Archives de Catégorie: Ce n’est pas un flim sur le cyclimse

nanars, c’est à dire films ratés, mais qui ne se prennent pas au sérieux, et qui du coup deviennent drôles.

[critique film] Machete Kills

Si vous voulez un film qui fasse dans la finesse, passez votre chemin, car Machete Kills, comme le film précédent et sans doute le suivant, est tout le contraire. Il n’a pas été élu film le plus lent de l’année après Derrick. Mais dans le genre plus c’est énorme, plus ça passe, en revanche, il peut rafler la mise sans aucun problème! Le scénario n’est qu’un prétexte : alors qu’il était sur le point d’être pendu par un shérif redneck (ou montargois, au choix), notre héros badass se voit confier une mission par le Président des Etats-Unis : éliminer un révolutionnaire mexicain reprochant aux US de ne pas s’occuper du problème des cartels… Voilà. C’est tout. Et même si les choses sont un peu plus complexes qu’elles ne paraissent, c’est parti pour 1h50 environ de têtes coupées, de sang rouge qui tache, de scènes over the top tant c’est énorme, une bonne dose d’humour, parfois ( très) noir, de références et de punchlines nanardesques. Un film purement fait pour le divertissement, joyeusement bordélique et sans sens défini, s’affranchissant de certains codes trop formatés du cinéma hollywoodien pour apporter, en plus, des mindfucks bien sympa ( le coup des lunettes 3D,  ou du soutif mitrailleur, rien que ça)  ainsi que pas mal de bris du quatrième (voire du cinquième, il y en a un dans le film) mur. Robert Rodriguez permet ainsi  avec ses ellipses et autres figures du genre de donner un certain rythme au film. D’autant que c’est plutôt bien réalisé, malgré de nombreux faux raccords, et les scènes d’action sont lisibles. 

" Les gars, quelqu'un a besoin d'un bon rasage ?"

 » Les gars, quelqu’un a besoin d’un bon rasage ? »

On retrouve bien entendu Dany Trejo dans le rôle de notre mexicain pas content du tout, Michelle Rodriguez revient également dans ce film et le rôle du méchant est tenu par Mel Gibson, qui est cette fois inventeur de plusieurs armes fatales. Les scènes d’action dépotent sur fond de musique furieuse, on rigole bien,  c’est le délire total dans cette farce qui ne renie pas non plus ses références au comics. Ce n’est pas du « grand » cinéma dans le sens où on l’entend, mais un peu de fraîcheur délicieusement absurde ça fait vraiment du bien. Evidemment, les gardiens du cinéma en tant qu’art ne vont pas aimer ( je ne donnerai pas de nom, mais on en voit dans tous les magazines français comportant une rubrique ciné). Et il faut accrocher au délire de ce film qui ne va pas plus loin qu’offrir du divertissement de série B et on peut dire que sur ce plan, oui, il atteint son but. Ou plutôt, il le transperce . 

Julius

affiche Machete Kills

Machete Kills

Genre : WTF complet

Réalisateur : Robert Rodriguez

Avec : Dany Trejo, Michelle Rodriguez, Mel Gibson, Demina Bichir, Sofia Vergara…

Durée : 1h48

Distribution : Wild Bunch Distribution

En salles depuis le 2 octobre 2013

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[Critique Supernanar] The Room

La notation et l’évaluation  d’une telle oeuvre est juste impossible. Ce n’est pas du cinéma. Ce n’est pas un navet complet non plus… En réalité, il faudrait inventer une autre catégorie de nanar  rien que pour lui. Un übernanar, en quelque sorte. Quand on regarde The Room, on  vit une espèce d’expérience visuelle et sonore tellement particulière qu’on se dit que  Tommy Wiseau est un génie. Incompris, certes, mais un génie quand même. Arriver à faire rire  alors que le film n’a rien d’une comédie relève du prodige pur et simple. Et pour cause , les scènes sont jouées de telle façon qu’elles en deviennent hilarantes malgré elles.  Et l’acteur qui s’en sort le mieux dans tout ça… C’est Tommy Wiseau himself.  Les incohérences sont telles qu’on se dit qu’il n’y a aucun autre film pour rivaliser. Et puis il fallait oser pour l’affiche, mettre un portrait de Wiseau avec les yeux mi-clos,  de façon à ce que la fascination qu’il dégage ne commence même AVANT d’avoir vu le film.  C’est tellement mauvais,  à tel point que le film dégage déjà une aura de  » culte ».  Aux Etats-Unis,les gens viennent  aux projections et reviennent même. Se pourrait-il que cela  fasse de même en France ?  A Paris, une séance prévue ce soir au Panic! Cinéma a vite affiché complet, si bien qu’il a fallu en mettre deux  autres plus tôt.  C’est bien la preuve que Wiseau est bien le meilleur dans le pire, de ce film plaisir coupable qui montre bien que  c’est une performance à tous les niveaux.

Le film est projeté ce jour même au Panic! Cinéma à Paris. Les séances de 22h00 et 19h30 sont complètes, mais il reste des places pour celle de 17 heures à l’heure où j’écris ces lignes.  A vous de voir si vous êtes prêts à tenter l’expérience de cet OFNI ( Objet Filmique Non Identifié)…

Julius

affiche The_Room

The Room

Réalisation : Tommy Wiseau

Année : 2003

Genre : übernanar (!)

Avec : Tommy Wiseau, Greg Sestero et Juliette Danielle

Durée : 1h39

[Critique film] Postal

Oui, j’ose pour inaugurer la rubrique «  ce n’est pas un flim sur le cyclimse » parler d’un film d’un réalisateur allemand que les amateurs de navets connaissent bien, je parle bien entendu d’ Uwe Boll, et de ses adaptations de jeux vidéo en films absolument ratés que ça en devient un exploit. Il n’y a qu’à voir les adaptations de Far Cry, The House of The Dead, Alone in the Dark et d’autres encore ( non, D.O.A. Dead Or Alive, c’est de Corey Yuen) et Postal pour s’en convaincre. Ah non, pas Postal ! Vous le savez, dans un océan d’immondices, il peut arriver parfois que quelques perles surnagent. Postal en fait assurément partie, et je vais vous expliquer pourquoi c’est un nanar qu’on peut aimer.

 Déjà, parce que le rôle principal du film, c’est un acteur qui a deux handicaps : il n’a aucun charisme, et de plus, il est roux ! Boll prend donc à contrepied tous les rôles qu’on voit dans les blockbusters hollywoodiens, bref, les beaux gosses, ce n’est pas là que vous allez les trouver.

Bien entendu, je ne vous parle même pas de sa femme, autrefois magnifique, maintenant rombière qui ne pense qu’à s’envoyer en l’air dans le mobile-home où ils habitent tous les deux. Tu parles d’une vie de loser…

 L’intrigue du film est d’ailleurs bien tordue : Un postier ( notre roux, donc), est mis à la rue à cause des dépenses de sa femme. Ruiné, il décide donc avec son oncle de faire un casse au parc d’attractions de la ville, appelé Little Germany et financé par l’or des nazis. Malheureusement, c’est alors que débarquent une bande de terroristes musulmans, menés par Ben Laden lui-même avec la même idée en tête…

 Et c’est donc parti pour un film qui ose tout. Quand je dis tout, c’est vraiment tout, même de rire des sujets qui sont difficiles à traiter sur un registre parodique : les terroristes musulmans, qui sont de mèche avec George W. Bush : Ben Laden lui passera plusieurs coups de fil, qui commenceront toujours par « Salut, vieille canaille! », et ses sbires se demandent toujours combien de vierges ils vont pouvoir se taper s’ils se sacrifient en martyrs, et d’autres choses du genre. C’est comme si Boll se disait que OK, il faut aller dans le mauvais goût, mais vraiment, et donc, autant y aller à fond. Si une mère et son landau passent dans la rue, une voiture les renverse ! Un flic noir sort même des clichés racistes sur les asiatiques, bref, les clichés abondent, ça débloque dans tous les coins, et personne n’est épargné, le film fait des fusillades avec du gros rouge qui tâche, et les enfants sont mêmes touchés. La bataille finale est d’ailleurs bien azimutée…

Il faut aussi souligner que Boll fait une apparition et a un sens de l’auto-dérision très poussé dans son propre film, en effet, il meurt en disant « Che hais les cheux fidéo! » ( phrase dite en VF avec l’accent germanique) et au vu des films qu’il a fait avant en rapport avec le sujet,on veut bien le croire. Pourtant, celui-ci en est également une adaptation.

La réalisation est moins maladroite que dans certains de ses films, il a pris le temps de gommer certains défauts flagrants, comme les rails de travelling de la caméra, et il n’inclue pas des images tiré du jeu éponyme croyant faire genre alors qu’en réalité, ça contribue à rendre le tout encore plus ridicule. Les dialogues font moins dans l’absurde complètement vide de sens. Tu apprendrais donc de tes erreurs, Uwe ?

Postal va à l’encontre du bon goût et le fait en plongeant les deux pieds dans le plat. Il ne m’a pas fait aimer les autres films de Boll, et ne me fera pas dire que c’est un grand cinéaste, mais celui-ci est tellement poussé à fond dans son délire,qu’au final, cela donne un des « moins pires » du réalisateur. Il est donc un nanar qu’il est permis d’aimer, et mieux encore qu’on peut ressortir entre potes lors de soirées histoire de bien se marrer, pour peu qu’on accroche au délire.

Julius