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[Rétrogaming] Retour sur Road Rash

Electronic Arts fut l’un des premiers éditeurs tiers à croire en la Megadrive de Sega. Si la qualité allait de l’excellent au très mauvais, je vais cette fois vous parler des jeux de motos sortis par l’éditeur sur la bécane (!). Des jeux dans lesquels le sentiment de liberté et de transgression étaient présents. Je vais bien sur parler de la série Road Rash, qui méritait bien un bref retour.

Jobards Team

Road Rash (USA, Europe)002

Lorsque le premier Road Rash sortit en 1991, il existait au moins un jeu de moto sur la bécane, Super Hang On. Un jeu purement arcade, dans lequel le joueur devait si possible finir les circuits avant la fin du chronomètre. Un jeu assez basique, mais également exigeant, en somme.

Avec Road Rash, EA se propose muscler la formule. Et quand je dis « muscler », ce n’est pas pour rien. Vous allez écumer les routes de la Californie et vous faire respecter en tant que pilote à grands coups de chaînes ou de matraque.

Le joueur est un motard qui participe à des courses illégales et sans aucune règle, sur des routes fréquentées de la Californie.

Vous devrez terminer chaque tracé en terminant au moins troisième avant de passer au suivant. Si ce n’est pas le cas, vous devrez refaire la course. Mais, plus important encore, vous recevrez une somme d’argent qui varie en fonction de votre position à l’arrivée. Ce n’est pas anodin, car le jeu évolue par paliers : 5 courses sur 5 niveaux de difficulté, avec des courses de plus en plus longues. Et si vous commencez sur une moto légère, il faudra très vite faire évoluer votre équipement pour pouvoir rivaliser avec vos adversaires. Adversaires qui ne manqueront d’ailleurs pas de vous attaquer si vous passez trop près de leur cuir. Heureusement, vous pourrez faire de même, en leur donnant des coups de poings, mais parfois aussi, saisir les armes qu’ils possèdent, matraque ou chaînes, pour faire encore plus de dégâts.

Le jeu met les réflexes du joueur à rude épreuve, car vous devrez nous seulement vous tirer la bourre avec vos adversaires, mais également éviter les nombreux obstacles du parcours, qui sont notamment les voitures en circulation dans les deux sens, les flaques d’huile, de sable, les croisements, les panneaux, les animaux errants. Au départ, il ne sera pas rare que vous vous preniez des gamelles mémorables. Cependant, si cela abîmera la santé du pilote, elle remontera automatiquement. Ce n’est pas le cas pour la jauge de la moto qui sera endommagée et le restera à moins de la réparer entre chaque course, ce qui vous coûtera des sous.

Mais surtout, il vous faudra éviter les flics à tout prix.Tombez alors qu’ils vous poursuivent, restez arrêté trop longtemps, et ils vous embarquent, car ils comptent bien mettre fin à ces courses illégales. Et si vous ne pouvez payer l’amende, c’est la fin du jeu.

A quoi sert un motard ? A rien !*

Road Rash (USA, Europe)003

Techniquement, le jeu exploite bien la Megadrive. La console affiche un effet de défilement rapide que l’on doit notamment au processeur interne, ainsi qu’une jolie profondeur de champ. Ce n’est pas exceptionnel, les abords des circuits sont assez basiques, cependant et les pilotes adverses portent tous la même combinaison, mais on apprécie les détails des circuits. Et il faut noter une innovation pour l’époque : des circuits avec des dénivelés. Cela ajoutait du danger si une voiture lambinait en haut d’une côte.

Les musiques ont bénéficié d’un joli soin et sont assez variées, idéales pour une course de motos illégale. On appréciera aussi le cri de joie digitalisé du pilote s’il arrive à se qualifier pour la course suivante, même si on connaît les limites de la machine dans le domaine.

Mais surtout, Road Rash s’avère avant tout  très jouable : un bouton pour accélérer, un bouton pour freiner, et un autre pour frapper, il n’en fallait pas plus, il n’en fallait pas moins. C’est d’une simplicité à toute épreuve. Le jeu est souple même si éviter les obstacles peut s’avérer parfois assez ardu.

Le jeu dispose d’une bonne durée de vie, avec 25 circuits et 14 motos à débloquer. Le jeu offrira aux joueurs une bonne dose de fun avec une difficulté progressive. En réalité, c’est le joueur qui progresse.

Raod Rash souffre toutefois de quelques erreurs de jeunesse : un mode deux joueurs uniquement en alternance, et un petit manque d’ambiance entre les courses.

Mais le feeling de participer à des courses interdites, de transgresser les règles établies, est tout de même grisant. C’est peut-être là sa plus grande force.

On le voit, les bases essentielles d’un jeu à la fois fun et rebelle sont bien là.

*Mais ça peut faire office d’excellent baromètre… j’espère qu’il y a des lecteurs du Joe Bar Team…

Vous en faites pas ma ptite dame, je m’en vais les verbalisatio… leur en coller une !

Road Rash II (USA, Europe)001

En 1992, EA revient avec Road Rash II.

A première vue, le jeu est à peu près le même qu’avant : 5 circuits fois 5 niveaux, et un joueur qui démarre petit et progresse petit à petit dans la compétition lors de courses clandestines. Cette fois-ci, vous n’êtes plus uniquement en Californie, mais irez dans 5 États américains différents.

Sauf que l’éditeur a amélioré la formule de départ : les graphismes sont plus fins, plus détaillés, même si les pilotes sont toujours des clones, qu’ils soient homme ou femme, et la jouabilité est toujours aussi simple d’accès. Toutefois, le jeu améliore aussi l’IA des adversaires, qui deviennent vraiment coriaces dans les derniers niveaux. Et que dire des flics, encore plus hargneux qu’avant…

On trouve même des petites scènes rigolotes entre les niveaux. De plus, nous avons désormais accès à un magasin entre les courses d’un même niveau au besoin.

Les musiques correspondent parfaitement à l’ambiance des niveaux traversés, et on a la possibilité de l’activer ou non. Le problème, c’est que le rendu des moteurs n’est pas terrible sur la MD… Donc on jouera avec la musique.

Plus varié, plus fun aussi, Road Rash II corrige le gros défaut du premier épisode, qui était l’absence d’un véritable mode deux joueurs. Ici, le jeu est jouable à deux simultanément. Idéal si vous vouliez faire des virées virtuelles sauvages à deux !

Born to be wild

Road Rash 3 (USA, Europe)001

La Megadrive connaîtra un dernier épisode en 1995 : Road Rash 3 : Tour de Force. Cette fois, le jeu vous emmènera faire des virées tout au autour du monde, dans 7 pays différents. Il reprend les grands principes du II et l’interface dans la partie inférieure de l’écran ressemble vraiment à celui d’une moto. Il dispose toujours d’excellentes musiques, mais sur le plan graphique, il n’a hélas pas évolué depuis trois ans. Pire, je le trouve moins joli que les deux premiers épisodes ! C’est dommage. Cependant, ce dernier épisode sur Megadrive vaut tout de même qu’on s’y attarde notamment si on a jamais fait les deux autres.

Mais la série n’allait pas s’arrêter là. Road Rash est également apparu dans une version « améliorée » du premier épisode en 1994 sur 3DO. Pour les plus jeunes lecteurs, la 3DO n’était pas une console à proprement parler, mais un standard de développement sous licence créé par The 3DO Company, fondée par Trip Hawkins, un ancien de chez EA. De fait, Matsushita, GoldStar et Sanyo fabriqueront leur propre console de jeu. Toutes auront un look très…discutable tant elles étaient aussi austères qu’un magnétoscope soviétique. Le problème, c’est que la console était moins puissante que la PlayStation et la Saturn, mais elle était surtout vendue trop cher. Elle n’a donc pas connu le succès, quel que soit le modèle.

Pourtant, cette version de Road Rash avait des atouts pour elle : meilleurs graphismes, son CD avec des musiques de groupes comme Soundgarden ou encore Thearpy ? ça donnait de quoi ambiancer les courses.

Le jeu fut d’ailleurs porté ensuite sur PlayStation et Saturn.

Poignée bien essorée, moulin bien rincé

Road_Rash_-_Jailbreak_coverart

Le véritable quatrième épisode apparut sur PlayStation en 1998. Il fut pour l’occasion baptisé Road Rash 3D. Et malheureusement, il est très loin d’avoir l’aura de ses grands frères. La faute à une technique pas toujours au top : animation saccadée, commandes ne répondant parfois pas, notamment pour frapper les adversaires, bugs graphiques… Le jeu n’est clairement pas resté dans l’anthologie de la console et on comprend pourquoi.

La Nintendo 64 verra elle aussi un jeu Road Rash dans sa ludothèque. Intitulé Road Rash 64 (vous vous en seriez doutés), et sorti en 1999, le jeu n’est pas non plus resté dans la panthéon des meilleurs jeux de la machine.

Le dernier jeu de la série sort sur PlayStation en 2000. Il s’agit de Road Rash Jailbreak. Si le titre présente quelques bonnes idées, tels que les points pour augmenter sa nitro ou ses armes et met plus l’accent sur la course que sur la bagarre, faisant de lui un titre arcade, il n’a pas laissé non plus un souvenir impérissable.

On le voit, la série Road Rash aura marqué surtout par ses épisodes sur Megadrive. La suite aura été moins glorieuse pour elle, avec des épisodes n’ayant hélas pas l’aura de leurs aînés. Peut-être est-ce la dure loi des séries,et cela fait désormais 18 ans qu’aucun autre jeu RR n’est sorti.Mais qui sait, peut-être qu’un jour, retrouverons-nous un jeu de motos avec ce parfum de liberté sauvage…

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(On savait) pourquoi on était là

nolife continue

La soirée de fin de Nolife a été diffusée il y a près de trois semaines. Ce qui est sur, c’est que je ne pourrai jamais refaire la fin [E] de Nier Automata sans pleurer encore plus.

Depuis cette fameuse soirée, la chaîne était en mode  » zombie » : c’est à dire qu’elle s’est débrouillée pour diffuser les dernières émissions inédites déjà dans la boîte, dont avant-hier un Debug Mode de 28 minutes, sur la fin de la chaîne côté coulisses. Ou encore les derniers Superplay tournés. à 19 heures, le reste étant des rediffusions. Mais cette fois, c’est définitivement fini avec celle de la soirée de clôture.

Je ne vais pas redire ce que j’ai déjà dit dans l’article précédent. Mais peut-être que sans elle, ce blog n’existerait pas. La plupart de mes amis, peut-être que je ne les aurais jamais connus grâce à son forum. Oui, tu est à l’origine de bien des rencontres, et j’ajoute que mardi 25 avril, la première IRL du forum aurait eu 10 ans.  Je me souviens, c’était lors d’une journée humide en 2008. Je sors du métro et je vais au point de rendez-vous fixé sur les marches de l’Opéra Garnier.  Je ne savais pas encore ce que cela allait induire dans mes relations…

Nolife, tu m’as ouvert l’esprit. Sur plein de choses. Tu fermes, mais tu as réussi ta mission. Si Seb et Alex étaient avec moi, je les prendrais très fort dans mes bras et nous pleurerions sans doute ensemble, avant de contempler l’oeuvre finale. Il y a de quoi être fier. 

Si on revenait le premier juin 2007, date de son lancement, croiriez-vous qu’un visiteur du futur aurait été pris au sérieux s’il était venu leur dire  » ça va durer 11 ans «  ?  Sans doute pas. 

Mais quand je regardais la chaîne, je savais pourquoi j’étais là. Je crois que nous savions tous pourquoi on était là, c’est-à-dire devant notre écran. Pendant 11 ans, tu nous auras fait pleurer, tu nous auras fait rire, tu nous auras fait pleurer de rire. 

Et nous savons désormais pourquoi nous serons là. Tu nous a transmis des choses, Nolife. Que aimer les jeux vidéo, récents, anciens, ça n’a rien de honteux. D’être fan, d’avoir de l’imagination, aimer la J-music, c’était notre droit le plus strict. Bref, que la culture geek, c’était quelque chose de légitime. Au même titre que le théâtre ou l’opéra.  Tu a soudé une communauté sur ton forum. Une communauté passionnée, avec ce que cela peut engendrer. Mais qui aimait au moins une des thématiques que tu développais. A nous de reprendre le flambeau que tu nous laisses.

Voilà, que dire d’autre à part « Merci », une fois de plus ? Tu n’est définitivement plus sur nos écrans, mais en revanche, tu resteras dans nos cœurs, notre mémoire. C’est fou ce que tu as changé de nos vies, et pourtant, je ne croyais jamais pouvoir dire ça d’une chaîne de télé! Mais tu étais bien plus que ça, comme je l’ai déjà écrit…

Toutefois, la diffusion de ton message sera encore long. J’ai encore vu à l’occasion de ta mort de fausses idées, notamment sur le fait que tu diffusais rien que de la J-pop et de la K-pop à longueur de journée. Certains n’ont pas compris. Et d’autres ne voudront pas comprendre.  Certains voudront toujours te salir. Mais qu’ils restent dans l’ignorance. Nous, nous savons. On savait. Vous saviez. En fait, nous étions tous là. 

Thank You for Reading.

 

Sega, c’est toujours plus fort que toi ?

Depuis quelques jours, Sega a semblé revenir en force avec l’annonce d’une compilation regroupant Shenmue I et II et une Megadrive Mini. Et, sur les deux annonces, je ne peux m’empêcher d’émettre des réserves, même si cela permettra de remettre au gout du jour une licence restée chère aux fans de la Dreamcast et de faire découvrir l’ère 16 bits du constructeur à une nouvelle génération de joueurs.

Ryo

Shenmue, ah, Shenmue…  Vaste saga inachevée de Yu Suzuki, sans doute trop ambitieuse pour son époque, sortie sur un parc trop réduit de consoles installées et face à un public qui n’était pas forcément prêt à la recevoir. Je ne suis pas sur que le public soit toujours prêt même en 2018, d’ailleurs. Au final, deux épisodes, sur cinq prévus, sont sortis, sur Dreamcast et Xbox pour le deuxième. Nous savons également que Shenmue III est en cours de développement, mais fait craindre le pire aux fans de la première heure. Et en attendant celui-ci, un jeu regroupant les deux premiers épisodes sortira sur PC, Xbox  One et PS4 et vendu aux alentours de 30 €.

Dans Shenmue, le joueur incarne Ryo Hazuki, qui a vu son père se faire tuer sous ses yeux par Lan-Di, chef d’une triade chinoise. Le jeune homme décide de se lancer sur ses traces et de le venger.

Il faut avouer, Shenmue  a vieilli. Pour y avoir rejoué sur la console d’origine, le jeu dispose de limites que le public pourrait ne plus accepter, comme par exemple rentrer se coucher à heures fixes. Ou encore une jouabilité qui pourra paraître bien rigide à qui a fait un jeu en monde ouvert. Les programmeurs ont prévu des commandes modernisées pour la réédition, mais reste à voir ce qu’ils entendent par là. Et il faut voir aussi ce que cela donnera niveau réalisation sur consoles HD. Le jeu était une performance pour la Dreamcast, mais sur consoles actuelles, on pourra voir que ça date, à moins d’un rehaussement de la résolution, et encore cela ne réglerait pas tout comme certaines textures graphiques très datées.

Mais surtout, Sega a depuis développé la saga des Yakuza. Et Yakuza, ça reprend les principes de Shemue, mais en mieux, et en plus libre. Certes, ce n’est pas le même environnement, mais on peut voir que l’expérience Shenmue a servi à faire aboutir le projet.  Entre les deux séries, il y en a une autre qui s’est immiscée:  Gran Theft Auto,  avec notamment son épisode GTA III. Transformation totale de la série de Rockstar, ce jeu sorti fin 2001 a redéfini les règles de l’open world, et donc, les deux Shenmue pourraient désormais paraître bien restreints au niveau des environnements donnés à explorer aux joueurs.

Et, entre Shenmue et Yakuza, Sega a également connu des évolutions majeures, notamment en devenant simple éditeur et non plus constructeur de Hardware.  Ce qui nous permet d’enchaîner sur le deuxième point, la Megadrive Mini.

Megadrive_Sonic_the_Hedgehog_2000

Sega aurait tort de ne pas tenter, après tout. les consoles « Mini » de Nintendo se vendent comme des petits pains et son réellement des merveilles à jouer. Une belle sélection de jeux dans chacune d’elles ( sauf que je ne comprends pas ce que fait un jeu de foot américain dans la NES mini, mais bon…), certaisn diront une anthologie de ce que Nintendo sait faire de mieux sur ses consoles. Ce n’est pas faux. D’autant qu’elles se branchent vite : dès qu’on allume, nous avons dans la seconde la liste des jeux qui s’affichent.

Mais voilà, entre Sega et Nintendo, il existe une différence, et une grosse. Comme dit au dessus, cela fait plus de 15 ans que Sega ne construit plus de consoles. Cela lui a donc permis de faire des compilations de jeux Megadrive, notamment la Sega Ultimate Collection sur PS3 et 360,  et on sait déjà qu’une autre des dores et déjà prévue pour PS4 et Xbox One ! Pour une trentaine d’euros, nous pouvions déjà jouer à un best-of de la 16 bits. Alors, faire une console « mini », cela ne risque t-il pas de faire « redite » ? D’autant que de telles versions existent, on en trouve dans les espaces culturels. Elles sont faites par AT Games, et la qualité ne serait pas au rendez-vous d’après les échos que j’en ai eu, aussi bien au niveau des jeux que du matos lui-même. Pire, ce serait ce fabricant qui serait en charge de faire cette « Megadrive Mini » cette fois avalisée par Sega. On peut donc s’attendre à une meilleure émulation et un meilleur hardware.  Et sans doute, un meilleur choix de jeux. Mais, cela vaut-il le coup de dépenser près de 80 € pour ça alors que pour 30 € nous pouvons aussi avoir un best-of de la console avec une jolie émulation ?Et même, il suffit juste de rebrancher sa PS3… 

Alors M’sieur Sega, que tu veuilles de l’argent je veux bien. Tu pourras sans doute attirer de nouveaux publics, ceux qui n’ont pas ou mal connu ta dernière console ou la période faste des 16 bits,  mais pas sur que les vétérans qui on grandi avec toi  fassent parler de nouveau le porte-monnaie… Même si je sais que mon amour sera plus fort, sans doute.

Voilà, je vous dis à bientôt pour un nouvel article. Il est désormais temps de redonner à ce blog la régularité et la variété qu’il mérite après bien des errements.

Nolife : Bien plus qu’une chaîne de télé

FIN.

THE END.

Nolife vous prie de l’excuser pour l’interruption définitive de l’image et du son.

C’est fini.

L’aventure Nolife est terminée. Le chapitre, long de 11 ans, un record pour une chaîne indépendante spécialisée, se referme. Tant de pages ont été écrites. Tant de choses, de tranches de vie, qui resteront désormais dans les souvenirs.

Ils ne savent pas ce qu’ils ont fait, mais c’est énorme

nolife continue

Parce qu’avec la fermeture de Nolife, bien qu’elle émette encore quelques jours, histoire d’écouler les dernières émissions inédites avant la coupure, je pense qu’on perd bien plus qu’une chaîne de télé. On perd un port d’attache, quelque chose qui permettait aux gens de se retrouver, dans des domaines peu voire pas du tout présents à la télévision. Quand ces pans de la culture n’étaient pas carrément méprisés par ce qu’on appelle le  » grand public » mais qui n’a de « grand » que le qualificatif. Pour la plupart de ses spectateurs, c’est tout un pan de la culture geek et vidéoludique qui disparaît du PAF. Et aussi, un média qui n’a jamais diffusé autant de J-Music.

Mieux, Nolife faisait office de lien social envers diverses personnes qui sans elles ne se seraient jamais rencontrées en temps normal.  Aurai-je connu toutes ces personnes que je revois lors des concerts sur Paris, ou lors des restaurants de Japan Expo ? En tant que photographe non-officiel, je faisais le tour des tables… Aurai-je connu entre autres, Mathieu, Benjamin, Christophe, Aurélie, Erell, Céline, Hélène, Cyrille, Quentin, Janek, Charlotte et tous ceux que j’ai oubliés mais à qui je pense tout de même ?  Ce lien là, je ne veux pas le perdre. J’espère vous revoir.  Parce que ces liens, c’était quelque chose de sincère, quand bien mêmes les contacts étaient espacés.

Il faut se dire aussi que la majorité de ses spectateurs a maintenant entre 30 et 40 ans. Sachant que la chaîne en a vécu 11, c‘est tout même environ pendant UN TIERS de notre vie qu’elle nous aura accompagnés. Nolife revendiquait ses thématiques pointues, le fait de ne pas forcément s’adresser au grand public, mais où tout le monde était bienvenu. Et nous ne reverrons probablement jamais une chaîne comme cela, unique au monde. Même si on savait qu’elle pourrait s’arrêter. Les choses n’ont jamais été faciles pour elle. On pourrait en vouloir à plein de gens, plein d’investisseurs comme je l’ai déjà dit plus haut. Je ne me contenterai de ne dire qu’une chose , qui parlera surement à ceux qui ont des offres TV étendues : Sans Nolife, J-One n’existerait pas.

Pour signifier ma tristesse, voici une reprise de « La Tristitude » d’Oldelaf, version « Nolifienne »:

La tristitude, c’est de savoir que Nolife a fermé,
Qu’on ira r’passer des dimanches chez mémé plutôt que devant la télé
Que des chaines merdiques s’ront là au déjeuner,

De la TNT ou des offres télé,  IDF1, NRJ12,  Non Stop People, merci j’ai déjà donné.
C’est elles qui f’raient mieux d’fermer, plutôt que de pérorer,
Ou de nous prendre pour des teubés, nous on préférait geeker,
C’était Nolife qu’il fallait sauver, même sans la puissance des financiers.
La tristitude, c’est vous, c’est nous, les spectateurs de la chaine et le staff. 

La culture geek existe et existera toujours… sous d’autres formes

plaquette Nolife

Mais… Peut-être est il trop tard. Trop tard pour se dire que la culture geek est morte. Bien au contraire! Nolife n’est plus. Mais elle a pavé la voie. Elle nous aura appris à aimer nos passions, trop bizarres aux yeux de beaucoup,  mieux encore, elle nous a incités à les REVENDIQUER. A en être fiers. A dire au  » grand public » et autres « ménagères » d’aller se faire voir si on le souhaite.  Sinon, à quoi cela aurait-il servi ? Son forum a réuni une forte communauté. Des amitiés réelles se sont formées, tout comme des couples, dont certains ont désormais des enfants.  A notre tour, maintenant de transmettre ce qu’elle a laissé. Jeux vidéo, J-Music,  Cultures de l’imaginaire, tout cela doit perdurer. Et je suis persuadé que cela se fera. Parce que au cours de ses 11 années, cette culture geek s’est développée.

Il existe maintenant des conventions qui revendiquent le fait de célébrer cette culture, un peu partout en France, la grand-messe ayant lieu le premier week-end de juillet à Japan Expo, mais celle-ci existait avant le lancement de Nolife. D’autres, plus intimistes, plus authentiques, ont vu le jour. Je pense notamment aux Geek Faeries, à Selles-sur-Cher. Il y a deux ans, je passe devant un stand d’une maison d’édition qui publiait des livres des livres de science-fiction et de fantasy. Je discute avec la jeune femme qui tenait le stand pendant une heure. Il n’y avait personne, donc on apris le temps. Elle voit ma sacoche Nolife et  me dit : «  Je vois que vous êtes spectateur de la chaîne, sachez que je participe à l’émission Rêves et Cris . » Comme quoi, le hasard faisait bien les choses. Maintenant, si nous devrons parler de Nolife au passé, les conventions, elles, perdureront surement.

Quant à savoir si un média comme Nolife  renaîtra un jour… Je suis certain que lorsqu’ ils se seront reposés et auront digéré cette fin très amère, nous nous retrouverons. Alex et Sébastien nous feront sans doute part de leur prochain projet quand le moment viendra, mais je doute que ce soit sous forme d’une chaîne de flux, déjà qu’en 2007, c’était chaud de se lancer.  Mais si c’était quelque chose d’encore plus grand ?  De plus fou ? Mais ça risque de prendre un peu de temps.

A l’heure actuelle, la comparaison avec Arte n’est pas idiote. La philosophie d’approche est même très semblable. Je suis certain que les rubriques jeux vidéo ou même culturelles ne dépareilleraient pas sur la plateforme Arte Creative. Elle qui  propose notamment Art of Gaming, présenté par Trinity, une émission vraiment intéressante. De plus, le directeur des programmes est Alain le Diberder. Si ce nom ne vous dit rien, sachez que c’est lui qui a lancé Canal+ dans les nouvelles technologies au milieu des années 90. Cyberflash avec la présentatrice virtuelle Cléo, c’est lui. Cyberculture aussi. Il a également lancé C: et Game One. Un espoir peut-être ? Mais laissez-moi rêver enfin!

Pour le moment, quelques anciens membres de la chaîne tiennent déjà des émissions  via Twitch ou des podcast audio. Médoc, ancien présentateur de l’émission EXP  consacrée aux jeux de rôle fait des streams assez régulièrement, et fait aussi le podcast Le Cosy Corner avec son compère Moguri. Je vous assure c’est à écouter. Vous avez aussi Caroline qui streame aussi certains soirs. Et n’oublions pas Damdam, habituée depuis longtemps de la plateforme.  Je mettrai les liens en fin d’article. Et des let’s play, vous en avez plein, désormais. A vous de choisir le youtubeur/streameur qui vous convient.

Mais c’est surtout au travers des livres que cette culture se voit le mieux. Des maisons d’édition à la thématique geek ont vu le jour ces dernières années, c’est fou. Entre Omaké Books, de Florent Gorges, qui était également sur la chaine, Mana Books, Third Editions, Pix’n’Love,  L’écureuil Noir du Docteur Lakav,  vous voulez de la culture japonaise, du jeu vidéo et aussi des choses autour de ce loisir  ? Vous avez le choix.  Pareil pour l’imaginaire…

Les ambassadeurs

Donc, l’esprit de Nolife est bien là. Mais plus que tout, ce sera à nous de faire en sorte qu’il persiste. Il ne s’agit pas de se lancer dans des projets fous. Des projets sans moyens en pensant faire comme elle. Ce serait sans doute suicidaire. Même si j’ai vu quelque chose qui semblait un poil sérieux. Je surveillerai ça de près. Et je suis sur que d’autres naîtront, peut-être encore plus fous.

Mais ce n’est pas de ça dont je veux vous parler.  Nolife a fait de nous, désormais, ses ambassadeurs. Il existe des lieux où les anciens membres du forum se retrouvent.  le Notamment un forum, qui s’appelle le forum de l’Association des Téléspectateurs de Nolife (ATNL), qui s’est formée lorsque la chaîne était en redressement judiciaire. Toutefois le forum de la chaîne reste ouvert pour quelques temps. Mais  je suis sur que lors des conventions à venir, des rencontres IRL, Nolife sera évoquée avec bienveillance. Et c’est peut-être pour ça que rencontrer les autres est essentiel. Pour ne pas rompre le lien qu’elle a su créer. Pour se remémorer la chaîne, son esprit… refaire le monde comme si elle existait toujours… Tout ce que je sais pour le moment, c’est qu’elle m’a rendu plus sociable au moment où j’étais au plus bas dans tous les domaines.

Chez moi, l’esprit de Nolife vivra toujours. Grâce aux liens que j’ai pu nouer grâce à la chaîne,  mais aussi grâce à ce qui se trouve sur cette photo:

DSC_0072 modifiée

C’est une bannière faite par Mathieu il y a de cela 10 ans. J’ai eu de graves problèmes de santé, et je n’ai pu me rendre à Japan Expo,  car je suis allé faire ma convalescence dans le Tarn de mes ancêtres. Il a alors eu l’idée de faire une bannière à mon intention, en tant que membre du forum, et de faire signer le staff de la chaîne et les membres du forum qui y étaient présents. Reste une pièce unique. Moi j’ai la bannière verte, lui, la rouge qui est plus grande. Mais grâce à cela l’esprit de Nolife restera un peu chez moi. Et chez lui, aussi.

Voilà, maintenant, il reste à dire un dernier  » Merci » au staff de la chaîne. Merci pour la soirée de dimanche, et désormais, la fin [E] de NieR Automata n’aura pas la même saveur. Une saveur…particulière. J’ai du mal encore à me dire que la chaîne n’est plus.

A tout ce qui nous a unis,  pour les projets qui se sont faits, et qui naîtront. A notre chaîne déchue, à ces 11 années de grand huit, d’ascenseurs émotionnels, car si ce fut le cas pour le staff et sans doute puissance 1000, ce fut aussi le cas pour  ses spectateurs.  A tout le bonheur que  vous nous avez apporté, aux liens de la communauté que vous avez fait naître, aux connaissances, aux amis, aux moments de Japan Expo, à nous, à vous. 

Merci, Nolife. Même si ce mot est ridicule car c’est au-delà des mots pour ce que vous avez réussi à faire. Merci, et au revoir. J’ai bien dit « au revoir » et non pas « adieu ».  Car je suis sur que cette longue aventure, 11 ans tout de même, n’était autre qu’un… DÉBUT. 

Liens utiles :

Le forum de la chaîne reste encore ouvert quelques jours, profitez-en pour dire un dernier au-revoir au staff, ils le méritenthttps://forum.nolife-tv.com/

Le forum de l’Association des Téléspectateurs de Nolife, utile pour se retrouver une fois que le précédent aura fermé : http://forum.atnl.fr/index.php

Le Ask Me Anything de Sébastien Ruchet, si vous avez des questions à lui poser sur la fermeture de Nolife ou le féliciter du travail accompli l’un n’empêchant pas l’autre et l’inverse est également vrai : https://www.reddit.com/r/france/comments/8ay8u3/je_suis_s%C3%A9bastien_ruchet_de_nolife_la_cha%C3%AEne_de/

Les chaines Twitch : 

Damdam : https://www.twitch.tv/damdamlive

Médoc : https://www.twitch.tv/elmedoc

Caroline : https://www.twitch.tv/kaorinchan

Pour écouter le Cosy Corner, de Médoc et Moguri : https://soundcloud.com/lecosycorner

La venue d’une nouvelle émission, d’un stream est généralement annoncée sur les réseaux sociaux, donc tenez-vous au courant par ce biais si vous voulez aller leur rendre une petite visite. Je suis sur que ça leur fera plaisir.

 

 

Geek Contest #13 Pourquoi c’est drôle, l’humour ?

Heureusement qu’il y a Kavaliero et son Geek Contest pour faire oublier le contexte morose de ces derniers jours, notamment avec la nouvelle apprise dans l’article précédent. Mais peut-être que c’est dans ce genre d’articles, ou avec les TFGA d’Alex, que la culture Geek se transmettra un peu en révélant aux autres ce que nous aimons dans le domaine. Car ce sera à nous de reprendre le flambeau hélas laissé vacant par Nolife. Mais plutôt que de vous faire un autre article sur la chaîne-je ne vous cache pas qu’un autre arrivera- respirons un peu, je vais vous faire part de mon Geek Contest d’avril, qui porte sur l’humour. Donc, voici mon classement :

Le jeu vidéo :  Day of the Tentacle

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Je pense que beaucoup citeront des jeux de feu Lucas Arts dans cette catégorie. Car il faut bien le dire, leurs jeux étaient des merveilles d’humour et d’inventivité. Le mien se porte sur Day of the Tentacle, délicieusement dingue et déjanté, ne serait-ce que par la tronche des trois héros principaux. Le contexte est simple : la Tentacule Pourpre, un des animaux de compagnie du Docteur Fred, a bu de l’eau polluée par le Pollu-O-Matic et veut désormais dominer le monde. La tentacule Verte donne l’alerte et envoie une lettre à Bernard, Hoagie et Laverne. Ils décident de se rendre au manoir pour trouver u moyen de contrer les plans de Pourpre, que Bernard libère à son arrivée. Le dr. Fred leur propose alors d’emprunter le  » Chrono WC », des toilettes qui permettent de voyager dans le temps. Le trio devrait normalement se retrouver une journée avant que Pourpre ne boive l’eau. Mais, alimentés par un diamant en toc, les trois cabines partent..loin. Hoagie se trouve bloqué 200 ans dans le passé, Laverne 200 ans dans le Futur et Bernard… dans le présent. Le jeu avait des énigmes originales, comme par exemple, celle de faire abattre un « cerisier » à George Washington… Si vous ne l’avez pas fait, sachez que le jeu a été réédité en version HD sur PS4 Xbox One et PC.

Le film : La cité de la peur

affiche la cité de la peur

Le film de Les Nuls est un classique du genre. Délicieusement absurde, je serais capable de réciter les meilleures vannes du film, voir le film entier si on me demandait. L’histoire : Pendant le Festival de Cannes,  un serial killer tue tous les projectionnistes du film « Read is Dead« , réalisé par Odile Deray, à la manière du tueur du film.  Or, ces dernier s’avère être un navet intégral. Elle se dit que cela pourrait faire une belle pub au long-métrage. Dans le même temps, Serge Karamazov va servir de garde du corps à Odile, mais aussi à Simon Jérémi, l’acteur principal du film.  Un film idéal qui conclut en beauté l’aventure des Nuls.

La série : Friends

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J’aurais pu mettre de nouveau Red Dwarf mais ça aurait fait redite.Alors je mets Friends, qui a alimenté mes années collège et lycée. Mieux encore, je pouvais voir les aventures de Rachel, Monica, Phoebe, Ross, Joey et Chandler en version originale sous-titrée, car mes parents étaient abonnés à CanalSatellite, et c’était Canal Jimmy qui avait ce privilège.  Je me souviens que je gérais le trafic de VHS de la série au lycée. C’était drôle,  et bien produit. Pas étonnant qu’elle soit désormais culte parmi les sitcoms…

Le livre : Les annales du Disque-Monde

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Ou plutôt, la série de livres. Le Disque-Monde, créé par Terry Pratchett, est un univers foisonnant, prouvant que l’héroïc fantasy pouvait être plus « fantasy » que « héroïc ». Vous découvrirez des héros hauts en couleurs, souvent déjantés, et des histoires qui ne manquent pas de piquant, le tout sur une planète toute plate, posée sur le dos de quatre éléphants eux mêmes debout sur la carapace d’une tortue géante  qui navigue dans l’univers. On y croise d’ailleurs souvent La Mort… L’avantage, c’est que ces monuments d’absurde peuvent être lus dans n’importe quel ordre…

La personne : François Pérusse

francois pérusse

Et c’est un Québécois qui  est dans cette catégorie. Je ne le remercierai jamais assez pour  ses capsules Les 2 minutes du Peuple, que j’écoutais d’abord sur Rires et Chansons, puis Internet aidant, je peux maintenant en écouter plein sans me soucier des horaires.  Tempo rapide, jeux de mots, absurdités en tous genres,objets improbables ( on se souviendra des joints d’étanchéité pour conduits d’évacuation de climatiseur de morgue),  les pastilles, d’une durée d’environ 2 minutes, disponibles en québécois et français standard, sont  à écouter et réécouter, encore et encore. Et j’espère que vous avez déjà entendu « Le petit commerçant », sa dernière pastille en français standard, qui prouve qu’il n’a rien perdu de sa verve et son humour mordant. 

Voilà, c’est tout pour ce Geek Contest. N’hésitez pas à aller voir les autres sur cette page .

Et n’oubliez pas qu’il n’y a pas que la vraie vie dans la vie…