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[Critique jeux] Collection of Mana

La saga Mana  est une autre grande série faite par Squaresoft. Créée en 1991 sous le nom Seiken Densetsu au Japon , elle ne comporte pas moins d’une dizaine de jeux à l’heure actuelle.

En France, le jeu le plus connu est sans aucun doute Secret of Mana, qui fit un carton sur SNES lors de sa sortie. Il faut dire que les jeux du genre n’étaient déjà pas légion, Ses forces étaient d’avoir été traduit en français et la possibilité de jouer à trois, j’y reviendrai.

Après un remake du jeu qui n’a pas fait l’unanimité en 2018, mais qui reste toujours aussi agréable à trois, voilà que Square Enix a sorti l’été dernier une compilation regroupant les trois premiers jeux de la franchise dans leur état d’origine. Quels sont-ils ? Venez voir avec moi ce que ça recouvre.

Mystic Quest 

Le jeu qui a débuté la série, et qui change de nom selon la région : Seiken Densetsu au Japon, ou encore Final Fantasy Adventure en Amérique du Nord. Le jeu est sorti sur Game Boy, et reste l’un des grands jeux de la portable.

Certains avanceront qu’il est même supérieur à Link’s Awakening. Ce n’est pas mon cas, mais ça ne l’empêchait pas d’être excellent.

Lorsque l’histoire débute, vous êtes un esclave de l’empire de Glaive qui combat des monstres en arène pour le bon plaisir du Roi Noir. Un jour, votre ami Willy, mourant, vous dit dans un dernier souffle que l’arbre Mana est en grand danger et que vous devez trouver le dernier survivant des chevaliers de Gemme, l’ordre qui avait empêché autrefois l’empire Vandole de s’emparer de la puissance de l’arbre à des fins maléfiques. Malheureusement, le Roi Noir et son grand sorcier Julius s’apprêteraient à faire de même…

Mystic Quest se présente comme un JRPG en vue de dessus. Le héros se déplace avec la croix directionnelle, le bouton A permet de frapper les ennemis, et le bouton B d’utiliser un sort ou un objet.

Vous pourrez trouver six types d’armes et huit magies, qui sont cette fois gardées par certains boss.

Chaque fois que vous battez un ennemi, vous engrangez de l’XP et vous pourrez améliorer une des quatre caractéristiques principales du héros à chaque changement. Cela permet ainsi de varier les plaisirs : allez vous privilégier la puissance, la magie ou faire un guerrier équilibré ?

Vous aurez parfois un allié qui vous accompagnera lors de certains passages et qui sera contrôlé par l’IA de la console.

Techniquement, c’est du beau boulot pour la portable et son époque de sortie. Les sprites sont gros, certains boss sont impressionnants, les graphismes sont clairs. Le rendu sur Switch est excellent. Les musiques sont bonnes, mais les bruitages assez peu nombreux. Cependant, les deux plus gros bémols du titre sont une collision des sprites parfois douteuse et une traduction française qui fait dans le n’importe quoi.

Autre point à prendre en compte : les clés doivent s’acheter en boutique.

Niveau durée de vie, comptez une bonne vingtaine d’heures pour en voir le bout.

Le titre a fait l’objet d’un remake en 2004 sur Game Boy Advance , sous le nom de Sword of Mana. Toujours aussi poétique, le jeu, développé par Brownie Brown, a fait l’objet de jolis graphismes en couleur cette fois, d’une traduction révisée et vous pouvez incarner soit le héros ou l’héroïne.

C’est vrai que Mystic Quest, épisode fondateur, accuse tout de même son âge. Mais il reste une pièce de collection valable, d’autant plus que la cartouche d’origine est rare et vendue à prix d’or. Le fait de l’avoir mise dans cette compilation vous permettra de redécouvrir un des trésors de la portable monochrome, sur un écran plus grand et avec une meilleure résolution graphique.

Secret of Mana

Doit-on encore présenter Secret of Mana, le jeu le plus représentatif de la saga ? Bon allez, je le fais quand même.

Sorti en 1993, Secret of Mana débute lorsqu’un jeune habitant du village de Potos, Randy, trouve l’épée Mana dans un rocher au milieu de la rivière alors qu’il se retrouve séparé de ses amis. Encouragé à enlever l’épée de son socle, Randy ne se rend pas compte qu’en faisant cela, il réveilla les monstres, notamment la créature vivant dans les profondeurs du village…

Notre héros se retrouve par conséquent banni de son lieu de vie, étant considéré comme un danger public.

Il rencontre alors Jean, un chevalier, qui l’emmène voir Lucie, la gardienne du temple de l’eau. Cette dernière le charge de retrouver les huit graines mana, afin de restaurer la puissance de l’épée. Ces dernières sont gardées dans huit donjons différents. Durant son périple, Randy rencontrera Prim, une princesse à la recherche de son fiance, et un elfe, Popoï, un être capricieux et qui ne pense qu’à manger. Ces deux personnages décident d’accompagner Randy dans sa quête.

Secret of Mana implique donc trois personnages, dont deux gérés par l’IA… ou par deux autres amis au besoin. En effet, une des particularités du titre est qu’il pouvait se jouer à trois joueurs ensemble. Un bon moyen d’éviter les errements de ordinateur qui parfois se coince dans le décor, obligeant parfois à relancer la dernière sauvegarde étant donné que le personnage coincé empêche tout le monde d’avancer à l’écran suivant. Oui, ça m’est arrivé.

Le jeu innove au niveau du gameplay et de son ergonomie globale. Chaque type d’arme dispose désormais de huit niveaux de maîtrise, tout comme les différentes magies. Autrement dit, les perfectionnistes en auront pour leur argent. Toutefois, pour qu’un coup soit efficace, il faut attendre que le 100% soit atteint dans la jauge en dessous des points de vie et de magie des personnages. Ce qui donne un petit côté tactique pas déplaisant aux combats.

Ensuite, le jeu introduit les menus circulaires, nettement plus ludiques et pratiques que les simples pages austères de textes. Le jeu s’interrompt lorsqu’un des menus est affiché, et vous pouvez passer de l’un à l’autre en appuyant sur les touches haut et bas de la croix directionnelle.

Les autres choses qui arrivent pour la première fois dans le jeu du jeu sont  le voyage en canon et Chacha, le chat marchand itinérant.

Le jeu exploite bien les capacités de la SNES : outre de jolis graphismes, on notera de jolis effets spéciaux, des zooms, et l’utilisation du mode 7 pour les déplacements notamment à dos de Flammy.

Secret of Mana, c’est une trentaine d’heures de jeu de plaisir.

Le titre a fait l’objet d’un remake en 2018. Autant dire qu’il est loin d’avoir fait l’unanimité tant on n’y retrouve plus le charme du jeu d’origine.

Trials of Mana

Voilà la surprise de cette collection : Seiken Densetsu 3, désormais renommé Trials of Mana, sort enfin des frontières japonaises ! Et si les deux autres titres ont bénéficié d’une traduction en français, lui aussi en bénéficié d’une, et c’est donc la première fois que le titre est traduit officiellement.

Et rien que pour ce jeu, Secret of Mana Collection vaut le coup, tellement le jeu pousse le concept encore plus loin que son prédécesseur.

Je ne vais pas refaire la critique présente sur ce blog, mais Trials of Mana, c’est six personnages principaux, pour autant de scénarios de départ. Trois dénouements différents, quatre changements de classes possibles et un système de combat révisé.

On retrouve les menus en anneaux.

Dans la deuxième partie du jeu, le titre offre une totale liberté au joueur pour vaincre les sept premiers dieux destructeurs (rebaptisés « Bénévodons » dans la traduction).

Un titre magnifique à tous points de vue, et sans doute un des plus beaux de la SNES. Les musiques sont marquantes, l’aventure épique et qui offre une rejouabilité conséquente.

Pour plus d’informations sur le jeu, je vous renvoie à cette critique

Trials of Mana fait aussi l’objet d’un remake, qui sortira en avril 2020. Le titre a l’air plus travaillé que celui de Secret of Mana.

Maniaques de Mana

Cette collection est sortie sur Switch, et offre donc quelques fonctionnalités sympathiques, comme la possibilité de choisir les langues du jeu, ou encore des sauvegardes à tout moment sans passer par celles présentes dans les jeux. La console restitue bien les feelings de l’époque. Et si je dis cela, ça veut dire que les qualités énumérées sont belles et bien présentes… et les défauts de l’époque aussi.

C’est M2, spécialiste japonais de l’émulation, qui a fait les portages des trois jeux et le résultat est fidèle à ce qu’on avait à l’époque. Même si nous étions en droit d’en attendre un peu plus que des simples portages.

On regrettera par exemple l’impossibilité d’afficher les jeux en plein écran. Certes, vous avez le droit à deux formats principaux (et plusieurs modes graphiques pour Mystic Quest), mais les titres restent en 4/3 d’époque même en mode portable. De fait, vous aurez deux grandes bandes verticales, certes bien décorées, mais on a quand même l’impression de jouer en mode « réduit ». De même, on regrettera aussi l’impossibilité de mettre des scanlines comme à l’époque pour les jeux SNES. Quant à Mystic Quest, on ne peut que regretter que la traduction n’ait pas été révisée. Si vous vous plaigniez de celle de FF VII, sachez que toute mauvaise qu’elle soit, elle n’est rien par rapport à celle ci (oubli d’articles, de mots, expressions et ponctuations inappropriées)…

Et quelques jeux en plus, comme Sword of Mana, je n’aurais pas été contre non plus…

Mais ne nous plaignons pas trop, vu les heures que vous réserve cette compilation, RPG oblige, même si le prix (40 €) est quand même assez élevé pour trois jeux.

Conclusion : Une pièce de collection

Si vous ne connaissiez pas la saga Mana, Collection of Mana est une bonne occasion de refaire votre retard, d’autant plus que Trials of Mana est un inédit et est vraiment excellent. Les connaisseurs retrouveront les sensations d’époque, ce qui inclut beaucoup de qualités et un peu de défauts. Les jeux se présentent tels des joyaux bruts de leur époque. Trois RPG japonais de choix pour des heures de plaisir.

Points Positifs :

Les trois Seiken Densetsu réunis

Trials of Mana, inédit chez nous

Les trois jeux en français

Sauvegarder quand on veut

Points Négatifs :

Prix assez élevé

Mystic Quest a techniquement mal vieilli

Et sa traduction est toujours aussi mauvaise.

Jeu testé sur Switch dans une version achetée par mes soins dans le commerce.