Archives de Catégorie: Phylactères

BD franco-belge, comics

[Critique BD] Astérix chez les Pictes

Lorsqu’un nouvel Astérix sort, c’est un événement. Notamment lorsqu’un nouveau duo décide de reprendre en main notre petit gaulois.  A vrai dire, il eut été difficile  de faire pire que celui sorti avant lui :  Le ciel lui tombe sur la tête , sorti en 2005 était d’une nullité absolue, le degré zéro de la BD franco-belge, avec un scénario que même un gamin de 10 ans n’aurait osé  écrire, rétrograde, à la gloire de la culture américaine avec un racisme anti-japonais prononcé. Pour moi, il était juste bon à nourrir un feu de cheminée ou en cas de pénurie de papier toilette, il pouvait  aussi servir. je m’arrête là, sinon je deviens encore plus méchant. Cependant, le fait que l’éditeur n’ait pas voulu fournir d’exemplaires du nouvel album par avance à la presse de peur de mauvaises critiques est quelque chose de hautement contestable.

Heureusement, cette fois, ce sénile d’Uderzo a enfin passé la main, et nous retrouvons donc un nouveau duo, composé de Jean-Yves Ferri pour le scénario et Didier Conrad pour le dessin. Que dire sur l’album ?  Qu’il n’est pas si mal, en fait.  Cette fois, nos deux gaulois, sans Idéfix, pour une fois, vont visiter la Calédonie -l’Ecosse, de nos jours- après qu’un picte ait été retrouvé dans de la glace sur la plage du village.  Le scénario offre de bonnes idées, mais aussi de mauvaises. Certains gags font mouche d’autres tombent à plat. Je pense notamment aux jeux de mots sur les noms.  Ceux des romains sont assez faibles, voire nuls ( Zaplézactus…non, vraiment), mais Ferri se rattrape avec  ceux des pictes ( Mac Robiotix,  entre autres…). Il y a une bonne exploitation du monstre du Loch Ness. En revanche le recensement du village est inutile.  Il est aussi dommage que les batailles soient si peu nombreuses, et certaines vite expédiées, comme la fin, d’ailleurs. 

Niveau dessin, Didier Conrad fait du bon boulot pour que son trait ressemble à celui d’Uderzo.  Il n’y  pas de changement radical de style. Un bon point.

On le sent, cet album navigue entre deux eaux. Celui du semi-réussi ou du semi raté, au choix. On peut le voir comme le verre à moitié plein comme à moitié vide. Allez, je vais être gentil, et dire que c’est un début encourageant pour le nouveau duo. En matière de potion magique, ça manque un peu de gout, mais j’espère vraiment que Conrad et Ferri sont sur la pente ascendante, et qu’ils  se libéreront plus sur les  albums à venir…

Julius

astérix pictes

Astérix chez les Pictes

Scénario: Jean-Yves ferri

Dessin: Didier Conrad

48 pages

Éditeur:  Editions Albert René

Prix : 9,41 €

[critique BD ] Zombillénium tome 1 et 2

Arthur de Pins est surtout connu pour  sa série  Péchés Mignons,  série de BD coquine  parue chez Fluide Glacial, avec des contenus parfois très explicites. Je dois avouer que ce qui a attiré mon attention sur Zombillénium,  c’est la couverture du premier tome, représentant le visage d’une femme avec de grandes lunettes noires  dans lesquelles ont peut voir une créature volante et une tour.  Pas de doute, il y a eu un certain travail, et cela ne peut qu’inciter le lecteur potentiel à ouvrir pour voir ce qu’il y a dedans.  Mais Arthur de Pins est il capable de faire une histoire cohérente sur une cinquantaine de planches ?  Vous aurez la réponse un peu plus tard, mais laissez-moi vous exposer la situation de départ :

Zombillénium  est un parc d’attractions  situé dans le Nord de la France, près de Valenciennes ( si j’en juge d’après l’illustration de garde  avec un panneau indiquant la direction de la ville),  basé sur la peur et les créatures fantastiques  comme  les zombies, les loups-garous et les vampires.  Pas facile de faire peur  et de savoir  ce qui  plait au public,  et Francis Von Bloodt, le directeur, vampire de son état, est bien placé pour le savoir. La fréquentation est en baisse, et insulte suprême, Zombillénium est encore moins fréquenté que Vulcania!    D’autant  l’hostilité des habitants de la région,  ravagée par le chômage, ne cesse de grandir.  De plus, même si le public croit que ce sont des humains déguisés,  le parc n’embauche aucun humain vivant… 

Blaise ( loup-garou), Gretchen et Francis  n'attendent que vous...

Blaise ( loup-garou), Gretchen et Francis n’attendent que vous…

Le premier tome met en place tout cela,  et débute au moment de l’embauche d’Aurélien Zahner  à Zombillénium, rencontré dans des circonstances  assez fortuites.  Ce dernier, voulant faire un braquage dans un bar, croise la route de Gretchen, une jeune femme  qui fera échouer son coup ( de quelle manière, à vous de le découvrir). Dépité, il repart  et  se fait renverser par la voiture de Francis Von Bloodt,  qui, à l’aide de Sirius,  ramenait Aton  la momie qui voulait partir en Egypte ( logique, me direz-vous). Ramené  » à la vie » ( si on peut dire), Aurélien se fait immédiatement embaucher en tant que vendeur de barbes à papas dans le parc. Mais son embauche ne va pas faire que des heureux.

A vous de découvrir les débuts de Zahner en tant que nouvelle recrue de Zombillénium. L’album est centré  sur Aurélien et Gretchen, qui en réalité s’avère être une sorcière. 

Dans le deuxième tome,  le parc ne fait effectivement pas que des heureux,  comme en témoigne le graffiti  retrouvé  sur le mur d’enceinte au début.  Certains habitants du village voisin projettent même d’attaquer le parc.   Dans une région rongée par le chômage, cela ne va pas sans provoquer quelques frictions. Tout se complique lorsqu’une  famille vient visiter Zombillénium, et cet album voit l’apparition d’Astaroth, le démon adolescent. 

gretchen

Verdict:

Pour le moment, il n’y a que deux tomes de sortis, et effectivement faire une histoire au long cours est autre chose que de faire une planche  de gag.  Pour la réponse à la question du début,  pour moi, c’est clair, Arthur de Pins s’en sort  vraiment très bien. C’est cohérent,  le concept est assez original ,c’est rythmé dans les deux tomes,  et les scénarios tiennent vraiment la route.  Ajoutez à cela des vannes  pleines d’humour noir,  d’anagrammes et un casting assez barré,  et vous obtenez une bande dessinée  qui semble prometteuse pour la suite, d’autant que les références culturelles sont nombreuses et pas forcément faciles à voir au premier coup d’œil.

Le parti pris graphique, en revanche pourra prêter à discuter. Si le design des personnages  est vraiment bien trouvé, comme le Michael-Jackson zombie,  les décors créés via  Illustrator  peuvent donner une impression de froideur et de vide.  Pourtant, Arthur de Pins ne change pas  sa façon de faire depuis sa précédente série… 

Si vous accrochez, comme moi, vous  voudrez bien vite connaitre la suite ,  tout en buvant un verre de sang frais…

Julius Von Bloodt

Zombiellénium tome 1 : Gretchen

zombillénium

Zombiellénium tome 2 : Ressources humaines.

Zombillenium2

Albums parus  chez Dupuis. 

Prix : 13,78 € chacun  sur Amazon.

SOS Bonheur

Cela fait longtemps que je voulais vous parler d’une bande dessinée  que j’ai connue lorsque j’étais lycéen.  Vous me direz que j’ai pu en connaitre plein, durant cette période, mais celle-ci est particulière. SOS Bonheur est en effet une BD qui m’a marqué. Pour en saisir tout l’impact, il faut considérer  le triptyque dans son ensemble. A l’origine, cela devait être une série  pour la télévision belge. Cela ne s’est pas fait, et Jean Van Hamme a retravaillé les scripts pour pouvoir l’adapter en bande dessinée. La première histoire, Plan de Carrière, parut dans le magazine Spirou en 1984. Cinq autres suivront, toujours sur le même modèle : 15 pages pour raconter comment des individus lambda, qui pourraient très bien être vous ou moi, se rebellent contre le système, ou plutôt, devrais-je dire un système trop bien organisé. En effet, la description du monde de SOS Bonheur fait peur : l’Etat-Providence s’occupe de tout, de la santé, de vos vacances, les écrivains vous rendront heureux par leurs livres, et surtout travaillez  bonnes gens  ne posez pas de questions et ne faites pas plus de deux enfants. Car c’est là  que SOS Bonheur touche juste,  en dénonçant les excès de « bien vouloir »  d’une démocratie. Mettre en place et imposer un idéal pour le bonheur du plus grand nombre revient à imposer un régime autoritaire. D’autant que les différentes polices ont tout pouvoir pour vous coller des amendes en cas de non respect de la loi, directement prélevées sur votre salaire. Les contrôles peuvent avoir lieu aussi bien dans la rue que chez vous… Donc, les 6 premières histoires, rassemblées en 2 tomes, racontent comment certains deviennent des « parias » aux yeux de cette société orwellienne et tous disparaissent de façon assez étrange.

Le troisième tome, intitulé Révolution,  est une histoire longue qui apporte la clé à l’ensemble.  Robert Langlais, père d’une jeune fille déjà aperçue dans une des histoires précédentes, est arrêté alors qu’il venait de la retrouver par pur hasard. La photo que Langlais a pu arracher à sa fille  intrigue  le commissaire Louis Carelli, qui l’a interrogé et décide d’en parler un soir à son ami Marcel Blanchart, chargé de le défendre lors du procès. Carelli, dessiné sous les traits de Lino Ventura soit dit en passant,  démontre le point commun entre toutes les personnes sur la photo, c’est à dire pour la plupart d’entre elles, des visages déjà vus dans les deux premiers tomes : elles n’ont aucune existence « officielle ».  Carelli  décide de savoir ce qui les a poussées à se mettre en marge du système,  ce que Blanchart refuse, estimant qu’à 3 mois de la la retraite, ce serait dangereux. Mais le procès de Langlais ne va pas se passer comme prévu, l’ordinateur rendant la justice  donnant un verdict totalement disproportionné par rapport aux faits reprochés, surprenant même le juge.  Carelli mène son enquête en interrogeant différents témoins, mais cela ne va pas aller sans qu’il s’attire des ennuis… Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous spoiler la tronche.

Les scénarios sont sombres,  emprunts d’un pessimisme comme rarement vu dans le neuvième art.  C’est bien fait, pertinent, je crois que si je devais retenir quelque chose de Van Hamme comme scénariste,  ce serait ces histoires. 

Le tout illustré et mis en scène par  Werner Goelen, dit Griffo,  avec un graphisme froid et réaliste. Son dessin prend aux tripes. les décors sont bien faits, bien mis en couleurs, et les visages permettent un identification nette des personnages. La mise en scène des planches est exemplaire.

La combinaison de ces deux auteurs donne une BD qu’on ne lâche plus, qu’on suit du début à la fin d’autant que ces histoires ont été rééditées en un seul et unique tome.  Pourquoi ?  Tout simplement par ce que ce triptyque dystopique  écrit  il y a  près de 30 ans n’a jamais été aussi proche de nous.   Certaines choses décrites dans les histoires sont devenues des réalités, chez nous ou ailleurs. SOS Bonheur  est là pour nous rappeler que  lorsqu’un régime atteint son  » seuil critique d’absurdité » , les changements se font souvent dans la violence. Que les choix de société sont déterminants.  Que l’homme ne peut vivre sans lois. Mais il faut  toutefois que ces dernières n’empiètent pas  sur les libertés individuelles. La liberté, justement, n’est elle qu’une utopie ?  Lisez, et vous ne verrez plus jamais les gouvernements, quels qu’ils soient, comme avant. 

Julius

sos bonheur

SOS Bonheur ( édition intégrale)

Scénarios : Jean Van Hamme

Dessin : Griffo

Éditeur : Dupuis

Collection : Aire Libre

172 pages

Prix: 26,60 €

[Critique BD] La Famille, de Bastien Vivès

Après Le jeu Vidéo, Bastien Vivès revient avec  La famille. Je peux maintenant le dire, il y a vraiment un « humour Vivès », parce que ceux qui ont lu  sa précédent œuvre ne devraient pas être dépaysés par celui qui ressort de la nouvelle. Les dessins sont dans le même style, aux traits noirs et persos assez anonymes et sans yeux, néanmoins, l’album est beaucoup plus accessible  étant donné qu’il n’utilise pas de termes propres à un domaine donné. Souvent cyniques, les histoires proposées sont parfois des clins d’œil appuyés à certaines de ses œuvres, Notamment le jeu vidéo et Les melons de la colère ( pas sur que j’en fasse une critique de celui-ci), et c’est très bien trouvé. D’ailleurs une fois de plus qui ne s’est pas retrouvé dans l’une ou l’autre de ces histoires ?  Et c’est peut-être ça  la force de Vivès,  faire des histoires extrêmement drôles, mais où le lecteur peut se retrouver sans problème. Et ça, c’est déjà très fort. Mais il ne s’est apparemment pas arrêté en si bon chemin :  le 6 juin sortira le prochain album qui s’annonce tout aussi hilarant au vu des extraits que j’en ai eus, et qui sera consacré à...l’amour ! Autant vous dire que j’ai hâte.

Julius

La Famille

Scénario et dessin : Bastien Vivès

Éditeur : Shampooing/Delcourt

190 pages

Prix : 9,45 €

Parution : mars 2012


[Critique BD] Le Roi du Ring, Tome 1 : Graine de Champion, de D. Gigault & J. Rolland

Depuis quelque temps, différents sites proposent aux internautes de participer au financement de jeunes artistes, afin de leur mettre le pied à l’étrier et de leur permettre d’avoir leur chance. Le site du genre le plus connu en France est « My Major Comany » qui, depuis fin 2007, a permis à de jeunes chanteurs de se faire connaître.

Mais depuis quelques mois, ce site a diversifié ses domaines d’exploitation et permet maintenant à d’autres artistes de s’épanouir. C’est notamment le cas de la BD. Parmi les premiers à avoir tenté leur chance sur ce site, on trouve un duo d’Orléanais, Dimitri Gigault et Julien Rolland, qui ont tenté de faire publier leur première œuvre par ce biais, un diptyque sur le catch intitulé « Le Roi du Ring ». Et même si les deux jeunes artistes n’ont pu obtenir la somme nécessaire pour publier cette Bande Dessinée par ce biais, le prestigieux éditeur Dargaud les repérèrent et leur proposa de publier cette histoire dont nous allons passer en revue la première partie.

L’histoire commence à Dallas, dans les années 70 (la date n’est pas dite de manière explicite, mais certains indices permettent de deviner la date). Un jeune garçon, du nom de Tobias, va assister à son premier gala de catch grâce à son grand-père qui sût ruser auprès de la mère du garçon pour l’y emmener. Cette soirée sonnera comme une révélation pour l’enfant : le catch serait sa vie, il deviendrait champion du monde.

C’est donc le parcours de Tobias que les auteurs nous proposent de suivre au fil de l’histoire. Son parcours au lycée, ses premiers pas dans la discipline, ses premiers succès (et ses premiers déboires) ou encore sa carrière au Japon, la vie du jeune lutteur nous est narré à la manière d’un journal de bord, ce qui nous permet de vivre le récit au plus près. Les réflexions personnelles de Tobias apportent une touche de fraîcheur qui rend le personnage vraiment attachant, on se sent véritablement impliqué dans les péripéties vécues par ce jeune garçon.

L’une des principales qualités de cette Bande Dessinée, c’est la capacité qu’elle a de pouvoir s’adresser à tout le monde. D’un côté, les profanes (voire les réfractaires) du catch verront d’abord l’aventure humaine vécue par le héros, comme sa vie sentimentale par exemple. Cette BD n’est pas centrée sur le catch en lui-même, contrairement à ce qu’on pourrait croire de prime abord, mais elle se focalise sur la vie de Tobias, qui est quand même grandement teintée de catch. Même les prises de catch sont expliquées de manière simple mais détaillé par un lexique très clair en fin d’album.

De l’autre côté, les fans de catch trouveront aussi leur compte. En effet, les planches sont parsemées de références à la Grande Histoire du catch (comme la référence au Dallas Sportatorium ou le grand mouvement d’absorption des petites fédérations par les fédérations principales au Japon et aux USA dans les années 80-90) et certains catcheurs présentés au sein des phylactères de l’album ressemblent étrangement à de grands noms de la discipline. De plus, le parcours professionnel de Tobias rappelle étrangement le parcours de nombre de lutteurs de l’époque qui deviendront par la suite de grandes superstars, comme Chris Jericho, Eddie Guerrero, Bret Hart ou encore Chris Benoit : Tobias commence par faire beaucoup de sport dans sa jeunesse, il commence dans de petites fédérations, se frotte un peu aux grosses fédérations US, sans succès avant de partir au Japon.

Ce parcours n’était pas inhabituel à l’époque où l’histoire se passe, et cela apporte un supplément de réalisme et d’âme au récit (même si l’auteur reconnaît avoir fait cela de manière involontaire).

Autre chose, cette histoire se permet de faire ce que bien peu d’œuvres traitant du catch ont jusque là abordé, c’est-à-dire l’envers du décor. En effet, cette BD fait voler en éclat le « kayfabe » (terme désignant le « réalisme » de façade dans le monde du catch) et nous montre l’envers du décor : les entraînements, les relations hors-ring ou l’évolution des personnages. Ici, tout (ou presque) est montré sans fard et avec une certaine connaissance du domaine. Un choix pour le moins couillu mais qui a le mérite de montrer la dureté de ce métier.

Côté graphique, Julien Rolland a fait un choix pour le moins surprenant. Jusque là, quand le catch était traité au sein d’une BD ou d’un manga, deux écoles se dégageaient : Soit les catcheurs étaient dépeints de manière caricaturale, avec des muscles monstrueux et de toutes petites jambes, ou alors comme des grosses boules de graisse à la manière d’Obélix, entre autres ; soit les catcheurs sont représentés de manière ultra-réalistes, à la limite de la planche anatomique, avec des mouvements ultra-stylisés pouvant prendre plus d’une page pour être décrits.

Vous pouvez oublier ces deux écoles, ici le dessinateur a choisi un style complètement différent. Le graphisme est simple, sans aucune volonté de faire dans le m’as-tu-vu. Les personnages sont représentés sans fioritures et le style crayonné apporte une touche d’authenticité non négligeable au récit, un peu comme si un dessinateur suivait Tobias et croquait sa vie sur le vif. Ce style est véritablement rafraîchissant et à mille lieux de ce qu’on pourrait attendre d’un récit abordant le thème du catch. Le dessin se met entièrement au service du récit, ce qui permet d’apporter un certain dynamisme dans la lecture. Peut-être même un peu trop, car le récit se parcourt très vite et la relative brièveté de l’album (48 pages) nous laisse au final un peu sur notre faim. Je pense qu’une dizaine de pages en plus n’auraient pas été superflues. En même temps, cela ne nous donne que plus envie de lire la suite et la fin des aventures de Tobias…

Pour conclure, pour reprendre des termes familiers aux fans de catch, Gigault & Rolland réussissent une première BD plutôt convaincante. L’histoire est très intéressante, bien qu’un peu rapide et succincte, le graphisme est très plaisant à l’œil et rafraîchissant et l’univers présenté est totalement cohérent et s’adresse aussi bien aux profanes qu’aux fans purs et durs comme votre serviteur.

C’est sûrement la meilleure œuvre traitant du catch qu’il m’ait été donné de lire. C’est donc pour cela que je vous recommande vivement de mettre la main sur le premier tome du « Roi du Ring » et/ou d’attendre le second album de cette aventure qui est prévue (normalement) pour Septembre (si je dis une bêtise, signalez-le moi).

 

PS: Je tiens à remercier chaleureusement le scénariste de cette BD, Dimitri Gigault, qui m’a fourni de précieuses informations qui m’ont permis de corriger plusieurs points inexacts.

 

C2J

Le Roi Du Ring 

Tome 1(/2) : Graîne de Champion

Scénario : Dimitri Gigault

Dessin : Julien Rolland

Editeur : Dargaud

48 pages

Prix : 13,99 €

Disponible