[cinéma]Ghost in the Shell : le faux et le vrai problème

Voilà, on y est,  mercredi prochain, c’est-à-dire le 29 mars, le film live Ghost in the Shell sortira en salles. Une polémique a dores et déjà entouré le projet avant même sa sortie ou les premiers trailers, le choix de  Scarlett Johannson pour  incarner le Major Motoko Kusanagi. Mais nous allons voir qu’on ferait mieux de s’interroger sur d’autres choses Cet article n’est en rien une critique du long-métrage, que je n’ai pas encore vu bien évidemment,  j’y mets juste mes doutes. D’ailleurs, je pense qu’elles doivent être sous embargo vu que comme je suis quelques comptes de blogs cinéma sur les réseaux sociaux, j’en aurais vu passer au moins une ou deux après les avant-premières parisiennes. 

1-Scarlett Johannson : Le faux problème

affiche gits

Je reviens d’abord sur ce « problème », pour pour qu’il en soit un, car cela a pris trop d’ampleur. C’est vrai, on aime ou pas l’actrice, mais le problème n’est pas là. Le truc, c’est que dès l’annonce du casting, beaucoup ont crié au scandale que ce ne soit pas une actrice asiatique qui ait le rôle principal.  J’ai envie de dire : et alors ? Je sais que le « whitewashing » fait rage à Hollywood, mais je ne pense pas que ce problème s’inscrive dans ce cadre, le film est réalisé par un américain et j’ai peur qu’il ne soit fait justement pour les Américains, mais j’y reviendrai plus tard.  Les Japonais eux, ont trouvé normal que la production  prenne une actrice de chez eux. Qu’on l’aime ou pas. Ce qui aurait vraiment été  gênant, ç’aurait été de prendre la première actrice asiatique venue. Imaginez qu’elle n’ait pas des origines japonaises… Là, ça aurait fait polémique sur l’Archipel. Mais même Mamoru Oshii, réalisateur de Ghost In The Shell en long-métrage d’animation en 1995 et de sa suite,  a dit de plus que le Major n’était qu’un corps robotisé  avec cerveau humain et qu’il pouvait être joué par n’importe qui et avoir l’apparence qu’il voulait, et qu’il n’était pas dit dans le film d’origine (ni le manga papier de Masamune Shirow, matière d’origine), que Motoko soit asiatique. Si même ce cinéaste respecté le dit, c’est que la polémique sur l’actrice n’a  vraiment pas lieu d’être.

2- Sur quoi ferait-on mieux de s’inquiéter 

image GITS

Je dois bien avouer que les bandes-annonces que j’ai vues m’inquiètent beaucoup. Si on sent que visuellement, Rupert Sanders a fait un maximum pour respecter un tant soit-peu l’oeuvre, ( me basant, une fois encore, sur les trailers, rien de définitif sur mon avis),  mais le remix version boum-boum de « Awakening » fait par Steve Aoki me fait mal, quand on connait le score de Kenji Kawaii. Mais là encore ce n’est pas bien grave. Et si nous détournions nos yeux de Scarlett pour plutôt les braquer sur le « propos » du film ? 

Ghost in The Shell, aussi bien en manga qu’en long métrage, est une oeuvre complexe. Une oeuvre avant-gardiste, qui posait la question de savoir qu’est-ce qu’être humain, robot, qu’est ce qui différencie l’homme de la machine, opposait intelligence humaine et intelligence artificielle, avec des concepts philosophiques et des références assez pointues au risque parfois de larguer le spectateur. En gros, il donnait à réfléchir pour quiconque a un minimum d’intelligence. Et cela résonne encore plus 22 ans plus tard, avec nos sociétés hyper connectées et où on commence à parler de transhumanisme de façon sérieuse. 

Là, au vu des trailers, avec une phrase qui est  » ils ne vous ont pas sauvé la vie, ils vous l’ont volée », j’ai peur que le film ne soit qu’un  métrage typiquement américain. Qu’on ne retrouve pas, malgré la présence avérée du « Marionnettiste »,  le message que tentaient de faire passer  Shirow et Oshii. Un truc calibré pour public adolescent sans subtilité, faisant de Sanders un simple Yes Man, marionnette des producteurs à ce niveau. Ce serait dommage de faire ça.  Vraiment. En langage plus trivial, ça s’appelle prendre le spectateur pour un con.

Vous allez le dire:  » Mais Jul, tu es par trop exigeant,  laisse-toi porter par le spectacle et voit ça comme un bon film d’action si tu n’y trouves pas ce que tu veux. » Désolé mais non, on parle de GITS, donc, offrir du spectacle et voir Kusanagi botter des culs juste pour porter sa marque de bottes cybernétiques sur le postérieur des vilains, ça ne va pas le faire, car s’il y a quelque chose d’exigeant, c’est bien l’oeuvre elle-même.  Elle n’existerait pas ou si je ne la connaissais pas, le problème ne se poserait surement pas.  J’espère que Sanders a pu mettre sa propre vision de l’oeuvre, pour y inclure au moins le message, même simplifié, de l’oeuvre d’origine. 

Mais je sais aussi que le pire n’est jamais certain, et qu’on peut peut-être s’attendre à une surprise de ce côté-là…

Mais sans doute que je m’inquiète trop et que mes appréhensions seront levées lorsque j’aurai vu le film…  De toute façon je vous en ferai une critique ici même. 

Voilà, je voulais attirer votre attention sur le fait que peu importe qui incarne le Major,  ce problème est ridicule par rapport aux propos qui se trouveront dans le film. Allez Rupert, j’espère que tu aura été assez fan pour reproduire la portée et les concepts d’origine et t’affranchir des carcans d’Hollywood. 

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Publié le 24/03/2017, dans Cinéma, Divers, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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