Archives du 16/03/2018

Cinévrac de mars 2018

Bonjour et bienvenue dans un nouvel article . Cette fois, un cinévrac consacré à deux excellents films, à savoir La Forme de l’eau de Guillermo Del Toro et The Disaster Artist de James Franco.

La forme de l’eau : Guillermo del Toro à son meilleur

affiche la forme de l'eau

La forme de l’eau est sans doute l’aboutissement du cinéma du réalisateur mexicain. C’est vrai, il est un personnage particulier, avec son propre univers. Ce qui lui permet de faire des films très singuliers, mais pas toujours compris par la critique. La forme de l’eau, c’est toute son expérience au service du cinéma. Le film raconte une histoire d’amour. Mais qu’est ce qu’elle est belle, entre une jeune femme muette et une créature humanoïde aquatique . Deux êtres incompris, inachevés, différents du reste des humains qui peuplent le lieu de l’action.  Elle, c’est Elisa, une jeune femme employée comme femme de ménage dans un centre de recherche ultra secret des Etats-Unis dans les années 60, en pleine Guerre Froide. Un jour, elle est témoin de l’arrivée d’une mystérieuse créature aquatique dans le centre. Petit à petit, elle va chercher à mieux la connaitre. Et sans doute la créature est le personnage qui a le plus d’humanité de tout le film.  Del Toro montre aussi les travers de l’époque, notamment une Amérique raciste et paranoïaque. Les Russes et leurs espions sont également de la partie… Mais voilà, Del Toro nous fait comprendre que les méchants ne sont pas forcément ceux qu’on croit. Ni même les monstres.  On notera l’excellente performance de Sally Hawkins en femme muette. A vrai dire, les acteurs sont tous bien dirigés, bien que le méchant de l’histoire soit un peu caricatural.  Bien entendu, la réalisation est à la hauteur des enjeux : le métrage offre une photo soignée, esthétique avec des plans magnifiques. On retiendra notamment celui d’ouverture et celui de conclusion. On notera aussi l’excellence de la bande originale. Une belle romance pour un excellent film avec un beau message sous-jacent à l’intérieur. 

La Forme de l’eau ( The Shape of Water)

Réalisation : Guillermo del Toro

Genre : fantastique

Avec : Sally Hawkins, Michael Shannon, Richard Jenkins…

Durée : 2 h 03

Distribution : Twentieth Century Fox France 

En salles depuis le 21 février 2018

The Disaster Artist : La fabrique d’un nanar culte

affiche the disaster artist

The Room de Tommy Wiseau est un OVNI nanardesque comme on en a jamais fait avant et dont on en fera jamais plus après. Malgré la qualité désastreuse du métrage, ce dernier est devenu culte par son ridicule et continue à être diffusé en séances spéciales. On ne sait d’ailleurs toujours pas grand chose de Wiseau lui-même…le type lui-même semble venir d’un autre monde! Pour rappel, une critique de ce film est disponible sur ce blog.
Mais The Room aura également été une expérience traumatisante pour son partenaire de jeu principal, Greg Sestero, qui tirera un livre de cette aventure, intitulée « The Disaster Artist« . Le film est donc une adaptation du bouquin.
Il n’en reste pas moins que même sans avoir lu le matériau d’origine, The Disaster Artist est un très bon film. Il raconte la rencontre entre Wiseau et Sestero tous deux joués par les frères Franco,, et comment ils en sont venus à créer leur film. Wiseau, en réalité, ne connaissait rien en cinéma ni en jeu d’acteur, mais était persuadé d’être excellent. Ce dernier lui demande d’où vient son aisance, alors que lui n’arrive pas à se libérer. Mais les choses ne seront pas si simples. Le tournage prendra énormément de retard, et Tommy, à la fois scénariste/réalisateur/acteur ne tolérera aucune contestation, se comportant en véritable dictateur.
Il faut souligner ici que le film est une performance à plusieurs niveaux : reconstitutions des scènes du nanar à l’identique, c’est déjà très bien, mais aussi la performance incroyable de James Franco dans le rôle de Tommy Wiseau. Tout simplement incroyable, on dirait le vrai… Autrement dit, c’est un bon acteur qui se retrouve dans la peau d’un mauvais. Mais il reprend tout de lui, son look, et surtout sa façon de parler et ses attitudes, et de fait est méconnaissable.
Ensuite, le film est aussi une réflexion sur le métier d’acteur et de comédien. En effet, il ne suffit pas de connaitre ses classiques, encore faut-il savoir les jouer. Ce que Wiseau et Sestero auront bien du mal à faire. Mais, si le second sait évoluer et apprendra ses limites, le premier, lui est persuadé de son talent. Ce sont en réalité deux amis que tout oppose : l’âge, et leur manière d’être. En témoignent les deux scènes où ils rencontrent chacun une figure connue d’Hollywood : Wiseau est clairement dérangeant dans tous les sens du termes, tandis que Greg, au hasard d’une rencontre dans un magasin, se la jouera modeste quand il se verra proposer un petit rôle. Je ne vous révélerai pas qui sont les deux personnes rencontrées, mais sachez qu’il y a beaucoup de  » guests » jouant leurs propres rôles.
C’est aussi une réflexion sur le cinéma : The Room aurait-il dû sortir en l’état ? Mais plus que tout, il se dessine en filigrane la machine à broyer que peut également être Hollywood. Combien d’acteurs réussissent vraiment dans ce monde impitoyable ?
Voici quelques raisons qui font que The Disaster Artist, contrairement à son nom, n’est pas un désastre et est à voir. Sans compter la surprise post-générique. Et pas parce qu’il y a aussi The Rythm of the Night, de Corona ( la chanteuse, pas la bière).

The Disaster Artist

Réalisation : James Franco

Genre : Biopic

Avec : James Franco, Dave Franco, Seth Rodgen, Alison Brie…

Durée : 1 h 43

Distribution : Warner Bros France

En salles depuis le 7 mars 2018