[Retrogaming] Retour sur Gran Turismo

Gran Turismo. Ces deux mots résonnent encore dans la tête des joueurs PlayStation. Arrivé en Europe au même moment que la Coupe du Monde 1998, le jeu qui a révolutionné le jeu de sport automobile méritait bien un retour.

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Avant, il n’y avait rien… ou presque

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Gran Turismo, c’est avant tout la vision d’un passionné d’automobile, Kazunori Yamauchi. Il faut l’avouer, jusque là, les jeux de course sur la console grise de Sony, c’est tout de même un peu triste. Certes, il y a bien trois titres estampillés Ridge Racer, mais la série est orientée arcade.

On notera aussi une tentative foirée d’adapter Street Racer, un jeu de course fantasie à la Mario Kart, sur 32 bits. Concernant les jeux de courses automobiles réalistes, il n’y avait que Porsche Callenge, dans lequel plusieurs pilotes se tirent la bourre en conduisant des Porsche Boxter cabriolet. Distrayant, ce dernier s’avérera hélas trop limité pour réellement convaincre. Mais Gran Turismo, développé par Polyphony Digital, vient de lancer un énorme pavé dans la mare, nous signifiant clairement qu’une étape a été franchie. Lors de sa sortie japonaise en décembre 1997, le test import de Consoles+ précise que «  désormais , plus aucun jeu de course n’aura le même goût. » Et cela s’est avéré vrai.

Lorsque le jeu se lance, on sent déjà que cela va être quelque chose d’énorme. Près de trois minutes d’introduction qui montrent le jour qui se lève et les préparatifs sur les bords d’un circuits. Puis lorsque « The Real Driving Simulator » apparaît, les bolides entrent en course. Le remix de Everithing Must Go par les Chemical Brothers (dans les versions occidentales du titre), donne alors toute sa puissance. Des véhicules qui se doublent, prennent des risques, dérapent, dont on ne voit pas les pilotes. En effet, la vedette, dans GT, ce n’est pas une personne, mais la voiture que le joueur conduit. Toujours est il que cette intro reste l’une des meilleures et des plus impressionnantes de la console.

Je fais quoi de tout ça, moi ?

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Gran Turismo est divisé en deux parties distinctes. Au vu de l’intro, on se demande comment ils ont pu tasser tout cela dans un seul CD. La première partie est le mode « Arcade ».

Différents mode de jeux sont proposés : jeu en solo, à deux, contre la montre…

Seul, vous serez à la lutte contre 5 autres concurrents gérés par l’IA. Les courses se déroulent sur deux tours de circuit. Mais avant de parcourir les tracés de 11 circuits différents, vous devrez d’abord choisir votre bolide parmi 140 véhicules. On notera surtout que pour cette première itération du jeu,l’absence totale des constructeurs européens : sur les 6 présents, 4 sont japonais et deux sont américains. Vous pouvez bien entendu changer la couleur de votre voiture, et choisir entre transmission manuelle ou automatique.

Certains circuits deviendront ensuite emblématiques de la série, comme le Hi-Speed Ring ou encore Deep Forest. Mais surtout, ils ont le mérite d’être très bien tracés. L’IA est véhicules était bien pensée pour l’époque, et le comportement pouvait varier selon la difficulté choisie.

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Mais le véritable mode solo était le mode « Gran Turismo » ou « Simulation » dans certaines versions. Il s’agit d’un véritable mode carrière, avec des courses à mener,et des prix au bout. Mais pour pouvoir participer, vous devrez d’abord vous acheter un véhicule. Bien entendu vu les pauvres 10 000 crédits accordés, vous devrez choisir une voiture d’occasion chez le constructeur de votre choix. Une fois cela fait, la voiture sera ajoutée à votre garage. Et vous pourrez participer à des courses pour débutants, qui ne nécessitent aucun permis ni même de catégorie de véhicule particulière. Cependant, elles permettront juste de se familiariser avec le circuit et de se faire un peu d’argent de poche, d’autant que la somme que vous gagnez est en fonction de votre position au classement.

Pour pouvoir progresser , vous devrez en premier lieu passer des permis, au nombre de trois : B, A et A International. Chacun d’eux est composé de 10 épreuves telles que le freinage ou un franchissement de courbe dans divers véhicules plus ou moins faciles à maîtriser. Cela permet de faire un véritable apprentissage, pour mieux maîtriser le jeu. Et cela n’est pas forcément évident mais GT ne nous décourage jamais.

Ensuite, vous pourrez faire des compétitions en fonction des permis acquis, mais aussi du type de voiture ou de motorisation. Si vous remportez un tournoi, vous aurez non seulement une récompense considérable, mais aussi une nouvelle voiture dans votre garage.

GT, une expérience incroyable

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Techniquement, le jeu est une claque pour son époque. Les graphismes sont en haute résolution et repoussent encore la notion de jeu de course réaliste en 1998. C’est beau, c’est fluide, ça ne ralentit jamais et quasiment sans clipping, c’est détaillé à mort. Mais on se rend compte de la puissance du jeu lors des replays des courses : les angles de caméras sont variés, on se croirait vraiment entrain de regarder en direct une retransmission d’une course à la télé ! Petite chose sympa, vous pouvez choisir quelle voiture suivre parmi les 6 présentes sur le circuit. Celle qui l’est moins, c’est que si vous décidez de sauvegarder ledit replay, cela peut vous prendre la totalité des blocs d’une carte mémoire !

Mais les courses ne seraient rien sans l’ambiance qui règne autour : non seulement les bruitages des caisses sont réalistes, mais surtout, quelles musiques ! Je sais la version japonaise du jeu et la version occidentale de GT diffèrent, mais bon sang… quel régal de passer d’un morceau de pure électro à un morceau de rock comme on en fait plus ! Sweet 16 de Feeder reste sans doute un de mes morceaux préférés de la bande originale. Bref, la bande originale du jeu sait varier les plaisirs et chacun devrait y trouver son compte.

Mais Gran Turismo, c’est avant toute une expérience de gameplay unique. Le jeu offre trois vues au joueur : arrière, dessus et interne. Toutes sont jouables. Mais plus que ça, ce sont surtout les tracés des pistes qui font que le jeu n’est pas évident à maîtriser. Chaque virage, chaque petit piège des circuits, comme les chicanes, sont des défis qu’il faudra pouvoir maîtriser à la perfection si vous voulez vous en sortir, et le moindre tête-à-queue ne pardonne pas. Chaque circuit doit être joué plusieurs fois avant d’être totalement maîtrisé, notamment en mode simulation.

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Mais plus encore que cela GT se veut une véritable simulation et vous permet ainsi d’acheter des pièces chez votre constructeur pour améliorer les performances. Ou pas. Car comme dans toute bonne mécanique, le tout est une question de réglage. Une pièce mal réglée pourra avoir des conséquences sur les performances de votre voiture. Même si le jeu donne des explications en français quant au rôle de chacune d’elles, cela reste quand même incompréhensible pour un profane. Mais quel bonheur lorsqu’on y arrive vraiment !

Avec tout ce qu’il a à proposer, GT dispose d’une durée de vie quasi infinie, à tel point qu’il est difficile de le prendre en défaut. Cependant, on pourrait citer un manque de constructeurs, notamment européens, des collisions qui ne font pas de dégâts ou le fait qu’il peut vite décourager les moins patients.

Mais qu’importe, Gran Turismo a donné un nouveau souffle au jeu de course automobile et pour un peu, a renouvelé le genre à lui seul. Les suites feront mieux au niveau contenu, mais ne corrigeront pas hélas certaines failles qui étaient largement pardonnables il y a 20 ans. Et depuis, la franchise a vu notamment l’arrivé d’un sacré concurrent sur consoles Microsoft avec Forza Motorsport, qui saura ajouter des choses là où GT a toujours pêché pendant longtemps. Maintenant, les joueurs doivent choisir leur écurie.

Conclusion : Une avancée majeure dans le sport automobile virtuel

Gran Turismo a marqué l’histoire à plusieurs niveaux : celles du jeu vidéo tant il apporte une avancée spectaculaire en matière de réalisme, un contenu absolument dingue pour l’époque, et deviendra le jeu PlayStation le plus vendu de la machine. Doté d’une réalisation technique et d’une ambiance sublime mais surtout d’un gameplay aux petits oignons, ce titre est devenu un jalon indétrônable du sport automobile en jeux vidéo, notamment sur consoles.

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À propos de Julius

Gamer aimant les jeux actuels et rétro, aimant aussi le cinéma les chats, la photo. J'écris aussi. Pour moi, ici, et aussi ailleurs.

Publié le 07/10/2018, dans Back to the Pixels, Divers, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Je souhaite apporter quelques petites précisions sur ce très bon article d’un de mes jeux favoris.
    Moon over the Castle est le thème principal de la saga GT au Japon. Il y a 8 épreuves par permis, les constructeurs sont au nombre de 10 (Honda, Mazda, Mitsubishi, Nissan, Subaru et Toyota pour les constructeurs japonais. Chevrolet et Chrysler pour les marques américaines, Acura est la division de luxe d’Honda aux USA qui n’apparaît que dans la version US du jeu et Dodge remplace Chrysler dans la version américaine. Aston Martin et TVR pour les britanniques). Ce jeu a eu 97% dans Joypad lors du test import et 10/10 en version officielle, c’était Trazom qui signait ces tests.

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