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[Presse caca] Le cas Tests Micro et Jeux Vidéo

Avant de commencer cet article proprement dit, je tiens d’emblée à écarter une chose : Je n’ai pas été payé, ni commandé par qui que ce soit pour écrire cet article. Et veuillez excuser le stylo rouge sur les scans, c’est une déformation professionnelle. Je vous présente donc la nouvelle oeuvre des éditions Balisier, j’ai nommé : Test Micro et Jeux Vidéo.Numérisation_20171128 (2)

 

Qui aurait cru qu’un jour, ils reviendraient ?  Souvenez-vous, j’avais publié un article pas très gentil, et dit tout ce que je pensais de Jeux Vidéo Pratique numéro 2. Puis j’ai fait une fausse enquête pour faire sourire ce qu’était devenu l’équipe de rédaction du bousin, vu qu’elle n’avait plus donné signe de vie depuis juin dernier. Eh bien, avec Tests Micro et Jeux Vidéo, ils sont de retour, et  pas forcément pour le meilleur hélas. Mais laissez-moi vous décrire  ce que prétend faire cette revue : faire les tests high-tech des meilleurs ordinateurs du moment et des jeux vidéo, histoire de faire deux magazines en un seul. Il faut avouer, c’est « concept ».

1-Un édito qui met d’emblée mal à l’aise

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Quand on ouvre le nouveau torchon des éditions Balisier, on tombe sur l’édito du rédacteur en chef, qui s’avère être une fois de plus Stéphane Moreau, qui l’était déjà sur Jeux Vidéo Pratique.  Malheureusement, le bonhomme ne semble pas avoir appris de ses erreurs. En effet, il accuse toujours les concurrents  de collusion et d’être corrompus,  en parlant de  » tests truqués » et revendique son magazine comme étant le seul spécialiste en  presse informatique. Ah, vraiment ? Et 01NetPC Update, Canard PC et consorts ?  Je suis désolé, mais parfois, il faut arrêter le délire. La parano se soigne, M. Moreau.  Pire, son édito est à la limite du compréhensible, avec des formules dont on ne sait pas d’où elles sortent, comme « nous avons passé des centaines de machines et de jeux au peigne fin et à la râpe à fromage ».  Pardon ? Mais je crois que le pire, ce sont les mots du début : « Eh bien quoi ? Souriez! »  Désolé, mais non. Pas quand on voit l’équipe de JVP en état de récidive. Mais le pire dans tout ça, c’est que la photo  d’illustration elle-même met mal à l’aise. On y voit M. Moreau sur un balai-cheval habillé en cow-boy avec casque de réalité virtuelle ouvrant grand la bouche.  Bref, ça part très mal et ça promet pour la suite.

2- Toujours pas de maquettiste

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On retrouve les énormes défauts déjà mentionnés dans  l’article sur JVP. Une couverture divisée strictement en 2 avec un pavé jaune à gauche, présentant le matos  avec des étoiles, à tel point qu’on croirait un ancien prospectus pour Surcouf. A droite, sur fond vert, c’est pour les jeux vidéo. Sans doute pour montrer « deux magazines en un ».

Le papier est de mauvaise qualité, comme si on tenait un brouillon entre les mains. C’est désagréable.

Les pages sont toujours aussi anarchiques. Comprenez :  images toujours disproportionnées, superposées et coupant parfois un texte en deux. De fait,  leur disposition est toujours bancale,  et on se demande parfois ce qu’elles illustrent.

Mais le pire, c’est la disposition des textes. Le magazine se voulant  » 2 en 1″  des tests, vous allez en bouffer. Mais la partie informatique est tellement dense qu’elle en devient indigeste. Parce que comme dans JVP, c’est à la suite les un les autres, sans séparation. Et vu tout ce qu’ils ont testé, ils ont dû prendre tout le matos disponible en magasin depuis des mois!  Parfois, on retrouve une conclusion répartie sur la page suivante.

Les tests de jeux sont comme dans JVP, la note en moins.  Celle-ci a été supprimée mais pour le reste, c’est de longueur inégale, mais cela fait tout au plus dix/vingt lignes,  et ça enchaîne à la suite. il faut tellement que ça rentre que deux  des plus gros hits de cette fin d’année, à savoir Super Mario Odyssey et Assassin’s Creed origins,  sont testés tous deux sur la même page! Une moitié pour chacun, c’est honteux. De fait, bien entendu, les tests ne sont pas développés, et c’est vraiment dommage, on lit, mais on apprend rien de plus.

Le résultat donne un magazine indigeste, dur à lire, notamment à cause du contenu qui lui aussi, est sujet à caution sur bien des points.

3-Des erreurs à foison

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Le magazine est toujours aussi mal écrit. Les textes sont toujours autant truffés de fautes, d’ailleurs on en trouve deux belles sur la couverture (un comble), dont « Best-Off » m’a immédiatement sauté aux yeux. Certains paragraphes sont justes incompréhensibles, je ne sais pas où ils sont allés pêcher certaines expressions comme « peigne fin et râpe à fromage »,  mais ça ne veut strictement rien dire. On retrouve les « grr! » et  » brr! » qui passent très mal à l’écrit, il y a même des smileys, et certaines  conclusions sont justes aberrantes. Ah, aussi, j’ai trouvé un « gneuh ?  » lorsqu’un des  rédacteur exprimait son incrédulité… C’est dire le niveau.

On retrouve aussi  l’incitation  malsaine à la dépense avec certaines phrases comme « faites chauffer vos cartes bleues« .

Certaines news sont datées, et donnent l’impression que le titre a plusieurs mois de retard. Tout comme les interviews, d’ailleurs, qui datent de … L’Evry Games City 3, qui a eu lieu… en avril. Pour un magazine qui sort… FIN NOVEMBRE.  D’ailleurs, les questions de l’intervieweuse sont mal posées, à croire qu’elle ne sait pas reformuler les choses…

Mais il y a aussi des erreurs factuelles. Je me demande ce qu’a avalé le testeur de Persona 5, pour rédiger un test de cette « qualité », autant ne rien lire, dans ce cas. Mais c’est quasiment comme ça pour tout les tests.

Cela est particulièrement le cas quand le magazine essaie de  faire des articles de fond, comme les adaptations de jeux vidéo au cinéma, ou la rubrique rétrogaming consacrée à Chrono Trigger et Cross. Le problème, c’est que les deux passent totalement à côté du sujet.  Concernant le cinéma, s’interroger sur le fait que les adaptations ratées  reste légitime,  malheureusement l’article n’est qu’une longue énumération de films, sans traiter notamment les causes, à commencer par le budget. Ou même, rien sur Uwe Boll, nanardeur teuton qui donnait des noms de jeux vidéo à ses films… Il n’y aucune analyse. Il y avait tellement, tellement mieux à faire.

Quant au dossier sur les Chrono… Oh bordel… Je suis fan des deux jeux, autant dire que je ne laisse rien passer là dessus. Mais là, il faut bien dire que j’ai lu de bien meilleurs dossiers consacrés aux deux titres dans les années 2000 notamment dans Gameplay RPG ou Role Playing Game. Ça manque cruellement de profondeur, l’auteur mélange tout en passant de l’un à l’autre, et désigne Leena de CC comme étant  la petite amie de Serge. S’il est vrai qu’elle a des sentiments pour lui, elle est avant-tout sa voisine et amie d’enfance.  Il y a une nuance, tout de même.  De même, on apprend absolument rien sur les systèmes de combats, si ce n’est qu’on peut faire des attaques doubles et triples. Oui mais… Il n’y a pas que ça. le système ATB révisé dans CT ?  Le système d’éléments de couleurs opposées et le « field effect » de Cross ?  A la trappe.

Le paragraphe sur les musiques est truffé d’erreurs, avec tenez-vous bien, des titres mal retranscrits, voire traduits en français.  Pour la dernière section, je me demande d’ailleurs s’il n’a pas copié sur un de ses voisins… mais en moins bien. Aucune profondeur, bref, les Chrono méritaient mieux que la prose d’un joueur qui semble tout juste les découvrir, le fils du rédac’ chef, sans doute. Et je préfère qu’on ne dise rien sur eux plutôt que d’en dire de la merde. 

4-une arnaque sur toute la ligne

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Mais ce n’est pas le pire. Le pire, c’est qu’on trouve  deux soit-disant « tribunes libres », l’une en milieu de magazine concernant les banques en ligne, et l’autre à la fin, après la page abonnements ( une pensée pour les quelques couillons qui avaient succombé à l’appel de JVP, qui se sont fait arnaquer en beauté), sur la cybercriminalité. Sauf que… CE SONT DES PUTAINS DE PUBLI-COMMUNIQUÉS !!! Alors en soi, la loi autorise la publication de publi-rédactionnel dans un magazine, à la condition expresse que cela soit mentionné clairement aux lecteurs. Ici, RIEN. Tribunes libres, ah oui, bien sur… C’est normal qu’un article sur des banques en ligne soit écrit par quelqu’un qui en possède une et prêche pour sa paroisse ?

Quant à la dernière en fin de magazine, elle traite de la Cybercriminalité… Sauf que c’est écrit par un des concepteurs d’un antivirus, ESET, qui a une page de pub au début du magazine. Tu parles de tribunes libres. Tenter de camoufler  le publi-rédactionnel, c’est induire le public volontairement en erreur, et c’est intolérable. Rien que pour ça, le magazine ne mérite pas qu’on dépense des sous pour lui. C’est une arnaque intellectuelle complète.

Surtout que chez Balisier, on ne se prive pas. Comptez désormais 8,90 €. Oui, vous avez bien lu, presque 9 € pour un torchon qui vaut encore moins que JVP,  qui coûtait  2 euros de moins, qui a le même nombre de pages, utilise un papier médiocre, camoufle certaines choses au lectorat et est toujours aussi mal écrit. Ça s’appelle du racket pur et simple. 

5- Les responsables de Jeux Vidéo Pratique en état de récidive

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Je voulais être indulgent avec ceux qui avaient bossé sur Jeux Vidéo Pratique, mais là, je ne peux vraiment pas, étant donné que je vois que ce sont les mêmes qui ont commis ce truc. Hé oui, je lis les ours (rappel : en presse papier, l’ours est l’encadré qui mentionne tous ceux qui ont participé à l’écriture ou la fabrication du magazine).  Le tout chapeauté bien entendu par Stéphane Arfi, qui n’a aucune honte de remettre le couvert, en pire. De fait, ceux qui ont de nouveau collaboré à ça sont complices du désastre. Un magazine fourre-tout, fouillis, mal branlé, indigeste et surtout, qui ment aux lecteurs. Inadmissible, dans toute la presse. Un torche-cul dont même mon postérieur ne voudrait pas  en cas de pénurie que PQ. Pourvu que ce numéro soit le premier et le dernier.  Une fois encore, une pensée pour les arbres abattus qui ont servi pour faire la pâte à papier de ce truc.  Quand on a déjà pondu deux catastrophes intégrales cette année en presse papier, qu’on lui a plus nui que fait du bien, il faut se poser vraiment et se remettre en question. Mais ça n’a pas été le cas,  visiblement, et ils recommencent leur stratégie de nuisance à toute la presse JV,  qui risque, de nouveau d’être accusée de corruption. Bref, Arfi et sa bande, laissez le monde des jeux vidéo et de l’informatique tranquilles, la presse c’est fait par des professionnels ayant une conscience, alors ne venez plus avec vos deux pieds dans le plat pour tenter l’arnaque et faire comme les grands. Pourra t-on faire pire que ça ?  Je me le demande. Mais vu ce que je viens de lire, il faudrait vraiment le faire exprès. 

Voilà, c’est tout pour cet article, qui rappelle que la presse est un art difficile, à l’économie toujours précaire mais que ce n’est pas pour ça qu’il faut tolérer tout et n’importe quoi, et que tout n’est pas forcément bon à prendre, notamment dans le domaine des jeux vidéo. A bientôt pour un nouvel article.