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[critique RPG] Suikoden V

Suikoden IV est loin d’avoir fait l’unanimité chez les joueurs et les critiques. Pourtant, après cet épisode faiblard et un Suikoden Tactics n’apportant rien de plus, à peine le jeu était il sorti en Europe que nous entendions déjà parler du prochain épisode de la franchise. On pouvait nourrir un sentiment mêlé à la fois de curiosité et d’appréhension : en effet, cet épisode pouvait soit relever la saga… soit l’enfoncer un peu plus. Ce cinquième volet allait-il corriger les défauts du quatrième ? Réponse dans ce qui suit.

 Suikoden V cover

La vie de château…

Vous êtes le fils de la Reine du royaume matriarcal de Faléna, où seules les femmes peuvent accéder au pouvoir. Votre mère, la reine Arshtat, porte sur elle la rune du soleil, symbole du pouvoir royal. Votre sœur cadette Lymsleia deviendra elle aussi, un jour, reine. Votre père, Férid, mari d’Arshtat, est le chef de chevaliers du royaume. Il conquis le cœur de votre mère en se battant et en remportant le tournoi des Jeux Sacrés. Justement, en parlant de ça, les prochains vont être organisés sous peu. Même si Lymsleia est encore un peu jeune pour avoir un mari… Pour le moment, vous revenez de mission dans un lieu ravagé par la sécheresse. En effet, suite à des émeutes, la population de Lordlake a connu la colère de la reine. La population dépérit et le manque d’eau a rendu les créatures environnantes agressives. Pire encore, le seigneur du lieu a été accusé de vol de la rune de l’aube, ce qui lui a valu son exécution.

Beaucoup disent que la reine à changé… Peut être n’ont ils pas tort…On dit que la Rune Solaire, aux pouvoir redoutables, envoûte l’âme de son porteur…

Entre ça et le sénat qui se déchire, ça fait beaucoup… Cette instabilité politique ne risque t-elle pas de devenir dangereuse pour le royaume ?

La reine reste très attachée à sa famille.

La reine reste très attachée à sa famille.

En effet, dans Suikoden V, les enjeux politiques internes font parti du scénario. Faléna est un royaume matriarcal certes, mais il est composé de différentes régions dont les seigneurs ont des représentants au sénat, notamment des nobles, quand ils n’y siègent pas eux-mêmes. Parmi ces factions, les deux qui dominent, et s’opposent, sont les Godwin, dont Marscal, seigneur de Stormfist, à l’ouest, étend de plus en plus son influence, et les Barows, dont Salum, seigneur de Rainwall, à l’Est, un homme excentrique et enrobé, souhaite un équilibre de la région. Ces deux hommes cherchent à placer leurs deux fils dans la sphère royale, et que l’un deux devienne l’époux , dans quelques années, de la princesse Lymsleia leur permettrait d’étendre grandement leur influence… De plus, personne n’a oublié l’invasion du royaume voisin, Armes, où les pertes faléniennes ont été nombreuses. Chronologiquement, le jeu se passe une dizaine d’années avant le début du premier de la série. 

Pour ce qui est de la géographie, Faléna se trouve sur le continent sud, encore plus au sud de la fédération des îles que nous avons eu le plaisir (enfin, c’est relatif) d’explorer dans l’épisode précédent. Un fleuve traverse ce royaume matriarcal ( difficile de traduire «  queendom » en français), la Feitas, et ses nombreux affluents ont permis de développer le transport fluvial. On compte même une ville flottante, Raftfleet, sur ses eaux, se déplaçant en fonction des besoins.

Faléna est peuplé d’humains, mais aussi de nains ou même d’animaux anthropomorphes comme les castors, par exemple.

La carte du monde n'est pas forcément très bien conçue.

La carte du monde n’est pas forcément très bien conçue.

Comme depuis le début de la série, vous devrez trouver les 108 étoiles du destin.

Je ne vais pas vous présenter tous les personnages du jeu, ce serait trop long, mais voici ceux qui occupent les rôles principaux du scénario.

 

Le prince de Faléna : C’est vous. C’est le personnage que vous incarnez, et comme dans tout Suikoden, vous devrez lui donner un nom. D’une constitution moyenne, il reste néanmoins un combattant équilibré.

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Il sera souvent escorté par sa garde du corps, Lyon, une apprentie-chevalier qui a été recueillie toute petite par Férid , alors qu’elle se trouvait perdue dans la foret. Sage et timide, elle se dévoue corps et âme pour le prince. Les deux disposent d’ailleurs d’une bonne attaque en coopération.

 lyon01

Lymsleia : La soeur cadette du prince. Elle a 10 ans dans le jeu et sera destinée à devenir un jour la prochaine reine de Faléna. Elle adore son grand frère, mais c’est une jeune fille capricieuse et n’ayant pas sa langue dans sa poche. On ne la joue pas dans le jeu, mais elle reste un élément central du scénario, car les nobles ambitionnent de se servir d’elle comme une marionnette entre leurs mains…

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Elle aussi dispose d’une garde du corps, Miakis, qui adore lui faire des blagues, que l’héritière du trône juge souvent comme étant de très mauvais goût. En réalité, entre les deux, on se demande qui est la plus mature…

 

Sialeeds : C’est la sœur cadette d’Arshtat. Elle vous accompagnera pendant une bonne partie du jeu. Pour ne pas fragiliser la famille royale, elle a renoncé à se marier avec Gizel Godwin, fils de Marscal, il y a 8 ans de ça. La tante du prince a horreur des lézards et a du répondant. En combat, elle dispose d’un double boomerang, dommage qu’elle manque un peu de force… C’est un des personnages du jeu les plus intéressants dans le développement de l’histoire. Je ne dis rien de plus pour éviter tout spoiler…

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Georg Prime ( son prénom se prononce «  George » malgré l’absence du « e » final). Tiens, un revenant ! Ou plutôt non, ce serait plutôt dans Suikoden II qu’il revient ( en ayant un rôle archi-mineur), cet épisode étant antérieur dans le temps. Dans le jeu sus-nommé, si vous demandiez à Richmond d’enquêter sur lui, vous aurez les résultats comme quoi Georg a été au service d’une puissante reine d’un royaume du sud…

Non seulement ce fidèle ami de Férid et chevalier de la reine a ici un rôle prépondérant, mais en plus, en combat c’est une brute épaisse. Il sera avec vous dès le début, et ce combattant est inégalé dans tout le jeu. Cependant, le scénario fera que vous ne l’aurez pas toujours avec vous, pouvant être parfois sollicité pour d’autres missions.

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Salum et Euram Barows : le père et le fils ne brillent pas par leur intelligence, c’est le cas de le dire. Pourtant, ils seront vos plus précieux alliés à un moment du jeu. Salum est malgré tout un personnage influent à l’Est de Faléna et a su faire de Rainwall un rempart contre les invasions.

 

Marscal et Gizel Godwin : Le père et le fils ambitionnent de s’emparer du trône, notamment pour utiliser la rune solaire à leur profit. Intelligents et rusés, vous devrez vous méfier d’eux comme de la peste, d’autant qu’ils finiront par s’opposer à vous, car on ne tardera pas à s’apercevoir qu’ils avaient tout manigancé depuis le début pour s’emparer de la Rune Solaire.

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Parmi les « revenants », outre Georg, il n’y aura que Viki ( toujours aussi maladroite) et Jeane.

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Voilà, je n’en dis pas plus, en ayant déjà un peu révélé malgré tout. Je passe maintenant au système de combat. Et croyez-moi, si Suikoden V conserve les trois types de combats, on peut dire qu’il y a eu des changements, à tous les niveaux.

 

Les batailles rangées voient le retour de 6 combattants, avec la possibilité d’avoir jusqu’à 4 PNC ( Personnage non-combattants) en soutien. Ces derniers pourront vous apporter divers avantages, comme fuir systématiquement en cas de problème, ou avoir plus d’argent à la fin des batailles. Elles sont, bien entendu, aléatoires, mais accrochez vous, si on retrouve les fonctions propres à Suikoden, comme les attaques d’union, la possibilité de soudoyer ou de « laisser partir » l’adversaire, le jeu ne proposera pas une seule formation sur deux rangs, cette fois, ils vous offre la possibilité, via l’onglet «  formation » de changer de tactique, pour peu que vous les trouviez ou les gagniez. Et ce n’est pas à négliger, car certaines permettent d’avoir des bonus d’attaque, de défense, ou de minimiser la portée des attaques de zone adverses. Et ce d’autant que les adversaires n’attaqueront que rarement seuls, mais aussi parce qu’ils sont vifs et les boss assez coriaces. La difficulté globale a été relevée par rapport aux épisodes précédents. Vous pouvez aussi avoir une défense d’arme, très utile car elle permet une contre-attaque immédiate du personnage. A la fin du combat, vous récolterez bien entendu, EXP et argent, le jeu intégrant toujours le système de rattrapage pour les personnages moins avancés, mais aussi des PC, points de combat, qui seront collectifs. Ils ne sont pas à négliger, car tout comme la forge régulière des armes, ceux-ci permettent d’améliorer vos performances de combat, si vous allez auprès d’un maître d’armes pour vous entraîner. Vous pourrez alors dépenser vos PC dans différentes compétences, dont les notes vont de G ( la plus mauvaise) à A ( la meilleure). C’est primordial si vous voulez avancer sans trop d’encombres. On notera toutefois que les mages disposent de maîtres de magies particuliers…

Le système est extrêmement complet et bien pensé, un bon point, d’autant que les batailles sont rapides. Le seul reproche que je ferai à ce niveau, ce sont leur fréquence, toujours assez élevée.

 

Tiens, un dragon zombie...

Tiens, un dragon zombie…

Les duels sont toujours de la partie, et interviendront le plus souvent aux moments clés du jeu. Là aussi il y a eu du changement. Le système de «  pierre-papier-ciseaux » est toujours d’actualité, mais là, vous n’aurez que trois secondes pour prendre une décision après que l’adversaire ait prononcé sa phrase, entre l’attaque, la défense et le spécial, sachant que le spécial bat l’attaque, qui bat la défense, qui bat elle-même le spécial. Mieux pensés, mieux animés, plus vifs, ils ne sont pourtant pas insurmontables si vous avez deux sous de jugeote…

 

Lors des duels, ils e peut que vos lames s'accrochent si vous jouez le même coup. Martelez le bouton comme un dingue pour avoir l'avantage.

Lors des duels, ils e peut que vos lames s’accrochent si vous jouez le même coup. Martelez le bouton comme un dingue pour avoir l’avantage.

Maintenant, passons aux batailles d’armées… et comment dire… Cette fois, le mot «  stratégie » n’a jamais autant été d’actualité. En effet, au cours de ces joutes à grande échelle, les camps alliés et ennemis ne se déplacent pas au tour par tour, mais en temps réel, c’est à dire en même temps ! Et vous ferez des batailles non seulement sur la terre ferme, mais aussi sur l’eau. Parfois, ce sera les deux en même temps. Bien évidemment, il va sans dire que si l’unité navale principale ou celle du Prince sont vaincues, c’est une défaite qui vous attend… Plus que jamais, avant de lancer les hostilités, vous devrez constituer des unités avec sagesse. Et cela compte d’autant plus que certains personnages peuvent disparaître définitivement s’ils sont vaincus. Le problème, c’est que cela aura des répercussions sur certains pendant le scénario, qui ne verront plus de raison de rester avec vous… donc ce n’est pas un seul personnage que vous pourrez perdre, mais plusieurs, à cause d’une simple erreur de stratégie. Minimiser les pertes est essentiel car le jeu vous offrira des récompenses en fonction de vos performances. Si vous avez une bataille avec un minimum de pertes, vous aurez une «  Victoire+ » qui permet d’augmenter les gains, mais aussi d’avoir un objet rare. Et mener une bataille sur deux fronts sera loin d’être simple…

 

Les premières batailles, entièrement sur la terre ferme, sont assez faciles.

Les premières batailles, entièrement sur la terre ferme, sont assez faciles.

Vous venez de le lire, le système de de batailles a évolué, et plutôt dans le bon sens. Passons à l’aspect technique du titre.

Le jeu n’est pas le plus beau de la PS2, c’est le moins qu’on puisse dire. Oh, certes, il est plus beau que l’épisode précédent. Il est plus coloré et il y a moins d’aliasing. Mais ça reste tout de même assez vide, l’impression est renforcée par la vue éloignée choisie dans cet opus au lieu d’une vue à la troisième personne. Les décors manquent de détails et les textures s’affichent parfois au fur et à mesure. Il est dommage que la recherche artistique pour la conception des villes ( chacune a un style architectural différent) soit gâchée par ce manque de finition. Les NPC dans les villes sont petits et manquent de détails. Mais bon, ne nous plaignons pas trop : les ennemis, notamment les boss, sont grands, les effets spéciaux réussis, et les personnages sont plutôt réussis même s’ils ressemblent beaucoup à des poupées de cire. Mais au moins, ils ont plus de deux expressions à leur actif et le Prince , bien que muet saura éviter de rester figé comme quelqu’un qui aurait abusé du Botox. Cette fois, notre héros, tous comme les autres personnages, sont vivants, et la différence avec les artworks de texte ne se voit quasiment plus. Un effort a également été porté sur les vêtements, notamment ceux de la famille royale. On notera aussi au chapitre des reproches, une carte du monde un brin confuse…

 

De gauche à droite : Lyon, le Prince, et Sialeeds.

De gauche à droite : Lyon, le Prince, et Sialeeds.

Le jeu bouge bien, c’est fluide en toutes circonstances, aussi bien en bataille qu’en exploration. Toutefois, les temps de chargement sont trop fréquents : entrez dans un bâtiment, changez de pièce, et c’est un temps de chargement qui s’affichera, heureusement assez court. La fréquence des combats est assez élevée et pourra finir par agacer, heureusement moins que dans le quatrième jeu.

 

L'entrée du Palais du Soleil, lieu de résidence de la famille royale.

L’entrée du Palais du Soleil, lieu de résidence de la famille royale.

Les musiques ont été faites par trois compositeurs. Parmi eux, on retrouve Miki Higashino, qui a été compositrice sur les deux premiers épisodes de la série. Certains airs rappelleront d’ailleurs des souvenirs… Qualitativement c’est assez inégal : si certains thèmes sont réussis, en particuliers ceux des batailles, de la carte du monde, d’autres, en général des thèmes d’ambiance, sont trop répétitifs , la faute a des boucles un peu courtes. On regrettera aussi que la musique des donjons ne soit pas plus variée…

Heureusement,les bruitages sont assez nombreux. Les personnages parlent, comme toujours, et même si la synchro n’est pas forcément optimale pour les voix américaines, ils ne restent ua moins pas la bouche fermée quand ils s’expriment. Ce Suikoden est beaucoup plus vivant.

 

Lyon et le Prince ont une relation privilégiée.

Lyon et le Prince ont une relation privilégiée.

La jouabilité ne pose aucun problème : on se déplace et valide avec aisance, et les fonctions des différents systèmes de combat sont simples à comprendre. Maintenant il faudra confirmer votre entrée ou sortie d’un lieu.

 

Suikoden V est vraiment très long, bien plus que l’épisode précédent. Non seulement les choses prennent du temps à se mettre en place, mais en plus, c’est un des épisodes où vous aurez votre château/QG le plus tard dans l’aventure. Et quand vous l’aurez, ce sera loin d’être fini, les événements étant nombreux. La difficulté a été un peu relevée et les boss pourraient vous donner bien du fil à retordre. De plus la quête des 108 étoiles est plus compliquée. Bien entendu, la moitié d’entre elles viendra par le biais du scénario. Pour l’autre, vous devrez souvent user de persuasion et demander plusieurs fois, ou procéder par étapes, pour pouvoir recruter les personnes. Je dirais même que certains sont impossibles à recruter sans une soluce. Accrochez-vous… D’autant que perdre certaines d’entre elles lors de batailles d’armée pourra mener à la défection d’un ou plusieurs autres combattants, qui ne verront plus de raison de rester avec vous.

 

Dans cet épisode, votre stratège est une femme du nom de Lucrétia Merces.

Dans cet épisode, votre stratège est une femme du nom de Lucrétia Merces.

Le scénario est juste hallucinant. Les événements mettent du temps à se mettre en place, et les premières heures sont guère palpitantes, avec peu de combats et un rythme relativement lent. Mais une fois la première partie du jeu passée avec l’invasion des Godwin, tout va s’accélérer. Les événements sont bien amenés, le travail des personnages principaux est remarquable (Sialeeds, notamment) et nous retrouvons le couple inséparable de cet épisode, à savoir le Prince de Faléna et sa garde du corps, dont la relation est ambiguë. Cette fois, notre Prince ne restera pas sans rien faire, et certains choix seront vraiment déterminants : certaines de vos actions pourront mener à des fins prématurées, voire à des Game Over ( conseil : refusez toutes les propositions de Salum Barows lorsqu’il vous demandera si vous voulez devenir roi). L’intrigue politique est bel et bien présente, et ce sera un enjeu de taille pour espérer sauver Faléna.

Au début du jeu, Gizel et Marscal Godwin vous réserveront un bon accueil dans leur fief.

Au début du jeu, Gizel et Marscal Godwin vous réserveront un bon accueil dans leur fief.

Le jeu a été traduit en français. Cependant, c’est parfois sous-traduit par rapport aux dialogues, mais en plus, il y a des fautes flagrantes, comme «  vous disez » au lieu de «  vous dites ». La traduction n’a pas due être relue, faute de temps, peut être ? Enfin… Le jeu vous propose de choisir parmi les principales langues européennes chaque fois que vous allumez la console.

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Verdict :

Après l’immense déception du quatrième épisode, Konami se rachète brillamment avec celui-ci. Suikoden V est mieux pensé, offrant un scénario plus touffu dont les enjeux sont parfois durs à cerner, il est également mieux réalisé, bien que n’étant toujours pas digne d’une PS2 en fin de vie, et les changements majeurs dans les trois systèmes de bataille sont bienvenus. Un vent de fraîcheur sur cette licence qui en avait bien besoin. Si vous passez le début assez lent, nul doute que cet épisode saura vous tenir en haleine.

 

 

Points Positifs :

Un système de combat révisé

Un couple principal attachant

Georg et Sialeeds

Le scénario, intelligent

Une grande durée de vie

Une difficulté revue à la hausse.

Toujours 108 étoiles à recruter.

 

Points Négatifs :

Ce n’est toujours pas ça, niveau technique…

Décors bien vides

Un début trop lent

Fréquence des combats trop élevée.

 

Suikoden V

Sortie : 2006

Console : PlayStation 2

Développeur : Konami

Éditeur : Konami

Genre : J-RPG

Type de combat : aléatoire

Transition : rayon de soleil.

Monnaie : potch.

Voix : angais

Textes : français

1DVD.

 

 

NB : on notera la bonne action du distributeur du jeu en France, qui le proposait à sa sortie neuf à seulement 30 €, soit moitié moins qu’un prix classique. Une excellente initiative.

 

Julius

 

 

 

[Critique RPG ] Suikoden IV

Pour des raisons qui restent encore inconnues, Konami a décidé de priver les joueurs européens du troisième volet de Suikoden . Lorsqu’on entendit parler de Suikoden IV entre 2004 et 2005, la question restait entière : allait-il cette fois sortir chez nous ? La réponse fut oui. A vrai dire, s’il est fâcheux que nous ayons zappé un épisode, cela n’a pas de conséquences directes sur la chronologie de la série.

Dire que cela s’annonçait bien, car ce serait un épisode se déroulant dans un univers maritime, et j’adore la mer. Mais au final, le tout s’est révélé très décevant. Explications.

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Un univers insulaire

Suikoden IV se passe chronologiquement plus d’un siècle avant les événements du premier volet de la série, dans les îles du Sud, archipel mentionné par Shu dans le second volet. Vous venez de passer brillamment l’examen de l’académie militaire maritime pour devenir marin à part entière, accompagné de votre meilleur ami, Snowe Wingerhut, ainsi que de quelques autres. Après la fête de votre remise du diplôme, vous partez pour votre première mission. Le seul problème, c’est que vous faites la rencontre du pirate Brandeau, terreur des mers. Qui laissera en héritage suite à sa mort, un bien lourd fardeau, la rune du châtiment à Glen,votre supérieur. Les pirates réclamant vengeance, ce dernier utilisera son pouvoir hérité bien malgré lui, mais au prix de sa vie. Vous étiez à ses côtés, et bien entendu, c’est à vous que la rune échoit ensuite… Vous serez vite accusé de meurtre et condamné à l’exil. Votre rune est à double tranchant : elle dispose de pouvoirs très puissants, mais elle draine petit à petit la vie de celui qui la porte…

 

Vous visiterez beaucoup de plages...

Vous visiterez beaucoup de plages…

Oh mon bateau…

L’environnement de ce Suikoden se déroule dans un univers insulaire, avec différentes îles. Résultat, votre QG, que vous aurez assez tôt, ne sera pas un château comme les épisodes précédents, mais un navire. Un navire dans lequel vous devrez recruter les 108 étoiles de la destinée, une fois que vous vous êtes rendu compte qu’une guerre commerciale oppose les différentes nations et que votre patrie n’était pas forcément du bon côté…

Ça, c'est vous. Admirez ce charisme débordant... Sérieusement, ça fait peur, non ?

Ça, c’est vous. Admirez ce charisme débordant… Sérieusement, ça fait peur, non ?

Pour rallier les îles, évidemment, vous devrez naviguer sur votre navire. Certaines étant très éloignées, j’aime autant vous dire que vous y passerez du temps ! Votre bateau est, de plus assez lent et pas facile à manœuvrer. Il suffirait que la manette PS2 soit à retour de force pour se forger des biceps d’enfer… De plus, vous ne pouvez accoster qu’à un seul endroit d’une île. Le tout pourrait se résumer à une balade bien pépère sur les océans, s’il n’y avait, évidemment , pas les combats aléatoires… Et il seront nombreux, car la fréquence de ceux-ci est extrêmement élevée. Parfois, vous sortirez à peine d’un d’entre eux qu’un autre se déclenchera presque aussitôt. Désolé, mais un tel rythme, ça m’énerve. Tiens, puisqu’on en est là, je vais vous en parler des combats. Vous allez voir qu’il n’y a pas que du bon.

Les batailles aléatoires classiques ne proposent plus que quatre personnages combattants, sur une seule ligne, et deux personnages en soutien. Pourquoi avoir fait ça ? Certes c’est rapide, mais là, c’est limite à ranger dans les systèmes classiques de jeu… la notion de portée d’arme n’a alors plus de sens. D’autant que les attaques combinées ne se déclenchent que selon les affinités que vous avez avec vos équipiers. Autrement dit, il faudra attendre plusieurs batailles avant de faire une attaque avec un autre personnage. On notera aussi le remplissage progressif au fil des batailles d’une barre permettant une attaque collective. On retrouve bien entendu le système de rattrapage d’XP propre à la série.

Les artworks sont tellement gros que vous ne voyez pas les personnages en combat...

Les artworks sont tellement gros que vous ne voyez pas les personnages en combat…

Les duels sont toujours présents, mais assez peu nombreux. Pas bien durs, pas de grand changement à part le fait qu’ils soient mieux chorégraphiés, mais d’un côté, nous sommes sur PS2, n’est-ce pas ?

Votre premier duel vous opposera à votre supérieur. Rien de difficile...

Votre premier duel vous opposera à votre supérieur. Rien de difficile…

Le principal changement reste sur les batailles d’armées, qui deviennent des batailles navales. Bien pensées, elles restent néanmoins par trop faciles, ce ne sera pas comme dans un Skies of Arcadia où vous deviez bien planifier les actions lors de telles bataille. Cependant, en cas de gros revers, les assaillant pourront aborder votre navire. Un bon point, mais pas révolutionnaire.

 

Je crois que ça résume bien  la chose : une série entrain de couler. Même si les batailles navales sont une des rares bonnes idées du jeu.

Je crois que ça résume bien la chose : une série entrain de couler. Même si les batailles navales sont une des rares bonnes idées du jeu.

Le système de bataille veut faire dans le changement, mais force est de constater que la plupart des idées tombent à plat.Dommage je n’aurais pas été contre un système assez poussé.

 

Vogue la galère..

Le problème, c’est que le jeu ne se rattrape aucunement sur le plan technique. Au niveau des graphismes, j’ai rarement vu aussi mal optimisé. Pour un jeu datant de 2004, désolé mais voir de l’aliasing partout, ça fait mal. Le jeu n’est pas abouti et les environnements sont souvent vides et manquent cruellement de teintes. Le chara-design du héros est moche en polygones, on a vraiment du mal à s’identifier à lui. Seul les artworks qui s’affichent lors des dialogues valent le coup. Pour le reste, la représentation lacunaire de la mer, le design déjà vu des ennemis achèveront de décevoir les fans. Si sur 32 bits, les deux premiers Suikoden pouvaient ressortir l’excuse du charme 16 bits d’antan, sur PlayStation 2, un tel raté technique, ça a du mal à passer, à croire que l’argent à ce niveau a été donné à au développement de Metal Gear Solid 3… Remarquez, entre la mer et le ciel, le jeu est très bleu.

 

Un monde maritime, mais bien vide graphiquement. Parce que les monstres, eux, seront nombreux...

Un monde maritime, mais bien vide graphiquement. Parce que les monstres, eux, seront nombreux…

Les musiques ne m’ont pas laissé de souvenirs impérissables. Suikoden IV dispose de musiques d’ambiance, mais pas de thèmes marquants à part le thème d’intro .Là aussi, c’est dommage. Cependant, maintenant les personnages parlent. Bien entendu, avec les voix américaines pour l’Europe.Cela apporte un univers plus vivant, ce n’est pas forcément un mal. Les bruitages sont en revanche assez peu nombreux.

 

La jouabilité est sujette à caution. Si entrer les commandes dans les combats ou parcourir les îles à pied ne pose pas de soucis, le maniement de votre bateau s’apparentera plus à une galère. C’est lent, c’est lourd, et au lieu d’avoir un voilier fendant les flots, nous avons un gros pachyderme marin qui se traîne. Même accoster sur une île sera une épreuve. Je sais qu’un bateau, c’est lourd, mais je ne m’attendais pas à retrouver un tel « réalisme » dans ce jeu, d’autant que les combats aléatoires tous les deux mètres n’arrangeront rien. Les menus de jeu sont un peu vides….

 

La durée de vie en fait un Suikoden un peu court. Je l’ai terminé en 27 heures ( et des brouettes) en prenant le temps de recruter les 108 étoiles. J’ajoute que j’ai failli abandonner plusieurs fois, à cause de combats dans lesquels au final on éprouve plus aucun plaisir à force de leur fréquence et des actions répétitives. De plus, la moitié des étoiles n’a, objectivement, aucune raison de rejoindre votre cause.

 

Chouette, une nouvelle étoile...

Chouette, une nouvelle étoile…

Le vide est inhérent au scénario. Alors que ça commençait bien, il y a un gros coup de mou dès que vous avez votre bateau-QG. L’intrigue ne décollera plus jusqu’à l’assaut final sur El-Eal . Ça fait peu, vous ne trouvez pas ? C’est superficiel, et il est dommage qu’il n’y ait pas un fil rouge digne de ce nom qui tienne le joueur en haleine. Cependant, il faut souligner que le jeu a bénéficié d’une bonne traduction en français.

 

Verdict :

Quel dommage. Pour sa première venue sur PS2 en Europe , la série des Suikoden rate le coche et offre un épisode bien faiblard par rapport à ses prédécesseurs. La réalisation qui manque de finition, un gameplay mal pensé, un scénario et une durée de vie en deçà de ce qu’on pouvait attendre, font de Suikoden IV un épisode dispensable, une erreur de parcours dans la série. Ce qui est bête, c’est qu’on arrive a sentir que le résultat n’est pas à la hauteur des ambitions. A vous de voir, si vous êtes curieux, mais ce serait dommage d’investir dans ce titre, en sachant qu’il y a des jeux dans le genre beaucoup plus intéressants sur cette console.

 

Points Positifs :

L’intro

Toujours 108 personnages à trouver

Les batailles navales, ça change.

Bonne traduction

L’univers maritime, une bonne idée…

 

Points négatifs :

…Mais trop mal exploitée.

Les graphismes : C’est la PS 2, ça ?

Aliasing omniprésent

Le héros n’a aucun charisme.

Beaucoup trop court

Fréquence des combats trop élevée.

Le bateau est une galère à manœuvrer.

Scénario trop mou et faible.

 

Suikoden IV

Développeur : Konami

Éditeur : Konami

Console : PS 2

Genre : RPG

Textes : français

Voix : américaines

Monnaie : potch

Combats : aléatoires

Transition :  goutte d’eau.

Julius