Archives du 08/05/2022

[Critique jeu ] Wario Land : Super Mario Land 3

Lorsque Super Mario Land 2 sortit en 1992, le jeu avait été remarqué non seulement pour ses qualités, mais aussi pour son méchant, du nom de Wario. Antithèse parfaite du plombier, il se payait même la vedette lors des publicités à la télévision. Très vite, l’idée de le propulser héros d’un jeu apparut. C’est avec ce jeu, toutefois sous-titré Super Mario Land 3, que la saga de Wario commence, voyons de quoi il retourne.

Oh mon château…

Vaincu à la fin de Super Mario Land 2, Wario a pourtant toujours envie d’avoir son château, un palais qui dépasserait même en taille celui de Mario. Lorsqu’il entend que le gang des Pirates Cassonade a dérobé une statue en or de la princesse Peach, il n’hésite pas, il fonce vers l’île Cuisine pour tenter de la retrouver, ainsi pourra t-il exiger une forte somme pour la restituer, et ainsi avoir son château à lui tout seul. Il n’est cependant pas certain que le capitaine des Pirates ne consente à la lui laisser…

Wario, brute de décoffrage

Donc, nous incarnons ici Wario, qui donne le ton du jeu le temps d’une petite intro assez délirante. Pour parvenir à la fin du jeu, il devra parcourir les sept régions de l’île Cuisine, dont six sont obligatoires.

Dans les niveaux, notre anti-héros trouvera des pièces, des blocs à défoncer mais aussi des ennemis. Les blocs peuvent contenir soit des pièces, soit un cœur qui en donne 10 à Wario, soit un power-up.

Le système de cœurs à récolter permet de gagner des vies, à chaque fois que Wario en récoltera 100, sachant que chaque ennemi éliminé permet d’en avoir un supplémentaire. Pour cela, Wario dispose de différents mouvements : il peut charger avec un bon coup d’épaule et envoyer l’adversaire valdinguer, mais attention, certains sont armés de lances ou de pointes pouvant causer des dommages. Il peut aussi leur sauter sur la tête pour les assommer, les prendre et les lancer ensuite sur d’autres ennemis.

Les bonus sont de différentes sortes. Wario commence chaque niveau à sa taille normale, mais il rétrécit s’il est touché une première fois. S’il est de nouveau touché lorsqu’il est sous cette forme, il perd une vie. Heureusement, il pourra trouver une gousse d’ail, qui lui redonne sa taille normale ou le dote d’un casque de taureau en plus du bonus correspondant. Avec ce bonus, Wario peut charger et défoncer les blocs d’un seul coup, faire trembler le sol pour sonner les ennemis ou s’accrocher au plafond.

Il pourra aussi voler sur une certaine distance avec le jet-pack, souvent utile pour trouver certaines sorties cachées.

La dernière transformation est le dragon, qui permet de cracher du feu, même sous l’eau. Si ce casque est pratique pour détruire des blocs à distance, elle est un peu ridicule, il faut bien le dire. Si Wario récolte un item de la même transformation, cela lui donnera 10 cœurs supplémentaires.

Enfin, l’étoile d’invincibilité est toujours présente, mais se fait beaucoup plus rare.

Un autre objet fait parfois son apparition dans certains niveaux : la clé géante. Cette dernière signifie qu’un coffre au trésor se trouve dans le niveau. Ces gigantesques portes sont parfois visibles et parfois non, ce sera à vous de les débusquer. Sachez qu’il y a en tout 15 trésors à trouver dans le jeu.

Dans la majorité des niveaux, Wario devra ouvrir la porte de sortie en créant une pièce en Or en appuyant sur haut+B, moyennant 10 pièces standard. Mais ces dernières peuvent aussi servir d’arme au besoin, mais attention n’oubliez pas des les récupérer car elles disparaissent vite. De plus, chaque boss vaincu en laissera quelques unes en souvenir.

Une fois un niveau terminé, vous aurez le choix entre deux jeux : celui des seaux, à gauche, est une question de chance. Vous devrez tirer sur l’un d’eux, et vous verrez soit votre pécule acquis dans le niveau multiplié par deux ou divisé d’autant, sur 3 tentatives.

Le deuxième est le jeu des bombes. Vous devez éliminer un maximum d’ennemis en leur lançant des bombes, et plus la difficulté est élevée, plus les bonus seront importants. Il vous faut toutefois 20 pièces minimum pour y participer.

La somme restante est ensuite versée dans le coffre de Wario, et s’ajoute au pécule déjà accumulé dans les niveaux précédents. On peut également voir les trésors qu’il a déjà trouvé.

Il faut faire attention, en cas de Game Over, même si on gagne beaucoup de vies dans le jeu et qu’il est possible de faire le plein, votre somme d’argent sera divisée par deux et un trésor sera supprimé du coffre. Vous devrez alors le récupérer dans le niveau où il était caché.

Guide de voyage

Notre bourrin commence à Rice Beach, qui est une plage remplie de coffres et de butins de pirates. Un monde assez simple, vu que c’est le premier. Le boss est une tortue géante. Une fois vaincue, les niveaux 1 et 3 verront leur physionomie transformée avec la marée haute envahissant certaines sections. Mais cela peut aussi être très utile…

Il ira ensuite au Mont Teapot, qui a la forme d’une théière. Le lieu est baigné par le Lac Asperge et l’intérieur de la montagne est rempli de lave. Le niveau du boss flotte au dessus du sommet et Wario devra appuyer sur un interrupteur bien caché pour le faire redescendre. Il affrontera alors le Minotaure, qu’il devra sonner et jeter dans la lave.

S’il trouve l’entrée secrète au deuxième niveau de ce monde, il ira explorer Sherbet Land, le monde de glace, qui est le seul monde facultatif du jeu. Un endroit qui glisse beaucoup et où les trésors sont très durs à trouver, ans doutes parmi les plus difficiles à débusquer du jeu. Le boss est un pingouin géant avec des gants de boxe, mais là, il n’est pas obligatoire de le battre, il y a une porte de sortie en cas de besoin. Sachez aussi qu’il réapparaît à chaque fois que vous vous rendez dans son niveau, contrairement aux autres.

Sinon, il continue vers Stove Canyon, qui est le monde de feu. La lave est omniprésente, le premier niveau sera une course-poursuite contre elle, le moindre contact étant mortel. Le boss est une tête géante, qui crache des boulets enflammés. Renvoyez-les lui après un rebond, il ne devrait pas faire long feu.

Ensuite, il sèmera la panique dans le SS Tea Cup, qui est le navire des pirates. Les premiers niveaux sont sur le littoral pour l’atteindre, et vous affrontez l’oiseau géant qui fait office de boss tout en haut de la vigie.

Parsley Woods est une forêt hantée, faites de lacs, de voies de chemins de fer et d’arbres géants. Le boss est un fantôme qui est sans doute le plus dur du jeu. Une fois le lac vidé, Wario pourra ensuite en explorer les profondeurs… On notera que les arbres sur la carte de la zone sont les mêmes que ceux de Forest of Illusion dans Super Mario World.

Le dernier monde est Syrup Castle, le château du capitaine qui abrite la statue dorée. Le lieu se modifie à mesure de votre progression. Dans le dernier niveau, il s’avère que le Capitaine Syrup est une femme. Mais vous ne la battez pas directement, vous devrez disposer du génie qu’elle invoque, en lui mettant six coups sur la caboche.

Une fois cela fait, on assiste à la fin du jeu. Ou plutôt, il existe six dénouements possibles, dépendant de la somme et des trésors trouvés par Wario. Je ne vous révélerai pas la meilleure récompense, mais sachez que vous aurez au minimum un nichoir à oiseaux… Mais pour avoir un « Perfect Game » et donc, la meilleure fin, vous devrez notamment avoir trouvé tous les trésors cachés et donc fait tous les niveaux du jeu, soit un total de 40. Pas d’inquiétude, si vous avez manqué des trésors, les niveaux où se trouvent ceux que vous avez manqués clignoteront dans les différentes zones, après avoir terminé le jeu au moins une fois.

Super Gunpei Land 3

Wario se devait d’avoir son propre jeu. Et même si l’influence des jeux Mario se fait sentir, nous avons bien affaire à un jeu complètement différent de ce que nous avons connu auparavant. Les ennemis ne sont pas les mêmes, les boss non plus, et le fait d’incarner un « méchant » changeait la donne. De plus on sent que la « patte » de Gunpei Yokoi est toujours présente, comme un trait commun à tous les jeux de la gamme sur la portable monochrome.

Wario est l’antithèse du plombier, mais est-il aussi méchant qu’on le dit ? Allez, outre le fait qu’il soit cupide et mégalo, il a tout de même un bon fond. Il est un peu plus lourd à diriger et a plus d’inertie que son cousin, mais on finit par s’y habituer. Et finalement ce n’était pas si mal d’être méchant, cela était même un argument de vente aux Etats-Unis. je signale aussi, qu’outre le fait de retourner le M de Mario pour en faire son exact opposé, qu’en japonais, il y a un jeu de mots avec « warui », qui signifie…méchant.

Si on prend le jeu d’un point de vue technique, il est encore plus réussi que Super Mario land 2. Les décors restent assez simples, mais les sprites sont bien plus gros, les ennemis sont nouveaux et ont souvent des tronches à mourir de rire. Le jeu est de plus bourré d’humour, aussi bien dans les animations que dans les bruitages. Les musiques déroutent au premier abord, avec des airs un peu moins joyeux, aux notes étirées et au rythme plus lent que dans un Mario, mais on se rend compte qu’ après s’y être habitué, elles correspondent parfaitement au jeu. Le niveau des boss dispose d’ailleurs de son propre thème.

Wario Land est sensiblement plus long que Mario Land 2, avec 40 niveaux au total. Cela n’empêche pas le jeu d’être relativement facile, vous rencontrerez vraiment peu d’embûches en ligne droite. Cependant, les complétistes devront se creuser un peu la tête pour trouver tous les trésors et les niveaux cachés, les clés et sorties alternatives n’étant parfois pas simples à trouver.

Quoi qu’il en soit on s’amuse, et ce premier Wario Land est pour moi un passage de témoin entre deux sagas : il signe la fin des Mario Land et le début des Wario Land,et de ce nouveau héros comme une nouvelle mascotte Nintendo et premier rôle d’autres jeux à venir. Un double exploit que la Game Boy a brillamment réussi.

Conclusion : Digne d’un Mario

Wario Land est une réussite. Il exploite bien la Game Boy, avec un jeu de plates-formes long, drôle et bien fait. Il offre de bons moments de plates-formes, une variété dans les niveaux et les mondes bienvenue, et est bourré d’humour. Bref, si vous avez aimé les deux Super Mario Land précédents, vous n’avez aucune raison de bouder ce Super Mario Land 3 [Wario Land, crétin!NDWARIO].

Points Positifs 

Beau

Drôle

Encore plus long

Incarner Wario

Six fins différentes

Points négatifs 

Trop facile

Un peu déroutant au départ

Fiche technique

Wario Land : Super Mario Land 3

Plateforme : Game Boy

Année de sortie : 1994

Développeur : Nintendo

Editeur : Nintendo

Cote rétro : abordable