[critique film] Ghost in the Shell

Ah, Ghost in the Shell… Après avoir vu les différents trailers, je m’attendais vraiment au pire, à quelque chose de vraiment infâme. En fait ce n’est pas le cas. GITS version live, réalisé par Rupert Sanders, pourra même sembler très bon à celui qui ne connait pas le manga ou le métrage d’Oshii. Seulement voilà, je connais les deux matières d’origine et il va sans dire que ce film ne sera jamais à leur hauteur. Explications.

Fidélité et manque de personnalité

Pourtant, en pesant bien le tout, le métrage a des atouts à faire valoir, à commencer par son aspect esthétique, très fidèle au modèle animé avec ce que permet, ou non, un long-métrage en prises de vue réelles. On retrouve des éléments issus non seulement du premier GITS mais aussi venus de Stand Alone Complex et Innoncence, comme les les geishas robotiques. Il y a même un hommage à Oshii, avec l’inclusion d’un basset hound!
Il faut souligner que les effets numériques sont réussis, ce qui donne une certaine modernité au film. Sanders va jusqu’à reprendre beaucoup, voire trop, de plans iconiques du film d’animation. Cela montre vraiment qu’il a pu exprimer son amour pour le métrage au niveau visuel et de la mise en scène, cela sert le film, mais du coup, le fait d’être en prise de vues réelles fait qu’il perd en personnalité. Le réalisateur, en effet, n’y pose pas sa patte, et c’est bien dommage.

Scarlett et Kitano sont dans un bateau

Le tout est joué par un jolie bande d’acteurs, et je confirme que Scarlett Johannson est un faux problème. Elle joue plutôt bien son rôle, en fait.Il faut noter aussi la présence de Juliette Binoche, qui en revanche est assez morne dans son jeu, et Monsieur Takeshi Kitano, le seul à jouer dans sa langue maternelle et étant sous titrée. Je ne sais pas si c’est lui qui exige qu’on entende sa véritable voix ou si on a pas de doubleurs pour lui en France. Je précise que je n’ai pas le choix de la version dans ma ville, pour éviter les râleurs qui me demanderont pourquoi ne pas l’avoir vu au moins en VOST.

Oh mon Batou

Malheureusement, mes craintes pour le scénario étaient hélas fondées. Il faut comprendre que Sanders, réalisateur Britannique, a fait un film produit par les Américains, pour le public Américain, autrement dit, tout, absolument tout, est expliqué : les yeux de Batou, la mental’ com… tout, je vous dis. Et tout est simpliste au possible. Pour résumer la chose, c’est une version de RoboCop (film de 2014) en version futuriste et en un peu moins nul il faut bien le dire. La portée du message philosophique de l’oeuvre ? Des questions posées sur la différence entre humains et androïdes ? Du rôle d’une intelligence artificielle ?  Celui de la Section 9 ? On s’en fout, les amerloques après tout, ne sont que des bouffeurs de pop-corn cons à bouffer du foin pour les producteurs et qui veulent de l’action et ça c’est sur, ils en auront. Mais bordel de Zeus, de l’action pour de l’action, je veux bien qu’un film en mode  » no brain » le fasse et ça ne me déplaît pas de temps en temps, mais désolé mais on parle de Ghost in The Shell là! Et GITS ça ne peut pas se contenter d’être une resucée d’autres films hollywoodiens, et le Major et son équipe ne peuvent pas simplement botter des culs. La profondeur de l’oeuvre passe carrément au mixeur. Mais même la scène de combat finale m’a paru manquer de rythme…

Film à degré variable

Donc, l’amour du réalisateur pour l’oeuvre s’est sans doute arrêté au moment où les « scripts doctors » sont entrés en scène et ont enlevé toutes les questions qui donneraient à réfléchir, réduisant ainsi Sanders à un rôle de Yes-Man au niveau de l’écriture. Il y a pas mal de bonnes idées mais beaucoup sont mal exploitées et tombent finalement à plat.
En réalité, votre degré d’appréciation du film dépendra de celui que vous avez pour le manga d’origine et du ou des films d’Oshii. Il n’est pas aussi catastrophique qu’annoncé mais n’est pas non plus une réussite pour les fans, se vautrant dans un scénario trop batou bateau pour réellement convaincre. Cependant, ceux qui ne connaissent pas peuvent se laisser tenter, ils y verront sans doute un film d’action potable. Le problème pour moi, c’est que je connais les matériaux d’origine… et que cette adaptation ne restera hélas pas dans mon ghost.

affiche Ghost in the shell

Ghost in the Shell

Réalisation : Rupert Sanders

Genre : Action, S-F

Avec : Scarlett Johannson, Pilou Asbaek, Takeshi Kitano, 

Distribution : Paramount Pictures France

En salles depuis le 29 mars 2017

 

Publicités

Publié le 02/04/2017, dans Cinéma, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :