Archives Mensuelles: février 2015

[Critique film] Birdman

La vie de Super Héros est courte… Et ça, Riggan Thomson s’en rend bien compte. Lui qui incarnait Birdman, Super Héros des années 90 dont les trois films lui ont rapporté des milliards… Eh bien tu vois gamin, aujourd’hui, il n’est plus rien. Juste un homme reconverti qui tente de monter une pièce de théâtre de Raymond Carver sur Broadway. Doit-il regretter le passé ?
Birdman, c’est ça : une réflexion brillante sur le concept de super-héros. Cette image risque t-elle de coller à jamais aux acteurs les incarnant, peu importe ce qu’ils deviennent ensuite ? Cette mise en abyme est signée Alejandro G. Iñaritu filmant au plus près les acteurs, grâce à la technique du plan-séquence. Quelle bonne idée d’avoir pris Michael Keaton pour le rôle principal, lui qui incarnait Batman dans les films éponymes de Tim Burton, et qui depuis s’est pas mal perdu en route ( oh oui RoboCop 2014, mon amour!). De plus, Iñaritu le rend schizophrène, hanté par son ancien personnage, qui ne cesse de lui dire qu’il s’est fourvoyé.
Mais Birdman n’est pas un film de super-héros. Bien au contraire. Si vous cherchez de l’action rapide, ce n’est pas ce film qu’il vous faut. Tout se passe dans un théâtre, sur scène, mais également et surtout en coulisses. Nous avons un Thomson désemparé, dépassé par les événements et renfermé sur lui-même tandis que tout s’agite autour de lui. Avec la technique du plan-séquence, le réalisateur donne une temporalité fluide à son film, permettant de ne jamais se sentir perdu. Pendant que Thomson doute, sa fille revient de de désintox et son avocat et ami tente de recoller les morceaux de ses bêtises. Là encore nous avons le droit à un casting de choix, entre Zack Galifianakis impeccable, une Emma Stone touchante et un Edward Norton qui se la pète en tant que rôle remplaçant. On notera aussi la performance de Naomi Watts dans le rôle de Lesley.
Birdman abonde de dialogues ironiques teintés d’humour noir, et de références à d’autres blockbusters. Mais on y trouve également une violente charge contre le star-system, certes, mais aussi contre la critique ( oh mince, que suis-je entrain d ‘écrire ?) ou plutôt, contre certains critiques pétris de certitudes et de préjugés justes bons à enfermer des gens dans des cases et à leur coller des étiquettes pour eux inamovibles ( si dans le film, il y a Tabitha Dickinson,  en France nous avons Aurélien Ferenczi). La fin vire au surréalisme et au bris du quatrième mur, mais le plan final la laisse ouverte et chaque spectateur pourra en faire sa propre interprétation.
Je ferai mention aussi de certaines scènes justes géniales comme Keaton en slip dans la rue où beaucoup de monde le reconnait tout en l’acclamant pour ce qu’il fut…
Birdman, c’est un film qui ne sent pas le slip, bien au contraire. La maestria de la réalisation me fait dire qu’il mérite au moins son Oscar sur ce point. Ensuite, c’est très bien écrit et le propos est bien amené. A tel point qu’on en aurait pour un peu le vertige.

affiche Birdman

Birdman (ou la surprenante vertu de l’ignorance)

Réalisation : Alejandro G. Iñarritu

Avec : Michael Keaton, Zack Galifianakis, Edward Norton, Emma Stone…

Genre :  comédie dramatique

Distribution : Twentieth Century Fox France

En salles depuis le 25 février 2015

[critique film] Kingsman, services secrets

Sans doute la bonne surprise de ce début d’année. Un film qui n’était pas prévu dans mon planning de visionnage mais la curiosité m’a poussé à le faire. Et je n’ai pas regretté. Je vais tout de même préciser que je n’ai pas lu le comics dont il est tiré donc je me base uniquement sur ce que j’ai vu du film.
Kingsman c’est une parodie d’un film de James Bond… avec des idées encore plus folles dedans. Sur que 007 peut prendre sa retraite, la relève est assurée. Déjà parce que Kingsman remplace haut la main le MI6, avec un Colin Firth « so british » qu’il était parfait pour jouer les espions. La classe absolue, c’est lui. Il prend en charge le fils d’un de ses compagnons de guerre qui est mort suite à une négligence de sa part, mais aussi parce que l’agence a besoin de sang neuf. Mais le fils, lui, est devenu une petite frappe arrêtée pour des délits mineurs et menant une vie minable dans les bas-fonds de Londres avec sa mère et son alcoolique de beau-père.  Le but sera de contrer les plans machiavéliques d’un certain Richmond Valentine, joué par un Samuel L. Jackson des grands jours, qui est à la fois écologiste radicale, féru de nouvelles technologies et qui a décidé de réduire la population mondiale. Bref une sorte de Xavier Niel en encore plus taré doublé d’un Nicolas Hulot sous acide. Son cheveu sur la langue le rend irrésisitble de drôlerie. On notera aussi l’apparition de Mark Hamill absolument méconnaissable. Pas facile de passer de minable à agent de première classe, mais le fait de séduire de jolies princesses scandinaves ça devrait être une bonne motivation, non ?

Le film est rythmé et on ne s’ennuie pas une seconde. Les bonnes idées abondent les références aussi, non seulement à James Bond mais également à d’autres réalisateurs. Car le point fort de Kingsman, ce sont ses scènes d’actions. Elles sont jouissives,  Matthew Vaughn s’est inspiré de Tarantino et ça se voit, mais aussi d’Edgar Wright . La scène contre la méchante aux lames m’a fait penser à la scène du combat final dans Scott Pilgrim. Venant de là, on ne s’étonnera pas des multiples références aux jeux vidéo… Iconoclaste, le film l’est dans sa réalisation mais aussi dans ses dialogues, qui confinent parfois à l’absurde. Bref, il arrive dépoussiérer les films du genre tout en se moquant d’eux. On notera aussi une excellente bande originale… Attention toutefois pour les plus jeunes spectateurs, certaines scène sont tout de même un peu dures. Bref, Kingsman est comme un excellent whisky : on en garde un souvenir inattendu.

affiche Kingsman

Kingsman : services secrets (Kingsman : the secret service)

Réalisation : Matthew Vaughn

Avec : Colin Firth, Taron Egerton, Samuel L. Jackson, Mark Strong…

Genre : Action avec classe

Durée : 2 h 09

Distribution : Twentieth Century Fox France

En salles depuis le 18 février 2015

Adieu Tri-Ace…

Une bien triste nouvelle  que celle qui est tombée aujourd’hui. Tri-Ace  a été rachetée par  une société japonais de jeux sur mobiles, Nepro Japan. Ce studio a racheté toutes les parts et va réorienter  l’équipe vers le développement de jeux mobiles. 

Donc, j’annonce officiellement que ce 20 février 2015, Tri-Ace est bel et bien mort. Et qu’une telle news  me fout clairement la rage quand je vois tout ce que le studio a fait. Merci pour les souvenirs hein! Non j’ai pas envie de rire! Qui a mis dans la tête de certains que l’avenir du jeux vidéo se fera par  téléphones ??? 

Au nom de Star Ocean, de Valkyrie Profile, de Resonance of Fate,  je ne saurais que trop conseiller à Yoshiharu Gotanda  fondateur de Tri-Ace de se barrer s’il y est encore. En être réduit à ça  ça s’appelle une grosse déchéance. 

Tri-Ace_Logo

Peut être qu’il y a des choses qui m’échappent,  mais bordel… Je sais que cet article n’est en rien objectif, mais c’est un blog,  que j’ai joué à pas mal de jeux du studio dont vous pouvez lire notamment la critique du premier Valkyrie Profile, et que je n’accepte pas le sort qui lui est réservé. Libre à vous d’en penser ce que vous voulez après… 

source : http://www.jeuxvideo.com/news/417798/tri-ace-star-ocean-valkyrie-profile-rachete-par-une-societe-de-jeux-mobiles.htm

 

[Critique Rétro] Darkwing Duck (NES)

La série Darkwing Duck est connue en France sous le nom de Myster Mask. Diffusée chez nous à partir du 6 septembre 1992 dans le Disney Club, elle raconte la lutte d’un justicier nocturne, Myster Mask, contre l’organisation F.O.W.L. ( Forfaiture Obscure doubleVéreuse de Larcin) menée par Bec d’Acier. Mais pour l’état civil, ce canard est Albert Colvert. Il vit avec sa fille adoptive, Poussinette, à Bourg-lès-Canards (St.Canard en V.O. ). Selon l’Univers des Canards Disney décrit par Carl Barks et Keno Don Rosa, la ville se situerait dans l’état fictif de Calisota, en face de Donaldville, un pont suspendu enjambant la baie séparant les deux villes.

Pour l’aider à combattre le crime, il peut compter sur Flagada Jones  oui, le même que dans la Bande à Picsou) en tant qu’assistant, ainsi que parfois sur son voisin, Cuicui Bourbifoot , être intelligent au milieu d’une famille de beaufs, et sa fille, bien entendu.

La série est un spin-off de La Bande à Picsou et compte 91 épisodes. C’est en réalité une parodie des Super Héros des comics américains. Notre héros n’est pas sans rappeler Batman, mais toutefois en plus maladroit et gaffeur. Les références à cet univers sont nombreuses et il est dur de toutes les voir durant les épisodes.

La version française disposait de noms retravaillés et de jeux de mots, bien que certains aient disparu par rapport à la V.O. Mais on pouvait trouver entre autres des noms comme Alfred Hitphoque, Taurus Boulba ou même (Can’t Read My) Poker Naze.

Précision : cette critique est une version révisée de celle publiée sur un ancien blog.

Darkwing_duck

 

Bien entendu, la série a été adaptée en jeux vidéo : Un épisode sur GameBoy, un sur PC-Engine et un jeu sur NES. C’est ce dernier qui va faire l’objet de cette critique.

Alors que chez Sega, on se concentre plus sur les personnages traditionnels Disney tels que Mickey et Donald ( Castle of Illusion et Quackshot)et la firme se charge elle-même de faire la plupart des jeux, chez Nintendo, c’est Capcom qui a obtenu la licence Disney. Et chez Big N, on se focalise plus sur les séries animées. Je pense notamment à Duck Tales, et Chip’nDale Rescue Rangers.

Capcom a donc développé Darkwing Duck, qui est arrivé un peu plus tard que les deux autres, en 1992. Alors, ce jeu, est il une erreur à corriger, ou au contraire, une adaptation de qualité comme ce fut le cas des deux autres jeux cités ci-dessus ? Réponse dans les lignes qui suivent, pour savoir si ce jeu craint un mask.

Darkwing Duck (E) [!p]_001

Darkwing Duck est composé de 7 niveaux. Comme dans la plupart des jeux Disney de l’époque et notamment ceux mettant en scène les canards de l’oncle Walt, on peut choisir sa destination. Au début du jeu, vous aurez le choix entre trois niveaux. Une fois franchis, vous aurez accès aux trois suivants, puis au dernier. Bien entendu, chacun des niveaux est gardé par un boss, ce serait trop facile, sinon… Pour se défendre notre canard dispose de plusieurs armes: le pistolet de base, suffisant pour canarder les ennemis rapidement mais de faible puissance, le double éclair, qui permet de tirer dans deux directions différentes, le fumigène, qui décrit un arc de cercle, et la flèche plasma. Une pression sur Select permet de changer du pistolet standard à la dernière arme ramassée. Dommage toutefois qu’on ne puisse pas choisir par le menu de pause… Mais pour les faire fonctionner, vous aurez besoin de ramasser des bonbonnes de gaz. Vous trouverez aussi des mallettes de soin, remettant de la vie. La plupart des ennemis peuvent en larguer. Parfois, vous trouverez une figurine à votre effigie. C’est une vie supplémentaire, évidemment.

La terreur qui corrige les erreurs dispose initialement de 4 vies, et peut prendre 4 coups avant de mourir. En cas d’échec, vous avez deux possibilités : soit reprendre dans le niveau où vous étiez, soit revenir à la carte pour une autre direction. Heureusement, les continues sont infinis.

Darkwing Duck (E) [!p]_010

Le canard-zombie risque de ne pas vous louper si vous sautez dans sa ligne de mire…

Le scénario est simple : Les agents du F. O.W.L. ont envahi la ville pour y prendre ses richesses. Darkwing Duck est donc appelé par le commissaire Magret (non, il n’y a pas de faute) pour les arrêter. L’histoire est contée par l’intermédiaire d’écrans fixes et de textes en anglais. Flagada Jones vous dira quel est le boss du niveau dans lequel vous allez arriver.

Graphiquement, le jeu exploite très bien la console, tout en respectant la charte graphique de la série, avec toutefois les limites inhérentes à la console. Il n’empêche, c’est joli, il y a des décors de fond qui sont bien réalisés, et les sprites des personnages et des ennemis sont de bonne taille. On reconnaît bien nos héros, les boss, etc. Reste tout de même que ça clignote un brin quand trop de sprites sont à l’écran en même temps. Pour le reste, c’est fluide, et la gestion des collisions est bien gérée. Capcom réutilise ici le même moteur que Megaman V. On ne va pas leur en vouloir car il est assez performant compte tenu des capacités de la console.

On loge n'importe qui, dans ces immeubles...

Grimpette le long d’un immeuble.

Côtés musiques, si on reconnaît des thèmes de la série animée, et aussi qu’elles soient entraînantes et plutôt bien réalisées on déplorera toutefois des boucles assez courtes, les rendant assez répétitives. Côté bruitages, c’est plutôt assez varié.

L’animation n’est pas en reste, c’est fluide, le scrolling de l’écran ne souffre d’aucun défaut. Le seul défaut que l’on peut trouver serait un clignotement de sprites lorsqu’ils sont trop nombreux à l’écran mais c’est bien tout. De plus les mimiques de notre canard sont hilarantes et bien détaillées. Il n’y a qu’à le voir arriver dans un niveau en prenant de grands airs et disant « I am Darkwing Duck! » ou lorsqu’il perd une vie. Du beau boulot.

Un canard en ballon, un!

Un canard en ballon, un!

Le gameplay est simple et exploite bien la manette de la NES : A pour sauter, B pour tirer et la croix directionnelle pour avancer. C’est élémentaire, mais le gameplay dispose de petites subtilités. Darkwing Duck peut s’accrocher à tout ce qui peut servir de plate-forme. Il suffit ensuite de sauter pour y accéder. Ensuite, on peut également descendre d’un étage en appuyant sur le bas de la croix directionnelle et A en même temps. Globalement le canard répond bien aux commandes, et les sauts sont faciles à faire.

Dans les égouts, il y aura des coupures d'éléctricité par intermittences...

Dans les égouts, il y aura des coupures d’électricité par intermittences…

Côté durée de vie le jeu n’est pas très long : 7 niveaux pas spécialement longs, et pas de mode deux joueurs. Pourtant, certains passages sont réellement crispants et les boss peuvent s’avérer embêtants à battre. Mais on arrive à surmonter ces difficultés sans y laisser trop de plumes. D’autant qu’il y a des checkpoints lorsque vous franchissez la première moitié d’un niveau, ce qui évite de tout se retaper alors qu’on se fait avoir juste avant d’affronter le boss…

Verdict :

Doté d’une réalisation assez solide et fidèle à la série, Darkwing Duck ne craint pas un mask, bien au contraire. Il demeure un excellent jeu adapté d’une série Disney, car très fidèle notamment sur l’aspect graphique. Le jeu est beau, clignote moins que certains et est facile à prendre en main. On regrettera juste une durée de vie un peu courte et des musiques répétitives. Pour le reste, c’est vraiment du très bon. N’hésitez pas, foi(e) de canard!

 

[Critique film d’animation ] Les nouveaux Héros

Un Disney tiré d’une franchise Marvel, ça donne…du Marvel pour les gosses. Néanmoins, c’est tout de même un film largement valable et fera une bonne sortie ciné pour les vacances. Déjà parce que le scénario est bien construit et rythmé. Ça va vite, dans tous le sens , et on ne s’ennuie pas à suivre les aventures des nouveaux héros. Les plus grands apprécieront les références geek,même à d’autres films Disney, et Baymax se révèle être un robot très attachant. Il faut également s’attendre à quelques surprises bien amenées. Il y a également de très bon gags et des vannes dans les dialogues. Oh certes, c’est un Disney majoritairement à destination des enfants, donc ça implique certaines valeurs qu’on connait depuis toujours.
Ensuite c’est bien réalisé : Disney maîtrise maintenant l’image de synthèse de façon exemplaire, et le San Francisco « japanisé » (appelé d’ailleurs San Fransokyo) donne lieu à des plans magnifiques. C’est de plus très bien animé et la bande originale est magnifique. Les parents s’amuseront à regarder attentivement le générique de fin, fait façon comic. Régal des yeux, des oreilles, Les nouveaux Héros est sans doute la perle d’animation de ce début d’année.

 Le début :

Hiro, un génie de l’informatique, s’associe avec d’autres camarades de fac et le robot infirmier Baymax pour déjouer un complot visant à détruire la ville de San Fransokyo.

affiche les nouveaux héros

Les nouveaux héros (Big Hero 6)

Réalisation : Don Hall, Chris Williams (II)

Genre : animation

Distribution : The Walt Disney Company France

En salles depuis le 11 février 2015