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TFGA S03 E02 : Les hérauts du genre

Après avoir pris le train de la hype dans le précédent TFGA, Alex nous confie cette fois -ci un sujet qui n’est pas aussi facile qu’il n’y paraît. En effet, le thème de ce nouveau TFGA est : Les hérauts du genre. Pas les héros, ni le département qui a Montpellier pour préfecture, non, il s’agit d’autre chose.

Au moyen-âge, les hérauts étaient chargés entre autres, de transporter des messages importants. Donc, quels sont les 5 jeux, qui pour moi, transmettent un message aux joueurs, et qui comptent donc comme références ? Réponse ci-dessous.

5-Sonic The Hedgehog : La Megadrive était capable de rivaliser avec la Super Nintendo !

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Je suis fan du hérisson bleu. Je vous parlerai bientôt de Sonic Mania, mais sachez qu’avant ce retour aux sources, il y eut le premier Sonic sur Megadrive. Mascotte née d’un concours interne chez Sega, Sonic avait pour but de conquérir les marchés occidentaux, et de secouer un peu l’hégémonie du plombier. La Megadrive est lancée depuis quelques temps lorsque la Super Nintendo arrive, mais n’arrive pas à s’imposer et ce n’est pas avec le ringardissime Alex Kidd in Enchanted Castle, mettant en scène sa mascotte de l’époque et qui aurait pu tourner sur Master System, qu’elle va y arriver. Chez Big N, Super Mario World s’est imposé comme la vitrine de la 16 bits du constructeur et demeure encore aujourd’hui un des meilleurs jeux de plates-formes de tous les temps. Changement de plan chez Sega et les recherches aboutirent à… Sonic.

Le résultat ? Un héros « cool », speed, un jeu magnifique visuellement et une jouabilité exemplaire. Sonic a même réussi à s’imposer sur le marché américain et européen, et a réussi son pari. Sonic est un jeu très abouti, aussi bien sur le plan technique que dans son level-design, et il aura fallu le courage de Tom Kalinske, le directeur de Sega of America, pour imposer le jeu en bundle avec la console en remplacement d’Altered Beast, malgré la colère des dirigeants de Sega Japon. Sonic montrera ce dont est vraiment capable la Megadrive, devenant à son tour une vitrine technique de la console. La suite, tout le monde la connaît. Sinon, je vous la rappellerai sous peu…

4-Super Mario World : L’aboutissement du jeu de plates-formes, par Nintendo 

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Puisque nous en avions parlé tout à l’heure, voici donc Super Mario World. Pourquoi ? Parce que cet épisode est la quintessence du jeux de plates-formes, dont ceux qui sortent aujourd’hui continuent de s’en inspirer. Ce n’est pas pour rien que le titre a été la vitrine technologique de la Super Nintendo. SMW c’est un monde interconnecté, chaque niveau est un ravissement et surtout, un défi pour le joueur, avec des idées à la pelle. La plupart des stages ont deux sorties, et trouver les 96 disponibles comptées par la sauvegarde est un challenge corsé. Si on connaît bien les trucs, les raccourcis, il est possible de finir très vite le jeu. Mais Mario World, c’est surtout Nintendo qui dit aux autres qu’un jeu de plates-formes, ça se fait comme ça et pas autrement. Bien joué.

3- Duke Nukem 3D : Les FPS peuvent être drôles et innovants !

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Ce n’est qu’à-posteriori que Duke Nukem 3D se forgera une petite réputation. En effet, en 1996, le titre sortit juste avant Quake, qui mit une claque technique au genre, avec des ennemis et des armes modélisées en 3D. Pourtant, le premier prouve que le FPS peut être à la fois drôle et innovant.

Drôle, car tout le jeu est une parodie de la société américaine, qui est encore d’actualité aujourd’hui. Sans compter l’aspect du héros, des ennemis, des divers easter-eggs qui parsèment le jeu.

Innovant, parce que le jeu se démarquait par la qualité de son level-design, jouant parfois sur la verticalité, et certaines armes justes jouissives, comme le rapetisseur ou celle qui permettait de geler les ennemis. Dommage que cette course à l’innovation ne se soit pas poursuivie avec Forever

2-Deadly Premonition : Le fond, plutôt que la forme

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Oui, DP est un digne représentant des jeux mal aimés, car repoussants au premier abord. Il faut dire qu’il a tout pour déplaire : moche, raide, buggé. On est d’accord. Je ne nie pas ses tares et de ce fait le titre est ultra clivant. Tout comme le sont NieR et les Drakengard, pour citer d’autres exemples. Et pourtant, quand on se penche de plus près sur DP, on y découvre un héros ayant une double personnalité, des tas de personnages bizarres et des crimes commis dans un lieu trop tranquille. L’ambiance rappelle d’ailleurs la série Twin Peaks et le soft est bourré de références à la culture populaire. Le scénario met une bonne claque à certaines références du survival/horror, à commencer par Resident Evil 5 et 6 (en même temps,ce n’était pas bien dur). Deadly Premonition prouve que le fond compte peut-être plus que la forme et c’est peut-être ce qu’a voulu faire passer SWERY65, son génial créateur. En parlant de ça, j’ai hâte de voir le premier jeu de son nouveau studio, The Good Life, dans lequel les habitants se transforment en chats la nuit. Selon son concepteur, il devrait retrouver l’esprit de Deadly Premonition, et nous devrions en savoir plus lors de la Gamescom qui arrive dans quelques jours.

1-Final Fantasy VII : Oui, l’Europe veut du JRPG à la pelle !

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Je sais que certains jeux du genre arrivaient déjà sur le vieux continent, mais c’était au compte-gouttes. Mais ça, c’était avant 1997. Final Fantasy VII fut le premier FF à arriver en Europe. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais avant, aucun importateur n’avait voulu prendre le risque d’emmener officiellement Final Fantasy au-delà de l’Atlantique. De plus le jeu se paie le luxe d’avoir été (mal) traduit. Je ne reviens pas sur les qualités de FF VII, ce blog dispose de suffisamment d’articles pour que vous vous en rendiez compte, mais il n’empêche, qu’on l’aime ou non, il a ouvert les portes de l’Europe au genre entier, où les éditeurs se sont vraiment rendus compte qu’il y avait aussi une demande pour le genre. Depuis, le vieux continent a eu droits à tous les FF qui lui ont succédé, et même aux antérieurs via des rééditions sur différentes consoles. Et que dire de l’arrivée d’autres série concurrentes… Même si certains jeux cultes n’arriveront jamais de façon officielle, l’Europe a tout de même cessé d’être l’éternelle laissée pour compte du RPG. Bravo.

Voilà, c’est tout pour ce TFGA, et on se retrouve bientôt pour un nouvel article. En attendant, allez voir ceux des amis blogueurs à cette adresse, ça leur fera plaisir que vous leur rendiez aussi visite.

[critique jeu] Duke Nukem 3D 20th Anniversary World Tour

Comme vous le savez, Duke Nukem 3D est mon FPS préféré. Et pour ses 20 ans, Gearbox Software, à qui appartient désormais la licence, a décidé de lui donner une seconde jeunesse, c’est à dire une nouvelle sortie contenant les 3 épisodes originaux+ The Birth du Plutonium Pack, et un inédit qui se passe autour du monde.Alors, comme j’ai fait un test de l’édition Megaton du jeu, je ne vais pas m’appesantir trop dessus, ni même sur le passé du Duke, ni décrire de nouveau ce qu’il est, je pars du principes que vous connaissez le bonhomme. Bon allez, puisque vous insistez…

Balls of Steel et déjà-vu

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Sachez juste, pour ceux qui arrivent, que le scénario tient sur un timbre-poste : alors qu’il revenait de sa deuxième aventure, son véhicule se fait abattre par un tir de DCA . Duke a juste le temps de s’éjecter sur un toit de Los Angeles, et se rend compte que la Californie a été envahie par les aliens, qui de plus ont enlevé les femmes. Le grand blond  avec des lunettes noires est bien décidé à leur faire payer cet affront. 

Le jeu original se découpait en trois épisodes. Le premier, LA Meltdown, se passe dans les bas-fonds de Los Angeles, et Duke ira donner une leçon au Battlelord , dont le vaisseau est caché dans la faille de San Andréas.

Le second, Lunar Apocalypse, se passe dans l’espace, dans diverses stations spatiales et il ira battre l’Overlord caché sur la face éponyme de la Lune.

Le troisième, Shrapnel City, se passe de nouveau à Los Angeles, pour une confrontation finale avec l’empereur Cycloïde dans un stade de football américain.

Puis un quatrième a été ajouté peu après, The Birth, dans lequel Duke va avoir à faire avec une reine alien très méchante après une dizaine de niveaux assez éprouvants.

Le jeu disposait de plusieurs niveaux de difficulté : « piece of cake » correspond au niveau facile, « let’s rock » au niveau normal, et «  Come get some ! » au niveau difficile. Il y avait aussi le mode «  Damn’I’m Good », qui en plus de correspondre au mode difficile, ajoutait une difficulté dans le fait que si vous ne vous débarrassiez pas des cadavres définitivement, les ennemis revenaient à la vie au bout d’une quinzaine de secondes.

Le titre dispose d’un arsenal complet, dont certaines armes sont vraiment géniales comme le réducteur (mon arme préférée), le congeleur qui envoie des cristaux de glace pour geler les ennemis, ou le double lance-missiles miniature plus efficace encore que le lance-grenades pour tout nettoyer sans laisser de traces.

Pour les habitués du FPS actuel, la santé ne se régénère pas toute seule. Pour la retrouver, vous devrez chercher des trousses de secours ; Les petites remettent 10% de vie, les grandes 30. Si vous trouvez un atome, c’est même 50% que vous regagnerez, et pourrez peut-être avoir une vie max à 200%. Les armures permettent aussi de réduire les dégâts.

Tout cela est compris dans cette édition anniversaire. Maintenant, qu’en est-il niveau technique ?

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Eh bien, si on prend en compte ce qu’était le jeu, au niveau technique, la version PS4 tient la route. Certes, la console peut faire bien mieux, le jeu date effectivement, mais Gearbox a réarrangé certaines textures et affiné certains éclairages, et le tout est un peu plus fin. Il est toutefois possible de mettre le jeu avec les textures d’origine. Il n’y a pas de saccades dans l’animation, le tout est fluide, heureusement avec une console de cette puissance. On retrouve les thèmes habituels des niveaux, certains sont restés dans les annales, et le tout est très jouable, cependant, le changement d’arme demande un temps qui peut parfois être fatal si des ennemis se trouvent dans le coin. Heureusement, le jeu réintègre la fonction « rembobinage », vous permettant de reprendre à un moment où vous n’étiez pas dans le pétrin. Ceci dit, cela n’engage peut être que moi mais concernant les boss, j’ai toujours trouvé que celui de l’épisode 1 était plus dur que les autres…

Comme un pied de nez à Forever

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Donc, Gearbox a ajouté un épisode entièrement inédit. Il se nomme Domination Extra-Terrestre et est composé de sept niveaux faits par les anciens level-designers du jeu. Et il faut bien le dire, le level design est réussi, rendant bien hommage aux lieux traversés, parce que Duke visitera des villes telles que Amsterdam, Moscou, Londres, Paris, Karnak, ou encore San-Francisco, dont l’action se passe autour du Golden Gate, du moins, ce qu’il en reste, pour finir à Hollywood, là où tout avait commencé. Cet épisode introduit une nouvelle arme, l’incinérateur, qui permet de griller les adversaires. Vous pourrez également faire des cercles de feu, faisant que tout ennemi qui y mettra le pied brûlera instantanément. Mais attention à ne pas vous trouver trop près de l’ennemi, sinon vous aurez également droit au coup de chaleur. En contrepartie, elle est totalement inefficace dans l’eau.On y trouve également un nouvel adversaire, la « luciole », assez pénible à avoir parce qu’en plus, elle explose en mourant.

La structure des niveaux est bonne, et tous sont assez vastes pour permettre également un peu d’exploration, il existe plusieurs chemins pour arriver à les terminer. Et comme dans The Birth, la plupart des secrets sont bien cachés et pas forcément faciles à découvrir. On retrouve ce qui a fait l’esprit de Duke Nukem 3D, avec en plus, de nouvelles répliques exclusives. Comme pour oublier le sinistre Forever. Attention toutefois, la difficulté est assez élevée, si vous trouviez l’épisode précédent dur, celui là a aussi son lot de surprises, comme des adversaires pouvant tirer de loin, qui apparaîtront dès la saisie d’une clé de couleur, et si les mini-battlelords des épisodes précédents étaient pour vous une plaie, sachez que là, ils seront non-seulement présents, mais en plus vous pourrez croiser avec eux des mini-overlords, voire des mini-cycloïdes. Parfois, ils s’y mettront à plusieurs pour vous pourrir la vie. Il est toutefois dommage que Gearbox ne se soit pas inspiré de Duke of the Carribean pour faire changer les ennemis d’apparence selon les pays traversés. J’aurais bien imaginé les porcoflics avec une chapka ou un béret, par exemple…

Vingt euros pour un jeu déjà connu aux trois-quarts…

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Abordons maintenant la question qui fâche : à qui cette nouvelle édition de Duke Nukem 3D s’adresse t-elle ?

Il est sur que les fans tels que moi craqueront pour le jeu. Et ce d’autant plus que Gearbox a fait retirer des principales plates-formes la version Megaton Edition. Autrement dit, si vous avez Duke 3D sur PS3, Vita ou PC dans cette version distribuée par Devolver Digital, vous ne pouvez actuellement plus y jouer. Mais refaire un petit Duke fait partie des plaisirs du jeu vidéo. Un truc instantané, pour un plaisir qui l’est tout autant. J’aurais bien aimé que Gearbox inclut les épisodes de la version précédente, à savoir Duke Out in D.C., qui permettait de visiter Washington, Nuclear Winter, avec le Père Noël en boss de fin, et Duke of the Carribean, avec des ennemis en chemise hawaienne et des armes changées pour l’occasion.

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Peut-être que ça aurait pu justifier les 20 euros demandés, parce que oui, nous sommes en droit de nous demander si Gearbox ne les proposera finalement pas en DLC plus tard. Donc, la version Megaton proposait plus de contenu mais surtout, était vendue moins cher à 15 €. Là, vingt euros pour un jeu dont la plupart des joueurs connaissent les quatre premiers épisodes, pour 7 niveaux supplémentaires, un nouvel ennemi inédit et une nouvelle arme, avec un léger lifting technique,ça fait un poil léger. Heureusement, il y a des trophées /succès à débloquer, qui sont par ailleurs assez faciles à avoir parce que j’ai réussi à avoir le platine sans peiner. Il faut dire qu’aucun d’eux n’impose de relever un défi en mode de difficulté le plus élevé, donc rien ne vous interdit de jouer en mode le plus facile. Pire encore le jeu vous incite à tricher pour avoir le Platine. Mais tout le monde le sait, tricher dans DN3D, comme dans tous les jeux d’ailleurs, c’est un peu nul si ça ne sert pas. D’ailleurs avoir les 100% est même à la portée de tous parce que même moi je l’ai eu et pourtant je ne cours pas forcément après (certains trucs dans les jeux me gavent parfois), mais ça fait toujours plaisir.

Les nouveaux venus qui ont entendu parler de cette légende du FPS peuvent également tenter le coup, d’autant que les versions précédentes ne sont plus disponibles à l’achat.

Mais tout de même, je me demande si Duke Nukem 3D ne méritait pas encore mieux…

Verdict :

Duke Nukem 3D , pour cette nouvelle édition à l’occasion de ses 20 ans,  reste Duke Nukem 3D dans l’esprit, et c’est une bonne chose. Les habitués retrouveront vite les sensations d’un FPS à l’ancienne, son ambiance particulière, les répliques du héros,certaines armes démentielles, et la qualité du level design d’avant, comme si Forever n’avait jamais existé. Cela se retrouve également dans l’épisode inédit de cette édition. Mais tout de même, on ne peut s’empêcher de penser que cette référence remise un peu au goût du jour méritait peut-être encore mieux avec les trois épisodes de l’éditions Megaton, pour le prix qui est il est vrai un poil élevé. Là, Duke Nukem 3D aurait certainement eu son édition ultime. Peut-être qu’un jour, qui sait…

Critique réalisée à partir d’une version achetée sur le PSN.

Points Positifs :

Un lifting bienvenu

L’ambiance

Les sensations toujours intactes

Les idées du nouvel épisode

Toujours autant de références

L’humour indémodable

Rejouer à un classique du FPS

Points Négatifs :

20 euros, c’est un peu cher par rapport au contenu inédit proposé

Absence des épisodes de la version Megaton

Le changement d’armes a un temps de latence

Les 20 ans de Duke Nukem 3D

Il y a quelques jours, le 29 janvier précisément, Duke Nukem 3D fêtait ses 20 ans. 1996, une époque bénie où 3DFX et SoundBlaster faisaient le bonheur des possesseurs de PC. Le temps de Windows 95… Je me demande s’il y en a qui regrettent, on ne sait jamais parce qu’il paraît que « c’était mieux avant »… Deux décennies pour un FPS irrévérencieux à souhait qui a déboulonné Doom. Se déroulant dans un univers plus réaliste et modélisé avec le Build Engine, troisième épisode de sa licence, les deux premiers étant des jeux d’action/plates-formes bien sympas,  Duke 3D reste vraiment l’épisode qui a marqué la licence.

Le jeu d’origine est livré avec trois épisodes : LA Meltdown, se déroulant dans les bas-fonds de la cité des anges, et qui était distribué, comme pour Doom en shareware ,  c’est à dire gratuitement pour faire connaitre le titre, si vous vouliez la suite, il fallait acheter le jeu complet. Ensuite vient Lunar Apocalypse, où nous découvrons que la Lune est loin d’être déserte, et enfin Shrapnel City et son combat final contre l’empereur Cycloide dans un stade de football américain. Un quatrième épisode, The birth, vint s’ajouter ensuite, puis trois autres encore.

Le jeu fut adapté l’année suivante sur toutes les consoles d’alors, à savoir la PlayStation, la Saturn et la Nintendo 64, par des sociétés différentes, à savoir respectivement Aardvark Software, Lobotomy Software et Eurocom, chaque version ayant ses différences. La version PS1 par exemple dispose de voix en français et de musiques remixées, ainsi que d’un épisode inédit.

Bien évidemment, les puristes préféraient la version PC où il était de plus de faire des parties en LAN.

Ce qui me plaisait dans Duke Nukem 3D, c’était la variété de son armement : si certaines armes étaient conventionnelles, d’autres l’étaient beaucoup moins. Par exemple, le Congeleur, ou le Rapetisseur, qui réduisait l’ennemi avant de l’écraser sous la semelle étaient des armes jouissives.

Le jeu était une parodie de la culture américaine, entre références à des films tels que Evil Dead, ou Invasion Los Angeles et à l’actualité brûlante de l’époque. L’humour était aussi une de ses marques de fabrique, entre des situations totalement absurdes ( par exemple, un alien entrain de faire ses besoins dans des WC) et les vannes balancées par Duke lui-même, par la voix de John St.John.

Enfin, un des atouts majeurs du jeu était la qualité de son Level-Design et l’interaction avec le décor, dont les éléments étaient destructibles. Vous pouviez par exemple vous désaltérer aux différents points d’eau pour restaurer votre santé, jouer au billard, détruire pas mal de choses.

Ensuite, la qualité des maps, bien que moindre dans les trois épisodes les plus récents, étaient des modèles du genre. Et surtout, le jetpack permettait aussi de jouer avec la verticalité et certains niveaux pouvaient ainsi être franchis en quelques instants si nous disposions de l’accessoire. Les programmeurs se sont en plus amusés à dissimuler des endroits secrets qui seront décomptés à la fin du niveau. Certains sont tellement bien planqués qu’il est dur de les deviner par soi-même.

Duke 3D fait partie des jeux que je connais par cœur, mais que je refais avec plaisir.

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A quand le retour du roi ?

L’après Duke 3D fut plus difficile, à la fois pour 3D Realms et notre héros lui même. Duke Nukem Forever fut annoncé dès 1997, et n’apparut que 14 ans plus tard. Entretemps, nous avions droit, nous joueurs, à des jeux allant du franchement sympa au vraiment mauvais, mais rien qui nous donne les sensations de l’épisode 3D.

Et lorsque Forever parut en 2011, ce fut hélas une immense déception. Le jeu paie cher son développement chaotique. Il ne fallait pas s’attendre à une révolution graphique, très clairement. Le problème, c’est que le jeu rate son level design et se contente de copier les principes de FPS devenus la norme et sortant annuellement. Il aurait pu être tellement mieux ! En gros, c’est un Fail to the King, baby.

Mais l’héritage ne fut cependant pas totalement perdu. Le roi a laissé des traces dans d’autres jeux, soit au niveau du moteur de jeu, du gameplay ou même au niveau de l’humour, je pense particulièrement à Shadow Warrior et Redneck Rampage.

Et je me prend à rêver au retour du roi. Un jeu digne de celui de 1996 dans son LD, sa jouabilité ( c’est à dire, porter tout l’arsenal , utilisation d’objet et retour des médikits) et son ambiance déjantée.

Gearbox Software, à qui appartient désormais la licence, a annoncé un autre épisode après Forever… Je me demande toutefois s’il faut s’en réjouir.

Et si Duke Nukem 3D n’a que 20 ans, c’est un jeunot par rapport à des licences qui fêtent les 30 ans de leurs premiers épisodes cette année. Ce sera l’objet d’un prochain article.

Retour sur Duke Nukem 3D

Y a t-il encore besoin de présenter Duke Nukem 3D ? Près de 20 ans après sa sortie, ce serait faire injure aux connaisseurs que vous êtes, d’autant que Forever est passé par là. Puisque vous insistez, je m’y colle de nouveau… Ça tombe bien, le jeu dans sa version Megaton vient de sortir sur le PSN pour PS3 et Vita… Et un petit rappel sur ce jeu ne fait pas de mal. Cette critique sera une fois de plus spéciale. Elle permettra de voir pourquoi ce jeu a acquis un statut de légende et les bonnes idées qu’il a apporté au genre.

Histoire

Duke Nukem 3D est le troisième jeu de la franchise et sortit à l’origine en 1996 sur PC. Les deux premiers titres, sobrement nommés Duke Nukem et Duke Nukem II ( vous vous en seriez doutés ? moi pas), étaient des jeux de plates-formes sympathiques où un héros blond devait atomiser littéralement les aliens adverses.

Justement, le scénario commence juste après sa deuxième aventure. En revenant sur Terre, Duke s’attendait à être accueilli en héros. Tu parles ! Il est à peine revenu dans l’atmosphère terrestre qu’un missile endommage son véhicule. Il s’éjecte sur un toit et se rend compte que les aliens ont envahi Los Angeles et la Californie. De plus, ils ont enlevé toutes les femmes. Et ça, ça ne va pas du tout ! Notre grand blond avec des lunettes noires repart donc à la chasse… Ce n’est pas du grand scénario mais le jeu n’est pas non plus un RPG…

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Le suffixe «  3D » a été ajouté pour montrer le changement de perspective. En effet, il y a 20 ans, et bien que d’autres aient ouvert la voie, ce fut Doom qui popularisa vraiment la mode du FPS , qu’on appelait d’ailleurs « Doom-Like » pour les titres postérieurs à ce dernier si le jeu était en vue subjective. Et comme son illustre aîné, Duke Nukem 3D s’est fait connaître grâce au système de shareware, c’est à dire une démo jouable gratuite qui comprenait tout le premier épisode du jeu. Pour avoir les autres, il fallait acheter le titre.

 

Les différentes versions et rééditions

Le succès aidant le jeu sorti en premier sur PC et Mac s’est vu porté sur les consoles de l’époque, qui étaient la PlayStation, la Nintendo 64 et la Saturn.

J’ai beaucoup joué à la version PlayStation du jeu, qui a été renommée tout simplement Duke Nukem en Europe et affublée du sous-titre « Total Meltdown » en Amérique. Les trois épisodes originaux y sont présents, les niveaux aussi, et il n’y a aucune censure. Le jeu a été traduit avec des voix en français, et des musiques remixées voire remplacées dans certains niveaux, et il comportait un quatrième épisode exclusif qui s’intitulait «  Plug and Pray ! » et les niveaux étaient basés pour l’ambiance sur les grandes licences de la console comme Tomb Raider ou Resident Evil. Le boss était un robot, CyberKeef, clone de Duke en ferraille fait par les aliens pour l’éliminer. Toutefois, le portage global signé Aardvark Software ne s’est pas fait sans heurts : les graphismes sont étonnamment sombres, à cause du manque de couleurs et la résolution a été divisée par deux par rapport à la plateforme d’origine, ce qui faisait que le jeu était souvent une ode aux pixels. Le titre compense cela par une rapidité d’animation à toute épreuve. Je mentionnerai aussi que si les sauvegardes sur Carte Mémoire étaient très lourdes, de 3 à 7 blocs, l’apparition d’une sauvegarde rapide en passant par le menu permettait de ne pas reprendre à zéro tant qu’on n’éteignait pas la console. Très pratique.

On saluera l’exploit de la version Saturn, qui prouvait qu’elle était capable de faire mal bien exploitée,mais Lobotomy Software avait déjà fait ses preuves avec Exhumed. Cette version est construite sur le même moteur, le « Slave Driver Engine » et proposait des effets assez inédits ou durs à reproduire sur le support.

La version Saturn gérait les effets de transparence et de reflets.  C'est bête pour l'ennemi..

La version Saturn gérait les effets de transparence et de reflets. C’est bête pour l’ennemi..

La version Nintendo 64 a été faite par Eurocom. Politique de Nintendo de l’époque oblige, le jeu a été censuré : certains niveaux jugés trop sulfureux sont remplacés, et on peut désactiver le sang.. Certaines armes sont également substituées à d’autres. Le jeu offre une version plus colorée que ses consoeurs, toutefois l’anti-aliasing rend certaines textures assez floues. Idem il n’y a pas de musiques dans les niveaux, à cause des limitations du support cartouche. Cette version exprugée compense toutefois ses handicaps  en proposant un mode Dukematch à quatre joueurs sur la même console et la présence de vraie 3D. Pour faire de même sur PlayStation par exemple, vous deviez avoir deux jeux, deux consoles reliées et … deux télés. Le jeu fut adapté plus tard sur Game Boy Advance, sous le nom de Duke Nukem Advance.On évoquera aussi les portages assez calamiteux ailleurs, comme l’immonde épisode sorti sur Megadrive, mais uniquement au Brésil par TecToy. Il faut cependant préciser que le Brésil est un marché ultra-fermé et où tout produit étranger est fortement taxé à cause de la loi « reserva de mercado » de 1984 et qu’au niveau des jeux vidéo, seul Sega a réussi à durablement s’imposer. Pour en revenir à Duke, cet épisode ne comporte que le deuxième épisode et est totalement raté, en plus d’être entaché de soupçons d’illégalité concernant l’acquisition de la licence.

Et si vous voulez encore plus rigoler, sachez que 12 niveaux de Duke Nukem 3D ont été transposés sur la calamiteuse portable Game.com faite par Tiger Electronics, et l’adjectif sied aussi à la version du jeu. En 2009, le jeu se pointe sur le Xbox Live de la Xbox 360. Fidèle à l’original et comprenant les quatre épisodes, on regrettera l’affichage uniquement en 4/3, mais elle fait venir avec elle une feature bien sympa bien que facilitant quand même pas mal le jeu : le fait de reprendre à partir de n’importe quel point avant votre mort. Bien entendu, il est sorti aussi sous Android et iOS avec les contrôles tactiles.

"J'ai dit : on entre pas avec des baskets!"

« J’ai dit : on entre pas avec des baskets! »

« Those alien bastards gonna pay for shooting up my ride ! »

Le jeu se découpe à l’origine en trois épisodes. Le premier, intitulé LA Meltdown, est composé de six niveaux dont un caché, et se passe à Los Angeles et ses environs. Vous passerez dans les quartiers les plus mal famés de la métropole, à commencer par un cinéma porno… Le boss, le Battlelord, se cache dans son vaisseau, au fond des abysses de la faille de San Andreas.

Ensuite, vous irez dans l’espace pour Lunar Apocalypse, lorsque Duke apprendra que l’attaque était lancée depuis le satellite naturel de la Terre. Il se déplacera dans diverses bases, explorera même la face cachée de l’astre, et ira déloger l’Overlord dans son vaisseau. C’est l’épisode clairement orienté S-F du jeu.

Mais cela n’était qu’une distraction. Pendant que Duke s’occupait des avants-postes lunaires, le chef des aliens, l’Empereur Cycloide, en a profité pour que ses troupes d’élite débarquent sur Terre. Duke repart une fois de plus pour éliminer ce qui reste de la vermine dans Shrapnel City.

Les épisodes 2 et 3 ont deux niveaux cachés.

Le métro  de LA est très mal fréquenté. Attention, les Cervoctuples  tirent loin...

Le métro de LA est très mal fréquenté. Attention, les Cervoctuples tirent loin…

Un quatrième épisode fut ensuite développé, un add-on qu’on a vite retrouvé dans l’éditions Atomic du jeu. Ils ‘agit de The Birth, où Duke doit s’occuper de neutraliser une reine alien redoutable, au cours de dix niveaux dont un caché.

Bien évidemment, la difficulté est croissante, et le premier épisode est abordable, le second demande un poil plus d’adresse, le troisième est réservé aux joueurs avertis et ne vous lancez pas dans le quatrième si vous ne connaissez pas du tout le jeu.

De plus, le jeu vous demandait de choisir une difficulté : de «  Piece of cake ! » ( «  du gâteau ! ») en passant par « Let’s Rock ! » ( «  c’est parti ! ») pour le mode normal, ainsi que «  Come Get Some ! » («  Prends ça ! ») pour le mode difficile, le jeu en ajoutait un quatrième redoutable, le mode «  Damn I’m Good ! » ( « je suis trop bon! ») qui vous impose ici d’avoir de quoi exploser les cadavres de vos adversaires, faute de quoi ils ressuscitaient au bout de trente secondes.

Le Level design était très inspiré, oscillant entre zones urbaines, canyons, et décors plus orientés S-F. Il était cependant assez réaliste par rapport aux autres jeux du genre. Le but était simple : atteindre le symbole d’auto-destruction symbolisés par le signe signifiant «  radioactivité » pour détruire le niveau. La plupart d’entre eux contenaient des endroits secrets qui étaient comptés à la fin du niveau. Mieux encore, les programmeurs ont pensé à donner une certaine verticalité aux maps, et certains niveaux étaient d’ailleurs basés sur ça. Le jeu est construit sur le Build Engine, qui permettait de travailler la hauteur et le volume des niveaux, les rendant ainsi moins linéaires. Bien entendu un boss vous attend à la fin de chaque épisode. De plus les niveaux regorgent d’endroits secrets et tous les débusquer n’est pas une mince affaire, et vous savez combien vous en avez trouvé ou manqué à la fin de chaque niveau.

Le niveau final du premier épisode se déroule dans la faille de San Andreas

Le niveau final du premier épisode se déroule dans la faille de San Andreas

« Come Get Some ! »

Pour lutter contre l’envahisseur extraterrestre, Duke dispose d’un sacré arsenal. Si certaines d’entre elles sont assez conventionnelles comme le pistolet de base, le fusil à pompe (pratique à courte portée mais lent à recharger et moins efficace à distance) ou la sulfateuse (d’un autre modèle que celle de Doom), d’autres étaient inédites, je pense notamment au réducteur et au congélateur. La première arme réduit l’ennemi à la taille d’une fourmi et Duke l’écrase ensuite d’un bon coup de pied, ne laissant qu’une flaque de sang sur le sol. La seconde tire des cristaux de glace et gèle l’ennemi, si notre héros s’en approche, il donne un coup de pied dedans le brisant ainsi en mille morceaux. Dans les deux cas l’effet est temporaire et elles sont inefficaces contre les boss.

Vous avez aussi les armes qui nettoient même dans les coins, comme le lance-roquettes, très efficace et le double lance-missiles miniature, appelé ici « nettoyeuse » tellement rien n’y résiste. Ces deux armes demandent toutefois une certaine distance pour ne pas prendre soi-même des dégâts. Il en est de même avec les bombes télécommandées : éloignez-vous avant de les faire exploser. Elles permettent également de casser les fentes dans les murs, révélant des passages secrets.

Duke, responsable de  l’augmentation de la mortalité routière.

Duke, responsable de l’augmentation de la mortalité routière.

Il vous faudra être prudent lors des fusillades, si vous manquez de munitions pour l’une d’elles, le jeu change d’arme automatiquement, et parfois, on meurt parce qu’on a utilisé le lance-grenade à bout portant sans le vouloir… Une arme s’utilise toute fois de façon différente : il s’agit de la bombe à infrarouge, que vous pouvez poser sur un mur pour tendres des embuscades aux ennemis. Ceux qui franchiront le rayon subiront des dégâts.

Le jeu permet aussi l’utilisation d’objets de façon passive grâce à un inventaire, chose qui n’existait pas dans le genre. L’armure fait diminuer les dégâts subis et sa valeur s’affiche à coté des points de santé. Les autres objets peuvent être utilisés par le joueur lorsque bon lui semble, comme la trousse de soins portative ou les lunettes pour voir dans le noir, soit ils s’activent de façon automatique, c’est le cas des bottes pour marcher sur les substances dangereuses comme la lave ou les déchets toxiques, ou le scaphandre pour respirer sous l’eau dont le pourcentage diminuait au fur et à mesure. Le jetpack devait aussi être activé et était très pratique pour débusquer des secrets ou des ennemis haut perchés. Les stéroides vous permettent d’aller plus vite. L’holoduke permet de duper les ennemis en produisant un clone de Duke. Son utilisation est toutefois limitée.

Un réacteur nucléaire sur la Lune...

Un réacteur nucléaire sur la Lune…

Comme ce jeu date d’avant l’ère des FPS « contemporains », la santé ne remonte pas toute seule. Pour vous soigner, il vous faut trouver des trousses de soins, les grandes restaurent 30 points de vie, et les petites en remettent 10. Si vous trouvez un atome, vous en regagnez 50 d ‘un coup, et ces objets vous permettent d’augmenter votre capital de vie jusqu’à 200. Une astuce consiste aussi à trouver des points d’eau, comme des fontaines, des toilettes (pas mal de niveaux en comportent) ou des lavabos et de boire leur eau pour faire remonter progressivement la vie. Le problème de cette méthode étant bien entendu que cela fait perdre du temps…

Que valent les versions sorties récemment sur le PSN ?

La version du jeu apparue sur le PSN pour Playstation 3 et Vita est celle équivalente à celle sortie sur Steam avec des textures graphiques refaites pour être compatibles avec l’OpenGL. Cependant, le jeu accuse tout de même son âge, quel que soit le support. Les sprites des objets et ennemis sont en 2D et ça se voit encore plus de nos jours. Le jeu a vieilli de ce coté là,c’est indéniable. Il n’en reste pas moins que les décors sont plutôt assez bien faits et plus réalistes que ce qu’on pouvait trouver chez la concurrence. Les ennemis ont des apparences porcines et savent se défendre même si l’IA n’est pas forcément très poussée.

Les musiques sont fidèles à ce qu’on connaît et les bruitages et phrases de Duke sont toujours aussi fidèles.

Bidons+ balle = Boom.  équation qu'on retrouve dans tous les FPS...

Bidons+ balle = Boom. équation qu’on retrouve dans tous les FPS…

Au niveau de la durée de vie, en solo vous avez déjà de quoi faire, étant donné qu’en plus des quatre que je connais déjà bien , on a droit ici d’emblée au trois épisodes bonus développés par des studios externes. Ces épisodes ont le mérite de nous sortir de Los Angeles pour aller voir ailleurs, à défaut de réellement innover. Dans Duke Out in D.C, vous irez faire un tour à Washington et visiterez les lieux emblématiques de la ville, que les aliens ont infestée. LA, ça ne leur suffisait plus… Dans  Nuclear Winter, les aliens sont venus au Pôle Nord et prennent le Père Noël en otage. Autant dire qu’en guise cadeau, une bonne bastos devrait faire l’affaire. Enfin dans Duke of the Carribean, Duke voudrait bien prendre des vacances auprès de sublimes créatures dans un lieu paradisiaque… Mais les aliens en ont décidé autrement. Ce qui signifie une durée de vie déjà assez conséquente. En revanche j’ai trouvé les serveurs en multi bien vides, et quand j’étais dedans, le frame-rate n’était pas optimal.

Le titre est jouable quelle que soit la version, et diriger Duke à la manette est un vrai plaisir. Chose rare pour l’époque, notre héros peut sauter, ce qui est aussi assez utile pour certains passages ou secrets. La version portable utilise de façon judicieuse l’écran tactile : si vous tapez la moitié gauche de l’écran (doucement, il s’agirait de ne pas le péter, vu le prix de la console) vous prendrez l’arme précédente, et si vous tapez à droite, l’arme suivante. Cependant, ces versions comportent de sérieux glitchs qui peuvent empêcher la progression. Je ne saurai que vous recommander d’attendre que Devolver Digital, qui a récupéré les droits d’édition du jeu fournisse un patch pour corriger cela, ainsi que les erreurs de lecture marquant «  fichier corrompu » lorsqu’il s’agit de faire un respawn suite à une mort malencontreuse. La version sur Xbox 360 était beaucoup mieux optimisée à ce niveau. Je reviendrai sur les glitchs possibles en fin d’article.

Le premier niveaud e l'épisode 3 se passe dans un restaurant japonais et un karaoké.

Le premier niveaud e l’épisode 3 se passe dans un restaurant japonais et un karaoké.

« Hail to the King, Baby ! »

Maintenant, la question qui tue : pourquoi rejouer à Duke Nukem 3D alors que le monde des FPS a considérablement évolué depuis, et ce d’autant que Quake sorti immédiatement après a été une sacrée évolution technique ? Tout simplement parce que le jeu ne se prend aucunement au sérieux. En réalité, il est une parodie de la société et des peurs américaines. On visite plusieurs lieux emblématiques de la « culture » amerloque , tout en dénonçant son hypocrisie et ses travers (notamment en ce qui concerne le décalage entre la morale « officielle » et le rapport à la pornographie). La religion en prend notamment pour son grade.

Je me demande bien quel type  d'édition on produit, dans ce bâtiment...

Je me demande bien quel type d’édition on produit, dans ce bâtiment…

Le héros lui-même est un cliché : Grand, blond, baraqué, portant des lunettes noires, parlant comme un charretier avec des expressions bien vulgaires ( « your face, you ass, what’s the difference? »), mais devenues cultes, bourrin et macho, il n’est pas sans rappeler les stars des films d’action qui sortaient lors des décennies 80 et 90. Il est le contraire d’un intellectuel et préfère faire parler la poudre plutôt que les négociations. Les références au cinéma ne manquent d’ailleurs pas : de Alien à 2001 : l’odyssée de l’espace en passant par Star Wars, jusqu’aux plus obscurs films de S-F, le premier niveau de l’épisode 4 est même une référence au premier film Mission : Impossible sorti la même année que le jeu d’origine. Mais celui auquel le jeu rend le plus hommage, c’est à mon avis Invasion Los Angeles (ou « They Live » en V.O.) de John Carpenter, que je vous recommande d’ailleurs de voir, notamment en ces temps actuels.Plusieurs éléments du film sont repris : un héros blond, une ville, Los Angeles, envahie par les extra-terrestres, les lunettes permettant de voir d’autres vérités, la phrase de début de l’épisode 3 quoique légèrement adaptée (« It’s time to kick ass and chew bubble gum… and I’m all out ouf gu m ! » dans le jeu) il est de plus difficile de ne pas penser non plus au film lors du niveau Bank Roll, pour la scène gratuite mais jouissive où John Nada arrive lunettes noires sur le nez, shotgun dans les mains, et où il prononce la phrase près d’un drapeau américain et devant une foule médusée.

"I have come here to chew Bubble Gum and kick ass..."

« I have come here to chew Bubble Gum and kick ass… »

Le jeu comporte aussi des références à l’actualité de son époque de développement, notamment avec le procès et la fuite de O.J. Simpson accusé du meurtre de sa femme. A certains endroits,on peut voir certains grands panneaux avec «  Guilty ? » (« coupable ? »)ou «  Innocent ? » et un téléviseur dans le deuxième niveau de jeu montre un camion en fuite sur l’autoroute. Certains niveaux sont également inspirés de certains événements s’étant passés à l’époque du jeu comme le niveau « Going Postal », suite à une série de meurtres impliquant des postiers américains. L’expression a été utilisée dans un journal et est ensuite entrée dans le langage populaire, où elle signifie littéralement péter un plomb.

Bref, le jeu est une mine de références que les programmeurs ont su inclure de façon judicieuse dans le jeu. Je ne vous en cite que quelques unes car toutes les répertorier me prendrait un annuaire.

Cette séquence a effectivement de quoi vous rendre dingue.

Cette séquence a effectivement de quoi vous rendre dingue.

Ensuite, le level design fait partie des plus ingénieux. Si la sortie se trouve parfois à côté de l’entrée, il faudra souvent vous fader tout le niveau pour trouver les cartes vous permettant d’y accéder. Et les ennemis sont loin de se laisser faire. Si leur intelligence ne leur permet pas forcément d’anticiper, leur hargne est telle qu’ils sont réellement dangereux notamment si vous avez à affronter des groupes.Il n’hésiteront pas à vous poursuivre mais beaucoup ont un cri que vous pourrez identifier, vous indiquant ainsi de vous méfier. Le cri des porcoflics est clairement reconnaissable, et je dois avouer que les voir agoniser en criant comme des gorets a quelque chose de jouissif.

Dans Duke of The Carribean, les ennemis sont en chemise hawaïenne et lunettes de soleil. L'aspect et le nom des armes changent aussi.

Dans Duke of The Carribean, les ennemis sont en chemise hawaïenne et lunettes de soleil. L’aspect et le nom des armes changent aussi.

Il faut ajouter à cela de nombreuses interactions avec le décor. Certes, on trouvait les sempiternels interrupteurs à activer, mais parfois, il servaient juste à allumer ou éteindre la lumière d’une pièce, sans autre fonction que d’être purement cosmétique. On pouvait aussi jouer au billard, donner un billet à une strip-teaseuse, et beaucoup d’éléments étaient destructibles.Une chose amusante était de s’approcher d’un urinoir si le niveau comportait des toilettes, et d’appuyer sur le bouton d’interaction avec les portes : on regagnait un peu de santé en faisant ça. Il arrive aussi souvent de trouver des ennemis « sur le trône ». Toutes ces petites choses ne sont que des détails aujourd’hui, mais c’était bien vu pour l’époque du jeu. Pour tout cela, le jeu a acquis un certain statut. Pour un jeu pré-GoldenEye et toutes les références qui sortiront ensuite, c’est très fort. C’est sans doute pour cela qu’on ne l’a pas oublié près de 20 ans plus tard…

Une petite partie ?

Une petite partie ?

Enfin sachez certains concepteurs ayant participé au développement du jeu volent maintenant de leurs propres ailes. C’est le cas de Randy Pitchford, ayant travaillé sur la version « Atomic Edtion » du jeu et maintenant PDG de Gearbox Software.

Ce fut après que le prestige de Duke fut un peu écorné. Annoncé dès 1997, Duke Nukem Forever, sensé être la suite directe de l’épisode 3D a connu un développement tellement chaotique qu’il ne sortit que 14 ans plus tard, en juin 2011. Entre-temps, ce titre était devenu avec quelques autres (qui a dit Shenmue III ?) un des plus grands vaporwares de l’industrie vidéoludique. Cependant les aléas ne l’auront pas épargné : le jeu a changé trois fois de moteur principal, et a subi la faillite de 3D Realms, qui existe toujours et le jeu a failli être abandonné. C’était sans compter Gearbox Software qui a repris le bousin et… s’est contenté de le terminer. Le résultat fut archi-décevant, et DNF a payé cher les errements de ses développeurs.

Le héros de Doom ne sera pas le seul à être retrouvé mort...

Le héros de Doom ne sera pas le seul à être retrouvé mort…

Duke fut également exploité durant ce très long laps de temps dans des jeux allant du plutôt bon (Time to Kill, Land of The Babes) au franchement mauvais (Critical Mass sur DS), en étant des jeux à la troisième personne.Cependant le héros survécut au temps et ce fut un exploit. Mais aucun d’eux ne put acquérir le titre de «  légende » comme l’épisode 3D.

Pendant cette période, il fut aussi évoqué à plusieurs reprises un film « live » de Duke Nukem, dont une version avec Dolph Lundgren dans le rôle principal. Un acteur dont s’inspire très fortement le héros.

Je ne peux présager de ce que sera l’avenir du personnage, s’il a un. Ce que j’espère, c’est qu’entre l’annonce d’un prochain jeu et sa sortie effective, il ne s’écoulera pas de nouveau 14 ans.

2015-01-25-144713

 Julius

Les glitchs et bugs des versions PSN :

Il est vraiment dommage que Devolver Digital n’ait pas pris le temps de corriger ces gros bugs avant de commercialiser le produit, parce que j’estime que même à même pas 10 € ça fait mal. Je suis abonné PS+ donc je n’ai rien payé, mais voici les principaux problèmes que j’ai rencontré à cause d’un codage avec le c*l :

Sur Vita :

Problèmes de «  fichier corrompu » lors de la lecture du clip pour réapparaitre après une mort malencontreuse.

Episode 2 Niveau 7, Lunar Reactor :

Ce vaste niveau a fait glitcher le jeu au niveau de la porte activée par la clé jaune. Elle s’ouvre sur un écran noir qui tue instantanément. Heureusement, il est possible de le contourner en passant par les conduits d’aération. Mais vous ne pourrez pas franchir la porte non plus en sens inverse, la texture immédiate du cadre ne s’étant pas affichée.

Episode 4 Niveau 9 , Derelict :

Impossible de terminer le niveau au moment de plonger dans le dernier bassin après avoir battu le dernier battelord. J’ai eu trois cas : soit un insta-kill, soit un plantage pur et simple avec message envoyé par la console, soit le jeu considère que j’ai terminé le niveau (sans avoir pourtant activé le bouton) , mais me renvoie au premier de cet épisode.

Sur PS 3 :

Episode 2 Niveau 10, Overlord. :

Le jeu ne permet pas de passer le niveau final de l’épisode puis d’enchaîner sur le premier de Shrapnel City. Une fois le boss tué et la cinématique passée, le jeu met à jour les classements… de façon infinie.

J’ai aussi eu droit à «  fichier corrompu » lors de la lecture de l’enregistrement.

Pour les résoudre, j’ai eu bien peu de réponses mais j’ai lu qu’un des moyens serait de supprimer tous les clips de joueur, que le jeu enregistre à chaque niveau pour vous permettre de recommencer en cas de mort. Je l’ai fait et même si ça permet de libérer la mémoire du jeu, ça n’a pas marché pour passer Overlord.

Une solution serait également de supprimer sa sauvegarde…

Ou alors dans les cas extrêmes, de désinstaller puis réinstaller le jeu…

News du matin

Une news en coup de vent : Duke Nukem 3D est gratuit jusqu’à demain 15 h chez Good Old Games.  Si vous ne savez pas ce que c’est qu’une excellent FPS  pré-Half-Life , poussant la parodie très loin ou si vous ne l’avez jamais fait, foncez. Vite. Je précise qu’il s’agit de l’édition Plutonium Pack, comprenant des textures rehaussées et l’épisode 4 additionnel, the birth.

Hail to the King, Baby! 

Julius