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Cinévrac de mars 2018

Bonjour et bienvenue dans un nouvel article . Cette fois, un cinévrac consacré à deux excellents films, à savoir La Forme de l’eau de Guillermo Del Toro et The Disaster Artist de James Franco.

La forme de l’eau : Guillermo del Toro à son meilleur

affiche la forme de l'eau

La forme de l’eau est sans doute l’aboutissement du cinéma du réalisateur mexicain. C’est vrai, il est un personnage particulier, avec son propre univers. Ce qui lui permet de faire des films très singuliers, mais pas toujours compris par la critique. La forme de l’eau, c’est toute son expérience au service du cinéma. Le film raconte une histoire d’amour. Mais qu’est ce qu’elle est belle, entre une jeune femme muette et une créature humanoïde aquatique . Deux êtres incompris, inachevés, différents du reste des humains qui peuplent le lieu de l’action.  Elle, c’est Elisa, une jeune femme employée comme femme de ménage dans un centre de recherche ultra secret des Etats-Unis dans les années 60, en pleine Guerre Froide. Un jour, elle est témoin de l’arrivée d’une mystérieuse créature aquatique dans le centre. Petit à petit, elle va chercher à mieux la connaitre. Et sans doute la créature est le personnage qui a le plus d’humanité de tout le film.  Del Toro montre aussi les travers de l’époque, notamment une Amérique raciste et paranoïaque. Les Russes et leurs espions sont également de la partie… Mais voilà, Del Toro nous fait comprendre que les méchants ne sont pas forcément ceux qu’on croit. Ni même les monstres.  On notera l’excellente performance de Sally Hawkins en femme muette. A vrai dire, les acteurs sont tous bien dirigés, bien que le méchant de l’histoire soit un peu caricatural.  Bien entendu, la réalisation est à la hauteur des enjeux : le métrage offre une photo soignée, esthétique avec des plans magnifiques. On retiendra notamment celui d’ouverture et celui de conclusion. On notera aussi l’excellence de la bande originale. Une belle romance pour un excellent film avec un beau message sous-jacent à l’intérieur. 

La Forme de l’eau ( The Shape of Water)

Réalisation : Guillermo del Toro

Genre : fantastique

Avec : Sally Hawkins, Michael Shannon, Richard Jenkins…

Durée : 2 h 03

Distribution : Twentieth Century Fox France 

En salles depuis le 21 février 2018

The Disaster Artist : La fabrique d’un nanar culte

affiche the disaster artist

The Room de Tommy Wiseau est un OVNI nanardesque comme on en a jamais fait avant et dont on en fera jamais plus après. Malgré la qualité désastreuse du métrage, ce dernier est devenu culte par son ridicule et continue à être diffusé en séances spéciales. On ne sait d’ailleurs toujours pas grand chose de Wiseau lui-même…le type lui-même semble venir d’un autre monde! Pour rappel, une critique de ce film est disponible sur ce blog.
Mais The Room aura également été une expérience traumatisante pour son partenaire de jeu principal, Greg Sestero, qui tirera un livre de cette aventure, intitulée « The Disaster Artist« . Le film est donc une adaptation du bouquin.
Il n’en reste pas moins que même sans avoir lu le matériau d’origine, The Disaster Artist est un très bon film. Il raconte la rencontre entre Wiseau et Sestero tous deux joués par les frères Franco,, et comment ils en sont venus à créer leur film. Wiseau, en réalité, ne connaissait rien en cinéma ni en jeu d’acteur, mais était persuadé d’être excellent. Ce dernier lui demande d’où vient son aisance, alors que lui n’arrive pas à se libérer. Mais les choses ne seront pas si simples. Le tournage prendra énormément de retard, et Tommy, à la fois scénariste/réalisateur/acteur ne tolérera aucune contestation, se comportant en véritable dictateur.
Il faut souligner ici que le film est une performance à plusieurs niveaux : reconstitutions des scènes du nanar à l’identique, c’est déjà très bien, mais aussi la performance incroyable de James Franco dans le rôle de Tommy Wiseau. Tout simplement incroyable, on dirait le vrai… Autrement dit, c’est un bon acteur qui se retrouve dans la peau d’un mauvais. Mais il reprend tout de lui, son look, et surtout sa façon de parler et ses attitudes, et de fait est méconnaissable.
Ensuite, le film est aussi une réflexion sur le métier d’acteur et de comédien. En effet, il ne suffit pas de connaitre ses classiques, encore faut-il savoir les jouer. Ce que Wiseau et Sestero auront bien du mal à faire. Mais, si le second sait évoluer et apprendra ses limites, le premier, lui est persuadé de son talent. Ce sont en réalité deux amis que tout oppose : l’âge, et leur manière d’être. En témoignent les deux scènes où ils rencontrent chacun une figure connue d’Hollywood : Wiseau est clairement dérangeant dans tous les sens du termes, tandis que Greg, au hasard d’une rencontre dans un magasin, se la jouera modeste quand il se verra proposer un petit rôle. Je ne vous révélerai pas qui sont les deux personnes rencontrées, mais sachez qu’il y a beaucoup de  » guests » jouant leurs propres rôles.
C’est aussi une réflexion sur le cinéma : The Room aurait-il dû sortir en l’état ? Mais plus que tout, il se dessine en filigrane la machine à broyer que peut également être Hollywood. Combien d’acteurs réussissent vraiment dans ce monde impitoyable ?
Voici quelques raisons qui font que The Disaster Artist, contrairement à son nom, n’est pas un désastre et est à voir. Sans compter la surprise post-générique. Et pas parce qu’il y a aussi The Rythm of the Night, de Corona ( la chanteuse, pas la bière).

The Disaster Artist

Réalisation : James Franco

Genre : Biopic

Avec : James Franco, Dave Franco, Seth Rodgen, Alison Brie…

Durée : 1 h 43

Distribution : Warner Bros France

En salles depuis le 7 mars 2018

[bouquins] La combine à nanars

 

IMG_20171013_155739Bonjour et bienvenue dans un nouvel article. Cette fois, pas de jeu vidéo ou de film, mais deux livres. Deux volumes qui parlent des mauvais films, en fait. Donc, on va parler de cinéma, aussi. Mais de trucs tellement mauvais qu’ils en deviennent drôles et leur défauts et maladresses visibles les rendraient presque attachants. Je vous présente donc Nanarland  épisode 1 et 2,  qui parlent, bien entendu, des « nanars » terme qui n’existe qu’en français pour désigner le « cinéma bis ».  Beaucoup connaissent le site nanarland.com,  véritable mine d’or pour tout nanardeur qui se respecte. L’équipe a également fait une émission, Escale à Nanarland diffusée sur le site d’Allociné.

1-C’est quoi un nanar ?

La particularité du nanar, c’est que c’est un mauvais film, mais poussé à l’extrême. Réalisation à la ramasse, budget ridicule qui se voit à l’écran,  effets spéciaux cheapos, scénario improbable, mise en scène hallucinante, cadrages foirés,une somme de défauts tels que les longs métrages deviennent drôles malgré eux. A tel point qu’ils en deviennent risibles, et géniaux. Malgré eux, certes, mais géniaux quand même.

Le monde de ce cinéma alternatif, pour peu que cela en soit, a ses figures iconiques. Les gamers connaissent particulièrement bien Uwe Boll,  réalisateur allemand pour des films foireux qui portent le nom de certains jeux vidéo, tels que House of the Dead (avec images du jeu de Sega incrustées à l’arrache sur lesquelles on peut lire « Press Start Button »), Alone in the Dark ( putain la bataille dans l’obscurité totale!) ou encore Postal. Postal, dans lequel le gus sera grimé en costume bavarois et mourra d’une rafale de mitraillette en disant « Che hais les jeux vidéo! » Ouais, on avait compris, depuis le temps. Il aurait pu continuer longtemps, si le système de financement du cinéma d’outre-Rhin ne lui avait pas fermé les vannes.  C’est ballot, hein… Boll est comme ses films : mal dégrossi au niveau caractère, au point d’inviter ses détracteurs à venir le défier sur un ring de boxe.  Parmi les réalisateurs fétiches,  il y a aussi Bruno Mattei, faiseur de remakes non-officiels de certains films d’action des années 80, comme Rambo, Commando, ou encore Predator. En plus nul, plus fauché et en plus moche.

affiche The_Room

Mais celui dont les nanardeurs parlent encore, c’est Tommy Wiseau. Un drôle d’oiseau, ce Wiseau, mais qui a fait un film iconique du nanar : The Room. Franchement, il faut le voir pour le croire. Une expérience , clairement, qui a visiblement été traumatisante pour Greg Sestero qui a publié The Disaster Artist, un livre témoignant de sa rencontre avec Wiseau et de son expérience dans The Room.

En fait, tous les genres, même le X, n’échappent pas au nanar. Et ne vous inquiétez pas, si vous voulez traumatiser vos enfants, il y a largement de quoi faire. S’ils ne sont pas sages, passez-leur Foodfight! ou mieux, Ratanouilles en faisant croire que c’est l’original de Disney. une faute de frappe sur la jaquette, ça peut arriver.  Et ne vous inquiétez pas, les Français se débrouillent également fort bien dans ce domaine. Le Führer en Folie donne une idée de ce que les mangeurs de grenouilles sont capables de faire de pire. Repose en paix, Patrick Topaloff.

2-Les livres 

IMG_20161012_134345Je n’en ai cité (et vu) que quelques uns, mais 100 de ces mauvais films sympathiques se retrouvent donc dans ces deux tomes de Nanarland, ce qui en fait 50 par ouvrage, et ce sont de plus de beaux livres. Le volume 1 a le noir comme couleur dominante et le volume 2 le rouge. Ils sont rangés dans un étui cartonné illustré, et leur couverture représente une cassette VHS, comme vous pouvez le voir sur la première photo. Amis nostalgiques, bonjour!  Ensuite, le papier est épais et dégage une certaine odeur même sans coller son nez dessus. Les films sont classés par catégorie, renommées pour l’occasion, telles  » versions…originales » ou « enfances souillées« , et sont présentés sur quatre pages : La première contient l’affiche du film, son synopsis et certaines données comme le réalisateur, la durée et l’année de sortie. Les pages 2 et 3 la critique proprement dite, avec des photos d’illustrations légendées avec humour. La page 4  est un « best of » du film, qui  présente la meilleure scène, la meilleure réplique, un fait en rapport et les métrages qui lui ressemblent. L’encadré dans la partie inférieure de cette même page permet d’en apprendre plus sur un réalisateur, un studio, ou un phénomène comme la « Bruceploitation », consistant à exploiter le mythe de Bruce Lee avec des acteurs et des noms plus ou moins ressemblants, et souvent moins que plus d’ailleurs.

Les critiques sont bourrées d’humour, la maquette est ingénieuse et le classement par catégorie permet d’aller piocher dans nos genres favoris. Même s’ils ne rassemblent qu’une petite partie de la production nanar, le contenu est riche et le cachet « vintage » devrait plaire à tous les amateurs. Et c’est aussi un guide idéal pour compléter sa collection, au besoin.  Car il ne faut pas oublier une chose dans ce domaine : que le pire n’est jamais décevant.

Voilà, je vous dis à bientôt pour un nouvel article.

 

Nanarland, le livre des mauvais films sympathiques épisodes 1 et 2

Auteur principal : François Cau

Éditeur : Akama

Nombre de pages : 272 et 271

Prix : 19,90 € pour chaque volume.