Archives de Catégorie: Back to the Pixels

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Weekly Retro #27 : Back to the 90’s

Bonjour et bienvenue dans ce vingt-septième Weekly Retro. Cette fois, nous allons nous replonger dans les années 90, du moins en quelque sorte.

1- Crash Bandicoot revient, et il n’est pas seul

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La sortie de la semaine est Crash Bandicoot N. Sane Trilogy sur PS4, qui est un remaster des trois premiers épisodes de la série, développée à l’origine par Naughty Dog. J’en ferai sûrement une critique complète donc je ne m’attarderai pas pas sur le titre en lui même, si ce n’est que le challenge hardcore pour les complétistes et que le feeling old school sont bien présents. Ouais, nous sommes en 2017 mais pourquoi j’ai l’impression de reculer dans les années 90 ? Il faut dire que vendredi, lors de la sortie du jeu mettant en scène notre marsupial de pixels et sa sœur, sortait également un nouvel épisode de Micro Machines… Je ne sais pas ce qu’il vaut perso mais les critiques n’ont pas l’air enthousiastes… Il y a quelques semaines, c’était Wipeout qui réapparaissait et même si il s’agissait d’une compilation des épisodes les plus récents, il était possible de l’avoir avec une jaquette spéciale évoquant le premier épisode. Et en remontant un peu plus loin, c’était PaRappa the Rapper qui revenait, en faisant lui aussi l’objet d’une version remasterisée.

La question qu’on peut se poser, nonobstant la qualité intrinsèque des jeux, est : est ce que ce la ne se fait pas au détriment des nouveautés ? Remarquez, ce n’est pas le choix qui manque sur la dernière console de Sony, mais ne vaut-il pas mieux laisser certaines licences dormir plutôt que de les faire revivre ? Bon, Crash, il y avait peu de risques que ça foire, notamment pour les nostalgiques, à qui il s’adresse clairement, mais imaginez celui qui aurait l’idée de faire revenir Alex Kidd…

2-Nintendo remet ça

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Après la NES mini classic, Nintendo remet ça et la nouvelle n’a pas échappé aux rétrogamers de tous poils. Cette fois, c’est la Super Nintendo Classic Mini qui sera disponible dès le 29 septembre. Mais à l’heure où je rédige ces lignes, il doit désormais être trop tard pour les précommandes. Parce que bien entendu, big N a limité les stocks à 160 000 exemplaires…

La console sera livrée avec deux manettes, et la version européenne conservera le look qu’avait la console d’origine reprenant le modèle japonais, échappant à l’immonde version américaine. Les seules choses qui seront américaines dans la console, ce seront les versions des jeux. Autrement dit, Secret of Mana et A Link to the Past, pourtant traduits en français à l’origine, auront leurs textes en anglais. Mais bon, vu la « qualitay » de ces dernières…

De plus, la console ne comportera « que » 21 jeux au lieu de 30 pour la NES l’année dernière. J’ai envie de dire, oui, mais quelle liste de jeux. Les titres sont emblématiques de la console, devenus des références absolues dans leurs genres, notamment Super Mario World,  Donkey Kong Country, Megaman X ou encore Final Fantasy VI ( renuméroté III aux US).

Si tout va bien, l’Europe verra arriver chez elle des jeux jamais sortis sur la console, notamment Earthbound, ou encore Super Mario RPG.

Selon moi, la présence de 4 RPG (Earthbound, Final Fantasy VI, Secret of Mana et Super Mario RPG) garantit déjà de nombreuses heures de jeu, d’autant que ces derniers n’ont pas trop vieilli. Mais la liste , qui mélange  classiques et incontournables, contenait une surprise, la présence de Star Fox 2

Eh oui, ce titre sera présent dans la console ! Le jeu était prévu pour sortir, et a même été terminé par les équipes de Miyamoto, mais n’a jamais été commercialisé, pour ne pas faire d’ombre au lancement de la Nintendo 64. Il sera disponible à la condition de terminer le premier niveau de Star Fox premier du nom.
Perso, je trouve que la liste aurait pu être renforcée avec la venue de Chrono Trigger, ou de Seiken Densetsu 3, ou Terranigma

3-Les questions que je me pose

Maintenant que vous savez tout, vous devez vous poser la question : est ce que ça veut vraiment son prix pour rejouer à des vieilleries ? Il est vrai que le rétrogaming est tendance. Mais la console comprendra certains titres qui sont rares et se vendent très cher, parfois à plus de 100 € en boîte. Allez trouver un Earthbound vendu à moins…si vous le trouvez.
Maintenant, je vais aborder quelque chose qui me fait détester, pour un peu ma passion. Je suis certain que le scénario de la NES Mini va se reproduire. C’est à dire que certains ont commandé plusieurs exemplaires de la console, rien que pour la revendre deux fois plus cher, si ce n’est plus, sur des sites comme Ebay ou Le Bon Coin. Dans ce cas, pour moi, la passion n’est plus, si les joueurs font cela pour se faire de l’argent. Sur le dos d’autres, qui seraient prêts à tout pour en avoir un exemplaire. Alors si je peux faire quelque chose : Ne cédez pas aux prix excessifs faits par des revendeurs du dimanche. La console est annoncée partout à 80 €, ne dépensez pas plus.
A vrai dire pour les précommandes, si vous l’avez fait pour des amis qui n’ont pu se déplacer pour une raison ou une autre, par exemple pour cause de travail, je comprends tout à fait. Mais dans un but purement spéculatif, je ne tolère pas. C’est un des côtés sombres de ma passion des jeux vidéo et je le déplore clairement. Je précise que cet avis n’engage que moi en tant que blogueur.

Voilà, je termine en signalant également que le marathon caritatif Summer Games Done Quick débute dès ce soir à 18h30 heure de chez nous, et durera jusque dans la matinée de dimanche prochain, pour récolter des dons au profit de Médecins Sans Frontières. Dans ce marathon non-stop, visible via Twitch et gratuitement, des speedrunners termineront les jeux, récents et moins récents, et il sera possible pour les spectateurs de non seulement faire des dons, mais aussi des « incentives », c’est à dire des défis optionnels comme par exemple, faire jouer un speerunner américain à un RPG avec les textes en français… Vu la maîtrise qu’il est sensé avoir du jeu et de ces mécanismes, la langue ne devrait plus être une barrière… Le planning se trouve ici , réglé au fuseau horaire de votre zone géographique, et n’hésitez pas à aller voir, je reparlerai sûrement du marathon dans le prochain Weekly Retro.

 

 

 

 

Weekly Retro#26 : Sega, c’est toujours plus fort que toi ?

Bonjour et bienvenue dans ce vingt-sixième Weekly Retro. Aujourd’hui nous allons parler de Sega, suite à une news qui n’a pas échappé à votre serviteur. Il faut dire aussi que la Megadrive a bercé mon adolescence…

Alors voilà, Sega a décidé de rééditer les jeux qui ont contribué à sa gloire  sur mobiles, et  la compilation s’appelle Sega Forever. Ou plutôt, pour être exact, c’est une application. Dans la première fournée, ce sont 5 jeux Megadrive qui sont disponibles : Sonic The Hedgehog, Kid Chameleon, Altered Beast, Comix Zone et Phantasy Star II. L’appli est disponible de deux façons : gratuitement, ou pour 1,99 € pour chaque jeu. La raison ? Rien n’est jamais réellement gratuit et l’appli comportera des pubs si  vous ne payez pas  le prix demandé. En espérant que cela ne gâche pas le plaisir de jouer… Autrement dit, si vous prenez les 5, vous pourrez y jouer pour 10 € sans publicités. Reste à voir si cela les vaut. 

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Ce sont donc des titres pionniers de la console pour l’essentiel,  témoins de leur époque, ainsi que « le dernier grand hit »  qu’est Comix Zone, jeu auquel je vous recommande absolument de jouer tant ses idées sont brillamment exploitées. Sonic se recommande bien entendu de lui-même, notamment si vous voulez amuser les petits-neveux.  Mais je vais m’attarder sur les trois autres brièvement.

On évacue tout de suite Altered Beast, clairement dépassé dans son déroulement et sur le plan technique. Pour la petite histoire, c’est Sega of America qui eut l’audace de changer de jeu en bundle, c’est à dire de remplacer celui-ci par Sonic, ce qui provoqua l’ire du PDG de Sega Japon. Mais bien leur en a pris.

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Kid Chameleon est un jeu de plates-formes corsé mais bien réalisé, et dont la progression dans les niveaux se fait à  l’aide de casques de transformations  et chacune dispose d’un gameplay particulier. Le jeu est vaste, et je ne sais pas si le nombre de niveaux est réellement connu, mais il y en aurait plus de 100.  Le titre est dur, avec des pièges bien vicieux, par exemple, j’ai perdu une vie en dépassant le drapeau qui symbolisait la fin de niveau après en avoir parcouru une vingtaine. Je me suis rétamé dans les pics disposés au mur. Tout à recommencer… C’est vous dire l’ingéniosité des programmeurs…D’autant que les vies et les continues sont loin d’être infinis mais peuvent se gagner selon le score.

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Phantasy Star II est un RPG. Un grand jeu, en avance sur son temps en 1989. Oui mais voilà, ce titre a vraiment vieilli dans ses mécanismes. Il est doté d’une difficulté élevée dès le début, et le levelling est obligatoire si vous désirez voir la fin. Mais le titre dispose d’une équipe attachante, à commencer par Nei… Si bien que sa disparition a dû créer un traumatisme chez les joueurs de l’époque.

Le jeu se passe dans le système solaire d’Algol, sur la planète Motavia. Rolf, le héros du jeu fait des cauchemars récurrents, celui d’une jeune femme combattant un démon, mais ne peut rien faire pour lui venir en aide.  Lorsque le jeu débute, le commandant de Motavia lui assigne une nouvelle mission : Mother Brain, le super ordinateur qui a permis le développement de la vie sur cette planète auparavant désertique, se transforme, lentement mais surement, en Skynet. Rolf doit donc enquêter sur ce qui ne va pas à commencer par la recrudescence de monstres et le dérèglement du climat. 

Le titre assume pleinement son coté SF,  offre des graphismes très colorés même s’il n’exploite pas pleinement les capacités de la Megadrive.  Il est de plus sacrément long et offrira du fil à retordre aux joueurs. Si vous trouvez les RPG actuels trop faciles, essayez donc celui-ci…

Voilà… Pour finir, sachez que Sega promet des jeux toutes les deux semaines sur son application. Cependant, je me demande comment vont tourner les titres issus du catalogue Saturn et Dreamcast promis par l’éditeur…

On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau Weekly Retro.

Les 20 ans de Final Fantasy Tactics

Dans les années 90, le jeu de rôles en jeux vidéo était pratiquement inconnu en Europe. Si certains titres parvenaient tout de même à atteindre nos côtes,  ils restaient confidentiels, d’autant que, la plupart du temps,  les textes restaient en anglais, ce qui les coupaient d’un large public. Mais l’âge d’or eut lieu surtout au Japon et aux Etats-Unis. Pour attendre une venue massive du genre en Europe, il faudra attendre l’arrivée de Final Fantasy VII sur PlayStation, qui malgré son numéro, fut le premier FF à atteindre le vieux continent, dans les dernières semaines de 1997.  Le jeu dont je vous parle aujourd’hui  date d’avant son arrivée, et n’a pas atteint l’Europe sous sa première version. 

Final Fantasy Tactics  fête aujourd’hui les 20 ans de sa sortie au Japon. L’Amérique du Nord suivra dans les premiers jours de 1998, alors que les européens, eux, se régalaient avec FF VII, justement. Mais un petit retour sur FFT ça ne se refuse pas…

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Pendant ce temps, en Ivalice…

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Et, comme son nom l’indique, le jeu est un jeu… tactique. C’est à dire que contrairement à un RPG classique, ici, les combats se font sur un champ de bataille entre deux camps qui ont chacun leurs propres unités.  Chacune n’agit qu’une seule fois par tour, et la gestion des déplacements est primordiale pour pouvoir prendre l’avantage.  Dans FFT, vous avez une phase  » joueur » et une phase « ennemis ». Les objectifs consistent généralement dans ce genre de jeu à éliminer toutes les unités adverses ou le boss du lieu, mais le scénario pourra varier avec par exemple, des personnes à protéger.  FFT est un jeu difficile, mais heureusement, vous pouvez recruter des unités pour grossir vos rangs, soit en vous rendant à la caserne, soit  au cours du scénario. Le jeu  dispose aussi d’un système de 20 classes de métiers qui contiennent chacune 8 niveaux de maîtrise. Il est possible d’en changer entre  les phases de combat.

Le relief des cartes est à prendre en compte lors des batailles, ainsi que la direction vers laquelle vous positionnez votre personnage.  D’autres facteurs entrent en jeu dans la réussite ou l’échec d’un coup, notamment les signes du zodiaque, le jeu vous demandera dès le début d’en choisir un, et cela affectera les affinités avec les personnages d’autres signes, qui peuvent être excellentes, bonnes, ou mauvaises. 

Scénario en béton et réalisation en or

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Parlons-en du scénario car c’est un jeu développé par Yasumi Matsuno, déjà à l’origine de Ogre Battle et Tactics Ogre, donc ce dernier est assez complexe et remplis d’enjeux  plus développés que dans ce qui existait jusque là. C’est sans doute pour cela que le titre est encore considéré comme LA référence du genre : aucun ne lui arrive à la cheville sur ce critère, tant les niveaux de lecture, pour peu que vous compreniez l’anglais, sont nombreux. Le jeu se passe dans le monde d’Ivalice, et est à ma connaissance le premier à l’introduire, il raconte le déroulement de la « Guerre des Lions » et tourne autour de l’histoire de deux garçons, Ramza Beoulve , incarné par le joueur et Delita Hyral. Le premier est issu d’une famille noble, l’autre d’une famille de roturiers. Ce sont deux amis d’enfance qui ont connus des destins différents. Le tout se déroule sous forme de flashback pendant une grande partie du titre, mais n’est pas non plus avare en twists bien sentis. C’est cela qui surprend : le jeu est en trompe-l’œil. Matsuno y a inclus des enjeux politiques qui permettent de comprendre ce qui se passe. 

Techniquement, le jeu est superbe. La réalisation technique est au top, dans un univers médiéval, ce qui permet de lui donner une identité. Il faut noter que les cartes de batailles sont en 3D et que nous avons la possibilité de les tourner à 360 degrés pour avoir une meilleure visibilité. Les musiques sont faites par Hitoshi Sakimoto et Masaharu Iwata. Orchestrale et souvent grandiloquente, la bande-son s’est faite remarquer et elle est parfaitement adaptée au conflit politique qui se passe dans le jeu.

Le titre pourra paraître peu évident, et c’est dû au fait qu’il est assez facile de rater son coup. Avoir l’avantage ne signifie pas forcément réussir. De plus, il faut faire attention aux sorts de zone, par exemple, pour ne pas brûler un allié  un allié avec le sort de feu ou guérir des adversaires par inadvertance…

FFT était de plus rempli de références  aux autres FF sortis jusque là,  et il était même possible d’y voir Cloud et Aerith, de FF VII, sorti depuis quelques mois déjà au Japon. 

Enfin, le titre arrivera en Europe dans sa version PSP, en 2007, et sous-titré « The War of the Lions ». Les textes sont hélas restés en anglais, bien qu’un peu modifiés, mais requiert quand même un plus haut niveau qu’un jeu lambda. 

Voilà, c’est tout pour ce bref hommage à un jeu qui a su s’imposer comme la référence absolue  du  T-RPG  sur consoles. 

Weekly Retro #25 : les yeux, c’est fait pour voir

Bonjour, et bienvenue dans ce vingt-cinquième  numéro de Weekly Retro, qui s’était interrompu quelques temps pour des raisons personnelles. Le titre est un peu spécial mais je pense que vous comprendrez en lisant  l’article complet. Aujourd’hui, je vais vous parler d’un jeu Megadrive et d’un autre  fait par Infogrames. 

1-Ce qui nous manque

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La semaine dernière avait lieu le festival Geek Faeries à Selles sur Cher, pas très loin de chez moi. J’y suis allé le samedi, car ma jambe abîmée m’a fait comprendre ensuite qu’y aller le dimanche n’était pas forcément une bonne idée. Et dans ce festival, même si le temps n’était pas de la partie, il y a toujours une tente consacrée aux jeux vidéo, notamment au rétrogaming. Une console était souvent très prise, c’était la Megadrive, car il y en avait une avec deux manettes, et Streets of Rage qui tournait dedans. Lorsque j’ai eu la console, c’était avec le bundle Sonic+ Streets of Rage et la deuxième manette incluse. Dans l’après-midi, voyant le poste libre, je m’y installe et commence une run en solo, qui ne s’est hélas pas avérée très bonne. En effet j’ai perdu des vies inutilement, à des endroits où je me débrouille plutôt bien. Bon, il faut dire que ça fait longtemps que je n’y avait pas joué et que j’ai plus l’habitude de jouer au deuxième jeu de la franchise.  A l’avant dernier niveau, un homme me demande : « Excusez-moi, je peux me joindre à vous ? »  Qui refuserait une partie de Streets of Rage à deux, franchement ? Ainsi, après avoir réinitialisé le jeu pour le reprendre du début, nous nous sommes retrouvés devant un écran, lui était Axel et moi j’avais pris Blaze,  nous étions deux trentenaires à taper les hordes de malfrats et les boss des niveaux tout en faisant ce constat : le jeu à deux simultanément en local sur la même console, ça devient assez rare. Streets of Rage nous a fait revivre des choses du style  » tiens je t’ai balancé un bandit, tu l’achèves ? » ou « le poulet, pour toi ou pour moi ? «  (dans les jeux de ce style, les poulets remettaient toute l’énergie du combattant) ou encore « pourquoi tu as appelé la police ? je lui faisais une projection au boss! »  nous avons fait sa fête à Mister X en une quarantaine de minutes, tandis qu’une averse du tonnerre se déversait sur le festival.  Streets of Rage, c’est comme les produits laitiers, à deux, ça offre des sensations pures.

2-Les graphismes, ça rend aveugle

Consoles + 048 - Page 115 (novembre 1995)

Nous allons parler maintenant de quelque chose de plus polémique. Vous vous souvenez tous d’Infogrames, ce développeur français dont l’ex-PDG, Bruno Bonnell, se présente aux législatives de cette année ? Eh bien, je me demande comment, avec le recul, leur jeux ont pu avoir d’aussi bonnes notes dans les magazines. Infogrames, dans les années 80 et 90, avait décidé de faire dans l’adaptation de héros franco-belges de bande dessinées, notamment ceux de chez Dupuis. C’est ainsi que le studio a porté en pixels  Les Schtroumpfs, Spirou, et deux albums de Tintin, à savoir Tintin au Tibet et Le temple du soleil. Leurs points communs ? De beaux graphismes, fidèles au matériau d’origine, mais une difficulté de malade, à croire que c’était Dark Souls avant l’heure. Tout cela à cause d’une jouabilité souvent lourde, de pièges vicieux quasiment impossibles à anticiper et dans certains cas, d’un chrono beaucoup trop serré! Les mecs, franchement, comment pouviez-vous croire que votre public cible, les enfants, pourrait franchir ne serait-ce que le premier niveau ?  

Tintin au Tibet est un « modèle » du genre : le reporter ne peut pas porter de coup, et doit se contenter d’éviter les obstacles sur sa route. Le problème, c’est que tout est potentiellement dangereux : passants, chiens… La santé décline très vite, parce qu’il faut en plus tenir compte des collisions foireuses et une fois toutes vos vies perdues, Game Over. Les continues ? n’y pensez même pas. Le problème c’est que, si on joue trop la prudence à cause de la mauvaise maniabilité, le temps, très limité, risque hélas de nous faire défaut, et ça aussi c’est TRÈS énervant. Cependant, le titre dispose d’un système de mot de passe tous les 3 ou 4 niveaux. Cela n’excuse pas cependant les défauts déjà cités, à ajouter au level-design fait n’importe comment et à la non-maîtrise des processeurs sonores, notamment sur Megadrive.  Les musiques sont horribles, et il est pour une fois préférable de jouer sans le son. Mais ça n’a pas empêché le jeu d’avoir 90 % dans Consoles+, par exemple.  Comme quoi, de beaux graphismes, ça rendait bien aveugle sur les autres critères. 

Voilà, c’est tout pour cette fois, je vous dis à bientôt pour un prochain Weekly Retro.

 

Weekly Retro 23 : PS2 mon amour

Bonjour, et bienvenue dans ce vingt-troisième Weekly Retro. Au programme, deux jeux PS2 et pas des moindres.

1-Réside dans tes villes

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Rien de tel qu’un jeu de mots foireux pour décrire un jeu concurrent, qui plus est… Voilà, 16 ans après tout le monde, j’ai enfin déballé Silent Hill 2, qui me faisait de l’œil et j’ai mis le jeu dans ma PS2.

Voici la chronique de ma session de jeu.

 

Journal de James Sunderland :

J’ai reçu une lettre de ma femme récemment. Manuscrite. Me l’a t-elle envoyée de l’au-delà ? En effet, Mary est morte il y a 3 ans. Mais elle tenait à ce que nous nous retrouvions à l’endroit où nous nous sommes connus, dans le parc de Silent Hill. Silent Hill, charmante ville sur les bords d’un lac. J’ai garé ma voiture sur l’aire de repos la plus proche, étant donné que la route menant à la ville est barré. La vue panoramique sur le lac est splendide. Je vais devoir marcher. J’ai l’air fané, dans le miroir des WC crasseux . Je n’oublie pas le plan de la ville sur le siège de ma voiture et je me sais que je vais marcher. Je descends sur le chemin qui longe la rive. Le brouillard se fait de plus en plus présent.  Nous sommes au bord de l’eau, après tout… La marche sera pénible, je n’aime pas ça. Il fait de plus en plus froid. La brume devient si dense qu’on pourrait presque la couper au couteau. Je me sens perdu. Je dois traverser un cimetière. Il y a une jeune femme. Derrière elle et les tombes se dresse la silhouette inquiétante d’une église.

« Excusez-moi, Silent Hill, c’est bien par là ?

-Oui… Mais n’y allez pas, les gens son bizarres ! »

Elle semblait gênée de me répondre.Elle est déjà partie. Il ne me reste plus qu’à marcher. Où est la sortie du lieu ? Pas facile de s’y retrouver dans cette brume, mais j’ai réussi à trouver le portillon. Il ne me reste plus qu’à marcher tout droit. Je remarque à peine que je passe dans un tunnel en travaux qui symbolise l’entrée de la ville, la route bitumée en témoigne. Je n’y vois absolument rien. Qu’y a t-il sur la route ? Des traces de sang… serait-un indice ?

Je les suis… Elles mènent à un entrepôt. Une radio grésille de façon inquiétante. Elle crachotte quelques mots…  Mais… je suis agrippé par une créature ! Mais qu’est-ce que c’est que ce truc qui tente de me vomir dessus ? Elle ne me lâche pas, en plus ! Je prends la première chose qui me tombe sous la main, c’est à dire une planche cloutée, et je roue l’ennemi de coups. Il en aura fallu une dizaine pour qu’il trépasse. Ce n’était pas une personne, pas un animal…c’était quoi ?

Je prends le transistor, ça pourra servir. Je retourne en ville. Je sais où aller. Je devrais retrouver le parc de nos amours sans problèmes. Rosewater Park, que de souvenirs n’avons nous pas en commun ? Ce que j’avais oublié, c’est que la ville a été détruite. Tous les accès qui y mènent sont impraticables pour une raison ou une autre. La cité est lugubre, et peuplée de créatures hideuses, dont les cris m’effraient. Et plus ils sont proches, plus la radio crache. Elle fait un bon radar. Je sais que je risque de m’épuiser à les combattre un par un, il vaut mieux les esquiver en courant. Avec une arme à feu, tout cela serait plus pratique… Il faudrait que je me repose un peu. Il y a un mobile home qui semble abandonné. L’endroit est désert. Il y a un mot : « Je t’attendrai au Neely’s Bar ». Y aurait-il un endroit encore civilisé dans cette ville déserte ? Si je n’étais pas venu pour Mary, ma bien-aimée, je serais sans doute parti en courant de ces lieux.

Je me souviens, une porte du bar n’était jamais fermée à clé. Ça tombe bien. Elle s’ouvre. Le lieu est désert, et en ruines. J’y trouve une nouvelle carte, marquée « Woodside Appartement ». Le lieu est marqué. La clé que j’ai trouvée sur un cadavre portait la même inscription. La rue est infestée de zombies. Et je dois la mettre dans quelle grille ?

Les ennemis se rapprochent… Je trouve enfin la bonne, il s’en faut de peu pour que je me fasse surprendre par une créature. Je me demande ce qui m’attend dans ce lieu… 

Vous l’avez compris, je n’en suis vraiment qu’au début. J’apprécie le jeu, bien que les indices soient assez parcellaires pour la progression et la jouabilité de nos jours est assez raide, et demandera un temps d’adaptation. Bien entendu ce titre comporte un des thèmes musicaux les plus célèbres fait par Akira Yamaoka, le compositeur de la série.

2-Ça commençait à sentir le cochon grillé, ici…

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Un autre jeu me faisait de l’œil : Beyond Good and Evil. Jeu créé par Ubisoft, il n’a hélas pas marché.

Dans ce jeu, vous incarnez Jade, une jeune femme vivant sur la planète Hillys. Elle recueille les orphelins dans son phare et s’en occupe avec son oncle Pey’j, un cochon humanoïde râleur et mécano de génie. La planète subit des attaques de la part des DomZ, une race extraterrestre. Pour lutter contre eux, le gouvernement d’Hillys a mis en place les sections Alpha. Le problème est que le pouvoir a des allures de dictatures militaire, sous couvert de protection des populations, et un réseau de résistants s’est mis en place : le réseau IRIS.

Jade va petit à petit découvrir le sombre complot qui menace la petite planète… Le scénario s’assombrit au fur et à mesure de la progression du joueur. Jade est de plus missionnée par le centre scientifique pour prendre des photos de toutes les espèces présentes sur la planète, afin que le centre scientifique puisse les répertorier. Cela rapporte de l’argent, mais aussi de nouveaux outils pour son appareil photo. Par exemple, il est dur de zoomer au début du jeu. Si vous faites suffisamment de photos, vous pourrez avoir un zoom digne de ce nom par la suite.

Beyond Good and Evil a été conçu par Michel Ancel et dispose d’un univers propre, notamment au niveau de ses habitants. On y retrouve des « animaux-sapiens », c’est à dire doués d’intelligence, notamment des cochons bien entendu, des chats, des taureaux, des chèvres, mais je donne une mention spéciale aux rhinocéros rastas qui s’occupent du garage où vous réparerez votre véhicule. Le travail fait sur le jeu et sa diversité est indéniable.

Le titre dispose d’une qualité technique certaine, et force est de constater qu’il n’a pas si mal vieilli.  Le jeu est encore très jouable, aussi bien en exploration qu’en phase de combat et ces derniers ne sont pas sans rappeler la série Zelda. Les musiques sont sublimes et on notera la qualité du doublage français : Jade est doublée par Emma De Caunes, et Pey’j par Martial Le Minoux, et n’hésite pas à utiliser des expressions qui vous feront mourir de rire tellement elles peuvent être « méta ». On signalera aussi l’accent hispanique prononcé de Secundo, l’assistant gérant l’inventaire et détaillant tout objet que vous avez acquis.

Le titre n’a  pour moi qu’un seul défaut : celui d’être un peu trop court.

Voilà,  c’est tout pour cette semaine. Notez que j’envisageais de vous parler d’un jeu de pêche, mais vu l’intertitre que j’avais choisi, on aurait pu m’accuser de favoriser un des candidats du deuxième tour à l’élection présidentielle… Ce sera pour une prochaine fois.