Archives Mensuelles: décembre 2012

R.I.P. Jean Topart

Un petit article pour rendre hommage à Jean Topart,  homme de théâtre et de cinéma qui vient de s’éteindre hier à  l’âge de 90 ans.  Les trentenaires et ceux nés dans les années 80 le connaissent surtout en  tant que voix de dessin animé. En effet, Zeus, dans Ulysse 31, c’était lui.  La voix des documentaires à la fin des Mystérieuses Cités d’Or, c’était lui aussi. Tout comme le narrateur dans l’adaptation animée de Rémi sans famille.  Bien entendu, le nombre de doublages  qu’il a fait est très vaste… Au cinéma, il a même doublé l’immense acteur Christopher Lee dans certains films. Une voix grave inoubliable,  qui ne sera pas égalée. L’année 2013 s’ouvrira avec son souvenir… 

« Au revoir, à bientôt! »

Julius

Adieu la PS2…

Sony a décidé de mettre fin hier à la production de la PlayStation 2. c’est à dire qu’une fois les stocks écoulés, elle ne sera plsu trouvable que sur le marché de l’occasion.  Console qui a connu le succès, maintenant deuxième console la plus vendue vendue de tous les temps derrière la DS de Nintendo, alors qu’elle était encore en tête quelques jours avant Noël. Lancée le 4 mars 2000 au japon ,le 26 octobre en Amérique du Nord et le 24 novembre de la même année en Europe, cette console au look de monolithe noir affublé de « PS2 » en dégradé de bleu sur une typo futuriste,  surfait sur la vague crée par la première PlayStation. Ça a marché, et pour cause, la console était 100% compatible, avec les jeux mais aussi les accessoires comme les cartes mémoires de cette dernière. De plus elle pouvait lire les DVD qu’il s’agisse de jeux ou de films, mais ce dernier usage était déconseillé ( usure de la lentille). La console connut une évolution en 2004, avec une forme plus légère.  J’ai vécu des moments de dingue avec elle. Alors voici une petite sélection maison de jeux qu’il faut avoir fait sur PlayStation 2 :

Devil May Cry

Le jeu qui m’a clairement donné envie d’acheter la console. Malgré une version 50 Hz ralentie, je me suis éclaté commejaquette-DMC1 un dingue en compagnie de Dante  dans cette aventure où combats homériques contre des ennemis ou des boss énormes sur fond de rock furieux  riment avec style. Car Dante, il est classe. On pouvait alterner deux style de combats : à l’épée  ou aux flingues. Sans compter les différentes orbes à ramasser pour faire évoluer son équipement auprès du dieu du temps… De plus le jeu était assez long et comportait des objectifs secondaires.

 

 

Jak and Daxter ; The Precursor Legacy

Jak daxter coverLicence apparue sur cette console, le premier Jak and Daxter détonait sur la console. On retiendra son aspect cartoon, ses beaux graphismes , son gameplay  bien pensé et l’excellent doublage français. Dans le jeu  Jak doit aider son meilleur ami Daxter transformé en loutre suite à une chute dans un chaudron d’Eko noire à retrouver sa forme originelle. Le jeu est très amusant et très drôle,  varie les plaisirs et est parfait pour des enfants. En revanche j’ai été moins emballé par les deux suites.

 

 

Time Splitters 2:

Un de mes FPS préférés. Plus long, mieux réalisé, plus mature que l’épisode précédent, Time Splitters 2 assurait déjà avecTS2 cover son mode solo conséquent, mais en multijoueur, il devenait jouissif. Seul face à des bots gérés par l’ordinateur ou avec des amis, les divers modes jouables jusqu’à 4  offraient suffisamment de plaisir pour y jouer très longtemps. Le jeu comportait 95 personnages à débloquer et un éditeur de cartes.

 

 

Resident Evil 4:

RE4 coverMis à part des différences graphiques somme toute assez mineures,  cette version n’a rien à envier à  celle sortie sur GameCube.  Leon Kennedy part sauver la fille du président des Etats-Unis  au fin fond de l’Espagne dans un village reculé sous l’emprise d’une secte. Une aventure de 15 à 20 heures offrant trois grands lieux de jeu, des combats de boss mémorables  et un gameplay plus souple qu’avant en font un incontournable, malgré un scénario de Série B. Cette version offre, de plus, des modes de jeu supplémentaires, ainsi que des costumes alternatifs.

 

 

Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty

Metal-gear-solid-2-sons-of-liberty-ps2-cover-front-eu-49555Un grand jeu. L’ histoire se passe en 2005, trois ans après les évènements du premier MGS . Je sais que beaucoup n’ont pas aimé à cause de l’arrivée de Rayden après un premier acte mémorable sur un bateau, et pourtant… Le jeu accroche,  avec une histoire complexe virant à la limite du surréalisme à la fin du jeu,  des boss superbes, et un gameplay  bien pensé tout en y incluant des nouveautés.

 

 

Metal Gear Solid 3 : Snake Eater

Cette fois, nous sommes plongés en pleine Guerre Froide, dans les années 60. Le gameplay change une fois de plus pourMGS3 cover une expérience incluant la survie : masques de camouflage, nourriture à trouver et dégâts à réparer seront à prendre en compte.  Mais MGS 3 n’est pas que ça. C’est aussi une histoire de trahison et de  prolifération nucléaire qui menace le monde. On y apprend les origines de Big Boss.  Les boss du jeu portent tous le nom de sentiments humains : The Fear, The Pain, The Sorrow… Et il  existe plusieurs façons de tuer The End!

 

 

Shadow Hearts : Covenantcover Shadow Hearts 2

Il ne pouvait pas ne pas figurer dans mon classement, car je l’ai préféré à Final Fantasy X et reste pour moi LE RPG marquant de la console. Suite directe du premier Shadow Hearts, on retrouve Yuri qui est cette fois ci victime d’une malédiction lancée par une secte du nom de Sapientes Gladio. Il va donc parcourir le monde en proie à la Première Guerre Mondiale pour tenter de l’arrêter… Ce deuxième épisode sublime son aîné en matière de réalisation, de musique, mais aussi au niveau du système de combat, grandement amélioré, avec plusieurs possibilités de coups et de combos très bien gérés. Le jeu tient sur 2 DVD, lui garantissant ainsi une durée de vie conséquente. une critique ( ainsi que celle des  2 autres SH) est présente sur ce blog à la rubrique « Level Up ».

Final Fantasy XII

Un FF fait par Matsuno  se  devait de figurer ici.  Soyons clair, il ne mérite pas un 40/40 . il est cependant beau, épique, FF XII coverlong, FF XII n’a pourtant pas fait l’unanimité à cause de son côté MMO Offline non assumé et certains de ses personnages.  Il est vrai que Vaan et Penelo sont deux gamins qui auraient dû avoir un rôle secondaire… S’ils vous débectent tant, laissez-les dans la réserve et combattez avec d’autres… Perso je salue la prise de risque pour le système de combat en semi-temps réel et le système de Gambits permettant de donner des ordres aux coéquipiers. Et j’ai toujours rêvé d’explorer Ivalice et sa mythologie propre, force est de constater qu’ici je suis servi. une critique longue est à venir ( sans doute en 2013),  parmi les défauts,  je regrette la grille des permis qui me semble juste inutile,  et de grosses incohérences dans la structure de certaines villes. Mais le jeu ne contient que la moitié de ce qu’il aurait du être, Squix ayant pressé les programmeurs de finir après avoir écarté Matsuno du projet . Mais le maître continua de travailler jusqu’au dernier moment sur les masters en donnant des ordres et des conseils à l’équipe de développement.

Drakengard

Drakengard coverLes deux Drakengard sont à faire, mais j’ai trouvé le premier plus marquant. Subtil mélange entre Panzer Dragoon et Dynasty Warriors, le jeu ne vous séduira pas par  sa réalisation technique : clipping et brouillards à gogo, personnages raides… Cependant le travail du scénario et des personnages est tel que si on accroche,  on est happé par cette aventure, qui propose des phases à pieds, à dos de dragon où mélangeant les deux, et qui est de plus assez longue. Plus on utilise une arme, plus elle évolue. le jeu comporte 4 fins, toutes étonnantes. Le studio cavia surprenait déjà son monde.

 

 

Zone of the Enders  : the second runner

Suite du premier ZoE,  ce deuxième volet signé Kojima commence lorsqu’un mineur de Callisto, une des lunes de Jupiter,zoe 2 cover tombe sur le Jehuty, un orbital frame enseveli sous une couche de minerai. Mais l’engin est aussi convoité par l’Empire Bahram… Scénario épique présenté en cinématiques animées,  gameplay nerveux, excellente réalisation, le jeu a tout pour plaire, et ne conserve qu’un seul défaut de son ainé : il est trop court. Mais si vous aimez les méchas et les jeux dans lesquels on a pas le temps de souffler,  il est clairement fait pour vous. 

 

 

J’aurais pu mettre ICO et Shadow of the Colossus. mais je ne les ai pas fait personnellement, donc je ne vais pas tricher. On ne m’en a dit que du bien et je pense que je ne vais pas tarder à les faire si je les trouve.

Voilà pour cette petite sélection personnelle… La PS2, des moments… bien.  Bien entendu, il y aurait d’autres jeux, et la console dispose de tellement de jeux ( et des bons) que tous les lister  prendrait un annuaire entier. Après, tout cela dépend de l’expérience de chacun. 

Julius

[critique ciné] Le Hobbit : un voyage inattendu

Peter Jackson fait son retour en Terre du Millieu en adaptant cette fois en trois films les écrits de Tolkien sur Bilbon le Hobbit.  Tout de suite, on se retrouve en terrain familier: le film démarre à la Comté, où Bilbon  commence le récit de ses aventures pour le transmettre à Frodon. En effet, 60 ans avant les aventures de son neveu, Bilbon Saquet, hobbit  casanier, s’est retrouvé à accompagner Gandalf et les  nains  pour reprendre Elebor, la ville dans la montagne, à un vilain dragon.  Cette première partie est pas mal faite, et ressemble dans son déroulement au premier film de la Communauté de l’anneau , et souffre d’être également l’épisode d’exposition.Le film ne décolle qu’après une heure. On retrouve les lieux et des personnages que nous avions vus avant, c’est toujours aussi magnifique question décors, et du coup, un sentiment de déjà vu s’installe.  Malgré cela, le film est bon. il reste plus léger que  la trilogie précédente,  et dispose de bonnes idées comme le concours de devinettes, l’apparition de l’anneau de pouvoir, les lapins de traîneau… Il y a de bonnes scènes d’action, et la séquence des géants de pierre est une bonne idée. Côté acteurs, Martin Freeman est  très bon en hobbit timide et peu sur de lui, Ian Mc Kellen  fait toujours un aussi grand Gandalf, Christopher Lee, Hugo Weaving et Cate Blanchett rempilent également dans leurs rôles. Il y a également des moments très drôles,  ce qui en fait un film pour la famille. Si vous avez des gamins, n’hésitez pas à les emmener voir cette préquelle au Seigneur des anneaux…. Si possible avant de leur montrer les films sus-cités.  Parce qu’en fait, on ne peut pas en vouloir à ce sentiment de déjà vu  car le roman original a été écrit près de 20 ans avant la trilogie de l’anneau. C’est à croire que Peter Jackson fait les choses à l’envers…

Julius

affiche le hobbit

Le Hobbit : Un voyage inattendu

Réalisation : Peter Jackson

Genre : heroic-fantasy

Avec : Martin Freeman, Ian Mc Kellen, Richard Armitage…

Durée : 2h45

Distribution : Warner Bros France

En salles depuis le 12 décembre 2012

[Critique Jeu] Deadly Premonition (XBOX360)

Le genre de survival-horror est véritablement né avec Alone in the Dark en 1992. Créé par Frédérick Raynal, il proposait d’explorer un manoir dans des environnements en 3D avec différents changements de caméra, mettant en scène des ennemis surnaturels. Un pas dans le réalisme fut franchi avec l’arrivée du premier Resident Evil sur PSX, raflant tous les suffrages des magazines spécialisés. Malgré tout, ces jeux faisaient surtout sursauter en mettant en scène l’arrivée des monstres à des moments clés en plus d’une ambiance assez dérangeante. Le pas dans la peur fut franchi avec Silent Hill en 1999. Là, lorsqu’on jouait, une sorte de terreur blanche s’installait, notamment avec les grésillements de la radio au fur et à mesure de l’approche des monstres . Le deuxième épisode est considéré comme étant le meilleur de tous.

En 2004 Capcom révolutionne sa série de survival-horror en sortant Resident Evil 4 d’abord sur Game Cube . Malgré un scénario digne d’une série B, le jeu rafla tous les suffrages grâce à sa réalisation magnifique, son gameplay bien pensé avec caméra à hauteur d’épaule et ses QTE qui pouvaient survenir pendant les cinématiques.

Lors du TGS 2007, Deadly Premonition, connu à cette époque sous Rainy Woods, son nom de développement, fut annoncé et beaucoup d’observateurs ont remarqué des ressemblances avec la série télévisée Twin Peaks, dont il semble beaucoup s’inspirer.

Le jeu finira par sortir le 17 février 2010 soit 3 ans après le début du projet, aux États-Unis sous le nom de Deadly Premonition, et conservera ce nom pour l’Europe, où il sortira le 29 octobre 2010.

Il sortira au Japon le 11 mars sur Playstation 3 et Xbox 360, alors que l’occident devra se contenter de la seule version 360.

Attention, l’article peut contenir des images pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes lecteurs.

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On pourrait reprocher plein de choses à ce jeu. Pourtant j’ai accroché comme pas permis.

Les points négatifs sont nombreux, et nombre de joueurs n’accrocheront pas à cette aventure surréaliste. Pourtant, Deadly Premonition est une merveille dont il faut percer la coquille pour pouvoir réellement apprécier l’expérience de jeu. Je dirais même qu’il est l’archétype du jeu à petit budget, fait par une équipe réduite, mais que faute d’argent on se rattrape sur les idées.

L’histoire du jeu est très complexe, mais commence ainsi : une femme est retrouvée morte crucifiée et accrochée à un arbre par deux enfants,Isaac et Isaiah dans une forêt non loin de la ville de Greenvale. ce qui frappe dès le départ, c’est que cela ne semble pas les choquer outre mesure, préférant s’attarder sur une jolie coccinelle…

L’agent du FBI Francis Morgan York ( appelez-moi York)est dépêché sur place pour enquêter. Alors qu’il est en chemin, l’image fugace d’un dame blanche ( spectre de femme pouvant apparaitre sur les routes la nuit), lui fait perdre le contrôle de son véhicule. Il va devoir rejoindre Greenvale à pied…

Et là, tout change. L’ambiance devient éthérée, malsaine. York traverse la forêt, mais une foret remplie de monstres, pour un peu on se croirait dans Silent Hill, dont le jeu semble beaucoup s’inspirer. Le joueur, lui participe cela, et ressent quelque chose de glauque, beaucoup plus qu’en ayant joué à Resident Evil, dont le jeu tire aussi beaucoup de points communs et pas forcément les meilleurs. En effet, lors de cette première séquence, on pestera contre l’impossibilité de tirer en avançant, d’avoir un York raide, dans des espaces confinés, des portes à ouvrir, et à récolter quelques objets. Sans compter le tir aux zombies à la chaine ( bien que les monstres ressemblent plus à ceux que Silent Hill), avec les munitions infinies, et des dollars pour chaque ennemi tué. Heureusement il y a une aide à la visée, et ça rapporte plus dans la tête… Pas très excitant tout ça…

Puis, lorsque ça devient plus ouvert, on se dit qu’esquiver plutôt que de tirer, ça vaut mieux. Jusqu’à tomber sur un être tout de rouge vêtu, aux yeux brillants, qui va tenter de tuer York… Et c’est ce qui risque de se passer si vous n’esquivez pas son coup en appuyant dans les temps sur la touche indiquée! Puis tout redevient calme, il est 6 heures du matin et le jour se lève. York arrive au bord d’une route. Là bas, près du pont, l’attend une voiture de police…

 

Greenvale, une bourgade bien tranquille... en apparence seulement.

Greenvale, une bourgade bien tranquille… en apparence seulement.

Je vous ai décrit grosso modo comment se passe le prologue. Il est essentiel car c’est lui qui déterminera surement votre degré d’accrochage du jeu. Le contact est rugueux, dur, le jeu nous ramenant techniquement vers le début des années 2000, c’est dire. Et pourtant on a rien vu de l’histoire. Et pendant la scène, lorsqu’on admire les décors, on ne peut s’empêcher de se dire que ça aurait pu être beaucoup mieux,  notamment au vu des noms qui y ont collaboré, ayant à leur actif Resident Evil, Silent Hill et même Parasite Eve

Ce qu’on oublie de préciser, c’est qu’ils étaient relativement peu pour faire ce jeu, et qu’il a commencé en 2004 sur PlayStation 2. SWERY a du porter le projet à bout de bras pour qu’il aboutisse. Cela n’a pas été facile donc.

 

Deadly Premonition se passe dans la ville de Greenvale, une ville entourée de forêts et dont l’économie, aujourd’hui déclinante, dépendait de l’industrie du bois. Au faite de sa prospérité, la ville avait 15000 habitants. Aujourd’hui, elle en a perdu les deux tiers. Elle est située au bord d’un lac, et bénéficie d’un climat humide à cause des nombreuses précipitations qui arrosent la ville. De ce fait les bois alentour sont toujours verts…Bref, avant ce crime, Greenvale était un joli port de pêche bien tranquille, un coin d’Amérique profonde où même le FBI en ignorait l’existence sur la carte.

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Greenvale, Joli port de pêche… Mais qu’est ce que je fais ici, Zach ?

Les graphismes ne font pas honneur à la 360. Le jeu scintille est bourré d’aliasing, à tel point que je me dis que même Shadow of Memories sur PS2 datant de 10 ans était mieux réalisé. Seuls les visages s’en sortent honorablement, ainsi que certains effets, malgré des incohérences graphiques parfois flagrantes. Par exemple, il ne sera pas rare, au crépuscule, de voir des bagnoles avec les phares arrière éteints… Les monstres semblent tirés tout droit de Silent Hill ou d’un Parasite Eve, il n’y a pas eu beaucoup d’imagination de ce côté là. Seul le tueur à l’imperméable offre un peu d’originalité et encore pour moi il me rappelle Pyramid-Head… Si pour l’originalité des monstres, on repassera, ainsi que sur la réussite technique du soft, il faut toutefois reconnaitre qu’il y a une certaine démarche artistique : Greenvale semble entourée d’un halo de lumière assez particulier, conférant au lieu une atmosphère singulière, d’autant qu’il y pleut beaucoup, bien que le jeu gère cela de manière assez aléatoire, contrairement au temps qui passe. Cela n’est toutefois pas anodin, vu que le projet s’est appelé pendant son développement Rainy Woods. Le choix des couleurs est cependant judicieux et comme on passe souvent entre deux mondes, le jeu alterne entre atmosphère détendue et ambiance glauque. Dans le second cas, les couleurs tireront vers le rouge, le sombre et le violet, voire le noir pour les taches sur les murs et au sol, pouvant générer l’arrivée d’ennemis. Certaines scènes font d’ailleurs dans l’horreur sanglante la plus sordide, mais cette démarche est vraiment voulue par les développeurs.

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Les visages ont bénéficié tout de même d’un peu de soin. Ici, la jolie Emily, qui rappelle fortement l’actrice américaine Naomi Watts.

L’animation est basique et ne fait pas , là non plus, l’objet d’une optimisation idéale. Les persos sont raides, ont un balai dans le fondement et on très peu d’expressions faciales. La palme revient tout de même aux ennemis, qui d’un coup d’un seul, peuvent se téléporter jusqu’à vous en une seconde! Il est rageant de rater un tir parce que la masse informe s’est décalée au moment de l’impact ! Les véhicules n’ont quasiment pas de physique, mais il faudra veiller au niveau d’essence et à ne pas les abimer trop. Bien entendu, interdiction de dépasser les 50 miles à l’heure, je jeu limitant la vitesse des véhicules. Les écrans de chargement ne sont, en revanche, pas très longs.

 

Les musiques sont bonnes. Là dessus un certain travail a été effectué , pas de doute possible. Cependant les plages sont trop peu nombreuses et bien entendu les plus marquantes seront pour la fin du jeu. L’échantillonnage sonore est inégal et il arrivera souvent que les voix soient recouvertes par la musique ! Bien entendu en version occidentale, nous avons droit aux voix américaines sans possibilité de changer pour les voix japonaises. Cependant les dialogues et les textes ont été traduits et sous-titrés en français. Un bon point, même si j’y ai relevé d’énormes maladresses.

 

Isaac et Isaiah, les jumeaux ayant découvert la première victime...

Isaac et Isaiah, les jumeaux ayant découvert la première victime…

La jouabilité vous renverra bien dix ans en arrière lors des phases d’action, qui se déroulent à l’intérieur de bâtiments et généralement de nuit. Dans une époque entre la sortie de Shenmue sur Dreamcast, et de Resident Evil 4. York ne peut pas marcher en tirant. On est obligé de rester statique et d’avoir l’arme pointée même pour recharger, si vous utilisez un pistolet. Et souvent , vous devrez impérativement mettre de la distance entre vous et les monstres, parfois plusieurs fois de suite tant ils sont rapides ( merci les étapes d’animation manquantes)! Et souvent, si vous vous faites choper, certains vous étrangleront jusqu’à ce que mort s’ensuive. Vous devrez vous en débarrasser en agitant comme un taré le stick analogique gauche. La maniabilité dans les escaliers n’est pas des plus heureuses non plus. Bon courage pour faire changer York de direction…

Les phases d'action serviront à récolter des indices et de faire un profilage pour l'enquête.

Les phases d’action serviront à récolter des indices et de faire un profilage pour l’enquête.

Mine de rien, il y a des phases de QTE et lors de ces phases, où York enquête pour retrouver des indices, il rencontrera souvent un mystérieux tueur à l’imperméable et aux yeux rouges…et là, vous aurez parfois moins d’une seconde pour appuyer sur les touches indiquées, sous peine, bien souvent, de mort immédiate s’il vous choppe. C’est du par cœur et parfois on meurt face à lui de façon frustrante, parce qu’on a été trop lent. Heureusement, le jeu prévoit souvent des points de reprise avant la séquence, ce qui permet d’entrevoir l’ordre des boutons à suivre parce qu’il faudra souvent effectuer plusieurs actions à la suite…Une astuce pour passer les monstres consiste à retenir sa respiration. Cependant York ne pourra pas le faire trop longtemps sous peine de perdre de la vie ensuite. Certaines phases vous demanderont aussi de résoudre des énigmes en temps limité.

Mais DP n’est pas que ça. C’est aussi un jeu open world. La gestion du temps compte, cependant. La plupart des objectifs faisant avancer l’histoire doivent se faire pendant un créneau horaire précis. Il faut savoir que dans le jeu, une journée dure environ 8 heures. Donc, en dehors de vous objectifs, vous êtes libres de faire ce que vous voulez en attendant la suite. Pourquoi pas visiter la ville, aller faire un tour ou une course en voiture, interroger des habitants, des fois qu’ils sauraient quelque chose d’intéressant sur la victime et/ou les suspects potentiels, leur rendre service lors de quêtes annexes, ou pourquoi pas, une partie de pêche si le temps le permet ? Cette ambiance permet aussi de voir que Greenvale est un endroit très isolé et ce sentiment est renforcé par les longs trajets en voiture que vous serez amenés à faire, ces dernières ayant une jauge de dégâts, mais aussi de carburant. Si la voiture est trop abimée, vous devrez payer les réparations, et si la jauge d’essence se vide, vous continuerez à pied. Malgré ses airs de jeu open world, York ne sera autorisé qu’à conduire les voitures de police. Pas question d’agir en malfrat.

Les longs trajets en voiture sont l'occasion d'avoir des conversations souvent assez cocasses...

Les longs trajets en voiture sont l’occasion d’avoir des conversations souvent assez cocasses…

Cependant, il y a plusieurs moyens d’accélérer le temps : fumer des cigarettes, ( si, si, j’ai testé dans le jeu), ou même dormir. Mais cela augmentera la faim de York. Parce que oui, dans ce jeu, vous devrez entretenir une certaine hygiène de vie : Vous aurez une jauge de faim et de sommeil. Si elles s’épuisent, vous serez en moins bonne forme, et parfois, cela peut vous jouer des tours. Pour compenser la faim York pourra acheter soit de vrais aliments, comme du rosbif, ou des cochonneries comme une sucette, un beignet, des biscuits… et en plus ils ne sont pas donnés… Pour combattre le sommeil, il pourra boire du café ou des boissons gazeuses… Contrairement à la jauge de santé, ces paramètres n’apparaissent qu’en mettant le jeu en pause. York pourra aussi se raser et se changer et envoyer ses costumes sales au pressing lorsqu’il se reposera dans certains endroits. Ce n’est pas parce qu’on enquête sur un meurtre sordide qu’il ne faut pas être un homme raffiné. D’autant que si vous êtes trop sale, vous verrez des mouchez tourner autour de vous…

Puisqu’on y est… On sent bien qu’un certain travail a été effectué sur lui. York a une double personnalité. Il lui arrivera très souvent d’en référer à un certain Zach, qui semble être l’entité par laquelle s’identifie le joueur… Ce sentiment est renforcé par les différents points de l’enquête où York demandera à intervalles réguliers à Zach ce qu’ils ont retrouvé, lors des rapports,et vous avez intérêt à avoir bien suivi les choses! Parfois vous devrez choisir entre deux décisions, comme aller au restaurant avec vos collègues ou directement à l’hôtel pour faire le rapport…

 

York réfléchit parfois trop...

York réfléchit parfois trop…

Parce que si Deadly Premonition est bâclé techniquement, disons-le tout net, il se rattrape aussi sur le travail effectué sur les différents personnages qui interviendront, à un moment ou à un autre, et lorsque que l’un d’entre eux apparaît pour la première fois, vous avez droit à une image avec son nom. Les premières personnes à venir à votre rencontre seront bien entendu, vos nouveaux collègues de la Police, c’est à dire le Shérif George Woodman, qui ne verra pas au début du jeu d’un bon œil l’arrivée d’un agent du FBI sur ses terres, mais aussi la jolie Emily Wyatt, qui enquêtera avec lui sur le meurtre qui vient de se produire. La venue de personnages supplémentaires contribuera à l’enquête, qui deviendra de plus en plus dense. Et la réussite de l’écriture du scénario est telle qu’on réussit à s’attacher à certains d’entre eux, d’autant que certains ont des histoires ou leur passé sur la conscience… D’une manière générale, le comportement réaliste des divers habitants ajoute un intérêt certain : ils vaquent en journée à leurs occupations, ce qui fait que vous ne pourrez les interroger qu’à certains moments de la journée si l’envie vous en prend. Et croyez-moi, ce ne sont pas, pour la plupart, des habitants heureux vivant dans un monde de bisounours. Les intrigues à Greenvale sont nombreuses, tout comme les squelettes dans les placards… Cependant, malgré une ambiance assez pessimiste, le jeu réserve aussi ses moments d’humour, assez fins et bien trouvés dans l’ensemble. Pour tout vous dire c’est un des jeux les plus réussis hors RPG en matière d’écriture et de mise en scène, et ce malgré une police d’écriture des sous-titres pas forcément très lisible et d’une traduction française très approximative.

 

Sans doute un des personnages les plus étranges du jeu : Mister Stewart, handicapé et sous oxygène, et son majordome  qui traduira pour vous ses paroles avec " so says Mister Stewart". Ils chercheront à vous aider.

Sans doute un des personnages les plus étranges du jeu : Mister Stewart, handicapé et sous oxygène, et son majordome qui traduira pour vous ses paroles avec  » so says Mister Stewart ». Ils chercheront à vous aider.

Côté durée de vie, le jeu est long, comptez 26 chapitres sur 6 épisodes, et cela devrait vous prendre entre 20 et 30 heures. C’est sans compter certains à côtés du jeu, comme les parties de pêche, les défis en voiture… Bref, on mène une enquête, mais on oublie pas de s’amuser. Les chasseurs de succès n’auront pas de mal à les faire, il y en a que 12, sur un jeu sorti en DVD. Ils donnent l’impression d’avoir été mis là parce qu’il faut récompenser certains joueurs… En général, vous les obtenez à la fin de chaque épisode, et ils apportent, par conséquent beaucoup de G à chaque fois.

Verdict: Tu penses quoi de tout ça, Zach ?

Certes, ce jeu ne se fera jamais remarquer auprès du grand public. Il faut dire qu’il a tout pour déplaire : moche, peu jouable avec un gameplay vieux de 10 ans, il a de quoi faire fuir. En France, le jeu a été injustement vilipendé par une partie de la presse ( pas de nom, merci), car jugé sur des aspects uniquement techniques. Or, la beauté de ce jeu est intérieure. Elle se révèle petit à petit à ceux qui prendront le temps de s’y plonger, s’ils réussissent à le trouver, car il se fait rare. Deadly Premonition surprend à plusieurs reprises. Il y a une véritable volonté artistique, et ce jeu dont la référence la plus évidente est Twin Peaks de David Lynch, mais dont les influences des maîtres du surival horror sautent aussi aux yeux, restera à coup sur comme une des perles oubliées de la génération actuelle de consoles. Cela pourrait peut-être changer : SWERY n’a pas caché qu’il travaillait sur une version Director’s Cut remasterisée, qui sera dans un premier temps sur PS3. En espérant toutefois que cette version sorte en Europe… Et a affirmé que l’idée d’une suite lui trottait dans la tête. On espère toutefois qu’elle ne mettra pas 6 ans à arriver.

 

« So says Mister Julius »

Mise à jour : la version PS3

Cette version est sortie en avril 2013 en Europe sous l’appellation Director’s Cut. Des scènes racontant d’autres pans de  l’histoire ont été ajoutées, tout comme les trophées, plus nombreux, certains bugs de jouabilité corrigés ( comme pour les escaliers, par exemple) mais l’intrigue principale ne change pas pour autant, et techniquement le jeu est à peu de chose près identique.  On regrette d’ailleurs les bugs dans les textes des menus… Si vous ne l’avez pas fait sur 360, n’hésitez pas si vous pouvez surmonter ses nombreux défauts.

 

Points Positifs :

Une véritable ambiance

Une volonté artistique

Musiques excellentes, bien que peu nombreuses,

Un joyau d’écriture

Des personnages forts

Plein de références culturelles

 

Points négatifs:

Techniquement indigne

Incohérences graphiques et bugs

Jouabilité datant d’avant Resident Evil 4

Animation défaillante

Assez rare

Traduction française en retrait

 

Deadly Premonition/ Red Seeds Profile ( Japon)

Genre: survival horror/ open world

Développeur : Access Games

Editeur : Rising Star Games

Sortie en Europe depuis le 29 octobre 2010 sur Xbox360, mars 2013 en version Director’s cut sur  PS 3 en Europe.

Textes: français

Voix : anglaises

Signalétique PEGI :18+

 

"les gars, je crois que notre jeu a fait l'objet d'une critique sur D.A.TA.. "

« les gars, je crois que notre jeu a fait l’objet d’une critique sur D.A.TA.. « 

 

 

Guns of the Wise Men épisode #5

Télé Cable Geek Hebdo

Il y a quelques semaines, Télé Loisirs avait décidé de faire une mauvaise pub à Nolife sur 3 lignes que je trouvais assassines, notamment la mention de « nom le moins vendeur du PAF« .  Heureusement, un autre magazine télé, Télé Câble Satellite Hebdo, a décidé, lui, de lui accorder sa bienveillance dans la rubrique  » chaîne à découvrir » dans le numéro de  cette semaine en kiosque, donc, qui devrait démarrer lundi 31. Intitulé Nolife, la chaîne des geeks,  ce court entrefilet illustré par une image de Benoit présentant un 101%  mentionne le manque de budget, mais un « habillage acidulé » qui est « très réussi », « Jingles Sympas, Voix off jeunes et dynamiques, critiques précises… » On notera aussi la mention du magazine littéraire de la chaîne  Rêves et cris.  Le nom est écrit de façon juste, et devant tant d’éloges en si peu de lignes on ne va pas râler sur le numéro de canal freebox tv erroné ( 123 et non 126), et le fait que l’article se trouve à la fin du magazine… Mais ne dit-on pas  » le meilleur pour la fin » ? 

C’est déjà un pas pour la culture geek et toutes les chaines segmentantes… Et peut être que cela décidera Numéricâble a enfin la reprendre sur son réseau… Prochaine étape, s’il vous plait M. le rédacteur en chef : une petite place pour elle dans les grilles de vos programmes… Je sais que vous pouvez le faire! 

Julius

sources : forum de Nolife, Télé Câble Satellite Hebdo