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Suikoden I et II disponibles sur le PSN européen

J’en avais déjà parlé mais les deux premiers Suikoden sont disponibles  sur le PS Store européen. Ils sont proposé au prix de 4,99 € chacun, pour PS3 et Vita.  A ce prix, c’est quasiment donné, sachant que chaque jeu coûte 100 € si ce n’est plus en version physique! Le dématérialisé n’est qu’une petite contrepartie par rapport au plaisir de (re)jouer  à ces  monuments du J-RPG.

Si le premier est assez court en ligne droite, recruter les 108 étoiles  ajoutait du challenge. Mais c’est avec Suikoden II que la saga gagne ses lettres de noblesse: un épisode plus maîtrisé aussi bien en termes de narration que de technique ( malgré une traduction français affreuse),  sa richesse, le trio vedette Héros/ Nanami/Jowy  et ses améliorations du système de combat en a fait  un incontournable du genre.  Cette fois, le jeu est sorti en anglais.

Pour plus de détails, vous avez  les critiques de ces deux jeux sur le blog… SLES_024.43_15072013_203046_0309

Suikoden I et II enfin datés sur le PSN européen

Nous avons enfin une date pour la sortie de Suikoden I et II sur le PSN Européen. Finalement, ce sera le 4 février prochain.  Konami Europe a émis un tweet en ce sens. Si vous n’avez pas encore fait ces monuments de RPG japonais old-school, vous savez ce qui vous reste à faire… Et pour vous donner envie, vous avez au besoin les critiques des deux jeux présentes sur ce blog… Le prix sera annoncé ultérieurement mais cela m’étonnerait que les jeux soient vendu aussi cher que ceux que j’ai vu en boutique pour les versions boite (100 € chacun)…

Suikoden I et II PSN

[Critique RPG] Suikoden

Suikoden… Lorsque ce nom est apparu pour la première fois en 1995 au Japon ( et en 1997 chez nous) on se demandait comment faire pour arriver à prononcer le titre sans bégayer. Il s’avère que le jeu, et le titre est tiré d’un roman chinois issu de la tradition orale, traduite par «  Au bord de l’eau » ( Shui-hu Zhuan mot à mot : «  le récit des berges »), qui contait les exploits de 108 bandits et insurgés de toutes origines qui finissent par s’unir pour mener la révolte contre un empereur et sa cour devenus corrompus. Il fait partie des 4 grands classiques de la littérature chinoise, avec notamment L’histoire des 3 Royaumes qui inspirera lui la saga Dynasty Warriors en jeux vidéo. Une version française remarquable de Au bord de l’eau traduite par Jacques Dars existe, et parut chez Gallimard en 1978. Actuellement les deux tomes ( 72 chapitres au total) sont édités chez Folio.

Konami s’est dit qu’adapter ces récits en jeux vidéo pourrait donner matière à un jeu de rôle , il est vrai qu’il y avait du potentiel. Que donne donc le premier jeu inspiré du roman ? Retour sur un RPG datant d’avant Final Fantasy VII.

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Le destin en marche…

Suikoden est une série qui est née sur PlayStation, une des rares à n’avoir aucun jeu sur génération de consoles précédentes dans son genre. Lorsque le jeu commence, vous êtes le fils de Theo Mc Dohl, un grand général de l’Empire de la Lune Écarlate. Vous êtes jeune et les employés de maison sont à votre service : Gremio fait office de garde du corps et de cuisinier, Cléo, la seule femme vous protégera de tout danger et Pahn est également là pour ses aptitudes physiques.

Vous vivez à Gregminster, la capitale de l’Empire, qui est dirigé par l’empereur Barbarossa. Le pays est actuellement en paix malgré quelques disputes frontalières avec la Fédération des Cités-Etats de Jownston au nord. Lorsque votre père part en mission au nord, vous êtes nommé chevalier et acceptez de servir l’empire et de faire des missions pour Barbarossa. C’est justement au fil de ses missions que notre héros et sa garde rapprochée se rendront vite compte que leur souverain devient de plus en plus despotique tout en étant entouré d’incompétents. C’est lors d’une mission avec l’un d’eux que Ted, votre meilleur ami, décide d’utiliser sa rune pour vous porter secours après un combat difficile. L’incompétent de service somme Ted de venir avec lui au palais et renvoie les autres chez eux. Lorsqu’il revient, Ted est grièvement blessé. On apprend alors que la rune que portait ce dernier était convoitée par Lady Windy, la magicienne de la cour, et conseillère influente de l’empereur. Vous acceptez, en tant qu’ami de protéger la rune afin qu’elle ne tombe pas entre les mains de la sorcière. Mais celle-ci envoie les soldats à vos trousses. Désormais, tout fils de grand général que vous soyez, vous devenez un renégat. Cela sera d’autant plus confirmé que vous ne tarderez pas à rencontrer Odessa Silverberg, la chef des rebelles… Et votre destin sera tout autre.

Votre rencontre avec Odessa scellera votre destin, au grand dam de votre père.

Votre rencontre avec Odessa scellera votre destin, au grand dam de votre père.

Voilà, je n’en dis pas plus sous peine de vous spolier la tronche. Suikoden se passe dans un monde féodal. Les différentes régions de l’empire sont gérées par des seigneurs suzerains, et l’accès à certains territoires est réglementé. Le nom des villes s’affiche à chaque fois que vous y passez. Dans ces lieux, vous y trouverez généralement une auberge, une taverne parfois à part, un magasin d’objets, d’armures, des boutiques de runes et parfois des évaluateurs d’objets ( «  appraisers ») que vous récoltez en combat.

Pour passer inaperçu, vous devrez prendre un autre nom. J’aime bien le dernier, bien tordu.

Pour passer inaperçu, vous devrez prendre un autre nom. J’aime bien le dernier, bien tordu.

 

L’union fait la force

Dans Suikoden, pas question de sauver le monde entier. Vous ne sauverez que votre patrie, ce qui sera déjà beaucoup. Mais comme vous ne pourrez y arriver seul, vous devrez recruter des compagnons et avoir un QG. Si vous voyez l’artwork représentant votre interlocuteur lors d’une conversation et qu’il ne vous est pas hostile, c’est qu’il est susceptible d’être recruté. Environ la moitié de vos troupes se joindra à vous spontanément au fil de l’histoire. Pour les autres, vous devrez aller les chercher. La plupart du temps, vous devrez leur parler, mais certains seront plus exigeants : par exemple, vous devrez venir avec certaines personnes, avoir un certain niveau ou un nombre de compagnons, ou encore gagner une certaine somme à des jeux de hasard.

Si vous voulez recruter Quincy, il vous faudra au minimum avoir 80 compagnons.

Si vous voulez recruter Quincy, il vous faudra au minimum avoir 80 compagnons.

Et plus vous recruterez, plus votre QG s’agrandira . Vous recrues prendront possession des lieux, s’installeront même, et vous constaterez tout cela. Tout le monde ne combattra pas : certains personnages assureront des services, comme un auberge, la cuisine, une armurerie… Ou certains viendront pour suivre leur mari ou leur femme… Vous pouvez avoir jusqu’à 108 personnages qui rejoindront votre armée. Un record pour un RPG.

 

Trois systèmes de batailles en un seul jeu

Pour mettre fin aux agissements de Barbarossa vous devrez partir à la bataille. Dans Suikoden, elles sont de trois sortes : Les batailles de terrain se déroulent avec 6 combattants maximum sur deux rangées. Elles sont aléatoires et interviennent entre les villes et dans les donjons, mais pas sur l’eau. Le placement des personnages se fera en fonction de leur arme : les porteurs d’armes de type S (« Short », courte portée),sont à placer au premier rang : ils ne peuvent toucher que les ennemis à l’avant de la formation adverse. Leur handicap est compensé par une puissance de frappe accrue et des stats élevées en défense et en points de vie. Ceux qui ont le type M (Medium) sont les plus polyvalents : à l’avant, ils peuvent toucher les deux rangs d’en face, en arrière, ils atteindront le premier. Ceux qui ont le type L ( Long) doivent être placés à l’arrière. Ils peuvent atteindre indifféremment les deux rangs adverses mais disposent d’une résistance moindre.

Le combat contre le Dragon Zombie s'annonce très long, et en plus, il fait mal. Mais ensuite, vous aurez votre château.

Le combat contre le Dragon Zombie s’annonce très long, et en plus, il fait mal. Mais ensuite, vous aurez votre château.

Lorsqu’une bataille commence, vous avez le choix entre passer à l’attaque, fuir ( run) ou laisser partir ( let go) si l’adversaire est plus faible que vous, de soudoyer l’ennemi pour éviter le combat ( bribe), ou de mettre en bataille automatique. Cette dernière option est toutefois peu utile, l’ordinateur se contentant d’utiliser, le plus souvent les coups de base. Si vous choisissez le combat, vous aurez le choix entre attaquer à l’arme, vous défendre , utiliser le pouvoir d’une rune, ou utiliser un objet. On notera aussi que plusieurs personnages peuvent s’unir pour lancer une attaque dévastatrice avec l’option «  unite ».

La magie se fait en effet par des runes, que vous devrez acheter ou trouver, sous le nom de « crystal ». Il faudra ensuite aller voir un maitre-rune pour la lier à un des personnages. Certaines sont offensives, comme les runes élémentaires, et le héros aura d’office la rune «  Soul Eater » ( Mangeuse d’âmes) donnée par Ted, qui permettra de se débarrasser d’un ennemi sur le terrain ( mais pas des boss, ne rêvez pas, non plus). Plus les personnages évoluent en niveau, plus le nombre de pouvoirs et leur quantité augmentera. Une bonne nuit de sommeil suffit à recharger la magie. Certaines ont des vertus défensives, c’est utile notamment pour les combattants de premier rang. On ne peut en mettre qu’une par personnage.

Dans le château de Neclord, les ennemis sont assez puissants, faites attention.

Dans le château de Neclord, les ennemis sont assez puissants, faites attention.

A la fin de telles batailles, vous remportez bien entendu, argent et EXP. Le jeu inaugure d’ailleurs le système de rattrapage : un perso en retard recevra plus d’expérience que les autres , ce qui lui permettra de combler le handicap en quelques combats.

Vous pourrez acheter des objets, des armures de défense, mais pas les armes, qui évoluent en rendant visite aux forgerons dans les villes. Il faudra leur demander d’aiguiser vos lames/arcs , moyennant finance, bien entendu.

Le deuxième type de bataille sont les grandes batailles de guerre. Elle vous opposeront généralement aux troupes d’un des généraux de l’Empire . Elles auront lieu à certains endroits clés du scénario. La stratégie consiste à deviner le mouvement ennemi pour le contrer. Vous aurez la possibilité de faire une charge, d’utiliser les archers ou les mages. Pour optimiser vos chances, vous pourrez utiliser l’option «  Other » ( autre) qui regroupe les stratèges, les marchands, les voleurs et, plus tard les ninjas. Les premiers permettent une charge boostée, les seconds amadouent l’ennemi, les deux derniers permettent de connaître ce que prépare l’ennemi, mais attention, dans le cas des voleurs, cela peut échouer. Le tout fonctionne selon le principe Pierre-Papier-Ciseaux : un type d’attaque étant plus fort qu’un autre et se fait avoir par un autre. L’animation permet d’avoir un bon aperçu de votre stratégie. A la fin de l’assaut, les pertes des deux côtés seront affichées. La bataille arrive à son terme lorsqu’un camp a toutes ses unités anéanties.

Choisissez bien les commandes pour mieux contrer l'ennemi.

Choisissez bien les commandes pour mieux contrer l’ennemi.

Il arrivera aussi qu’il y ait des duels : bien entendu, dans ces phases, le héros ( ou un autre personnage) est seul et se bat contre un adversaire singulier. Il faut deviner la stratégie de l’adversaire en se basant sur les phrases , sachant qu’on peut exécuter trois mouvements : l’attaque, l’attaque désespérée faisant plus de dégâts, et la défense. La défense l’emporte sur l’attaque désespérée, qui elle même l’emporte sur l’attaque, qui permet elle de toucher un adversaire en défense.

 

Votre premier duel vous opposera à Kwanda Rosman, un général de l'Empire.

Votre premier duel vous opposera à Kwanda Rosman, un général de l’Empire.

Le parfum entêtant des 16 bits…

Pour l’aspect technique du jeu, on ne peut pas dire qu’il rende hommage aux capacités de la PlayStation. Loin de là. Les graphismes font plus penser à un jeu Super Nintendo, étant tout en 2D et pixellisant quand même beaucoup sur les scènes de combat. Les sprites des personnages sont assez petits et manquent de détails, notamment sur la carte du monde. Ça se rattrape quand même un peu avec les artworks de dialogues, et heureusement qu’ils sont là d’ailleurs, car certains personnages sont à peine reconnaissables in game. Heureusement lors des combats, les ennemis sont plutôt d’assez bonne taille, tout comme les héros. Seuls les effets spéciaux lors des magies rappellent que nous sommes bien sur une 32 bits. Ceci dit, l’aspect très 16 bits des graphismes me plaît. Suikoden fait dans la simplicité.

Les chargements sont assez courts et quasi-imperceptibles, un bon point, de plus le jeu ne saccade pas.

 

La carte du monde est simple dans sa conception. Le héros est tout petit.

La carte du monde est simple dans sa conception. Le héros est tout petit.

Les musiques sont bonnes. On trouve de tout : des airs joyeux et entraînants aux airs les plus dramatiques ou tristes selon les événements. On aurait même aimé qu’il y en ait un peu plus. Dommage que les thèmes des villes soient un peu répétitifs. En revanche, les bruitages sont assez peu nombreux, et il n’y au aucun dialogue parlé, ni de cri digitalisé.

 

Retrouvez le chat de Lotte pour qu'elle vous rejoigne.

Retrouvez le chat de Lotte pour qu’elle vous rejoigne.

La jouabilité hors combat ne pose pas de problèmes particuliers, on aurait toutefois aimé plusieurs choses : la possibilité de courir sans avoir recours à une rune, et un inventaire commun pour éviter la surcharge d’objets. En effet, chaque personnage que vous prenez dans votre équipe aura 9 emplacements disponibles, mélangeant équipement, runes et objets comme des « medicine » par exemple. Dans les faits, on a vite fait de les remplir. Seuls les objets importants dans l’histoire sont placés dans les « item group ». Si vous voulez un objet alors que tous les emplacements sont remplis, vous devrez vous en séparer d’un autre.

 

Flik  se fera draguer par une femme assez...entreprenante.

Flik en bleu, se fera draguer par une femme assez…entreprenante.

Suikoden reste un peu court niveau durée de vie, notamment pour un RPG : comptez 15 à 20 heures en ligne droite, sans prendre le temps d’avoir les 108 étoiles, d’autant que la difficulté est peu élevée, seuls certains boss peuvent vous causer des problèmes. Dans le cas contraire, rajoutez-en 5 à 10 de plus, en sachant que pour avoir la vraie fin du jeu, vous devrez remplir plusieurs conditions ( dont celle de ne PAS perdre le duel opposant Pahn à Teo), et que si un personnage meurt pendant une grande bataille, il sera perdu. Cependant, aucun n’est réellement « manquable » avec un peu de jugeote.

 

Les commerces et services du château  ouvriront si vous recrutez les bonnes personnes. Jeane ( à gauche) fait sa première apparition  tout comme Viktor et Flik, entre autres.

Les commerces et services du château ouvriront si vous recrutez les bonnes personnes. Jeane ( à gauche) fait sa première apparition tout comme Viktor et Flik, entre autres.

Le jeu vaut largement le coup, ne serait-ce que pour son scénario. Les rebondissements sont assez nombreux, ils arrivent parfois un peu vite, mais ça changeait des RPG de l’époque : ici vous formez une armée rebelle pour renverser l’empereur en place, pas question se sauver le monde avec un artéfact mystérieux. Les dialogues sont bien écrits et il y a de l’humour. Les moments tragiques seront aussi de la partie. Le jeu n’a pas été traduit en français, il fallait se contenter de la langue de Shakespeare dans note pays. C’était mieux que rien. De plus, avoir son propre château, et le voir évoluer au fil des personnes recrutées, c’est quelque chose qui n’arrive pas tous les jours non plus.

Neclord vous jouera sa Sonate du Vampire, avant un long et dur combat.

Neclord vous jouera sa Symphonie de la Nuit, avant un long et dur combat.

 

Verdict :

Venu alors qu’on ne l’attendait pas, Suikoden a des atouts qui ont su surprendre ceux qui se sont penchés sur cas : 108 personnages jouables, une bonne histoire, et différents systèmes de combat, tout en gardant le charme d’un RPG 16 bits, un peu trop d’ailleurs… Mais ne boudons pas notre plaisir, il était, et reste un des RPG largement valables sur PSX, qui n’étaient pas nombreux au début de sa carrière. Ce dont on ne se doutait pas à l’époque, c’est que cet épisode allait donner lieu à des suites. Le début d’une grande série.On sait pourtant que démarrer une saga n’a rien de facile. Ce jeu y est pourtant parvenu de belle manière.

 

Points Positifs :

Une bonne histoire.

108 personnages à recruter.

Gérer son propre château, une très bonne idée.

De bonnes idées de gameplay avec 3 types de combats.

Un air de 16 bits pas désagréable…

 

Points négatifs :

…Mais qui se fait un peu trop sentir.

Pixellise beaucoup, et sprites parfois un peu petits.

Un monde un peu restreint…

Julius

Suikoden

Genre : RPG

Console : PlayStation

Développeur : Konami

Éditeur: Konami

Année : 1995 ( Japon)  décembre 1996 ( Etats-Unis) Mars 1997 ( Europe)

Combats: aléatoires

Monnaie: Bit

Langue : anglais

1 CD

 

Attention Cliché #2 : Quand on arrive en ville

Adieu aux lames…

Que faut-il pour qu’un RPG japonais ait un minimum d’intérêt ? Son propre monde. C’est à dire une grande aire de jeu, où sont disposés donjons, plaines, forets, montagnes, déserts, etc. et surtout… des villes. En général dans les JRPG, il n’y a pas de combats, même si certaines exceptions existent, pour peu que ladite ville soit habitée. Ce sont des havres de paix où un aventurier digne de ce nom trouve tout ce qu’il faut pour se ressourcer. En général, on y trouve une auberge, utile pour se reposer, avec la petite musique vous disant que c’est la nuit, et même pour y sauvegarder nos exploits, et des magasins. Si le magasin d’objets reste le même un peu partout bien qu’il pourrait y avoir plusieurs marques de potions, on va plutôt s’attarder sur l’armurerie. Vos guerriers ont besoin d’armes toujours plus puissantes pour progresser dans le jeu sans trop de peine. Hé bien réjouissez-vous, dans chaque ville dans laquelle vous pénétrez vous trouverez le dernier modèle ultra top branché pour tous vos guerriers, qui bien sur, utilisent des armes différentes… Ils ne pouvaient pas se mettre d’accord avant ? Ça aurait facilité les choses! Mais non, le héros utilise en général, une épée dans un monde d’heroic-fantasy, le rôle principal féminin un bâton, et les autres, ça peut aller du poignard à l’arme à feu voire à des instruments de musique ou de dessin! Eiko dans Final Fantasy IX avait pour arme… des flûtes! Remarquez, le mégaphone de CaitSith dans le VII, ça prêtait déjà à rire… A vrai dire, n’importe quel objet, pour peu qu’on puisse le brandir ou lancer des projectiles à distance, peut servir d’arme, pour peu que les programmeurs aient l’imagination fertile. Qui imaginerait qu’un parapluie, ou un pinceau puisse faire autant de dégâts qu’un katana bien affuté ?

Bien entendu, chaque magasin propose le modèle « plus mieux » , mais jamais les armes inférieures niveau puissance, ça non…Franchement, ça vaut bien la peine de s’équiper à fond si on trouve mieux ailleurs… Puis d’ailleurs, ça vaut aussi pour les armures. Mais il faut aller dans un magasin différent. En général on vend l’un OU l’autre. Mais là où l’on sera dégouté de s’être ruiné, et où c’est vraiment sadique, c’est d’acheter une arme… et d’en trouver un exemplaire, qui attendait dans un coffre, dans le donjon suivant… Il ne reste plus qu’à le revendre alors… Bien entendu lors de la revente, même dans les RPG, on se fait voler. En effet, impossible de revendre à plus de la moitié de sa valeur une arme achetée au prix fort un peu auparavant. Et bien évidemment, , une fois revendue, vous ne la verrez plus jamais, en fait les vendeurs sont magiciens et font disparaître les armes que vous leur revendez!

 

Le cours du potch a chuté par rapport au gil… (Bourse d’Esthar)

Et puis je ne sais pas si vous avez remarqué, mais la monnaie unique, c’est vraiment dans les RPG que ça se passe… En effet, vous aurez beau passer dans divers royaumes, tous acceptent la même monnaie. Vous imaginez, un jeu où il y aurait des bureaux de change dans les villes avec taux de conversion de monnaie ? Ce serait comique, même si ce serait difficile à mettre en place. Cependant on sait bien que le cours du Gil varie d’un Final Fantasy à l’autre… 3000 gils pour pendre le train dans FF VIII, ça fait cher je trouve…Ou alors, 1 gil vaut moins qu’une roupie indienne…

Mais parlons-en de l’argent . Dans la plupart des JRPG basés sur un univers de fiction, vous pouvez tuer par cupidité. En effet, même si cela vous paraît incongru, le moindre monstre se balade avec une somme d’argent sur lui, toujours identique, même s’il s’agit d’une plante carnivore… Puis ça fait une bonne excuse, parce qu’en plus de pouvoir vous offrir la superbe épée en or massif dur encore plus résistante que le plomb mou que vous avez vue dans le magasin de la ville alentour, cela vous fera augmenter vos niveaux et compétences. Et puis je veux pas dire mais ça coute, à entretenir les armes d’une armée comme dans Suikoden… Cette saga a fait le pari de passer par des forges pour entretenir les armes des personnages combattants. Vous gardez la même arme en permanence, mais plus vous les affutez, plus ça vous coutera cher. Je crois que le niveau maximum est de 18 pour les armes, et cela coute dans les 50 000 potch chacune… Vous allez casquer!

 On s’connait ?

Maintenant, on trouve souvent des gens, dans cette ville. Dont certains sont à l’extérieur. Pourtant, au vu des armes que vous portez et de votre équipe, ils ne s’enfuient pas à votre approche. Au contraire, ils vous parleront, vous prodigueront même des conseils où vous diront même la direction à suivre. Comme quoi on ne s’étonne plus de rien…Même si vous êtes recouvert du sang de vos victimes… Puis je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les gens sont au courant de vos exploits avant même que vous n’arriviez dans leur ville. Étant donné que dans la grande majorité des cas, il n’y a pas de postes, ou alors elles sont bien planquées, ni de pigeons voyageurs, je me demande comment on peut être immédiatement reconnu comme le héros de la légende de la prophétie d’il y a 999 ans 11 mois et quelques jours venu éradiquer le mal qui réapparait tous les 1000 ans, bien entendu…Les héros doivent avoir un signe distinctif sur leur tronche, je ne vois que ça…

Mais pourquoi être critique, envers des gens, qui sont vraiment, mais alors vraiment hospitaliers ? En effet, vous ne les connaissez ni d’Ève ni d’Adam, vous êtes juste de passage, mais vous vous taperez la discute comme si vous vous connaissiez depuis toujours, et vous aurez pris le temps de fouiller la moindre étagère pour récolter ne serait-ce qu’une potion de soin voire ouvert le coffre qui était fermé à l’étage et qui renfermait quelque chose qui n’attendait que vous, et vous repartez avec, bien entendu… Ça c’est la générosité ou je ne m’y connais pas! D’un côté, comme je l’ai déjà écrit, vous n’êtes pas n’importe qui, vous êtes le héros du jeu et ils le savent !

 Puis au cas où vous seriez perdu, vous voyez dans la plupart des jeux un bandeau à l’écran indiquant le nom de la ville. Cela n’empêchera pas un gars de vous le rappeler, en tournant en rond près de l’entrée, n’ayant qu’une phrase, celle de bienvenue dans la ville… Vous avez dit autiste ?

Il arrive que les villes très importantes aient une arène, où se déroule chaque année, « un grand tournoi avec les meilleurs combattants du monde! » selon les habitants, et, bien entendu c’est le plus souvent le jour de cette compétition annuelle que vous arrivez, et vous pouvez alors être sur de devoir y participer. Et souvent, de le gagner, ce tournoi. Ben oui on n’a pas mis une arène en plein milieu de la ville pour que ça fasse uniquement joli. Non, c’est vrai, si c’était le cas, ça se saurait.

 C’est désert…ou pas

Bon allez, on va être exhaustif et évoquer le cas des villes désertes. Si tel est le cas, c’est souvent pour une raison parmi les suivantes :

Les habitants ont été emmenés de force par le méchant et son armée pour creuser des tunnels dans les mines pour lui permettre de mettre la main sur les trésors. Comment vous le savez ? C’est simple, un mec était allé à la pêche et donc ne s’est pas fait prendre et vous l’a dit car il revenait et a été témoin de la scène. Une variante est celle des habitants emmenés à la capitale de l’empire ( parce que dans un RPG, les royaumes sont bons et les empires mauvais), pour y être exécutés en place publique. Une fois sauvés, vous serez alors fait citoyen d’honneur de la ville, soit, si c’est le début du jeu, et vous aurez alors gagné vos galons de héros.

La ville est victime d’une faille temporelle : elle reste figée dans le temps comme Pompéi l’a été après l’éruption du Vésuve. Mais plutôt que faire une ville de cendres, il se peut, comme dans Chrono Cross, qu’elle reste sur le point d’être engloutie par les eaux, sans l’être vraiment (c’est d’ailleurs un des lieux les plus emblématiques du jeu). Donc vous n’aurez pas à culpabiliser de prendre les trésors qui s’y trouvent! Mais il y aussi des ennemis, voire des boss, en général issus d’une technologie ancienne de l’époque où elle était encore prospère. Ce qui me permet de parler évidemment des villes ayant appartenu à une ancienne civilisation, dont la technologie était plus avancée que l’actuelle et dont l’un des personnages principaux est le seul survivant/descendant de cette civilisation perdue. Et ça, dans les RPG vous en trouverez plein, mais ne vous inquiétez pas on reconnaît ces villes facilement : l’architecture change vraiment, vous voyez des sols, des murs et des portes qui ne ressemblent à aucun autre endroit dans le jeu. Au bout de votre parcours, après avoir souvent éliminé un boss dont on ne sait pas ce qu’il faisait là, vous aurez souvent un ordinateur encore en état de marche, un véritable miracle, qui vous en apprendra plus sur ce qu’il s’est passé dans ce lieu… Bien entendu le tout accessible dans une langue que tout le monde comprend , même si les héros ne l’ont jamais étudiée à l’école, ou alors, il y a le descendant de ladite civilisation disparue qui peut traduire ce qui est écrit…

La ville en ruines de la "Dead Sea" de Chrono Cross : sur le point d'être engloutie par les eaux, mais non, en fait. La ville est figée dans le temps.

La ville a été victime d’un cataclysme : Dans les RPG la météo est assez changeante, même si cela reste très localisé…Des variantes de ce postulat peuvent être des sbires du méchant qui y mettent le feu et tous les habitants périssent, en général il s’agit du village d’origine du héros, qui lui était parti à la chasse avec son meilleur pote, histoire de bien lui mettre la rage et lui trouver une raison de se venger, c’est vrai il faut bien un point de départ du scénario…

Une autre d’entre elle peut être, comme dans Suikoden, un vampire qui a tué toutes les femmes du village. Les hommes, après les avoir enterrées, ont déserté l’endroit. Mais l’un d’entre eux y retournera accompagné du héros, histoire de se venger de cet enfoiré de vampire. Il avait la trouille d’y aller seul…

 On trouve toujours un village d’autochtones vivant en communauté différents physiquement des humains normaux, d’ailleurs, ils s’en méfient, sans être totalement hostiles, mais pas alliés non plus. Il deviendront les alliés du héros dès que le grand méchant voudra faire main basse sur leur village ou aura enlevé la fille du chef, après une période de doute et prétendant qu’ils veulent rester indépendants avant de se rendre compte que cela serait une erreur…

Une variante, compatible avec ce cliché et celle de la civilisation ancienne, est la ville isolée qu’aucun étranger n’est parvenu à atteindre depuis des siècles. Le prochain, ce sera le héros et son équipe, mais bien entendu on ne vient jamais dans un coin de la carte du monde sans raison valable dans un RPG, notamment s’il est japonais. Il paraît qu’il y a un cristal qui traine…

 C’est plus beau vu d’en haut…

Dans beaucoup de RPG, vous trouverez souvent une ville volante. Ne me demandez pas comment elle fait pour flotter dans les airs et échapper ainsi à la gravité, je n’en sais strictement rien, pourtant ça pèse lourd, et ce ne ne sont pas les autochtones du coin qui vous le révèleront, bien que cette situation soit compatible avec le cliché de l’ancienne civilisation disparue… Mais avant de l’atteindre, vous en aurez bien entendu bavé, a grimper une immense tour où chaque saut raté vous fera redescendre de plusieurs étages, sans compter que les monstres du lieu ne sont pas des plus amicaux, qu’on ne sait jamais quand ils attaqueront (la joie des combats aléatoires) et qu’un des sbires du grand méchant du jeu voudra souvent vous en barrer l’accès. Et si vous voulez y arriver par un aéronef, attendez-vous à devoir braver des vents et courants contraires, au sens propre du terme, quand la flotte de l’adversaire n’assiège pas déjà la ville, et que vous décidez d’engager le combat avec le vaisseau-amiral histoire de les faire fuir… Mais une fois là haut, il y a une vue splendide, un air pur, des habitants contents de vivre en ce lieu, cependant,gare à la chute!

Et c’est sur celle-ci que je termine ce deuxième numéro d’ Attention Cliché.

Julius

[Attention cliché] #1 : Pile je gagne, face tu perds

Bienvenue dans cet article qui rapporte certains clichés qu’on trouve dans les RPG japonais. Je publierai de temps en temps  des articles de ce genre histoire de rigoler un bon coup. Je dois avouer que c’est la partie de Suikoden premier du nom d’hier qui m’a donné l’idée de faire cela. On va commencer directement avec un cas simple, le « pile je gagne, face tu perds », ou comment  le jeu nous force à faire une action qui finalement ne sert pas à grand chose parce que cela n’évitera pas les conséquences  que le groupe de héros voulait empêcher, de se produire…

Et un des cas figure récurrent, c’est d’atteindre l’endroit où le grand méchant se trouve  dans le donjon avant la fin du  compte à rebours qui s’est mis en branle dès que vous vous appercevez que ledit grand méchant il veut faire sauter la planète en s’emparant de l’artefact qui lui permettra enfin d’accomplir son forfait. Votre but, bien entendu, étant d’empêcher qu’il s’en empare. Donc  vous arrivez jusqu’à lui et là après une phase de dialogue  grandiloquente,  s’en suit un combat. Ben oui forcément, vous voulez le rosser pour l’empêcher d’accomplir son forfait et lui veut faire de même pour vous punir de votre insolence  et qu’il puisse faire ce qu’il avait prévu, déjà qu’il a du retard sur l’horaire du timing donné par le TRES grand méchant de l’histoire ( si, si ça arrive)… 

Mais, que vous gagniez, ou que vous perdiez ( dans le cas où le jeu a décidé que ce serait un combat  à défaite obligatoire, c’est à dire n’entrainant de fait pas de Game Over pour les besoins de l’histoire),  même diminué, le grand méchant  s’empare de l’objet et vous snobe, il arrive même que vous découvriez son pouvoir de téléportation, qu’il utilise ici juste pour s’échapper alors que vous, vous devrez vous retaper tout le donjon à l’envers pour vous lancer de nouveau à sa poursuite pour l’empêcher de mettre le zirconium dont il s’est emparé dans un socle du temple d’une ancienne civilisation maintenant disparue qui se trouve, bien entendu, à l’autre bout de l’atlas ! 

Franchement ça valait bien la peine de vous fatiguer avec ça, tiens…

Ce cas de figure peut donner lieu à des variantes, qu’on peut également trouver dans le même jeu , notamment le cliché du mur porteur. Vous vous souvenez  du dragon dans le mur du Temple des Anciens de FF VII ?  Une fois détruit, le temple commence à se désagréger… Ca valait bien la peine de le battre, parce que maitenant, on risque de mourir ensevelis  sous les décombres!  

Il y a aussi la méthode du coup forcé. Cela arrive dans les dialogues. Si vous ne choisissez pas la bonne proposition, même si vous voyez arriver le traquenard  gros comme une maison , le jeu n’avancera pas et vous reposera la question jusqu’à ce que vous vous décidiez tout de même à tomber dans ledit piège ! Et c’est qui m’est arrivé hier dans Suikoden : alors que je grimpais  une montagne, un mec me propose de venir me reposer dans son auberge… La tronche du gars ne m’inspirant pas confiance, j’ai refusé, mais certains membres de mon groupe ont accepté, soi-disant trop fatigués.  Et donc,  j’ai dû les suivre.  là, il nous propose de boire  son thé spécial… Certains de mes compagnons s’étant plaints de son amertume, et voyant venir le piège,  j’ai refusé. Plusieurs fois. Mais le jeu refusait d’avancer j’ai donc accepté et il s’est passé ce à quoi je m’attendais. Je précise toutefois que je ne connais pas le premier Suikoden ( j’ai découvert la série avec le deuxième épisode). 

Mais cela concerne aussi parfois les méchant du jeu. Celui qu’on croyait être le responsable de tout ce chaos, déjà bien affaibli par le combat qu’il vient de livrer face à l’équipe de héros, se fait alors tuer par le véritable grand méchant  qui ricane comme quoi il lui a bien servi, et que maintenant rien ne pourra l’arrêter, laissant le groupe de héros  dans un état d’ébahissement  inimaginable à tel point que cela forme le cliffhanger… de fin du premier disque. Vous en avez encore 3 à vous fader avant de réussir à l’atteindre … Bon courage…

Julius