Archives de Catégorie: Bouillon de Culture

les ouvrages que nous avons aimé…

[bouquins] La combine à nanars

 

IMG_20171013_155739Bonjour et bienvenue dans un nouvel article. Cette fois, pas de jeu vidéo ou de film, mais deux livres. Deux volumes qui parlent des mauvais films, en fait. Donc, on va parler de cinéma, aussi. Mais de trucs tellement mauvais qu’ils en deviennent drôles et leur défauts et maladresses visibles les rendraient presque attachants. Je vous présente donc Nanarland  épisode 1 et 2,  qui parlent, bien entendu, des « nanars » terme qui n’existe qu’en français pour désigner le « cinéma bis ».  Beaucoup connaissent le site nanarland.com,  véritable mine d’or pour tout nanardeur qui se respecte. L’équipe a également fait une émission, Escale à Nanarland diffusée sur le site d’Allociné.

1-C’est quoi un nanar ?

La particularité du nanar, c’est que c’est un mauvais film, mais poussé à l’extrême. Réalisation à la ramasse, budget ridicule qui se voit à l’écran,  effets spéciaux cheapos, scénario improbable, mise en scène hallucinante, cadrages foirés,une somme de défauts tels que les longs métrages deviennent drôles malgré eux. A tel point qu’ils en deviennent risibles, et géniaux. Malgré eux, certes, mais géniaux quand même.

Le monde de ce cinéma alternatif, pour peu que cela en soit, a ses figures iconiques. Les gamers connaissent particulièrement bien Uwe Boll,  réalisateur allemand pour des films foireux qui portent le nom de certains jeux vidéo, tels que House of the Dead (avec images du jeu de Sega incrustées à l’arrache sur lesquelles on peut lire « Press Start Button »), Alone in the Dark ( putain la bataille dans l’obscurité totale!) ou encore Postal. Postal, dans lequel le gus sera grimé en costume bavarois et mourra d’une rafale de mitraillette en disant « Che hais les jeux vidéo! » Ouais, on avait compris, depuis le temps. Il aurait pu continuer longtemps, si le système de financement du cinéma d’outre-Rhin ne lui avait pas fermé les vannes.  C’est ballot, hein… Boll est comme ses films : mal dégrossi au niveau caractère, au point d’inviter ses détracteurs à venir le défier sur un ring de boxe.  Parmi les réalisateurs fétiches,  il y a aussi Bruno Mattei, faiseur de remakes non-officiels de certains films d’action des années 80, comme Rambo, Commando, ou encore Predator. En plus nul, plus fauché et en plus moche.

affiche The_Room

Mais celui dont les nanardeurs parlent encore, c’est Tommy Wiseau. Un drôle d’oiseau, ce Wiseau, mais qui a fait un film iconique du nanar : The Room. Franchement, il faut le voir pour le croire. Une expérience , clairement, qui a visiblement été traumatisante pour Greg Sestero qui a publié The Disaster Artist, un livre témoignant de sa rencontre avec Wiseau et de son expérience dans The Room.

En fait, tous les genres, même le X, n’échappent pas au nanar. Et ne vous inquiétez pas, si vous voulez traumatiser vos enfants, il y a largement de quoi faire. S’ils ne sont pas sages, passez-leur Foodfight! ou mieux, Ratanouilles en faisant croire que c’est l’original de Disney. une faute de frappe sur la jaquette, ça peut arriver.  Et ne vous inquiétez pas, les Français se débrouillent également fort bien dans ce domaine. Le Führer en Folie donne une idée de ce que les mangeurs de grenouilles sont capables de faire de pire. Repose en paix, Patrick Topaloff.

2-Les livres 

IMG_20161012_134345Je n’en ai cité (et vu) que quelques uns, mais 100 de ces mauvais films sympathiques se retrouvent donc dans ces deux tomes de Nanarland, ce qui en fait 50 par ouvrage, et ce sont de plus de beaux livres. Le volume 1 a le noir comme couleur dominante et le volume 2 le rouge. Ils sont rangés dans un étui cartonné illustré, et leur couverture représente une cassette VHS, comme vous pouvez le voir sur la première photo. Amis nostalgiques, bonjour!  Ensuite, le papier est épais et dégage une certaine odeur même sans coller son nez dessus. Les films sont classés par catégorie, renommées pour l’occasion, telles  » versions…originales » ou « enfances souillées« , et sont présentés sur quatre pages : La première contient l’affiche du film, son synopsis et certaines données comme le réalisateur, la durée et l’année de sortie. Les pages 2 et 3 la critique proprement dite, avec des photos d’illustrations légendées avec humour. La page 4  est un « best of » du film, qui  présente la meilleure scène, la meilleure réplique, un fait en rapport et les métrages qui lui ressemblent. L’encadré dans la partie inférieure de cette même page permet d’en apprendre plus sur un réalisateur, un studio, ou un phénomène comme la « Bruceploitation », consistant à exploiter le mythe de Bruce Lee avec des acteurs et des noms plus ou moins ressemblants, et souvent moins que plus d’ailleurs.

Les critiques sont bourrées d’humour, la maquette est ingénieuse et le classement par catégorie permet d’aller piocher dans nos genres favoris. Même s’ils ne rassemblent qu’une petite partie de la production nanar, le contenu est riche et le cachet « vintage » devrait plaire à tous les amateurs. Et c’est aussi un guide idéal pour compléter sa collection, au besoin.  Car il ne faut pas oublier une chose dans ce domaine : que le pire n’est jamais décevant.

Voilà, je vous dis à bientôt pour un nouvel article.

 

Nanarland, le livre des mauvais films sympathiques épisodes 1 et 2

Auteur principal : François Cau

Éditeur : Akama

Nombre de pages : 272 et 271

Prix : 19,90 € pour chaque volume.

 

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[critique livre] Yoshitaka Amano, au delà de la fantasy

Le fait de jouer à des jeux vidéo permet aussi de sortir de cette zone de confort et de découvrir certaines personnalités. Lorsque j’ai commencé à jouer à Final Fantasy, un nom est vite apparu : Yoshitaka Amano. Qui était-il, cet homme qui faisait toutes les illustrations des logos de la saga ? Les magazines mettaient même dans les années 90 certaines de ses œuvres pour illustrer un jeu de la saga.

Son style particulier m’a tout de suite plu. Amano fait désormais partie de mes artistes préférés tout genres confondus. D’ailleurs, une de ses illustrations était la photo de mon premier blog lorsque j’ai commencé à écrire sur le net, il y a 10 ans de ça. Pendant longtemps, je me suis demandé qui aurait le courage en France de faire une biographie de l’artiste.

Eh bien, je ne peux que remercier Florent Gorges pour cet ouvrage, Yoshitaka Amano : Au-delà de la fantasy, qui est de plus sa biographie officielle. Il lui aura fallu plus de deux ans de travail pour nous sortir cet ouvrage somptueux.

Non seulement, le livre est beau, bien mis en page, bravo au maquettiste, avec un bel équilibre texte/photos, mais surtout, c’est l’occasion d’en apprendre plus sur l’artiste lui-même. Sur son activité, ses œuvres, ses travaux (il n’a pas  travaillé que sur Final Fantasy), ses relations avec sa famille mais aussi celles qu’il a eues avec Squaresoft, notamment avec Hironobu Sakaguchi. 

Personnage fascinant, Yoshitaka Amano vous invite dans son monde grâce à ce livre passionnant de bout en bout. Je ne peux que vous inciter à le découvrir et ce très bel ouvrage vous en apprendra plus que vous ne pourrez l’imaginer. 

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Yoshitaka Amano, au-delà de la fantasy

Auteur : Florent Gorges

Genre : Biographie

Éditeur : Editions Pix’n’Love

Nombre de pages : 320

Prix : 39,90 € (édition simple) 69,90 € ( édition avec artbook et documentaire sur l’artiste en DVD ) 99, 90 € (édition « Fantasy », épuisée). 

La Mort a pris Terry Pratchett comme il est venu

La nouvelle est tombée  hier en fin d’après-midi. L’auteur britannique Terry Pratchett est mort à l’age de 66 ans.  Il était atteint d’une forme rare de la maladie d’Alzheimer . De plus, il a été anobli par la reine.  Il laisse derrière lui une oeuvre foisonnante et complexe, dont la plus grande est sans conteste la série Les Annales du Disque -monde, oeuvre de fantasy complètement barrée, avec sa galerie de personnages déjantés, ses références et parodies  évidentes et bien  assimilés dans ses histoires. On notera aussi que le traducteur français, Patrick Couton, a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire  en 1998 pour son travail. Les Annales du Disque-Monde comportent 35 livres dans la série canonique et 5 romans. 

Qu’est-ce que le Disque-monde ? Eh bien, comme son nom l’indique, c’est un monde plat,en forme de disque, dont la capitale est Ankh-Morpork. Ce monde repose sur le dos de quatre éléphants  eux même juchés  sur la carapace d’une tortue géante qui voyage à l’infini dans l’espace. 

L’univers du Disque-monde s’est même retrouvé décliné en jeux vidéo, avec Discworld, Discworld II : mortellement vôtre!  et Discworld Noir, entre 1995 et 1999.

Outre son oeuvre principale, Pratchett  écrivait également des romans pour enfants, et a notamment collaboré avec Neil Gaiman pour écrire le roman De bons présages.  Ses œuvres se sont vendus à plus de 85 millions d’exemplaires à travers le monde. 

Malheureusement, même les gaffes de Rincevent, désormais orphelin, ne peuvent rien contre la maladie.  R.I.P. à un auteur qui a su prendre la vie comme elle vient… et sans doute la mort également.

 

tortue disque monde

[Critique beau livre] Geek Art, une anthologie

 

En 2014, le Geek n’a plus cette image péjorative qu’il avait 40 ans auparavant. Ce terme, signifiant à l’origine « ringard » en anglais, a vu son champ sémantique dériver. Maintenant il désigne quelqu’un de passionné dans un domaine, et plus particulièrement quand il s’agit de jeux vidéo, de cinéma ou de pop-culture en général, mais pas seulement.

Même si certains médias y voient encore et toujours à travers ce terme une occasion d’ostraciser toute une partie de la culture pourtant bien présente, (pas d’ noms, pas d’ polémique), et que d’autres y ont vu un marché potentiel facile («  le geek, c’est chic ». Oui bien sur, et ma main avec force sur ta joue???), d’autres, grâce à d’excellents reportages, ont redonné la place qui lui revient aujourd’hui dans la société , et il était légitime de savoir comment des artistes actuels intégraient cette culture à leurs œuvres. La réponse à cette question se trouve en partie dans Geek art, une anthologie, dont je m’en vais vous décrire du mieux que je peux dans les lignes qui suivent.

C’est dur de rendre compte d’un tel ouvrage. Il est tellement particulier que le classer dans un genre donné n’est pas simple non plus. Toujours est-il que Geek Art, une anthologie, est un livre où il y a un peu à lire, mais beaucoup à voir. Thomas Olivri a rencontré des illustrateurs, artistes et photographes et designers contemporains de toutes nationalités qui ont su intégrer la culture geek à leurs œuvres, que ce soit cinéma, comics ou jeux vidéo. Tous ont grandi avec cette culture. De Star Wars à Mario, en passant par The Big Lebowski et les X-men, tous ont empreint leurs œuvres de cet héritage. Certains sont hétéroclites et incluent plusieurs items, d’autres préfèrent se focaliser sur un seul et les intègrent à leurs œuvres.

Sur plus de 400 pages, vous pourrez contempler près de 1000 œuvres  issues de 95 artistes différents, arrivant par ordre alphabétique du nom de famille.

Bien entendu, vous avez aussi droit à une courte biographie, mais également à une citation représentative de leur rapport au geek-art.

Les fans de Star Wars (saga bien représentée dans l’ouvrage) seront ravis de voir au début une interview de Steve Sansweet, un homme ayant fait le lien pendant des années entre la communauté de fans de la saga et LucasFilm.

Quoi qu’il en soit, on se prend à contempler les œuvres,et bien entendu comme il s’ agit d’art, il se peut que vous ayez plus ou moins d’affinités avec certaines, mais vous devriez trouver votre bonheur.

La présentation et la maquette assez sobre de l’ouvrage permettent également de donner plus de relief aux œuvres présentées. Certains détournements sauront vous surprendre.

Au final que sont ces œuvres ? Celles d’artistes ayant compris l’essence de leur époque. C’est une certaine conception de la modernité, mais dans ce livre, c’est très bien fait et intégré. Je vais laisser Steve Sansweet conclure le tout en une phrase : «  Le Geek-Art est l’expression visuelle du fandom, c’est un art issu du peuple ».

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Geek Art, une anthologie

Auteur : Thomas Olivri

Éditeur: Huginn and Muninn

Nombre de pages : 415

Prix :39,95 €

Julius

 

 

[critique livre madeleine de Proust] Nos meilleurs souvenirs de jeux vidéo 8/16 bits

Après avoir écrit un livre sur la chaîne Nolife à l’occasion de ses 5 ans ( voir article dans cette même rubrique), Florent Gorges s’est attaqué à un autre sujet, mais tournant toujours autour de la culture Geek : il a décidé de recueillir les souvenirs des joueurs ayant connu la période 8/16 bits en jeux vidéo. Pour cela, il fallait aller sur le site d’Omaké Books et remplir un petit formulaire pas méchant et mettre son souvenir. La sélection s’est faite par ordre alphabétique en fonction du nom des jeux. Vous croiserez des anecdotes souvent drôles, parfois cruelles, mais qui sont toutes l’œuvre de gens comme vous et moi, bref, des joueurs, nous qui faisons vivre l’industrie. Et ce non seulement sur les incontournables de la période ( évidemment, car ils étaient en général vendus avec les consoles),on en trouve également sur des jeux moins connus. Une bonne chose, qui permet d’enrichir sa culture vidéoludique.

Le livre est en petit format. La maquette est à la fois bonne et lisible. Il y a un fond d’écran tiré d’un jeu de la période, qui change à chaque double page, les textes sont sur fond blanc semi-transparent, et dans la partie inférieure, nous trouvons les captures d’écran des jeux cités. Ce qui donne un ouvrage coloré, touffu, mais qui reste propre. Il ne faut pas manquer non plus la préface signée par le respectable et respecté AHL, ainsi que les trois fausses jaquettes de jeux, particulièrement drôles  et bien faites ( un prix pour celle concernant les jeux d’ordinateur sur cassette, c’était tellement vrai).

Inutile de dire que si vous avez vécu cette période en tant que joueur, vous vous retrouverez aisément dans cet ouvrage tant certaines anecdotes ressemblent à ce que nous pouvons également avoir vécu ( oh, la mémé qui se trompe de titre!). N’importe quel adepte du rétrogaming devrait posséder cet ouvrage d’autant que si il rencontre le succès en vente, il se pourrait qu’il y ait une suite, cette fois ci élargie à toutes les consoles, histoire de n’exclure personne. Le formulaire pour raconter une anecdote est toujours disponible sur le site d’Omaké Books, donc n’hésitez pas à faire partie des contributeurs, c’est gratuit et il serait dommage que cela s’arrête ici.

 

Je tiens à remercier particulièrement Florent Gorges pour sa disponibilité et sa gentillesse.

 Julius

Nos meilleurs souvenirs de jeux vidéo 8/16 bits

Auteur : Florent Gorges

Editeur : Omaké Books

140 pages environ

prix : 20 €

 souvenirs JV