[coup de gueule] Comment certains éditeurs se foutent de notre gueule et l’assument

Cela fait environ 30 ans que C2J et moi sommes joueurs. Trois décennies, c’est largement suffisant pour voir l’industrie évoluer. Et comment dire, nous trouvons qu’elle évolue, certes, mais pas dans le bon sens.

Ce qui nous chiffonne, c’est de voir à quel point nous ne sommes plus que des porte-monnaie sur pattes pour certains éditeurs, et surtout, le fait qu’ils assument. Tout cela en se moquant de nous.

Cet article écrit à 4 mains (les propos de C2J seront soit en rouge, soit en italique pour des questions techniques liées à WordPress ) se penche notamment l’actualité de ces dernières semaines concernant Square Enix et Polyphony Digital, qui en sont des exemples criants.

Petite explication de terme, nous allons parler dans cet article de la problématique que posent les « jeux-service » ou Games as a Service (GaaS) en anglais.

Square Enix et ses produits pas finis : du GaaSlighting

Si l’éditeur japonais fait la une de l’actu en ce moment, c’est qu’il se lâche tous azimuts : sorties notamment de Final Fantasy VI : Pixel Remaster (vous en avez la critique juste en dessous), Final Fantasy Stranger of Paradise , mais surtout, Chocobo GP et Babylon’s Fail... pardon, Fall.

Et c’est surtout pour ces deux là que ça coince.

Chocobo GP est un jeu sorti à l’origine sur PS1 sous le titre Chocobo Racing. Mais voilà, il est devenu tellement rare que sa cote rétro monte en flèche, et le rééditer dans une édition actualisée était une bonne idée en soi. Mais le jeu est perclus de problèmes !

Déjà, obliger les joueurs à passer par un tuto obligatoire, ce qui est une pratique plus que douteuse. Et en plus, le machin est dur à passer ! Pour vous dire, j’ai vu une streameuse (coucou Yume), criser dessus, alors qu’elle voulait s’amuser et faire découvrir le jeu à ses viewers. Résultat? Elle s’énervait tellement qu’elle a préféré interrompre son stream. Elle a mis plus de 4 heures pour le franchir tant c’est mal foutu !

Tu paies un jeu au prix fort, et tu tues tout le fun d’entrée, tu le crois ça ? Un tuto, ça doit être optionnel, et pas obligatoire. Les gens doivent faire les courses s’ils en ont envie et pas se prendre un stage conduite dans la tronche. Et c’est valable pour tous types de jeux. Même en 1998, Metal Gear Solid avait déjà compris cela et malgré les multiples actions possibles, ne proposait qu’un tuto dans des décors virtuels en option de manière facultative !

Et je suis désolé, mais c’est également prendre les gens pour des idiots, en estimant qu’ils ne savent pas appuyer sur un bouton pour accélérer ou pour découvrir les commandes par eux-mêmes !

Mais ce n’est pas le pire, non… Le pire, c’est l’inclusion de micro-transactions. Dans un jeu comme Chocobo GP. Un jeu tout mignon s’adressant notamment aux enfants. Certes, le soft propose sa propre monnaie virtuelle… Mais celle acquise dans le jeu disparaît au bout de 5 mois, contrairement à celle acquise au moyen de la CB, qui elle, reste permanente. Vous savez comment ça s’appelle dans d’autres termes, ça ? De la discrimination. Par l’argent, tout à fait. Ceux qui auront les moyens pourront utiliser ces coupe-files, et pas les autres. Et vu le prix de certains personnages et karts, autant vous dire qu’il faudra farmer si vous ne voulez pas passer par la case carte bleue. Ce qui créera de fait une inégalité entre les joueurs.

Et pour couronner le tout, le jeu propose un contenu très insuffisant pour un jeu de courses. Seulement 9 circuits principaux, avec 4 variantes… Le reste, ce sera ajouté ensuite… si vous avez le Season Pass.

Quand je vois ce qu’ils ont fait d’un jeu de course en mettant en vedette les volatiles de la saga FF, et qu’ils le transforment en semi Game as a Service, ça me fait mal au cœur.

Pourtant, Square Enix semble assumer cette politique, parce que nous, joueurs, sommes assez cons pour ne pas protester et ne voir que les jeux qui sortent, sans forcément penser à ce qui se cache derrière. Mais pour Babylon’s Fall, ça sentait mauvais dès le départ. Nous savions déjà que le soft adopterait ce modèle, mais ils nous ont pondu quoi là ? Techniquement, le jeu est en retard, même sur PS4. Ensuite, ils nous sortent un truc sans âme, bâtard, qui ne sait pas tellement ce qu’il est. Les tests bêta auraient dû sonner l’alarme mais non, ils ont continué… Seulement, ils ont beau avoir appelé Platinum Games pour le système de combat, le jeu n’attire pas les foules, à raison. Il faut dire aussi, que non seulement il sort à une période chargée en jeux, mais en plus, il est également noyé sous l’avalanche de jeux de son propre éditeur.

Babylon’s Fall méritait-il mieux ? Sans doute pas, et peut-être que ça incitera Platinum Games à mieux choisir ses projets à l’avenir. Tu parles, connaissant Kamiya, ça m’étonnerait, il me semble même qu’il a déclaré en avoir marre de faire des jeux de niche.

Plein GaaS : Gran Turismo 7 se prend un mur

Mais dans le lot, il y a bien un éditeur qui a eu une attitude vraiment dégueulasse, et c’est Polyphony Digital, avec Gran Turismo 7.

Pour ne rien vous cacher, j’ai failli acheter le jeu, qui a reçu de très bonnes notes, et ce malgré la connexion permanente obligatoire (Perso, j’attendais de voir le jeu pour me décider quelle console de nouvelle génération aurait ma préférence quand je pourrais en prendre une. Et vu ce qui se passe, mon choix se portera à 95% sur Microsoft). Parce qu’en 1998, Gran Turismo m’avait mis une claque monumentale sur ma première PlayStation. Mais voilà… La claque, ici, elle fait très mal, (Ici c’est pas une claque qu’on se prend (en tout cas pas celle que Sony s’attendait à nous infliger), je qualifierais plutôt ça de « coup de poing dans le foie) car le studio a multiplié les erreurs avec GT7. La première, ça aura été la panne des serveurs pendant 36 heures, empêchant les joueurs du monde entier de profiter du titre, sans que l’éditeur ne prévienne.

Ensuite, les loteries quotidiennes étaient caviardées de façon à donner les récompenses les plus faibles aux joueurs 90 voire 95% du temps… Imaginez la chance qu’avait un joueur de tomber sur un modèle de voiture plus performant… Vous savez comment ça s’appelle ce genre de chose ? Tout juste. Des LOOTBOXES. Ces mêmes lootboxes contre lesquelles les joueurs on gueulé, à juste titre, lorsque EA les avait érigées en principe dans Star Wars Battlefront II en 2019. Tant et si bien que ces lootboxes sont en théories INTERDITES en Belgique et au Pays-Bas, avec des lois votées par leurs gouvernements respectifs. En France, en revanche, voter une loi devient beaucoup plus problématique lorsqu’il s’agit d’argent, notamment celui des riches…

Mais le plus grave, et là, je vais vraiment gueuler, c’est.. La mise à jour 1.07 du jeu.

Vous me direz, de nos jours, c’est devenu banal, des mises à jour de jeux, avec les consoles reliées à Internet. Oui, mais là, GT7 était déjà à la limite de la légalité avec le principe de micro-transactions, et avec cette mise à jour, le jeu oblige carrément à sortir la carte bleue.

En effet, Polyphony a profité de cela pour diviser par trois voire quatre les revenus de chaque course du jeu. Autant vous dire qu’il va falloir jouer longtemps et farmer des crédits pour avoir les voitures. Alors que ce patch était prévu pour justement dissuader le farming centré sur certaines courses, la réponse des joueurs a été de créer carrément des scripts pour farmer automatiquement certaines courses, on peut pas plus contre-productif.

Et deuxième effet Kiss Kool : le développeur en a profité pour augmenter aussi le prix des bagnoles. Certaines coûtent 30 millions de crédits. Problème, le nombre de crédits cumulables dans le jeu est bloqué à 20 millions. GT7 vous oblige donc à sortir la carte bleue si vous désirez les modèles les plus chers… beaucoup de ces points ont été cependant corrigés dans la dernière MàJ, comme la limite de crédits relevée, les gains augmentés et la possibilité de revendre ses voitures, chose tellement aberrante quand on connaît l’ADN de la franchise depuis le 1, NEANMOINS…

Mais PUTAIN ! Un jeu neuf, sur console de dernière génération c’est déjà 80 euros. Vous avez bien lu. Alors, si nous sommes déjà habitués aux DLC, et GT7 en aura, je suis désolé mais le reste est clairement du foutage de gueule ! A 80 euros, le jeu sur PS5, Polyphony a choisi de vous chier littéralement à la gueule. Cette attitude est d’autant plus critiquable que le développeur a bien caché son jeu. Qui aurait pu prévoir au moment des tests des différents sites et de la presse que le développeur préparait en douce cette politique absolument scandaleuse ? D’accord, ils sont sortis en avance par rapport à la date de sortie du jeu, mais ça ne justifie rien. Tu parles, en plus, une avance de quelques jours sur un jeu en développement depuis 7 ANS (ok, y’a eu GT Sport, mais je le classe dans la catégorie « Prologue » celui-là). On ne peut pas laisser sortir le jeu et modifier les règles du jeu de façon injuste quelques semaines plus tard.

Il ne faut pas que cela se reproduise. Nous sommes des joueurs, certes, nous contribuons à faire vivre cet industrie par nos achats, mais je ne supporte pas qu’on nous tonde de la laine sur le dos en nous prenant pour des vaches à lait.

Dire que j’ai vu passer sur Youtube que Horizon Forbidden West était une escroquerie, je me demande ce que youtubeur penserait alors de GT7, où là, ça pue vraiment au niveau du business plan !

Et le pire dans tout ça, c’est le communiqué de Polyphony Digital pour justifier la chose qui pue la mauvaise foi à tel point que ça confine au sublime. Ils ont fait ça, tenez vous bien, pour «  se rapprocher le plus possible du prix réel des voitures ». Mais c’est un JEU bordel ! Que les voitures aient un prix, je veux bien, mais rien ne justifie de s’aligner sur la réalité à ce niveau !

Mettez-vous à la place du ou de la passionné(e) de belles voitures qui se dit que GT7 serait un bon moyen de se consacrer à sa passion à moindre prix. Vous l’imaginez farmer jusqu’à pas d’heure alors qu’il / elle a un travail en journée et une vie de famille le soir ?

D’autant plus que les voitures font l’objet d’un système de rotation, ce qui fait que certains modèles ne sont disponibles que temporairement. Autant dire que pour certains, il est quasiment impossible de s’offrir certains modèles, vu les contraintes de Polyphony.

Et lorsqu’on est chômeur ou aux minimas sociaux, on a autre chose à faire que de mettre la main au portefeuille pour acheter des objets de JEU (tu retiens, Polyphony?) déjà qu’on culpabilise quelque peu lors d’un achat de software…

Polyphony nous dit d’apprécier le jeu sur le long terme, mais à moins de faire un changement radical comme dans FF XIV, j’ai bien peur que GT7 soit perçu négativement au vu de l’immédiateté de l’époque. Cela ressemble plus à un damage control qu’à de vraies explications…

Surtout, j’ai l’impression que PoDi, pendant toutes ces années de développement s’est fourvoyée dans une idée fausse. J’ai l’impression qu’ils ont conçu leur jeu comme une lettre d’amour à l’automobile, une note d’intention relativement louable et noble sur le papier. Néanmoins, sur le chemin, ils ont oublié qu’ils faisaient avant tout un JEU VIDEO, avec ses spécificités et ses particularités. J’ai tendance à penser que là où les GT ont toujours été des expériences relativement libres, où on pouvait aborder le jeu un peu dans le sens qu’on veut, en se concentrant sur tel ou tel aspect du soft (en se concentrant sur l’aspect course ou bien sur l’aspect collection, par exemple). En comparaison, GT7 me semble très corseté, dirigiste (le mode GT Café est très révélateur à ce sujet), presque David-Cagisé comparé à ses prédécesseurs ou à son rival : Forza Motorsport et son variant fun qu’est Forza Horizon, domaine que Sony n’essaye même pas de contester. Mais au final, la vision qu’essaye de nous imposer Yamauchi et ses équipes (en tout cas, celle qu’on a l’impression de comprendre) est à l’antithèse de ce qu’est sensé être le jeu vidéo. Prenons les GT « Canoniques », ils sont porteurs d’une vraie liberté de choix, de construire son expérience selon notre goût (certes, dans les limites imposées par le soft, mais des limites assez larges quand même), mettre l’accent sur tel ou tel aspect de la progression sans grosses contraintes et surtout à son rythme. Ici, je ressens une volonté de marche forcée : Que ce soit de par les modes de jeu proposés (le mode GT Café est très révélateur à ce sujet) ou par la volonté d’enrichir le soft au compte-gouttes semaine après semaine alors que les itérations précédentes nous offraient la totalité ou majeure partie du jeu day-one (je rappelle, 7 ANNEES DE DEVELOPPEMENT). Or, cette volonté est clairement aux antipodes de ce que les fans de GT et de ce genre de jeu attendent et les dégâts risquent d’être bien plus profonds si Microsoft négocie bien son prochain Forza régulier, déjà que Forza Horizon peut servir d’attraction.

Mais le karma sait aussi se montrer farceur : à l’heure où j’écris ces lignes, le jeu s’est pris un review bombing de malade de la part des joueurs, avec une note de 1.7/10 sur Metacritic. Ça vaut ce que ça vaut, c’est-à-dire vraiment pas grand chose d’un point de vue purement objectif, mais ça montre le mécontentement. Il faut dire que la pilule a énormément de mal à passer, et ça se comprend.

Et en plus, cela a incité un des joueurs à développer une routine de triche…Tant et si bien, comme l’a expliqué C2J plus haut, que Polyphony a finalement décidé de rétropédaler suite à la grogne des joueurs.

Pour finir, une question se pose en un seul mot : Combien ?

Combien te temps allons nous accepter des micro-transactions qu’elles soient facultatives ou obligatoires dans un jeu qu’on paie déjà plein pot ? Et à combien vous reviendra le jeu au final? Combien de temps encore accepterons-nous une discrimination par l’argent? Parce que oui , nous aussi, joueurs nous avons notre part de responsabilité. Nous avons accepté que les jeux ne sortent plus avec tout leur contenu ou techniquement imparfaits et qu’ils soient corrigés ensuite. Nous avons accepté de fait les pay-to-win, même déguisés, les jeux rushés par pression de l’éditeur pour ne pas rater Noël ou la fin de l’année fiscale, et lisez quelques dossiers, vous verrez qu’il y a du sale. Nous avons accepté, bien malgré nous que le « crunch » devienne quasi généralisé . Nous avons accepté d’enrichir un PDG qui a fait preuve de toxicité envers ses collègues et a même proféré des menaces de mort envers l’une d’elles (coucou Bobby). Nous avons accepté la hausse des prix des jeux à chaque saut de génération. Nous sommes en train d’accepter avec GT7 en quelque sorte le « pay-to-win payant ». Bref nous acceptons que les éditeurs se moquent de nous. Pour encore combien de temps ?

Imaginez surtout la régression au final que nous avons vécu ces dernières décennies. Il n’y a rien de mal à proposer des raccourcis aux joueurs qui n’ont pas le temps de passer 20-30h devant leur console pour aller au bout d’un jeu. Et c’est d’ailleurs la justification des grosses compagnies quant à ces transactions « coupe-files ». Sauf que ce genre de choses existaient déjà du temps où nous étions enfants (ça fait environ 30 ans) et cette méthode avait un nom : Cheat Code. [ou aussi « tips » ou « astuces » dans les magazines NDJULIUS] Grâce aux Cheat-Codes, il était tout à fait possible d’avoir une expérience sur mesure, plus facile et/ou plus rapide et ce sans se ruiner. Bon, il fallait acheter un magazine ou une Bible des Tips ou bien aller sur Internet (à partir de la fin des 90’s, époque où le Net se payait à la minute) pour chercher ces codes, mais ça restait beaucoup moins cher que de passer à la caisse en DLCs ou en Shark Cards ruineuses (oui, c’est toi que je regarde, Rockstar. Vilain Rockstar, méchant, méchant Rockstar !!!). De plus, ça renforçait l’aspect communautaire des JV (on était à une époque où le jeu en ligne était au mieux embryonnaire) puisqu’il arrivait fréquemment qu’on se transmette les codes pour tel ou tel jeu au détour d’une récré ou de la sortie de l’école.

Voilà, nous espérons que cet article coup de gueule/réflexion sur ce que devient l’industrie du jeu vidéo vous aura plu. N’hésitez pas à nous dire ce que vus pensez de tout ça. Nous terminerons en disant que cet avis n’engage que leurs auteurs. A bientôt.

Julius & C2J

À propos de Julius

Gamer aimant les jeux actuels et rétro, aimant aussi le cinéma les chats, la photo. J'écris aussi. Pour moi, ici, et aussi ailleurs.

Publié le 30/03/2022, dans Jeux vidéo, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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