN. Moyennant une vingtaine d’euros, vous aurez accès à un RPG difficile mais  bourré de bonnes idées dans lequel Tri-Ace se réinvente, avec des musiques signées par le duo Kouhei Tanaka/Motoi Sakuraba. Pourquoi avoir attendu si longtemps alors que sur Xbox 360, la version dématérialisée existe depuis 2011 ?  Enfin, vieux motard que jamais, comme on dit…

Et si vous voulez connaitre les atouts du jeu, je vous invite à lire ma critique ici :

http://datafr.wordpress.com/2012/03/05/critique-rpg-resonance-of-fate/

Resonance_of_Fate_Cover_Art

Pier Solar, un jeu lumineux ?

Une petite note pour vous parler un peu d’un jeu, du nom de Pier Solar. Si cela vous dit quelque chose c’est que vous avez déjà entendu parler de ce RPG fait par Water Melon ( et paf, pastèque) dont le titre complet est Pier Solar and the Great Architects,  qui est sorti en 2010… sur Megadrive.  La date est bonne. Pier Solar devint ainsi  le dernier jeu à sortir sur la 16 bits de SEGA, et sa plus grosse cartouche en matière de volume de données ( 64 Megabits, du jamais vu). Mieux encore le jeu  pouvait s’utiliser avec le Méga-CD si vous en possédiez un, cela rehaussait les graphismes et les musiques étaient de meilleure qualité. Le jeu étant issu d’un homebrew et d’un équipe de développement réduite,  il n’était disponible que sur le site officiel de l’éditeur, et s’est vite retrouvé en rupture.

pier-solar-6

Eh bien, réjouissez vous. Suite à une campagne Kickstarter réussie, la version HD du jeu sortira le 30 septembre  sur consoles PS 3, PS 4 et même sur PC, Mac et Linux grâce à Steam.   Plus étonnant encore il sera également disponible sur Ouya… Pas sur que ça suffise à relancer cette micro-console… Les sorties sur Wii U  Xbox One et  Dreamcast ( si, si)  ne devraient plus tarder non plus.  On regrettera l’abandon de la version Xbox 360 ( l’équipe de développement a du faire un choix) , mais en revanche, un portage sur Vita est également prévu. Le dématérialisé sur la plupart des plateformes  permet ainsi de réduire les coûts de productions, j’espère qu’il ne sera pas proposé à un prix trop élevé. Si c’est le cas il se peut que je vous en reparle… D’autant que  le fait de sortir sur autant de supports le rend désormais difficile à manquer.

Julius

 

Nintendo fête ses 125 ans.

Bon anniversaire à une société qui a su faire rêver des millions de joueurs à travers le monde.

« Mais Jul, Nintendo, ils ne font pas des jeux  vidéo depuis le début, tout de même ? »

Nintendo

Evidemment que non. A sa fondation en 1889, Nintendo fabriquait des hanafuda, c’est à dire des cartes à jouer japonaises. La société, fondée par la famille Yamauchi signifiait  à peu de chose près en son nom complet  » laissons sa chance au ciel », et est vite devenue leader sur son marché au Japon. Je ne vais pas vous refaire l’histoire complète de la firme, certains spécialistes s’en chargeront mieux que moi,  mais l’homme à qui on doit  l’orientation  vers le divertissement électronique s’appelle  Hiroshi Yamauchi.  Cet homme dirigera Nintendo pendant 53 ans (rien que ça), de 1949 à 2002 et diversifiera les activités de la marque. Saviez vous , par exemple, que Nintendo possédait une compagnie de taxis dans les années 50 ?

Il faudra attendre 1969 pour que l’entreprise fonde un département « Games » avec l’arrivée de Yokoi Gunpei.  Nintendo développera avec Magnavox l’Odyssey, sortie en 1972 et connue pour être la première console multi-jeux de l’histoire. Mais Big N ne sortira sa  première console faite à 100% qu’en 1977. Réservée au marché japonais, elle s’appelait la  Color TV Game 6. Console qui sera déclinée en d’autres modèles.

Mais c’est dans les années 80 que l’entreprise décollera vraiment. D’abord avec la commercialisation des Game and Watch, ces jeux à cristaux liquides sur un ou deux écrans qui tenaient dans une poche. Mais c’est surtout avec la sortie de la Famicom ( abréviation pour FAMIly COMputer) en 1983  que s’ouvre la voie vers le succès. Entre-temps, Nintendo ouvre une filiale aux Etats-Unis. La Famicom finira par sortir là-bas en 1985 sous le nom de Nintendo Entertainment System  ou NES, avec une modification du design général et des manettes,  et il faudra attendre l’année suivante pour son arrivée en Europe.

C’est sur cette console que naîtront les grandes sagas que nous connaissons aujourd’hui. Zelda, CastleVania,  Super Mario, Metroid, et même Final Fantasy, série de RPG mondialement connue. Parce que oui,  elles existent encore aujourd’hui.  Car Nintendo a compris une chose, tandis que Sony et Microsoft  se tapent dessus à coups de qui a la plus grosse… résolution en HD,  l’entreprise,  plutôt que de parier sur la puissance brute, préfère le choix de marques identifiables.  Impossible de dissocier Mario, Kirby ou Donkey Kong  de la marque.Et cela elle le doit en grande partie à un homme : Shigeru Miyamoto.

 

Nintendo, c’est aussi de l’innovation. La Game Boy, née dans la douleur, fut un succès monstre pour une console  portable avec un écran noir et blanc, sa ludothèque parlant d’elle même.  Elle avait LE point fort de l’époque, son autonomie : 4 piles pour près de 20 heures de jeu tandis que ses concurrentes, la Lynx  d’Atatri et la Game Gear de SEGA  en bouffaient 6 en même pas deux heures de temps Eh oui l’écran couleur, ça consomme… L’entreprise a aussi inventé la croix directionnelle et l’a faite breveter, obligeant ses concurrents (notamment SEGA) à innover pour ne pas copier le modèle et subir une attaque en justice pour violation de brevets. La Super Nintendo quant à elle, pouvait  faire des effets  simulant la 3D grâce au fameux Mode 7  et même en avoir dans ces jeux grâce au Super FX, puce incluse dans certains jeux dont le premier à en bénéficier fut StarFox

On peut dire, généralement, que Nintendo a connu un succès à peu près sur toutes les consoles qu’elle a sorties, même si  certaines réussites étaient un peu en demi-teinte,  les vrais  flops ont été rares, mais lorsqu’ils eurent lieu, ce fut retentissant. Je pense notamment au Virtual Boy… Il est trop tôt pour se prononcer concernant la Wii U.  On peut lui reprocher  de décliner plusieurs modèles de gamme notamment au niveau des portables en apportant à chaque fois des améliorations laissant penser qu’elle sort des modèles pas finis, mais bon…

Le Virtual Boy. Jamais commercialisé en Europe, vu le flop commercial au Japon et Etats-Unis...

Le Virtual Boy. Jamais commercialisé en Europe, vu le flop commercial au Japon et Etats-Unis…

On se souviendra surtout de la guerre lors de l’ère 8/16 bits du milieu des années 80 à celui des années 90 avec SEGA,  son grand rival.Deux constructeurs à leur apogée,  avec des gammes de produits clairement identifiables, notamment au niveau des couleurs utilisées: blanc chez Nintendo, et noir chez SEGA. Ils  se tiraient la bourre comme pas permis, avec magazines dédiés, plans marketing avec de grandes marques, et même publicité comparatives vachardes  aux Etats-Unis ( en Europe, cette pratique était interdite).  A cette différence près : De nos jours, SEGA n’est plus un constructeur de consoles. Nintendo, elle, perdure, et on espère encore pour longtemps, à l’aube de sa 126ème année d’existence. 

Julius

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[Critique ciné] Sin City : J’ai tué pour elle

Il y a plus de neuf ans, Robert Rodriguez nous livrait le premier Sin City, l’adaptation du roman  graphique de Frank Miller.  Basin City, ou plutôt sous sa forme  courte Sin City, est  une ville où règne le vice et le chaos. Où les bandits  font  la loi, et les policiers comme les hommes politiques sont corrompus au delà même de la moelle. Mais la paix reste fragile.  Une réussite visuelle très esthétique majoritairement en noir et blanc avec des pointes de couleur, où on suivait quatre histoires différentes qui parfois s’entrecroisaient. Le propos était parfois plus discutable mais le film respectait l’esprit BD d’origine.

Sin City  : j’ai tué pour elle, est dans le même esprit. On suit trois histoires différentes. On y retrouve un casting  de premier ordre, certains reprennent du service, comme Mickey Rourke, Jessica Alba, Bruce Willis ou Rosario Dawson, d’autres  sont des  remplaçants, comme Josh Brolin qui remplace Clive Owen dans le rôle de Dwight ou Jamie Chung qui prend le relais de Devon Aoki dans le rôle de Miho. Sans compter les nouveaux venus, comme Joseph Gordon Levitt, Dennis Haysbert, ou encore une Eva Green sexy en diable, véritable femme  fatale dans tous les sens du terme, manipulatrice perverse passant les trois quarts du temps où elle apparaît à l’écran dans son plus simple appareil.

Esthétiquement, c’est la même chose que le premier film : du noir et blanc  avec de la couleur uniquement sur certains éléments. Le film est plus rythmé que le précédent, en misant beaucoup sur l’action.  Il reprend également la narration en voix-off du premier, et les phrases sont toujours aussi bien construites. Une suite directe, avec des acteurs bien dans leur rôle,  et j’ai déjà parlé d’Éva Green, mais c’est également un plaisir de retrouver Powers Boothe en sénateur Roark corrompu et fou de poker. Justement, il est la cible de Nancy, bien décidée à venger la mort d’Hartigan, qu’elle n’arrive pas à se pardonner car ce dernier voulait la protéger. Violence, vice, sensualité,vengeance , voilà les ingrédients de Sin City : j’ai tué pour elle. Mais ici, c’est poussé à l’extrême.Les personnages ne donnent pas dans la dentelle lorsqu’il s’agit de résoudre une affaire…

C’est un bon film dans l’ensemble, mais certains défauts sont assez flagrants. Il est assez déséquilibré au niveau des histoires, et surtout, se finit assez abruptement. Certaines scènes manquent d’intensité, notamment les parties de poker, ce qui rend le film parfois un peu long. De plus certains acteurs pourtant connus ne font que de trop courtes apparitions. Heureusement, l’histoire centrale  qui donne sont titre au film est en revanche bien conduite. C’est ce qui le sauve, car si j’apprécie l’esthétisme global, l’effet de surprise n’est plus là à ce niveau. Si vous avez aimé le premier, vous pouvez y aller sans soucis. Pour les autres, c’est un film qui se laisse tout de même regarder, mais pas sur qu’il reste dans les annales…

Julius

affiche sin city 2

Sin City : J’ai tué pour elle ( Sin City : A dame to kill for)

Réalisation : Robert Rodriguez et Frank Miller

Genre : Film noir

Avec : Jessica Alba, Eva Green, Mickey Rourke, Josh Brolin, Bruce Willis…

Distribution : Metropolitan Films

Durée : 1 h 42

Classification : Interdit aux moins de 12 ans 

En salles depuis le 17 septembre 2014