Raconte-nous un mauvais film: Samouraïs

Bonjour, et bienvenue dans raconte-nous un mauvais film, qui permettra d’évacuer par écrit mes traumatismes cinéma qui n’ont pas été chroniqués sur le blog. Et cela implique bien évidemment des spoilers. Et pour commencer on remonte un peu dans le temps, avec Samouraïs, sorti en 2002.

Circonstances de l’accident : Lors de la fête du cinéma, en 2002.

Lieu : cinéma Artistic, Orléans (aujourd’hui fermé).

Responsable : Giordano Gederlini.

Samour’aïe aïe aïe

affiche-samourais

C’était en juin. Il faisait chaud. Et beau.Et l’inverse était également vrai. Les cinémas orléanais proposaient, comme partout en France, la fête du cinéma. Mais je me demande si, pour le coup ce n’est pas sa fête que ce truc voulait faire. Rien ne me convenait à l’UGC d’en face également fermé aujourd’hui, et je me rabattais donc sur l’Artistic, géré par Pathé et qui était vraiment situé en face du centre commercial avec l’enseigne concurrente. Et là, je vois : Samouraïs. La tagline était « Pour entrer dans la légende, frappez fort ». Ah, aurions nous droit enfin à un film de genre digne de ce nom made in chez nous ? Bah, à 2 € la séance… Ouais… alors retenez ceci : c’est pas parce qu’on paie pas cher que ça justifie de voir une merde ! Pourtant lors de ces manifestations j’en ai vu des films moyens, voire mauvais, mais celui-ci est sans doute le pire.

Non parce que je vous explique : Samouraïs, c’est un ratage à tous les niveaux,à commencer par l’histoire. Bon allez, je vous raconte le début, à vous de voir si vous voulez voir la suite…

Tout commence dans une époque qui se situe dans le Japon médiéval. Une femme donne naissance au démon Kodeni. Alors je vous explique, c’est un accouchement express dans une bambouseraie de la forêt de Fontainebleau. On voit déjà le côté fauché du film mais qui sait, ça peut être amusant…

Puis on repasse de nos jours, où à Tokyo, le commissaire Morio Fujiwara enquête sur ce démon qui est immortel. Il semble qu’il soit le dirigeant d’une puissante firme de jeux vidéo, dont le prochain jeu, Dark Bushido, va sortir. Mais le policier redoute qu’il puisse se transformer en arme. Alors là, on applaudit bien fort.C’est juste n’importe quoi. Mais voilà que le démon choisit de se réincarner en naissant du ventre de la fille dudit commissaire, Akemi, qui fait ses études à Paris.

Justement, tout se gâte vraiment quand on passe à Paris. On nous met une scène de piscine avec trois hommes, Marco, Nadir et le petit frère du premier. Pendant ce temps, une jeune femme, qu’on devine être Akemi au vu de son visage, se prépare à faire un plongeon. Ça aurait pu être beau si le réalisateur n’avait pas décidé de mettre un élément perturbateur avec le mioche qui tombe à l’eau et manque de se noyer. Akemi le sauve, et fraternise avec les deux grands. Et là, on a Nadir, qui sort un dialogue de banlieusard et sans doute un des pires jamais entendus dans un long-métrage :

« Hé madmoiselle, t’est Japonaise non ? » Qu’en déduire de ça ? Qu’une asiatique c’est FORCEMENT une japonaise, ben tiens ! Ça se devine au premier coup d ‘œil, ce n’est pas comme si c’était grand l’Asie, et comble de ça, ladite Japonaise est jouée par Mai-Ahn Lê, qui est…française. Le seul vrai Japonais, aussi bien de nationalité que de rôle, c’est celui qui incarne Fujiwara, et c’est d’ailleurs le seul à vouloir sauver la baraque au niveau du jeu d’acteurs. A tel point qu’il paraît décalé par rapport aux autres. Pendant ce temps, on oublie de dire que le démon est en salle d’interrogatoire à Tokyo… et qu’il s’échappe.

Le lendemain, Nadir et Marco sont dans un magasins de jeux vidéo parce que le deuxième veut un cadeau d’anniversaire pour son petit frère. Nadir a alors une idée : pourquoi ne pas lui offrir Dark Bushido, il y a la pub dans l’échoppe… Oui, mais le vendeur lui dit que le titre ne sera pas mis en vente avant la semaine prochaine. Qu’importe, le jeune homme s’infiltre dans la réserve. Mais il est tellement con qu’il manifeste sa joie auprès de Marco en lui montrant le jeu… et se fait chopper par le vendeur mécontent… il est forcé de rendre le jeu. Dans le train, Marco lui en veut parce qu’il n’a plus de cadeau pour le frangin. Et là, Nadir sort un exemplaire du jeu qu’il avait caché dans sa veste. Et allez, cliché raciste, bonjour ! C’est bien connu, les arabes sont tous des voleurs ! Putain, j’ai déjà envie de chier sur le film mais le truc dure une heure de plus ! Je vais vous épargner la suite. Ou pas mais on va faire une avance rapide alors.

Je vais juste mentionner que le démon se réincarne en Akemi alors que cette dernière a un coup de chaud, qu’elle consulte un radiologue après avoir fait un malaise qui fait une moue et qui dit « oh, c’est pas beau, ça » au vu de l’échographie, et que Marco décide de l’héberger dans son appartement d’une tour HLM de banlieue. Puis elle donne naissance au bébé démon après trois jours de grossesse, c’est bizarre parce que toutes mes amies qui ont eu un enfant m’ont dit qu’elles avaient accouché au bout d’environ 9 mois à quelques jours près… Morio retrouve sa fille, bien entendu, Omar Sy se fait mettre K-O par les sbires du monstre, et Nadir se pointe avec un fusil à pompe. Tout ça pour une scène finale sur le toit, où Marco a en lui la puce comprise dans le Dark Bushido et que son frangin le contrôle avec…une manette de PS2. Oui, oui. Marco reproduit donc les mouvements du personnage sur l’écran de télé quelques étages plus bas, et ça aurait franchement pu donner quelque chose, une trouvaille dans cet océan de médiocrité, bien que les manettes PS2 n’aient, en pratique, pas le wi-fi, mais même pas. Les scénaristes n’ont trouvé mieux, pour battre le méchant… que la rencontre de la chaussure délassée de Nadir avec un shuriken, qui fait donc un retour à l’envoyeur ! Et voilà, méchant vaincu. PU-TAIN. Tout ça pour ça… Mais de quoi on se plaint ? La fin est heureuse, Marco sort avec Akemi.

Un film de rien avec un casting de nobodies

nadir

Ridicule dans son scénario, le film l’est aussi dans le jeu d’acteurs. En effet, tous jouent comme des sacs. Sauf  le comédien qui fait le commissaire de police japonais, comme je l’ai déjà mentionné. Mais il a dû se sentir bien seul.  Il faut dire que les dialogues sont, la plupart du temps, parmi les plus minables jamais entendus dans  le cinéma français. Cyril Mourali (Marco) et Said Serrari (Nadir) ont grillé leurs carrières cinéma avec ce nanar de compet’, le premier se retrouvera a doubler un des personnages du plus mauvais Tomb Raider qui soit, j’ai nommé L’Ange des Ténèbres, et le deuxième… bah, il a dû retourner à l’anonymat complet. Tout comme Mai-Ahn Lê… Il faut dire que son rôle, en tant que Nadir est caricatural à tous les niveaux. Je me suis dit ce n’est pas possible, il doit improviser ses répliques, et le metteur en scène de l’étron a dû trouver ça chouette. C’est lui qui cabotine le plus. Tiens d’ailleurs, vous avez entendu parler du réalisateur, justement ? Impossible de trouver une info sur Giordano Gederlini, si ce n’est sa date et son lieu de naissance. Mais pas une seule photo. Je pense qu’il est sous la garde des chinois du FBI suite à ce qu’il nous a pondu, ou alors c’est un pseudo pour un ou plusieurs réalisateurs qui n’assument pas leur « œuvre ». Même ceux qui ont utilisé celui de Alan Smithy en auraient eu honte, c’est gentil de ne pas le salir encore plus,toutefois…

Samouraïs, c’était le premier film fait par des scénaristes de Canal+ écritures, tout nouveau studio de jeunes créateurs ouvert par la chaîne cryptée, et co-produit par M6. En voyant le résultat, je me dis qu’ils ont du prendre les premiers venus sur le trottoir, de même pour la réalisation. On le voit, le film n’a pas eu de budget conséquent, entre décors en carton-pâte et cours d’immeubles de banlieue parisienne. De plus, les scènes de baston sont mal filmées et n’apportent rien. les effets spéciaux et de lumières sont cheapos à souhait, je fais mieux avec mon Reflex. La musique ? C’est juste n’importe quoi. Le pire dans tout ça, c’est qu’une partie de la B-O a été faite par… Kenji Kawaii. Oui, le même qui a composé celles d’Avalon,ou encore de Ghost in the Shell, à la hauteur de la superbe de ces films. En être réduit à ça, c’est honteux.  Sans compter les gros, gros clichés et préjugés que le métrage véhicule, j’en ai d’ailleurs mentionné quelques uns. Un sacré navet, qui suscite plus la consternation que le rire, que je ne suis pas près d’oublier. Il faut dire qu’il repasse parfois en deuxième partie de soirée sur NT1 ou NRJ12, trop honteuses pour le programmer en prime. Histoire de ne jamais oublier cet accident cinéma bien de chez nous. Pour un peu je crois que j’aurais dû demander le remboursement de mes deux euros, soit le budget du film, sans doute… Et même si vous le trouvez dans la solderie « tout à 1 € » de Montargis, il ne vaut pas son prix.

Pour finir, je reviens sur la tagline du film, « Pour entrer dans la légende, frappez fort ». Parce que pour frapper, il frappe effectivement, mais pas au bon endroit.

Voilà pour ce premier  Raconte nous un mauvais film , j’espère que cela vous aura plu, et le prochain sera sans doute consacré à Conan, version 2011, et je vous dis à bientôt.

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Publié le 03/02/2017, dans Cinéma, Divers, Les Sous-Doués font un film, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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