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comme son nom l’indique…

Retour sur Tomb Raider : Première partie

Alors, vous vous amusez bien avec le reboot de Tomb Raider, qui est sorti en 2013 et qui vient d’arriver en Definitive Edition sur PS4 et Xbox One ? Eh bien, sachez que lorsque Lara Croft apparut pour la première fois sur nos écrans en 1996, l’histoire fut tout autre. Retour sur les premiers jeux de la franchise. Cette première partie sera consacrée à la période Core Design allant de 1996 à 2001.

Monte le Scion!

Fin 1996, alors que la Nintendo 64 se fait toujours attendre, Tomb Raider apparut sur PlayStation Saturn et PC et le jeu fit l’effet d’une bombe. Pensez donc, un jeu d’action-plates-formes tout en 3D, on allait pas laisser passer, notamment pour la presse de l’époque. Le jeu mettait en scène Lara Croft, une archéologue digne héritière d’Indiana Jones.

En 1945 au Nouveau-Mexique,un explosion nucléaire libère une capsule ensevelie. La créature qui était à l’intérieur s’en échappe.

En 1996 dans un hôtel de Calcutta, Lara Croft, fille d’aristocrates anglais, est contactée par Jacqueline Natla, Présidente de Natla Technologies, pour retrouver un artefact légendaire : le Scion de l’Atlantide qui selon elle, se situerait dans les montagnes du Pérou.

La jeune femme accepte, mais va vite se rendre compte que sa tâche va s’avérer plus ardue que prévu, et surtout que la mère Natla lui a caché bien des choses…

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C’est Pérou que je vais ?

Le jeu est globalement divisé en quatre univers, pour un total de 15 niveaux. Vous explorerez des ruines antiques oubliées de tous, où reposent des rois de naguère… Mais est-ce une bonne chose de troubler leur repos ?

Le jeu commence au Pérou, où Lara explorera la légendaire cité de Vilcabamba, une vallée perdue contenant des dinosaures (si, si), et la tombe du dieu Qualopec.

Puis ses découvertes la mèneront en Grèce, où elle défiera les dieux, transformera le plomb en or et accédera à la tombe de Thiocan. Elle ira ensuite explorer la cité de Khamoon en Égypte pour arriver finalement au monde de l’Atlantide.

Et quand j’ai dit « niveaux », ce ne sont pas des niveaux à la Mario ou Sonic ni Crash Bandicoot qu’on traverse en deux minutes. Non, ici, ils sont vraiment vastes. Comparé avec ce qu’on avait à l’époque ça avait vraiment de la gueule, et certains nécessitaient bien deux heures pour être franchis.

Parce qu’une fois la première cinématique passée (une pensée pour notre pauvre guide péruvien), et que la lourde porte s’est refermée, on n’a d’autre choix que d’avancer. On découvre vite que le jeu nous ouvre une aire qui permet non seulement d’aller dans toutes les directions, mais qui fait aussi la part belle à l’exploration. Dans quasiment tous les niveaux, vous aurez des objets secrets à découvrir.

Quelques mètres après vos premiers pas, voici le premier piège du jeu.

Quelques mètres après vos premiers pas, voici le premier piège du jeu.

 

Au niveau des commandes, vous en aurez pas mal. Lara peut bien entendu sauter. Mais entre un saut réussi et une chute, il faudra évaluer la distance. Il peut être nécessaire de préparer son saut et de prendre un élan avant de l’effectuer. Vous pourrez aussi vous agripper aux parois et aux fentes dans les falaises, car les niveaux sont loin d’être plats. Il faudra également faire attention à ne pas chuter de trop haut sous peine de mort immédiate. Ben oui Lara n’est qu’une humaine, après tout… Et je peux vous dire que certains plans sont vraiment vertigineux. On voit que la poitrine généreuse de la belle lui sert à avoir des poumons hors-normes lors de passages se déroulant sous l’eau : dès que vous mettiez la tête dans l’eau vous aviez une barre d’oxygène qui se vidait progressivement. Mais pour mourir noyé il fallait dans la plupart du temps se perdre ou vraiment le vouloir. Il fallait également faire attention, car si des crocodiles traînaient dans leur élément, ils auraient bien goûté aux gigots de la belle…

Oubliez le grappin, ce n’était pas à l’ordre du jour en 1996. Il est vrai que rejouer au premier Tomb Raider près de 20 ans plus tard, c’est trouver Miss Croft raide comme un piquet et pas souple du tout. Ce point faisait déjà l’objet de critiques à l’époque. Je vous garantis que ça fait drôle de revenir en arrière alors que nous sommes passés à des gameplays plus souples. Pour ouvrir une porte, vous deviez placer Lara au millimètre près de l’interrupteur ou de la serrure pour utiliser une clé. Certains passages demandaient une précision d’horloger suisse pour être passés sans encombre.

Faites attention à la distance des sauts. Heureusement, Lara pourra s'accrocher de justesse aux rebords.

Faites attention à la distance des sauts. Heureusement, Lara pourra s’accrocher de justesse aux rebords.

Les niveaux au sein d’un même monde sont connectés entre eux, et on poursuit l’aventure juste après le tableau récapitulatif. Une tradition qui ne s’est jamais perdue depuis.

Bien évidemment, Lara ne sera pas seule et les lieux qu’elle traversera seront habités la plupart du temps par des animaux qui n’aiment pas être dérangés, comme des chauves-souris, des loups, des ours, des fauves, des gorilles bref beaucoup d’espèces menacées qui vivaient là et étaient bien tranquilles, et dont Lara favorisera l’extinction. Toutefois, cela évoluera au fur et à mesure et les animaux laissent progressivement la place aux humains et aux monstres, en même temps que la difficulté.

Lara découvre une arène oubliée de tous,où les animaux sauvages prolifèrent.

Lara découvre une arène oubliée de tous,où les animaux sauvages prolifèrent.

Indiana Croft

De plus les niveaux regorgent de pièges et de chausses-trappes, entre les sols qui s’effondrent (grand classique), pics acérés qui n’attendent que vous, et précipices de la mort… Sans compter que les pièges antiques disposés dans les tombeaux oubliés de tous fonctionnent encore, par exemple, des flèches qui sortent des murs, ou de gros rochers qui tenteront de vous réduire à l’épaisseur d’une feuille… ou encore les flammes, et autres charmants mécanismes qui risquent de vous emmener à une mort douloureuse… Mais dans la plupart des cas, la difficulté ne vient pas des bestioles que vous rencontrez, car une fois tuées, elles ne réapparaissent plus, mais des énigmes à résoudre pour sortir des niveaux. Les moments où vous devrez aller chercher un objet puis ensuite l’utiliser à l’autre bout du lieu pour pouvoir ouvrir la porte de sortie encore plus loin ne sera pas rare. Vous n’avez pas de carte, juste une boussole pour vous orienter. Et ce d’autant que rien ne nous était indiqué : pas de briefing de mission, pas de direction indiquée en permanence vers le prochain objectif, parfois juste une indication cryptique, ou une porte qui s’ouvre dans le lointain. Le joueur n’était pas pris par la main et le fait de trouver des objets sans trop savoir quoi en faire renforçait le coté exploration du jeu.

 

Qui connait la légende du roi Midas sait qu'il faudra transformer des objets en or pour avancer...

Qui connait la légende du roi Midas sait qu’il faudra transformer des objets en or pour avancer…

Une archéologue dotée d’une sacrée paire… de flingues.

Heureusement, Lara dispose de quoi se défendre : notre héroïne est une gymnaste hors pair et peut sauter dans toutes les directions, avec ou sans élan, s’accrocher à des parois abruptes, les escalader ou se déplacer le long des failles. Elle peut également pousser ou tirer de lourds blocs pour libérer le passage ou les escalader. Elle aura toujours avec elle ses fidèles pistolets, qu’elle pourra utiliser même lors des sauts. Pour savoir où se trouve un ennemi, elle tendra ses bras en direction des plus proches. Le système s’affole un peu s’il y en a plusieurs, mais on va dire que c’était un système de « lock » assez bien trouvé.

Les pistolets de base ont l’immense avantage d’avoir des munitions illimitées, ce qui ne sera pas le cas des autres armes, comme le fusil à pompe, les magnums ou les uzis. En revanche, ils font plus mal.

Elle trouvera également sur sa route ou dans des recoins, des trousses de santé de deux types : la petite remet 50% de vie, et la grande la totalité. Il était possible d’en stocker plusieurs, et croyez-moi, elles ne seront pas de trop pour les dernières étapes de l’aventure. Leur activation n’est pas automatique et ce sera à vous de choisir quand restaurer sa santé via le menu.

Sur consoles, les sauvegardes se faisaient aux moyens de cristaux bleus disposés au sein des niveaux. Mais attention, ils ne servent qu’une fois. Sur la version PC vous pouviez déjà sauvegarder à volonté, chose qui ne sera disponible que dans l’épisode suivant sur la console de Sony.

Quel secret se cache sous la cascade ?

Quel secret se cache sous la cascade ?

« Des dinosaures ? »

Le poids des années se fait sentir, non seulement au niveau des contrôles, mais aussi au niveau technique. Pourtant, en 1996, ont trouvait les lieux très beaux, les décors variés, riches et il faut applaudir la version Saturn qui s’en sortait de façon honorable, compte tenu de ses capacités moindres par rapport à la PSX en représentation 3D, c’était globalement moins fin, un poil moins fluide, et également beaucoup plus sombre ( la 32 bits de Sega ayant du mal à gérer les éclairages)mais elle parvenait à reproduire la transparence de l’eau. Tout n’était pas parfait cependant, la distance d’affichage sur consoles étant limitée, le lointain était masqué par un voile noir qui se levait au fur et à mesure. Dommage de ne pas pouvoir voir le Colisée dans toute sa splendeur en un seul panorama ! On notera également des cinématiques n’occupant qu’un petit tiers de l’écran (voire encore moins sur Saturn) sur les télévisions au format PAL*. Idem les ennemis ressemblent de nos jours plus à des polygones assemblés qu’à des créatures réalistes, mais nous en avions cure. On s’amusait et c’était sans doute ça qui comptait. Parce s’il était impossible de revenir dans un niveau depuis celui où on se trouvait à moins de passer par le menu de jeu (symbolisé par un passeport), ces derniers étaient suffisamment vastes pour qu’on y ressente un sentiment d’aventure. Leur conception même tout en 3D permettait de choisir entre plusieurs directions : je prend le couloir de droite ou je monte l’escalier qui se présente ? Et je ne veux pas dire mais certains moments ont été juste magiques. La première rencontre avec le T-Rex reste dans mes meilleurs souvenirs. Le sentiment d’explorer des lieux inconnus se faisait aussi via l’absence de musique en permanence. Ici, les musiques se déclenchaient selon nos découvertes et ne restaient jamais très longtemps. L’ambiance était faite par les bruitages et les cris des ennemis… mais c’est justement cela qui renforçait non seulement l’aventure, mais aussi le fait de nous identifier à Lara : un silence quasi permanent, pour plus de réalisme lors de l’exploration.

Je ne vous raconte pas la première fois que j’ai vu apparaitre le T-Rex... Une surprise totale.

Je ne vous raconte pas la première fois que j’ai vu apparaitre le T-Rex… Une surprise totale.

Et si le premier Tomb Raider a marqué, tout n’était cependant pas parfait : la caméra partait parfois dans tous les sens, il était quasi-impossible de voir dans les recoins ou d’anticiper les dangers à un tournant, les bugs de collisions et de textures étaient monnaie courante (au point de provoquer un sérieux plantage à la fin du jeu), mais on va dire que c’était inhérent à la 3D de l’époque.

Les conséquences d’un succès

Le jeu fut une telle réussite que Lara devint vite une icône des jeux vidéo, gagnant très vite sa place dans la pop-culture. Plusieurs jeunes femmes donneront corps à Lara, et je me souviens de Rhona Mitra, qui sortit un album absolument navrant** en 1998 avec l’image de l’héroïne, et qui en guise de reconversion joua au cinéma mais elle aurait mieux fait de réfléchir avant de jouer dans Beowulf avec Christophe Lambert, si vous voulez mon avis. On l’a mal conseillée au niveau artistique…

tomb raider 2En guise d’héritage dans le monde des jeux, le premier titre amena une suite, Tomb Raider II qui cette fois ci devint exclusif à la PlayStation comme les épisodes qui suivront. Cette fois ci notre aventurière se met en quête de la dague de Xian, un artefact légendaire. Le jeu gomme certains défauts du premier, avec des graphismes plus lisibles, un scénario plus développé et plus d’humains en guise d’adversaires. Cependant il ne les efface pas tous, comme les bugs de collisions douteux, et la jouabilité reste toujours aussi technique. On notera cependant l’arrivée de nouveaux mouvements et d’interactions. Par exemple, elle pourra allumer des torches dans les endroits sombres. La belle pilotera aussi une motoneige et un hors-bord. La difficulté ayant augmenté, le jeu permet cette fois de sauvegarder à n’importe quel moment.

Tomb Raider III a lui largement divisé, entre défauts présents depuis le premier jeu, malgré une amélioration TR 3 jaquettetechnique sensible, une difficulté trop élevée (certaines énigmes sont juste à s’arracher les cheveux) des niveaux peut être trop vastes et des bugs de programmation et de sauvegarde, de nouveau limitée sur PSX avec la récolte de cristaux à utiliser où bon nous semble, et vous obtenez de quoi mécontenter la plupart des gens. Il n’en reste pas moins qu’il est l’épisode le plus varié et le plus long de cette série.

 

Tomb_Raider_4_PalLe quatrième épisode sortit lui aussi sur Dreamcast. Intitulé La Révélation Finale, il se passe uniquement en Égypte. On y découvre le mentor de Lara, le professeur Von Croy, qui l’a initiée à l’archéologie. Il rattrape en partie un troisième jeu paresseux sur le plan technique : les lèvres bougent lors des dialogues, les graphismes sont beaucoup moins pixelisés, même si le moteur commençait à dater, et de nouveaux mouvements sont ajoutés avec en prime une jouabilité plus souple. De plus, le jeu se terminait de façon surprenante.

Un bon prétexte pour faire un cinquième jeu, intitulé Sur les traces de Lara Croft, où les amis de la belle rendent hommage à l’aventurière. Un épisode qui n’apporte rien de bien neuf : le moteur de jeu accuse vraiment son age, et les défauts inhérents de la série sont toujours présents. Le jeu ne rencontra pas le succès .

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Quel avenir alors pour une licence qui ne faisait que tourner en rond depuis le troisième épisode ? Si la saga s’est arrêtée au moins pour un temps en jeux vidéo, on la vit renaître au cinéma… Ce sera l’objet de la prochaine partie, tout comme les renaissances de la série.

*PAL : pour les jeunes lecteurs : abréviation de Phase Alternative Line, procédé analogique en couleurs mis au point en Allemagne dans les années 60. Format adopté dans toute l’Union Européenne… sauf en France, où on imposa un système bien à nous, le SECAM ( quentiel Couleur A Mémoire)… A partir des années 90, les téléviseurs étaient compatibles aux deux formats, mais au départ, je dois vous dire que les aventures de Lara, je les ai vécues en noir et blanc les premières semaines… Eh oui c’est ce qui se passait lorsque le signal PAL de la PlayStation était retranscrit sur un téléviseur uniquement SECAM…

** Voici une image de l’album sorti en 1998 avec Rhona Mitra en tant que chanteuse. Intitulé Come Alive, l’album estcome alive jaquette une catastrophe intégrale.On navigue entre sous ersatz de U2, de Sheryl Crow, voire d’électro/dubstep plus que médiocre.Le tout produit par Dave Stewart, vous savez, le même que celui d’Eurythmics. Si peu de recherche artistique, ça confine au génie, aussi bien dans les musiques que dans les paroles. Pour combler le manque de voix de Rhona Mitra, on a pas lésiné sur les effets…Malgré l’échec commercial du bousin (tu m’étonnes), l’album sera réédité sous le nom de Female Icon l’année suivante avec trois pauvres morceaux en guise de différence. Obstinés, les mecs.

 

[critique RPG] Suikoden V

Suikoden IV est loin d’avoir fait l’unanimité chez les joueurs et les critiques. Pourtant, après cet épisode faiblard et un Suikoden Tactics n’apportant rien de plus, à peine le jeu était il sorti en Europe que nous entendions déjà parler du prochain épisode de la franchise. On pouvait nourrir un sentiment mêlé à la fois de curiosité et d’appréhension : en effet, cet épisode pouvait soit relever la saga… soit l’enfoncer un peu plus. Ce cinquième volet allait-il corriger les défauts du quatrième ? Réponse dans ce qui suit.

 Suikoden V cover

La vie de château…

Vous êtes le fils de la Reine du royaume matriarcal de Faléna, où seules les femmes peuvent accéder au pouvoir. Votre mère, la reine Arshtat, porte sur elle la rune du soleil, symbole du pouvoir royal. Votre sœur cadette Lymsleia deviendra elle aussi, un jour, reine. Votre père, Férid, mari d’Arshtat, est le chef de chevaliers du royaume. Il conquis le cœur de votre mère en se battant et en remportant le tournoi des Jeux Sacrés. Justement, en parlant de ça, les prochains vont être organisés sous peu. Même si Lymsleia est encore un peu jeune pour avoir un mari… Pour le moment, vous revenez de mission dans un lieu ravagé par la sécheresse. En effet, suite à des émeutes, la population de Lordlake a connu la colère de la reine. La population dépérit et le manque d’eau a rendu les créatures environnantes agressives. Pire encore, le seigneur du lieu a été accusé de vol de la rune de l’aube, ce qui lui a valu son exécution.

Beaucoup disent que la reine à changé… Peut être n’ont ils pas tort…On dit que la Rune Solaire, aux pouvoir redoutables, envoûte l’âme de son porteur…

Entre ça et le sénat qui se déchire, ça fait beaucoup… Cette instabilité politique ne risque t-elle pas de devenir dangereuse pour le royaume ?

La reine reste très attachée à sa famille.

La reine reste très attachée à sa famille.

En effet, dans Suikoden V, les enjeux politiques internes font parti du scénario. Faléna est un royaume matriarcal certes, mais il est composé de différentes régions dont les seigneurs ont des représentants au sénat, notamment des nobles, quand ils n’y siègent pas eux-mêmes. Parmi ces factions, les deux qui dominent, et s’opposent, sont les Godwin, dont Marscal, seigneur de Stormfist, à l’ouest, étend de plus en plus son influence, et les Barows, dont Salum, seigneur de Rainwall, à l’Est, un homme excentrique et enrobé, souhaite un équilibre de la région. Ces deux hommes cherchent à placer leurs deux fils dans la sphère royale, et que l’un deux devienne l’époux , dans quelques années, de la princesse Lymsleia leur permettrait d’étendre grandement leur influence… De plus, personne n’a oublié l’invasion du royaume voisin, Armes, où les pertes faléniennes ont été nombreuses. Chronologiquement, le jeu se passe une dizaine d’années avant le début du premier de la série. 

Pour ce qui est de la géographie, Faléna se trouve sur le continent sud, encore plus au sud de la fédération des îles que nous avons eu le plaisir (enfin, c’est relatif) d’explorer dans l’épisode précédent. Un fleuve traverse ce royaume matriarcal ( difficile de traduire «  queendom » en français), la Feitas, et ses nombreux affluents ont permis de développer le transport fluvial. On compte même une ville flottante, Raftfleet, sur ses eaux, se déplaçant en fonction des besoins.

Faléna est peuplé d’humains, mais aussi de nains ou même d’animaux anthropomorphes comme les castors, par exemple.

La carte du monde n'est pas forcément très bien conçue.

La carte du monde n’est pas forcément très bien conçue.

Comme depuis le début de la série, vous devrez trouver les 108 étoiles du destin.

Je ne vais pas vous présenter tous les personnages du jeu, ce serait trop long, mais voici ceux qui occupent les rôles principaux du scénario.

 

Le prince de Faléna : C’est vous. C’est le personnage que vous incarnez, et comme dans tout Suikoden, vous devrez lui donner un nom. D’une constitution moyenne, il reste néanmoins un combattant équilibré.

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Il sera souvent escorté par sa garde du corps, Lyon, une apprentie-chevalier qui a été recueillie toute petite par Férid , alors qu’elle se trouvait perdue dans la foret. Sage et timide, elle se dévoue corps et âme pour le prince. Les deux disposent d’ailleurs d’une bonne attaque en coopération.

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Lymsleia : La soeur cadette du prince. Elle a 10 ans dans le jeu et sera destinée à devenir un jour la prochaine reine de Faléna. Elle adore son grand frère, mais c’est une jeune fille capricieuse et n’ayant pas sa langue dans sa poche. On ne la joue pas dans le jeu, mais elle reste un élément central du scénario, car les nobles ambitionnent de se servir d’elle comme une marionnette entre leurs mains…

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Elle aussi dispose d’une garde du corps, Miakis, qui adore lui faire des blagues, que l’héritière du trône juge souvent comme étant de très mauvais goût. En réalité, entre les deux, on se demande qui est la plus mature…

 

Sialeeds : C’est la sœur cadette d’Arshtat. Elle vous accompagnera pendant une bonne partie du jeu. Pour ne pas fragiliser la famille royale, elle a renoncé à se marier avec Gizel Godwin, fils de Marscal, il y a 8 ans de ça. La tante du prince a horreur des lézards et a du répondant. En combat, elle dispose d’un double boomerang, dommage qu’elle manque un peu de force… C’est un des personnages du jeu les plus intéressants dans le développement de l’histoire. Je ne dis rien de plus pour éviter tout spoiler…

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Georg Prime ( son prénom se prononce «  George » malgré l’absence du « e » final). Tiens, un revenant ! Ou plutôt non, ce serait plutôt dans Suikoden II qu’il revient ( en ayant un rôle archi-mineur), cet épisode étant antérieur dans le temps. Dans le jeu sus-nommé, si vous demandiez à Richmond d’enquêter sur lui, vous aurez les résultats comme quoi Georg a été au service d’une puissante reine d’un royaume du sud…

Non seulement ce fidèle ami de Férid et chevalier de la reine a ici un rôle prépondérant, mais en plus, en combat c’est une brute épaisse. Il sera avec vous dès le début, et ce combattant est inégalé dans tout le jeu. Cependant, le scénario fera que vous ne l’aurez pas toujours avec vous, pouvant être parfois sollicité pour d’autres missions.

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Salum et Euram Barows : le père et le fils ne brillent pas par leur intelligence, c’est le cas de le dire. Pourtant, ils seront vos plus précieux alliés à un moment du jeu. Salum est malgré tout un personnage influent à l’Est de Faléna et a su faire de Rainwall un rempart contre les invasions.

 

Marscal et Gizel Godwin : Le père et le fils ambitionnent de s’emparer du trône, notamment pour utiliser la rune solaire à leur profit. Intelligents et rusés, vous devrez vous méfier d’eux comme de la peste, d’autant qu’ils finiront par s’opposer à vous, car on ne tardera pas à s’apercevoir qu’ils avaient tout manigancé depuis le début pour s’emparer de la Rune Solaire.

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Parmi les « revenants », outre Georg, il n’y aura que Viki ( toujours aussi maladroite) et Jeane.

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Voilà, je n’en dis pas plus, en ayant déjà un peu révélé malgré tout. Je passe maintenant au système de combat. Et croyez-moi, si Suikoden V conserve les trois types de combats, on peut dire qu’il y a eu des changements, à tous les niveaux.

 

Les batailles rangées voient le retour de 6 combattants, avec la possibilité d’avoir jusqu’à 4 PNC ( Personnage non-combattants) en soutien. Ces derniers pourront vous apporter divers avantages, comme fuir systématiquement en cas de problème, ou avoir plus d’argent à la fin des batailles. Elles sont, bien entendu, aléatoires, mais accrochez vous, si on retrouve les fonctions propres à Suikoden, comme les attaques d’union, la possibilité de soudoyer ou de « laisser partir » l’adversaire, le jeu ne proposera pas une seule formation sur deux rangs, cette fois, ils vous offre la possibilité, via l’onglet «  formation » de changer de tactique, pour peu que vous les trouviez ou les gagniez. Et ce n’est pas à négliger, car certaines permettent d’avoir des bonus d’attaque, de défense, ou de minimiser la portée des attaques de zone adverses. Et ce d’autant que les adversaires n’attaqueront que rarement seuls, mais aussi parce qu’ils sont vifs et les boss assez coriaces. La difficulté globale a été relevée par rapport aux épisodes précédents. Vous pouvez aussi avoir une défense d’arme, très utile car elle permet une contre-attaque immédiate du personnage. A la fin du combat, vous récolterez bien entendu, EXP et argent, le jeu intégrant toujours le système de rattrapage pour les personnages moins avancés, mais aussi des PC, points de combat, qui seront collectifs. Ils ne sont pas à négliger, car tout comme la forge régulière des armes, ceux-ci permettent d’améliorer vos performances de combat, si vous allez auprès d’un maître d’armes pour vous entraîner. Vous pourrez alors dépenser vos PC dans différentes compétences, dont les notes vont de G ( la plus mauvaise) à A ( la meilleure). C’est primordial si vous voulez avancer sans trop d’encombres. On notera toutefois que les mages disposent de maîtres de magies particuliers…

Le système est extrêmement complet et bien pensé, un bon point, d’autant que les batailles sont rapides. Le seul reproche que je ferai à ce niveau, ce sont leur fréquence, toujours assez élevée.

 

Tiens, un dragon zombie...

Tiens, un dragon zombie…

Les duels sont toujours de la partie, et interviendront le plus souvent aux moments clés du jeu. Là aussi il y a eu du changement. Le système de «  pierre-papier-ciseaux » est toujours d’actualité, mais là, vous n’aurez que trois secondes pour prendre une décision après que l’adversaire ait prononcé sa phrase, entre l’attaque, la défense et le spécial, sachant que le spécial bat l’attaque, qui bat la défense, qui bat elle-même le spécial. Mieux pensés, mieux animés, plus vifs, ils ne sont pourtant pas insurmontables si vous avez deux sous de jugeote…

 

Lors des duels, ils e peut que vos lames s'accrochent si vous jouez le même coup. Martelez le bouton comme un dingue pour avoir l'avantage.

Lors des duels, ils e peut que vos lames s’accrochent si vous jouez le même coup. Martelez le bouton comme un dingue pour avoir l’avantage.

Maintenant, passons aux batailles d’armées… et comment dire… Cette fois, le mot «  stratégie » n’a jamais autant été d’actualité. En effet, au cours de ces joutes à grande échelle, les camps alliés et ennemis ne se déplacent pas au tour par tour, mais en temps réel, c’est à dire en même temps ! Et vous ferez des batailles non seulement sur la terre ferme, mais aussi sur l’eau. Parfois, ce sera les deux en même temps. Bien évidemment, il va sans dire que si l’unité navale principale ou celle du Prince sont vaincues, c’est une défaite qui vous attend… Plus que jamais, avant de lancer les hostilités, vous devrez constituer des unités avec sagesse. Et cela compte d’autant plus que certains personnages peuvent disparaître définitivement s’ils sont vaincus. Le problème, c’est que cela aura des répercussions sur certains pendant le scénario, qui ne verront plus de raison de rester avec vous… donc ce n’est pas un seul personnage que vous pourrez perdre, mais plusieurs, à cause d’une simple erreur de stratégie. Minimiser les pertes est essentiel car le jeu vous offrira des récompenses en fonction de vos performances. Si vous avez une bataille avec un minimum de pertes, vous aurez une «  Victoire+ » qui permet d’augmenter les gains, mais aussi d’avoir un objet rare. Et mener une bataille sur deux fronts sera loin d’être simple…

 

Les premières batailles, entièrement sur la terre ferme, sont assez faciles.

Les premières batailles, entièrement sur la terre ferme, sont assez faciles.

Vous venez de le lire, le système de de batailles a évolué, et plutôt dans le bon sens. Passons à l’aspect technique du titre.

Le jeu n’est pas le plus beau de la PS2, c’est le moins qu’on puisse dire. Oh, certes, il est plus beau que l’épisode précédent. Il est plus coloré et il y a moins d’aliasing. Mais ça reste tout de même assez vide, l’impression est renforcée par la vue éloignée choisie dans cet opus au lieu d’une vue à la troisième personne. Les décors manquent de détails et les textures s’affichent parfois au fur et à mesure. Il est dommage que la recherche artistique pour la conception des villes ( chacune a un style architectural différent) soit gâchée par ce manque de finition. Les NPC dans les villes sont petits et manquent de détails. Mais bon, ne nous plaignons pas trop : les ennemis, notamment les boss, sont grands, les effets spéciaux réussis, et les personnages sont plutôt réussis même s’ils ressemblent beaucoup à des poupées de cire. Mais au moins, ils ont plus de deux expressions à leur actif et le Prince , bien que muet saura éviter de rester figé comme quelqu’un qui aurait abusé du Botox. Cette fois, notre héros, tous comme les autres personnages, sont vivants, et la différence avec les artworks de texte ne se voit quasiment plus. Un effort a également été porté sur les vêtements, notamment ceux de la famille royale. On notera aussi au chapitre des reproches, une carte du monde un brin confuse…

 

De gauche à droite : Lyon, le Prince, et Sialeeds.

De gauche à droite : Lyon, le Prince, et Sialeeds.

Le jeu bouge bien, c’est fluide en toutes circonstances, aussi bien en bataille qu’en exploration. Toutefois, les temps de chargement sont trop fréquents : entrez dans un bâtiment, changez de pièce, et c’est un temps de chargement qui s’affichera, heureusement assez court. La fréquence des combats est assez élevée et pourra finir par agacer, heureusement moins que dans le quatrième jeu.

 

L'entrée du Palais du Soleil, lieu de résidence de la famille royale.

L’entrée du Palais du Soleil, lieu de résidence de la famille royale.

Les musiques ont été faites par trois compositeurs. Parmi eux, on retrouve Miki Higashino, qui a été compositrice sur les deux premiers épisodes de la série. Certains airs rappelleront d’ailleurs des souvenirs… Qualitativement c’est assez inégal : si certains thèmes sont réussis, en particuliers ceux des batailles, de la carte du monde, d’autres, en général des thèmes d’ambiance, sont trop répétitifs , la faute a des boucles un peu courtes. On regrettera aussi que la musique des donjons ne soit pas plus variée…

Heureusement,les bruitages sont assez nombreux. Les personnages parlent, comme toujours, et même si la synchro n’est pas forcément optimale pour les voix américaines, ils ne restent ua moins pas la bouche fermée quand ils s’expriment. Ce Suikoden est beaucoup plus vivant.

 

Lyon et le Prince ont une relation privilégiée.

Lyon et le Prince ont une relation privilégiée.

La jouabilité ne pose aucun problème : on se déplace et valide avec aisance, et les fonctions des différents systèmes de combat sont simples à comprendre. Maintenant il faudra confirmer votre entrée ou sortie d’un lieu.

 

Suikoden V est vraiment très long, bien plus que l’épisode précédent. Non seulement les choses prennent du temps à se mettre en place, mais en plus, c’est un des épisodes où vous aurez votre château/QG le plus tard dans l’aventure. Et quand vous l’aurez, ce sera loin d’être fini, les événements étant nombreux. La difficulté a été un peu relevée et les boss pourraient vous donner bien du fil à retordre. De plus la quête des 108 étoiles est plus compliquée. Bien entendu, la moitié d’entre elles viendra par le biais du scénario. Pour l’autre, vous devrez souvent user de persuasion et demander plusieurs fois, ou procéder par étapes, pour pouvoir recruter les personnes. Je dirais même que certains sont impossibles à recruter sans une soluce. Accrochez-vous… D’autant que perdre certaines d’entre elles lors de batailles d’armée pourra mener à la défection d’un ou plusieurs autres combattants, qui ne verront plus de raison de rester avec vous.

 

Dans cet épisode, votre stratège est une femme du nom de Lucrétia Merces.

Dans cet épisode, votre stratège est une femme du nom de Lucrétia Merces.

Le scénario est juste hallucinant. Les événements mettent du temps à se mettre en place, et les premières heures sont guère palpitantes, avec peu de combats et un rythme relativement lent. Mais une fois la première partie du jeu passée avec l’invasion des Godwin, tout va s’accélérer. Les événements sont bien amenés, le travail des personnages principaux est remarquable (Sialeeds, notamment) et nous retrouvons le couple inséparable de cet épisode, à savoir le Prince de Faléna et sa garde du corps, dont la relation est ambiguë. Cette fois, notre Prince ne restera pas sans rien faire, et certains choix seront vraiment déterminants : certaines de vos actions pourront mener à des fins prématurées, voire à des Game Over ( conseil : refusez toutes les propositions de Salum Barows lorsqu’il vous demandera si vous voulez devenir roi). L’intrigue politique est bel et bien présente, et ce sera un enjeu de taille pour espérer sauver Faléna.

Au début du jeu, Gizel et Marscal Godwin vous réserveront un bon accueil dans leur fief.

Au début du jeu, Gizel et Marscal Godwin vous réserveront un bon accueil dans leur fief.

Le jeu a été traduit en français. Cependant, c’est parfois sous-traduit par rapport aux dialogues, mais en plus, il y a des fautes flagrantes, comme «  vous disez » au lieu de «  vous dites ». La traduction n’a pas due être relue, faute de temps, peut être ? Enfin… Le jeu vous propose de choisir parmi les principales langues européennes chaque fois que vous allumez la console.

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Verdict :

Après l’immense déception du quatrième épisode, Konami se rachète brillamment avec celui-ci. Suikoden V est mieux pensé, offrant un scénario plus touffu dont les enjeux sont parfois durs à cerner, il est également mieux réalisé, bien que n’étant toujours pas digne d’une PS2 en fin de vie, et les changements majeurs dans les trois systèmes de bataille sont bienvenus. Un vent de fraîcheur sur cette licence qui en avait bien besoin. Si vous passez le début assez lent, nul doute que cet épisode saura vous tenir en haleine.

 

 

Points Positifs :

Un système de combat révisé

Un couple principal attachant

Georg et Sialeeds

Le scénario, intelligent

Une grande durée de vie

Une difficulté revue à la hausse.

Toujours 108 étoiles à recruter.

 

Points Négatifs :

Ce n’est toujours pas ça, niveau technique…

Décors bien vides

Un début trop lent

Fréquence des combats trop élevée.

 

Suikoden V

Sortie : 2006

Console : PlayStation 2

Développeur : Konami

Éditeur : Konami

Genre : J-RPG

Type de combat : aléatoire

Transition : rayon de soleil.

Monnaie : potch.

Voix : angais

Textes : français

1DVD.

 

 

NB : on notera la bonne action du distributeur du jeu en France, qui le proposait à sa sortie neuf à seulement 30 €, soit moitié moins qu’un prix classique. Une excellente initiative.

 

Julius

 

 

 

[Critique RPG ] Suikoden IV

Pour des raisons qui restent encore inconnues, Konami a décidé de priver les joueurs européens du troisième volet de Suikoden . Lorsqu’on entendit parler de Suikoden IV entre 2004 et 2005, la question restait entière : allait-il cette fois sortir chez nous ? La réponse fut oui. A vrai dire, s’il est fâcheux que nous ayons zappé un épisode, cela n’a pas de conséquences directes sur la chronologie de la série.

Dire que cela s’annonçait bien, car ce serait un épisode se déroulant dans un univers maritime, et j’adore la mer. Mais au final, le tout s’est révélé très décevant. Explications.

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Un univers insulaire

Suikoden IV se passe chronologiquement plus d’un siècle avant les événements du premier volet de la série, dans les îles du Sud, archipel mentionné par Shu dans le second volet. Vous venez de passer brillamment l’examen de l’académie militaire maritime pour devenir marin à part entière, accompagné de votre meilleur ami, Snowe Wingerhut, ainsi que de quelques autres. Après la fête de votre remise du diplôme, vous partez pour votre première mission. Le seul problème, c’est que vous faites la rencontre du pirate Brandeau, terreur des mers. Qui laissera en héritage suite à sa mort, un bien lourd fardeau, la rune du châtiment à Glen,votre supérieur. Les pirates réclamant vengeance, ce dernier utilisera son pouvoir hérité bien malgré lui, mais au prix de sa vie. Vous étiez à ses côtés, et bien entendu, c’est à vous que la rune échoit ensuite… Vous serez vite accusé de meurtre et condamné à l’exil. Votre rune est à double tranchant : elle dispose de pouvoirs très puissants, mais elle draine petit à petit la vie de celui qui la porte…

 

Vous visiterez beaucoup de plages...

Vous visiterez beaucoup de plages…

Oh mon bateau…

L’environnement de ce Suikoden se déroule dans un univers insulaire, avec différentes îles. Résultat, votre QG, que vous aurez assez tôt, ne sera pas un château comme les épisodes précédents, mais un navire. Un navire dans lequel vous devrez recruter les 108 étoiles de la destinée, une fois que vous vous êtes rendu compte qu’une guerre commerciale oppose les différentes nations et que votre patrie n’était pas forcément du bon côté…

Ça, c'est vous. Admirez ce charisme débordant... Sérieusement, ça fait peur, non ?

Ça, c’est vous. Admirez ce charisme débordant… Sérieusement, ça fait peur, non ?

Pour rallier les îles, évidemment, vous devrez naviguer sur votre navire. Certaines étant très éloignées, j’aime autant vous dire que vous y passerez du temps ! Votre bateau est, de plus assez lent et pas facile à manœuvrer. Il suffirait que la manette PS2 soit à retour de force pour se forger des biceps d’enfer… De plus, vous ne pouvez accoster qu’à un seul endroit d’une île. Le tout pourrait se résumer à une balade bien pépère sur les océans, s’il n’y avait, évidemment , pas les combats aléatoires… Et il seront nombreux, car la fréquence de ceux-ci est extrêmement élevée. Parfois, vous sortirez à peine d’un d’entre eux qu’un autre se déclenchera presque aussitôt. Désolé, mais un tel rythme, ça m’énerve. Tiens, puisqu’on en est là, je vais vous en parler des combats. Vous allez voir qu’il n’y a pas que du bon.

Les batailles aléatoires classiques ne proposent plus que quatre personnages combattants, sur une seule ligne, et deux personnages en soutien. Pourquoi avoir fait ça ? Certes c’est rapide, mais là, c’est limite à ranger dans les systèmes classiques de jeu… la notion de portée d’arme n’a alors plus de sens. D’autant que les attaques combinées ne se déclenchent que selon les affinités que vous avez avec vos équipiers. Autrement dit, il faudra attendre plusieurs batailles avant de faire une attaque avec un autre personnage. On notera aussi le remplissage progressif au fil des batailles d’une barre permettant une attaque collective. On retrouve bien entendu le système de rattrapage d’XP propre à la série.

Les artworks sont tellement gros que vous ne voyez pas les personnages en combat...

Les artworks sont tellement gros que vous ne voyez pas les personnages en combat…

Les duels sont toujours présents, mais assez peu nombreux. Pas bien durs, pas de grand changement à part le fait qu’ils soient mieux chorégraphiés, mais d’un côté, nous sommes sur PS2, n’est-ce pas ?

Votre premier duel vous opposera à votre supérieur. Rien de difficile...

Votre premier duel vous opposera à votre supérieur. Rien de difficile…

Le principal changement reste sur les batailles d’armées, qui deviennent des batailles navales. Bien pensées, elles restent néanmoins par trop faciles, ce ne sera pas comme dans un Skies of Arcadia où vous deviez bien planifier les actions lors de telles bataille. Cependant, en cas de gros revers, les assaillant pourront aborder votre navire. Un bon point, mais pas révolutionnaire.

 

Je crois que ça résume bien  la chose : une série entrain de couler. Même si les batailles navales sont une des rares bonnes idées du jeu.

Je crois que ça résume bien la chose : une série entrain de couler. Même si les batailles navales sont une des rares bonnes idées du jeu.

Le système de bataille veut faire dans le changement, mais force est de constater que la plupart des idées tombent à plat.Dommage je n’aurais pas été contre un système assez poussé.

 

Vogue la galère..

Le problème, c’est que le jeu ne se rattrape aucunement sur le plan technique. Au niveau des graphismes, j’ai rarement vu aussi mal optimisé. Pour un jeu datant de 2004, désolé mais voir de l’aliasing partout, ça fait mal. Le jeu n’est pas abouti et les environnements sont souvent vides et manquent cruellement de teintes. Le chara-design du héros est moche en polygones, on a vraiment du mal à s’identifier à lui. Seul les artworks qui s’affichent lors des dialogues valent le coup. Pour le reste, la représentation lacunaire de la mer, le design déjà vu des ennemis achèveront de décevoir les fans. Si sur 32 bits, les deux premiers Suikoden pouvaient ressortir l’excuse du charme 16 bits d’antan, sur PlayStation 2, un tel raté technique, ça a du mal à passer, à croire que l’argent à ce niveau a été donné à au développement de Metal Gear Solid 3… Remarquez, entre la mer et le ciel, le jeu est très bleu.

 

Un monde maritime, mais bien vide graphiquement. Parce que les monstres, eux, seront nombreux...

Un monde maritime, mais bien vide graphiquement. Parce que les monstres, eux, seront nombreux…

Les musiques ne m’ont pas laissé de souvenirs impérissables. Suikoden IV dispose de musiques d’ambiance, mais pas de thèmes marquants à part le thème d’intro .Là aussi, c’est dommage. Cependant, maintenant les personnages parlent. Bien entendu, avec les voix américaines pour l’Europe.Cela apporte un univers plus vivant, ce n’est pas forcément un mal. Les bruitages sont en revanche assez peu nombreux.

 

La jouabilité est sujette à caution. Si entrer les commandes dans les combats ou parcourir les îles à pied ne pose pas de soucis, le maniement de votre bateau s’apparentera plus à une galère. C’est lent, c’est lourd, et au lieu d’avoir un voilier fendant les flots, nous avons un gros pachyderme marin qui se traîne. Même accoster sur une île sera une épreuve. Je sais qu’un bateau, c’est lourd, mais je ne m’attendais pas à retrouver un tel « réalisme » dans ce jeu, d’autant que les combats aléatoires tous les deux mètres n’arrangeront rien. Les menus de jeu sont un peu vides….

 

La durée de vie en fait un Suikoden un peu court. Je l’ai terminé en 27 heures ( et des brouettes) en prenant le temps de recruter les 108 étoiles. J’ajoute que j’ai failli abandonner plusieurs fois, à cause de combats dans lesquels au final on éprouve plus aucun plaisir à force de leur fréquence et des actions répétitives. De plus, la moitié des étoiles n’a, objectivement, aucune raison de rejoindre votre cause.

 

Chouette, une nouvelle étoile...

Chouette, une nouvelle étoile…

Le vide est inhérent au scénario. Alors que ça commençait bien, il y a un gros coup de mou dès que vous avez votre bateau-QG. L’intrigue ne décollera plus jusqu’à l’assaut final sur El-Eal . Ça fait peu, vous ne trouvez pas ? C’est superficiel, et il est dommage qu’il n’y ait pas un fil rouge digne de ce nom qui tienne le joueur en haleine. Cependant, il faut souligner que le jeu a bénéficié d’une bonne traduction en français.

 

Verdict :

Quel dommage. Pour sa première venue sur PS2 en Europe , la série des Suikoden rate le coche et offre un épisode bien faiblard par rapport à ses prédécesseurs. La réalisation qui manque de finition, un gameplay mal pensé, un scénario et une durée de vie en deçà de ce qu’on pouvait attendre, font de Suikoden IV un épisode dispensable, une erreur de parcours dans la série. Ce qui est bête, c’est qu’on arrive a sentir que le résultat n’est pas à la hauteur des ambitions. A vous de voir, si vous êtes curieux, mais ce serait dommage d’investir dans ce titre, en sachant qu’il y a des jeux dans le genre beaucoup plus intéressants sur cette console.

 

Points Positifs :

L’intro

Toujours 108 personnages à trouver

Les batailles navales, ça change.

Bonne traduction

L’univers maritime, une bonne idée…

 

Points négatifs :

…Mais trop mal exploitée.

Les graphismes : C’est la PS 2, ça ?

Aliasing omniprésent

Le héros n’a aucun charisme.

Beaucoup trop court

Fréquence des combats trop élevée.

Le bateau est une galère à manœuvrer.

Scénario trop mou et faible.

 

Suikoden IV

Développeur : Konami

Éditeur : Konami

Console : PS 2

Genre : RPG

Textes : français

Voix : américaines

Monnaie : potch

Combats : aléatoires

Transition :  goutte d’eau.

Julius

 

[critique RPG culte ] : Suikoden II

Le premier Suikoden, en dépit d’une technique dépassée et indigne de la console, avait su surprendre son monde avec son histoire, son gameplay et ses 108 personnages à trouver entre autres. Je pourrais résumer cette critique en «  si vous avez aimé le premier, vous adorerez le second » mais cela ne donnerait aucunement une explication du pourquoi du comment .

Je rappelle que Suikoden est inspiré par un roman classique chinois, intitulé Au Bord de l’eau ( cf critique du premier jeu pour plus de détails à ce niveau). Personne ne s’attendait à ce que Konami fasse un deuxième épisode de ce RPG. Pourtant, il a fini par arriver. Alors Suikoden II, simple clone ou suite digne de ce nom ? Réponse dans les lignes qui suivent.

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Suikoden II se passe trois ans après les événements du premier volet : L’Empire de la Lune Ecarlate n’est plus, et est devenu la République de Toran, avec Lepant, personnage jouable du premier jeu, qui en a été élu président. Dans le jeu, des escarmouches frontalières étaient évoquées avec les Cités-Etats de Jownston, et le Northern Checkpoint faisant office de frontière a donné lieu à une bataille mémorable.

C’est précisément dans cette région que se passe le deuxième jeu. Nous sommes donc un peu plus au nord, et cette fois ci, vous incarnez le fils adoptif de Genkakku qui s’est engagé dans la Brigade Licorne ( celle des jeunes) de Highland, votre patrie. Un traité de paix a été signé avec les Cités États, et vous vous réjouissez, avec votre meilleur ami Jowy, de pouvoir rentrer chez vous et de revoir Nanami, votre sœur adoptive. Malheureusement, une attaque a lieu dans la nuit, vous êtes contraint de fuir. Votre supérieur, Rowd, vous explique que l’Alliance a attaqué le camp et donc rompu le traité de paix. Il vous ordonne de vous enfuir dans la forêt. Jowy ayant un gros doute et redoutant une embuscade de l’ennemi, décide de faire demi-tour et d’en informer le chef. Mais quelle n’est pas la surprise des deux garçons de voir qu’en réalité, l’attaque avait été fomentée par Highland, avec la bénédiction du Prince héritier Lucca Blight venu en personne constater la « réussite » de ce coup monté ! Contraints de fuir, les deux garçons se retrouvent vite bloqués en haut d’une falaise. Ils n’ont d’autre choix que de sauter. Auparavant, ils font le serment que quoiqu’il advienne, ils se retrouveront ici. Se faire trahir dans les 5 premières minutes de jeu, je n’avais encore jamais vu ça. Il démarre fort, ce jeu…

Le prince hériter de votre pays  d'origine a fomenté l'attaque. Le salaud.

Le prince hériter de votre pays d’origine a fomenté l’attaque. Le salaud.

Vous êtes sauvé par une vieille connaissance du premier épisode : En Effet, Viktor vous a vu et est venu voir. Flik ne tarde pas à se montrer non plus. Les deux mercenaires tiennent un fort dans la région Est de Muse. Vous êtes faits prisonnier et devrez travailler pour la communauté. Jowy ne tardera pas à vous retrouver. Mais le retour au pays ne va pas se passer comme prévu, et une fois de plus, vous êtes contraints de fuir. Nos deux héros ne se doutent pas encore que leurs chemins devront de nouveau se séparer bientôt…

On ne se serait pas déjà croisés dans un autre jeu ?

On ne se serait pas déjà croisés dans un autre jeu ?

 Dans les rôles principaux:

Dit comme ça, ça paraît simple, mais les tenants et aboutissants du scénario sont tellement complexes que je ne peux pas vous en dire plus ans vous spoiler l’intrigue. La rune qui sera au centre de l’intrigue, parmi les « 27 Vraies Runes » est la Rune du Début, dont les deux garçons auront chacun une moitié. Le trio qui sera constamment mis en avant dans le jeu se compose comme de suit :

 

Le héros ( nom officiel : Riou) : Fils adoptif de Genkakku, il vivait à Kyaro et pratiquait les arts martiaux de son père. Il est muet, étant donné que c’est un peu vous-même, même si vous pourrez choisir différents choix de réponses aux questions posées sans pour autant faire stagner l’histoire. Certains choix seront d’ailleurs déterminants. Il héritera de la rune Bouclier lumineux, aux pouvoir guérisseurs et protecteurs, une des deux faces de la Rune du Début.

 

Lui, c'est vous.

Lui, c’est vous.

Jowy Atréides : fils aîné issu d’une famille riche, il vivait aussi à Kyaro. Meilleur ami du héros, il a intégré avec lui l’armée de Highland. Les deux devinrent inséparables. C’est un personnage très travaillé. Jowy se demandera toujours quelle route emprunter pour atteindre son idéal. Il héritera de la deuxième face de la Rune du Début, la rune Épée Noire, aux pouvoir offensifs.

 

Votre meilleur ami sera amené à prendre une voie différente...

Votre meilleur ami sera amené à prendre une voie différente…

Nanami : sœur adoptive du héros et également fille adoptive de Genkakku, Nanami vous surprendra par son caractère enjoué et chaleureux, parfois agaçante mais tellement attachante qu’on ne peut que l’aimer. Elle veillera le plus possible à ce qu’il n’arrive rien à notre héros. De plus c’est une combattante largement valable.

Nananmi veillera sur vous... à sa façon.

Nananmi veillera sur vous… à sa façon.

De l’autre côté le casting de méchants a lui aussi été développé. Si le roi de Highland a des velléités de conquête, son fils, le prince hériter Luca Blight, sera votre adversaire principal . Cet homme est une brute sanguinaire qui ne vit que pour conquérir les nations voisines et tuer tous ceux qui lui résistent, après avoir fait subir aux gens les pires outrages, en ayant par exemple brûlé entièrement leur lieu de vie. Luca est complètement fou qui ne connaît que la loi du plus fort, et prêt à tout pour parvenir à ses fins.

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Il sera aidé par ses différents généraux d’armée, que sont Culgan, Seed, Soloon-Jhee qui vous opposeront une résistance lors de certaines batailles.

On retrouve assez tôt dans le jeu une vieille connaissance du premier jeu. Ça commence par N…

Vampire, vous avez dit Vampire ?

Vampire, vous avez dit Vampire ?

 Système de jeu : on prend les mêmes…en mieux.

Suikoden II s’appuie sur le système mis en place pour le premier opus concernant ses principes et mécanismes de jeu. Vous devenez chef de l’armée de Libération contre l’invasion de Highland, et devrez trouver les 108 étoiles de la destinée, et votre QG s’agrandira au fur et à mesure. On retrouve d’ailleurs certaines connaissances du premier, histoire de garder un lien avec celui-ci.

Luc, Viktor et Flik sont trois  des personnages qui reviennent dans cet épisode.

Luc, Viktor et Flik sont trois des personnages qui reviennent dans cet épisode.

Le monde de Suikoden II est toujours situé en majeure partie autour d’un lac, le lac Dunan, ce qui rend la conquête de toute la nation des cités-états assez difficiles. Il y a de nombreux villages, des villes, et la capitale de cette région est Muse. Bien entendu, tout personnage n’étant pas hostile et dont l’artwork s’affiche au dessus du nom est potentiellement à recruter. Mais cette fois, les programmeurs ont encore plus corsé la quête. Certains ne viendront que si vous les battez en duel, par exemple. D’autres seront bien cachés et vous pouvez en manquer.

Zamza  a une pastèque à la place du cerveau...

Zamza a une pastèque à la place du cerveau…

Concernant le système de combat, le jeu reprend les trois systèmes présents dans le précédent :

Les batailles rangées sur la carte du monde ou des donjons ont toujours lieu par groupe de 6 personnages. Ils sont évidemment à placer en fonction de la portée de leur arme, mais aussi de leur résistance : les armes de courte-portée (S) ne permettent que d’atteindre les adversaires au premier rang, et les personnages doivent être placés en première ligne. Celles de type M ( moyenne portée) sont polyvalentes : en avant, ils peuvent atteindre les deux rangs adverses. Placés à l’arrière, ils pourront frapper le premier rang. Enfin les armes à Longue portée permettent d’atteindre les deux rangs adverses, mais vu la constitution de ceux qui possèdent de telles armes, il n’est pas conseillé de les exposer.

Il faudra  leur répéter combien de fois qu'il ne faut JAMAIS laisser des lapins jouer avec des haches ???

Il faudra leur répéter combien de fois qu’il ne faut JAMAIS laisser des lapins jouer avec des haches ???

Ces rencontres sont aléatoires bien entendu, et lorsqu’un combat est engagé, vous avez plusieurs choix possibles : engager le combat, fuir ou laisser partir ( tout dépend du niveau), soudoyer l’adversaire avec l’option pot-de-vin, ou laisser l’ordinateur se charger de tout. Une fois de plus, cette option n’est pas recommandée, la console utilisant le plus souvent les coups de base.

Si vous choisissez de combattre, vous pouvez attaquer à l’arme, utiliser une magie grâce aux runes, vous défendre , choisir un objet dans l’inventaire ou faire une union de combattants ( cela pouvant englober tout le groupe) si c’est possible.

l'attaque combinée du héros et de Jowy fera pas mal de ravages lors des premières heures de jeu.

l’attaque combinée du héros et de Jowy fera pas mal de ravages lors des premières heures de jeu.

Je reviens sur le système de runes : dans le premier jeu, il n’était possible d’en avoir seulement une seule par personnage. Dans Suiko II, vous pourrez en mettre jusqu’à trois par personnage, avec trois emplacements possibles : la tête, la main droite, et la main gauche. Cela n’altère pas le fait d’avoir une arme. Le système est idéal pour faire des personnage polyvalents, le nombre de magies disponibles augmentant avec le niveau.

A la fin de ces combats, vous gagnez argent et XP. L’écran de fin de combat est différent et tous les personnages sont représentés en même temps. Évidemment, le jeu reprend le système ingénieux du premier, c’est à dire qu’un personnage en retard pourra être au même niveau que ses camarades en quelques combats.

l'écran de distribution d'XP à la fin d'un combat.

l’écran de distribution d’XP à la fin d’un combat.

Les deuxièmes batailles sont les duels. Cette fois, ils seront plus nombreux que dans le premier, mais le principe reste le même : choisir l’action en fonction de la phrase de l’ennemi, en sachant que l’attaque l’emporte sur la défense, qui l’emporte sur l’attaque désespérée, qui elle même l’emporte sur l’attaque normale.

Remportez votre duel contre Amada et ce dernier accédera à votre requête.

Remportez votre duel contre Amada et ce dernier accédera à votre requête.

Le plus gros changement intervient au niveau des batailles d’armée : cette fois, vous ne donnez plus des commandes globales de jeu, mais vous pouvez contrôler toutes vos unités et leur donner des ordres. Il faudra bien réfléchir avant d’ attaquer une unité adverse, en fonction du déplacement et de la force ou faiblesse de l’ennemi. Certains personnages peuvent être définitivement perdus . Certaines de ces batailles font partie de l’histoire et le jeu vous imposera parfois de perdre.

Certains personnages peuvent disparaître définitivement du jeu, faites attention.

Certains personnages peuvent disparaître définitivement du jeu, faites attention.

  Technique : on prend les mêmes… en mieux ?

Techniquement, le jeu demeure au dessus du premier sans pour autant atteindre ce qu’on attend d’un jeu sur PSX. Les personnages ont été retravaillés, sont plus grands, leurs artworks ont été améliorés et la différence entre représentation dans le jeu et artwork est moins flagrante. Les scènes de combats ont bénéficié de plus de soin et ne pixelisent pas, sauf lors des zooms de coups critiques et les duels. Il y a enfin de vrais décors de fonds, certains boss sont grands, mais ça reste malgré tout assez simple, voire simpliste,d’autant qu’entre le premier et la sortie de celui-ci, un Final Fantasy était sorti pour le Japon et deux pour l’occident. Certains ennemis sont même des repompes parfois un peu améliorées, de l’épisode précédent ! Les effets spéciaux se sont améliorés et nous rappellent que nous sommes bien sur une 32 bits… Mais les améliorations sont légères. En gros, Suiko II ne perd rien du charme 16 bits de son aîné.

Les boss sont gros et plutôt bien faits. Et assez durs à battre, aussi.

Les boss sont gros et plutôt bien faits. Et assez durs à battre, aussi.

Ah, les musiques… Si certaines s’avèrent répétitives ( le thème de Muse, par exemple, à rendre fou) car trop courtes, d’autres sont de véritables trouvailles qui restent dans la tête. Je pense notamment au deuxième thème de carte, à la ville de Greenhill occupée, celle du concours de cuisine,le thème de fuite ( qui permet de bien faire ressortir l’instant dramatique de ces moments) et bien d’autres. Pour les fans du premier volet, on retrouve certaines musiques déjà présentes . Plus nombreuses, souvent mieux faites, le gain qualitatif est certain.

En revanche, les bruitages sont toujours aussi peu nombreux, et bien entendu, il n’y a ni voix ni cri digitalisé.

Le thème de Greenhill occupée est surement un des meilleurs du jeu.

Le thème de Greenhill occupée est surement un des meilleurs du jeu.

La jouabilité a été améliorée. Il est enfin possible de courir en permanence en maintenant le bouton Rond enfoncé, un très bon point. Le précédent jeu ne permettait de le faire qu’avec un perso équipé d’une rune ou de Stallion intégré au groupe. Le menu de jeu, s’il reste assez similaire au premier, a été mieux pensé, avec cette fois, l’apparition d’un menu d’objets commun : vous aurez la possibilité de mettre ou d’enlever un objet du «  sac » si les emplacements de vos personnages sont remplis. Un bon point qui permet de ne pas être trop vite en surcharge.

 

Après avoir battu Solon Jhee, vous serez  reconnu officiellement leader de l'armée de libération.

Après avoir battu Solon Jhee, vous serez reconnu officiellement leader de l’armée de libération.

Cela était d’autant plus essentiel que le jeu est notoirement plus long que le premier : comptez une cinquantaine d’heures pour en arriver au bout, et cette fois les fins sont multiples, il y en a même une «  anticipée » à un moment donné. La quête des 108 étoiles est un peu plus compliquée sans être pour autant impossible ( même si faire 500 000 potch d’échanges en commerce demande du temps), vous pouvez vraiment louper certains personnages si vous passez certains événements. Le jeu est devenu aussi un peu plus difficile, avec des boss un peu plus nombreux, qui viennent parfois quand on ne les attend pas et qui ont souvent des attaques pouvant toucher tout le groupe. De plus, vous aurez pas mal de mini-jeux une fois que vous aurez cotre QG : si on regrettera la disparition du bonneteau, vous pourrez, par exemple, jouer aux dés ( même jeu que l’épisode précédent), monter à la corde, faire du frappe-taupe, et j’en passe. Le meilleur mini-jeu intégré est à mon sens le concours de cuisine, qui se fera à intervalles réguliers : une fois que vous aurez recruté le cuisinier, passez entre deux événements principaux à votre restaurant : il se pourrait qu’il y ait un concours sur le point de commencer. Vous devrez alors faire trois plats et faire en sorte qu’ils soient meilleurs que ceux de votre adversaire, les notes étant données par un jury aléatoire composé de personnages recrutés, les notes allant de 1 à 5. Il vous faudra avoir un meilleur total que votre adversaire. De plus, ce mini jeu à fait l’objet d’une intrigue parallèle, une très bonne idée. Si avec tout ça vous vous ennuyez, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

 

Le concours de cuisine, sans doute le meilleur mini-jeu de Suikoden II.

Le concours de cuisine, sans doute le meilleur mini-jeu de Suikoden II.

Le scénario est juste dantesque et c’est avec ça que Suikoden II a su se hisser au rang des grands jeux de la console grise. Les événements sont plus développés, mieux amenés, et les rebondissements pourront vous surprendre de très bonne manière. Il y a enfin un méchant digne de ce nom, un trio inoubliable et le retour de certains fait plaisir à voir. Certes, au départ, disons dans les premières heures, le jeu vous ne vous surprendra que peu, d’autant que le temps qu’il apparaisse chez nous, comme je l’ai déjà écrit, Final Fantasy VII et VIII étaient déjà passés par là ( du moins je l’espère). Heureusement, une fois passés les événements qui ont lieu à Muse, le jeu devient vraiment passionnant, sans qu’on ait encore vu l’essentiel de l’aventure.Les gros points forts résident dans le passé du père adoptif du héros, très connu dans la région et par les deux pays en conflit, héros de guerre déchu, mais également dans l’intrigue très politisée du scénario. Les alliés de la ville-Etat sont assez disparates, et tous ne se joindront pas forcément à votre cause. En effet, le conflit n’impliquera pas que Muse et Highland. Dans ce dernier pays, on peut également voir que non seulement les citoyens en ont marre, mais aussi les généraux qui ne veulent pas la ruine, malheureusement pour eux, le prince héritier en a décidé autrement. C’est très bien retranscrit. Le jeu a été traduit, mais on ne peut pas dire que la VF rende vraiment honneur au script : fautes, bugs non corrigés, tournures de phrases on ne peut plus maladroites, bref, une somme, peut être encore pire que FF VII.

Un gag déjà présent dans le premier jeu... Ici vous devrez infiltrer l'université de Greenhill, laissée libre par Highland.

Un gag déjà présent dans le premier jeu… Ici vous devrez infiltrer l’université de Greenhill, laissée libre par Highland.

 

Verdict :

C’est avec cet épisode que Konami a réussi à faire de Suikoden une série phare du RPG japonais. Il améliore les points forts du premier jeu tout en ajoutant les siens. Certes, s’il ne brille pas non plus par sa réalisation, il apporte une histoire forte, complexe et prenante à la fois. Impossible de passer à côté, ses défauts ne sont rien par rapport au plaisir qu’il procure en y jouant. Un grand jeu du genre, et un des meilleurs de la PSX, à n’en point douter, qui peut trôner sans complexe auprès d’autres séries prestigieuses. Les étoiles de la destinée vous attendent de nouveau…

 

Points Positifs :

Un scénario juste hallucinant

De bonnes musiques dans l’ensemble

Améliore les points forts du premier et en apporte d’autres.

Plus long

Toujours 108 personnages à recruter

Un jeu un peu moins facile

Un aspect 16 bits pas déplaisant…

 

Points Négatifs :

… mais ça reste en deçà de ce qu’est capable une PSX

Les cinématiques, assez moches

La VF, une honte .

Suikoden II

Editeur : Konami

Développeur : Konami

Genre : J-RPG

Dates de sortie : 17/12/1998 ( Japon), 29/09/1999 ( USA) , 28/07/2000 ( Europe).

3 types de combats

108 personnages

Monnaie : Potch.

 Julius

NB : Le prochain épisode traité sur le blog sera le quatrième jeu. En effet, je n’ai jamais pu mettre la main sur le troisième, seul épisode que Konami refusera de sortir en Europe, sauf en manga, le jeu se faisant de plus, très rare et les PS2 étant zonées… désolé pour ce désagrément.  

Le bouclier lumineux et l'épée noire forment la "Rune du début".

Le bouclier lumineux et l’épée noire forment la « Rune du début ».

 

[Critique RPG] Suikoden

Suikoden… Lorsque ce nom est apparu pour la première fois en 1995 au Japon ( et en 1997 chez nous) on se demandait comment faire pour arriver à prononcer le titre sans bégayer. Il s’avère que le jeu, et le titre est tiré d’un roman chinois issu de la tradition orale, traduite par «  Au bord de l’eau » ( Shui-hu Zhuan mot à mot : «  le récit des berges »), qui contait les exploits de 108 bandits et insurgés de toutes origines qui finissent par s’unir pour mener la révolte contre un empereur et sa cour devenus corrompus. Il fait partie des 4 grands classiques de la littérature chinoise, avec notamment L’histoire des 3 Royaumes qui inspirera lui la saga Dynasty Warriors en jeux vidéo. Une version française remarquable de Au bord de l’eau traduite par Jacques Dars existe, et parut chez Gallimard en 1978. Actuellement les deux tomes ( 72 chapitres au total) sont édités chez Folio.

Konami s’est dit qu’adapter ces récits en jeux vidéo pourrait donner matière à un jeu de rôle , il est vrai qu’il y avait du potentiel. Que donne donc le premier jeu inspiré du roman ? Retour sur un RPG datant d’avant Final Fantasy VII.

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Le destin en marche…

Suikoden est une série qui est née sur PlayStation, une des rares à n’avoir aucun jeu sur génération de consoles précédentes dans son genre. Lorsque le jeu commence, vous êtes le fils de Theo Mc Dohl, un grand général de l’Empire de la Lune Écarlate. Vous êtes jeune et les employés de maison sont à votre service : Gremio fait office de garde du corps et de cuisinier, Cléo, la seule femme vous protégera de tout danger et Pahn est également là pour ses aptitudes physiques.

Vous vivez à Gregminster, la capitale de l’Empire, qui est dirigé par l’empereur Barbarossa. Le pays est actuellement en paix malgré quelques disputes frontalières avec la Fédération des Cités-Etats de Jownston au nord. Lorsque votre père part en mission au nord, vous êtes nommé chevalier et acceptez de servir l’empire et de faire des missions pour Barbarossa. C’est justement au fil de ses missions que notre héros et sa garde rapprochée se rendront vite compte que leur souverain devient de plus en plus despotique tout en étant entouré d’incompétents. C’est lors d’une mission avec l’un d’eux que Ted, votre meilleur ami, décide d’utiliser sa rune pour vous porter secours après un combat difficile. L’incompétent de service somme Ted de venir avec lui au palais et renvoie les autres chez eux. Lorsqu’il revient, Ted est grièvement blessé. On apprend alors que la rune que portait ce dernier était convoitée par Lady Windy, la magicienne de la cour, et conseillère influente de l’empereur. Vous acceptez, en tant qu’ami de protéger la rune afin qu’elle ne tombe pas entre les mains de la sorcière. Mais celle-ci envoie les soldats à vos trousses. Désormais, tout fils de grand général que vous soyez, vous devenez un renégat. Cela sera d’autant plus confirmé que vous ne tarderez pas à rencontrer Odessa Silverberg, la chef des rebelles… Et votre destin sera tout autre.

Votre rencontre avec Odessa scellera votre destin, au grand dam de votre père.

Votre rencontre avec Odessa scellera votre destin, au grand dam de votre père.

Voilà, je n’en dis pas plus sous peine de vous spolier la tronche. Suikoden se passe dans un monde féodal. Les différentes régions de l’empire sont gérées par des seigneurs suzerains, et l’accès à certains territoires est réglementé. Le nom des villes s’affiche à chaque fois que vous y passez. Dans ces lieux, vous y trouverez généralement une auberge, une taverne parfois à part, un magasin d’objets, d’armures, des boutiques de runes et parfois des évaluateurs d’objets ( «  appraisers ») que vous récoltez en combat.

Pour passer inaperçu, vous devrez prendre un autre nom. J’aime bien le dernier, bien tordu.

Pour passer inaperçu, vous devrez prendre un autre nom. J’aime bien le dernier, bien tordu.

 

L’union fait la force

Dans Suikoden, pas question de sauver le monde entier. Vous ne sauverez que votre patrie, ce qui sera déjà beaucoup. Mais comme vous ne pourrez y arriver seul, vous devrez recruter des compagnons et avoir un QG. Si vous voyez l’artwork représentant votre interlocuteur lors d’une conversation et qu’il ne vous est pas hostile, c’est qu’il est susceptible d’être recruté. Environ la moitié de vos troupes se joindra à vous spontanément au fil de l’histoire. Pour les autres, vous devrez aller les chercher. La plupart du temps, vous devrez leur parler, mais certains seront plus exigeants : par exemple, vous devrez venir avec certaines personnes, avoir un certain niveau ou un nombre de compagnons, ou encore gagner une certaine somme à des jeux de hasard.

Si vous voulez recruter Quincy, il vous faudra au minimum avoir 80 compagnons.

Si vous voulez recruter Quincy, il vous faudra au minimum avoir 80 compagnons.

Et plus vous recruterez, plus votre QG s’agrandira . Vous recrues prendront possession des lieux, s’installeront même, et vous constaterez tout cela. Tout le monde ne combattra pas : certains personnages assureront des services, comme un auberge, la cuisine, une armurerie… Ou certains viendront pour suivre leur mari ou leur femme… Vous pouvez avoir jusqu’à 108 personnages qui rejoindront votre armée. Un record pour un RPG.

 

Trois systèmes de batailles en un seul jeu

Pour mettre fin aux agissements de Barbarossa vous devrez partir à la bataille. Dans Suikoden, elles sont de trois sortes : Les batailles de terrain se déroulent avec 6 combattants maximum sur deux rangées. Elles sont aléatoires et interviennent entre les villes et dans les donjons, mais pas sur l’eau. Le placement des personnages se fera en fonction de leur arme : les porteurs d’armes de type S (« Short », courte portée),sont à placer au premier rang : ils ne peuvent toucher que les ennemis à l’avant de la formation adverse. Leur handicap est compensé par une puissance de frappe accrue et des stats élevées en défense et en points de vie. Ceux qui ont le type M (Medium) sont les plus polyvalents : à l’avant, ils peuvent toucher les deux rangs d’en face, en arrière, ils atteindront le premier. Ceux qui ont le type L ( Long) doivent être placés à l’arrière. Ils peuvent atteindre indifféremment les deux rangs adverses mais disposent d’une résistance moindre.

Le combat contre le Dragon Zombie s'annonce très long, et en plus, il fait mal. Mais ensuite, vous aurez votre château.

Le combat contre le Dragon Zombie s’annonce très long, et en plus, il fait mal. Mais ensuite, vous aurez votre château.

Lorsqu’une bataille commence, vous avez le choix entre passer à l’attaque, fuir ( run) ou laisser partir ( let go) si l’adversaire est plus faible que vous, de soudoyer l’ennemi pour éviter le combat ( bribe), ou de mettre en bataille automatique. Cette dernière option est toutefois peu utile, l’ordinateur se contentant d’utiliser, le plus souvent les coups de base. Si vous choisissez le combat, vous aurez le choix entre attaquer à l’arme, vous défendre , utiliser le pouvoir d’une rune, ou utiliser un objet. On notera aussi que plusieurs personnages peuvent s’unir pour lancer une attaque dévastatrice avec l’option «  unite ».

La magie se fait en effet par des runes, que vous devrez acheter ou trouver, sous le nom de « crystal ». Il faudra ensuite aller voir un maitre-rune pour la lier à un des personnages. Certaines sont offensives, comme les runes élémentaires, et le héros aura d’office la rune «  Soul Eater » ( Mangeuse d’âmes) donnée par Ted, qui permettra de se débarrasser d’un ennemi sur le terrain ( mais pas des boss, ne rêvez pas, non plus). Plus les personnages évoluent en niveau, plus le nombre de pouvoirs et leur quantité augmentera. Une bonne nuit de sommeil suffit à recharger la magie. Certaines ont des vertus défensives, c’est utile notamment pour les combattants de premier rang. On ne peut en mettre qu’une par personnage.

Dans le château de Neclord, les ennemis sont assez puissants, faites attention.

Dans le château de Neclord, les ennemis sont assez puissants, faites attention.

A la fin de telles batailles, vous remportez bien entendu, argent et EXP. Le jeu inaugure d’ailleurs le système de rattrapage : un perso en retard recevra plus d’expérience que les autres , ce qui lui permettra de combler le handicap en quelques combats.

Vous pourrez acheter des objets, des armures de défense, mais pas les armes, qui évoluent en rendant visite aux forgerons dans les villes. Il faudra leur demander d’aiguiser vos lames/arcs , moyennant finance, bien entendu.

Le deuxième type de bataille sont les grandes batailles de guerre. Elle vous opposeront généralement aux troupes d’un des généraux de l’Empire . Elles auront lieu à certains endroits clés du scénario. La stratégie consiste à deviner le mouvement ennemi pour le contrer. Vous aurez la possibilité de faire une charge, d’utiliser les archers ou les mages. Pour optimiser vos chances, vous pourrez utiliser l’option «  Other » ( autre) qui regroupe les stratèges, les marchands, les voleurs et, plus tard les ninjas. Les premiers permettent une charge boostée, les seconds amadouent l’ennemi, les deux derniers permettent de connaître ce que prépare l’ennemi, mais attention, dans le cas des voleurs, cela peut échouer. Le tout fonctionne selon le principe Pierre-Papier-Ciseaux : un type d’attaque étant plus fort qu’un autre et se fait avoir par un autre. L’animation permet d’avoir un bon aperçu de votre stratégie. A la fin de l’assaut, les pertes des deux côtés seront affichées. La bataille arrive à son terme lorsqu’un camp a toutes ses unités anéanties.

Choisissez bien les commandes pour mieux contrer l'ennemi.

Choisissez bien les commandes pour mieux contrer l’ennemi.

Il arrivera aussi qu’il y ait des duels : bien entendu, dans ces phases, le héros ( ou un autre personnage) est seul et se bat contre un adversaire singulier. Il faut deviner la stratégie de l’adversaire en se basant sur les phrases , sachant qu’on peut exécuter trois mouvements : l’attaque, l’attaque désespérée faisant plus de dégâts, et la défense. La défense l’emporte sur l’attaque désespérée, qui elle même l’emporte sur l’attaque, qui permet elle de toucher un adversaire en défense.

 

Votre premier duel vous opposera à Kwanda Rosman, un général de l'Empire.

Votre premier duel vous opposera à Kwanda Rosman, un général de l’Empire.

Le parfum entêtant des 16 bits…

Pour l’aspect technique du jeu, on ne peut pas dire qu’il rende hommage aux capacités de la PlayStation. Loin de là. Les graphismes font plus penser à un jeu Super Nintendo, étant tout en 2D et pixellisant quand même beaucoup sur les scènes de combat. Les sprites des personnages sont assez petits et manquent de détails, notamment sur la carte du monde. Ça se rattrape quand même un peu avec les artworks de dialogues, et heureusement qu’ils sont là d’ailleurs, car certains personnages sont à peine reconnaissables in game. Heureusement lors des combats, les ennemis sont plutôt d’assez bonne taille, tout comme les héros. Seuls les effets spéciaux lors des magies rappellent que nous sommes bien sur une 32 bits. Ceci dit, l’aspect très 16 bits des graphismes me plaît. Suikoden fait dans la simplicité.

Les chargements sont assez courts et quasi-imperceptibles, un bon point, de plus le jeu ne saccade pas.

 

La carte du monde est simple dans sa conception. Le héros est tout petit.

La carte du monde est simple dans sa conception. Le héros est tout petit.

Les musiques sont bonnes. On trouve de tout : des airs joyeux et entraînants aux airs les plus dramatiques ou tristes selon les événements. On aurait même aimé qu’il y en ait un peu plus. Dommage que les thèmes des villes soient un peu répétitifs. En revanche, les bruitages sont assez peu nombreux, et il n’y au aucun dialogue parlé, ni de cri digitalisé.

 

Retrouvez le chat de Lotte pour qu'elle vous rejoigne.

Retrouvez le chat de Lotte pour qu’elle vous rejoigne.

La jouabilité hors combat ne pose pas de problèmes particuliers, on aurait toutefois aimé plusieurs choses : la possibilité de courir sans avoir recours à une rune, et un inventaire commun pour éviter la surcharge d’objets. En effet, chaque personnage que vous prenez dans votre équipe aura 9 emplacements disponibles, mélangeant équipement, runes et objets comme des « medicine » par exemple. Dans les faits, on a vite fait de les remplir. Seuls les objets importants dans l’histoire sont placés dans les « item group ». Si vous voulez un objet alors que tous les emplacements sont remplis, vous devrez vous en séparer d’un autre.

 

Flik  se fera draguer par une femme assez...entreprenante.

Flik en bleu, se fera draguer par une femme assez…entreprenante.

Suikoden reste un peu court niveau durée de vie, notamment pour un RPG : comptez 15 à 20 heures en ligne droite, sans prendre le temps d’avoir les 108 étoiles, d’autant que la difficulté est peu élevée, seuls certains boss peuvent vous causer des problèmes. Dans le cas contraire, rajoutez-en 5 à 10 de plus, en sachant que pour avoir la vraie fin du jeu, vous devrez remplir plusieurs conditions ( dont celle de ne PAS perdre le duel opposant Pahn à Teo), et que si un personnage meurt pendant une grande bataille, il sera perdu. Cependant, aucun n’est réellement « manquable » avec un peu de jugeote.

 

Les commerces et services du château  ouvriront si vous recrutez les bonnes personnes. Jeane ( à gauche) fait sa première apparition  tout comme Viktor et Flik, entre autres.

Les commerces et services du château ouvriront si vous recrutez les bonnes personnes. Jeane ( à gauche) fait sa première apparition tout comme Viktor et Flik, entre autres.

Le jeu vaut largement le coup, ne serait-ce que pour son scénario. Les rebondissements sont assez nombreux, ils arrivent parfois un peu vite, mais ça changeait des RPG de l’époque : ici vous formez une armée rebelle pour renverser l’empereur en place, pas question se sauver le monde avec un artéfact mystérieux. Les dialogues sont bien écrits et il y a de l’humour. Les moments tragiques seront aussi de la partie. Le jeu n’a pas été traduit en français, il fallait se contenter de la langue de Shakespeare dans note pays. C’était mieux que rien. De plus, avoir son propre château, et le voir évoluer au fil des personnes recrutées, c’est quelque chose qui n’arrive pas tous les jours non plus.

Neclord vous jouera sa Sonate du Vampire, avant un long et dur combat.

Neclord vous jouera sa Symphonie de la Nuit, avant un long et dur combat.

 

Verdict :

Venu alors qu’on ne l’attendait pas, Suikoden a des atouts qui ont su surprendre ceux qui se sont penchés sur cas : 108 personnages jouables, une bonne histoire, et différents systèmes de combat, tout en gardant le charme d’un RPG 16 bits, un peu trop d’ailleurs… Mais ne boudons pas notre plaisir, il était, et reste un des RPG largement valables sur PSX, qui n’étaient pas nombreux au début de sa carrière. Ce dont on ne se doutait pas à l’époque, c’est que cet épisode allait donner lieu à des suites. Le début d’une grande série.On sait pourtant que démarrer une saga n’a rien de facile. Ce jeu y est pourtant parvenu de belle manière.

 

Points Positifs :

Une bonne histoire.

108 personnages à recruter.

Gérer son propre château, une très bonne idée.

De bonnes idées de gameplay avec 3 types de combats.

Un air de 16 bits pas désagréable…

 

Points négatifs :

…Mais qui se fait un peu trop sentir.

Pixellise beaucoup, et sprites parfois un peu petits.

Un monde un peu restreint…

Julius

Suikoden

Genre : RPG

Console : PlayStation

Développeur : Konami

Éditeur: Konami

Année : 1995 ( Japon)  décembre 1996 ( Etats-Unis) Mars 1997 ( Europe)

Combats: aléatoires

Monnaie: Bit

Langue : anglais

1 CD