Raconte-nous un mauvais film : Les Rivières Pourpres 2 : les anges de l’apocalypse

Bonjour et bienvenue dans ce nouveau Raconte-nous un mauvais film, comme je sais que le premier vous a plu, on enchaîne, avec encore un film français, eh oui il faut croire que le cinéma national est une pépinière en la matière, avec Les Rivières Pourpres 2 : Les Anges de l’Apocalypse.

Circonstances de l’accident : séance normale du samedi soir, en 2004 .

Lieu : Pathé Place de Loire, Orléans.

Responsable : Olivier Dahan

Conséquences : mal de tête et gueule de bois jusqu’au lendemain

Les romans de Jean-Christophe Grangé se prêtent bien, en théorie, à l’adaptation en films. Le premier Les Rivières Pourpres, tiré du roman, était d’ailleurs pas mal, bien que perfectible notamment avec une fin assez confuse. Mais la suite des aventures du commissaire Niémans sur grand écran tourne au n’importe quoi, pour ne pas dire, au fiasco.

Bye bye, super moines

affiche-rivieres-pourpres-2

Tout commence dans un monastère. J’en profite pour signaler une erreur géographique : Lavaudieu, contrairement à ce que fait croire le film, n’est pas en Lorraine, mais en Auvergne. Mais bon c’est du cinéma. Un moine fraîchement arrivé veut prendre la cellule 13, ce que personne n’a fait par superstition, malgré les mises en gardes des autres religieux et du père supérieur. Mais lui répond qu’il n’est pas superstitieux. Et lorsqu’il pose son crucifix sur le mur, du sang se met à couler de celui-ci. Ben, voilà autre chose…on nous refait le coup du linceul du Christ, ou bien ?

L’équipe de Niémans, toujours joué par Jean Reno, est dépêchée sur place, et y découvre un homme emmuré. Ce brave commissaire va donc interroger les membres de la communauté religieuse, et s’arrête chez l’un d’entre eux , qui n’est autre Johnny Hallyday, rendu borgne pour les besoins du film. Mais ce n’est pas le chanteur qui fait que le film est catastrophique, non puisqu’il n’apparaît que dans cette scène. J’en profite pour dire que le tout est filmé dans une lumière dégueulasse, que même Splinter Cell en jeu vidéo rendait mieux.

Puis on passe à autre chose, cette fois, le commissaire Reda… Oh, ben merde… il a bien rajeuni Vincent Cassel… Et pour cause, il a été remplacé par Benoît Magimel. Ce qui implique un autre nom. Il toque à une porte, où une jeune femme lui ouvre dans une tenue assez légère et maquillée de façon vulgaire. Le policier prétend être un ami de son copain… Sauf que non en fait. Lorsqu’il arrive, elle, complètement shootée, laisse son ami se faire tabasser par Reda, qui l’embarque. On remarquera que les scènes de baston son très, très mal filmées. L’appartement des junkies baigne dans une lumière rouge infâme. Je ne sais pas qui a été le chef de la photographie et des éclairages, mais il avait très mauvais goût !

La séquence d’après, c’est Reda et son équipe dans le forugon, qui heurtent un homme qui ressemble physiquement Jésus. Et là, voici la seule phrase drôle de tout le film, oui, oui :

«  Eh, Jésus, pour traverser il faut rester dans les clous ». Voilà… j’envoie de jingle Blague à Denisot ? Non je ne m’excuserai pas auprès des curés, nom de Zeus ! Oui, j’ai juré.

Une fois à l’hôpital, Jésus ne peut pas être interrogé à cause de son état délirant. Mais il parle d’anges de l’apocalypse. Voilà la justification du sous-titre. On notera que l’hosto baigne dans une clarté bleue lumineuse. Et là, attention, voici qu’apparaissent des moines. Mais pas n’importe quels moines. Des Super-Moines, dotés de pouvoirs surhumains ! Reda se prend une rouste monumentale après une course-poursuite parce qu’il en a surpris un qui tentait de débrancher Jésus. Le jeune inspecteur se fait mettre à terre, mais méchant, et est forcé de laisser filer le vilain.

Et lorsqu’il revient à l’hôpital, voilà t-y pas qu’il y a encore quelqu’un auprès de Jésus…. Mais bien évidemment personne ne l’a prévenu à l’accueil que c’était Niémans, et donc il sort son arme, on ne sait jamais… Bref, les deux s’associent sur cette affaire et s’adjoignent les services d’une femme spécialiste des religions. Et elle s’appelle… Marie. Oui, oui, après Jésus… Marie. Je ne vous salue pas. Niémans sort une photo, et réussit à faire le lien avec les crimes dans la région : les super moines tuent tous ceux qui étaient sur la photo, qui ressemble à la Cène peinte par Léonard de Vinci. Mais certains sont encore vivants et il faut tenter de les protéger… Ben oui tiens…

Alors, on nous emmène dans un supermarché, dans lequel on voit un homme peu rassuré, qui est employé de rayon. Niémans arrive sur les lieux, va au poste de vidéosurveillance et voit que les moines-ninja sont déjà dans la grande surface. Alors, au lieu de faire une annonce legit en demandant le salarié à l’accueil, il lui dit : « cours ! » Ouais… « cours ! » Malheureusement, les super moines sont plus rapides et le pauvre hère se fait trucider en plein magasin.

A ce stade, la consternation m’avait déjà envahi et la suite ne fait que confirmer la chose. On se retrouve donc sur un jeu de pistes bancal, dans des décors moches et aux éclairages qui sont un supplice pour les yeux à tels point qu’on regrette de ne pas être aveugle. Les bastons au montage épileptique, aussi, pour aboutir aux conclusions que les moines recherchent l’entrée du tombeau de Lothaire II, dont la légende dit qu’il a été enterré avec son trésor et que le monastère est la clé de tout ça.

La Ligne Maginot sert enfin à quelque chose…

christopher-lee

Mais voilà , Reno découvre que les super moines se planquent dans la…Ligne Maginot. Vous savez, ces fortifications qui n’ont servi à rien pour nous protéger des soldats allemands lors de la Seconde Guerre Mondiale…Et là, elle se retrouve dans un mauvais film… D’ailleurs, il teste sur le terrain l’excellent état des mitrailleuses vu qu’il échappe de peu à la mort et que sa voiture est inutilisable. Dommage ça aurait pu abréger le truc…

Alors dès le lendemain, par vengeance, il fait fouiller le monastère de fond en comble.

Entre-temps, ils rencontrent Christopher Lee en imper, en tant que ministre allemand en charge des affaires religieuses. Donc, nous avons un Britannique qui joue un Germain qui insiste pour parler français. Bon, je reconnais que Christopher Lee parlait, effectivement, plusieurs langues. En revanche je comprends moins ce qu’il est allé faire dans ce navet de compétition.

Niémans va donc dans la bibliothèque du lieu, et nous avons alors sans doute droit à une mort des plus stupides. Alors qu’il commence à compulser les bouquins, le père supérieur arrive en hurlant que le commissaire n’est pas digne de pouvoir les lire. Et là, il se met à avoir une crise cardiaque. Niémans, au lieu d’appeler les secours, le regarde crever et lui dit :

« Vous faisiez croire qu’ils pouvaient vous guérir, vous voyez maintenant ce que ça fait. »

Je me demande encore comment il fait pour trouver que le clocher est en fait un puits permettant l’accès au tombeau… Je ne sais pas mais ça doit être une aberration architecturale dans ce cas…

Et accrochez vous bien, le puits-clocher mène… dans la ligne Maginot ! Malheureusement nos deux policiers se font prendre. A la suite d’une scène d’action totalement ratée.

Lors de la scène suivante, on les voit attachés devant Christopher Lee, qui leur explique qu’il avait trouvé l’entrée lorsqu’il était soldat de la Wehrmacht, mais n’avait pu y retourner ensuite.

Malheureusement, Niémans savait que le tombeau était piégé, mais pas lui. A peine est il ouvert que le caveau est inondé. Comprenant qu’il n’aurait jamais le trésor, Christopher Lee se suicide. Je ne savais pas qu’un pistolet ça fonctionnait sous l’eau… Et nos deux héros s’en sortent… Grâce aux produits dopants utilisés par les super moines… Si, si. S’en suit une fin vite expédiée dans laquelle Jésus se remet. Et nos deux policiers aussi.

Au nom du Reno, du Besson et du Navet

jean-reno-benoit-magimel

Les Rivières Pourpres 2, c’est du bruit. Beaucoup. Trop. Pour rien. Pour un scénario débilitant mêlant confusément préceptes catholiques et gothiques, signé Luc Besson  et dans lequel une pléiade d’acteurs connus est venue s’y noyer. Heureusement que ça n’était pas des inconnus parce que sinon je crois qu’ils auraient pu dire adieu à leur carrière. Les anges de l’apocalypse, ça se résume à des moines dopés avec des produits à rendre jaloux Lance Armstrong ou la fédération russe d’athlétisme, et un ministre allemand voulant s’emparer du trésor de Lothaire II, dont le règne dans l’histoire, entre 856 et 869 est plus connu pour ses querelles familiales que son trésor supposé. Le truc c’est que le scénario confus et mal dialogué, ça aurait peut-être pu passer si la réalisation avait été à la hauteur, or, ce n’est pas le cas. Ce n’est clairement pas possible, avec un budget aussi conséquent, de rater les scènes de baston, de filmer de façon épileptique et d’avoir une lumière aussi dégueulasse. Le lendemain, j’avais encore les tambours qui résonnaient dans ma tête. Pour qu’un film me donne une telle gueule de bois, il faut y aller. Mais peut-être aurais-je dû aller bourré dans la salle, j’aurais peut-être trouvé ça drôle… 

Voilà, c’est tout pour ce deuxième numéro. J’étais parti sur Conan, c’est vrai, mais au final, un autre s’est rappelé à mon bon souvenir. Je n’allais pas laisser passer l’occasion de vous en parler. A bientôt et cette fois, je parlerai vraiment de ce film version 2011.

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Publié le 10/02/2017, dans Cinéma, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Quel dommage ! Il y avait de la matière pour nous pondre une grande suite…

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