[critique RPG] Skies of Arcadia

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Il y avait un moment que je n’avais pas écrit sur le blog… Les raisons sont diverses, allant du manque de motivation à un emploi du temps chargé. Mais aujourd’hui, je répare cette erreur en vous parlant d’un RPG, ma grande passion que j’ai énormément aimé.Si la Dreamcast a eu une carrière hélas trop brève, cela ne l’a pas empêchée d’accueillir des titres ambitieux. Et des RPG . Parmi ceux-ci, impossible de passer à côté de Skies of Arcadia un des grands jeux de la machine et qui se doit d’être joué. Et je vous explique pourquoi dans ma critique.

Les Robin des Bois des cieux

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Il y a longtemps, la Pluie de la Destruction anéantit le monde d’Arcadia. Cette pluie destructrice a profondément changé le monde, Arcadia étant réduit à un groupe d’îles flottant dans les airs.

Mais la civilisation naquit de nouveau, et le nouveau monde se mit à prospérer en profitant des bienfaits des lunes élémentaires.

Maintenant, Arcadia est entré dans un âge d’exploration. Nombreux sont les voyageurs à découvrir de nouvelles contrées et de nouveaux passages.L’Empire Valua, dirigé par l’impératrice Theodora, a décidé de mener cette conquête par la force en envoyant son armada conquérir les nations voisines.

Mais c’est sans compter un petit groupe de rebelles, les Pirates de l’Air, un mouvement divisé en deux factions: Les Pirates Noirs, qui pillent tous les navires, peu importe leur provenance, et les Voleurs Bleus, dont l’idéal est de piller les riches pour donner aux pauvres.

Vyse et Aika, deux amis d’enfance, font partie de ceux-là. Lorsque le jeu débute, ils lancent un abordage sur le cuirassé de l’Amiral Alfonso. Ils trouveront à son bord une jeune femme blonde, vêtue d’étranges habits…Ils ne savent pas encore que cette jeune femme, Fina, est la clé d’un secret terrifiant…

Tant que j’y suis, laissez-moi vous présenter les personnages,d ont le trio vedette plus en détails :

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Tout d’abord, voici Vyse, le héros que vous incarnez. Il a 17 ans, et c’est le fils du capitaine Dyne, pirate bleu réputé. De nature joyeuse et enjouée, il adore les défis. En combat, c’est quelqu’un d’équilibré qui peut attaquer de près comme de loin . Ses attaques spéciales sont basées sur les techniques d’épées.

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Il est accompagné d’Aika, son amie d’enfance. La couleur rousse de ses cheveux est à l’image de son caractère : volcanique. Souvent souriante, elle peut se montrer très jalouse dès qu’une autre jolie femme tente de séduire Vyse. Elle utilise un boomerang, mais sa force de frappe est un peu faible. Ses attaques spéciales sont basées sur le feu ou la défense du groupe.

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Puis très vite, vient Fina. Cette jeune femme est une silvite, issue de la civilisation d’argent. Elle a pour mission de réunir les cristaux de lune pour les mettre à l’abri. Mais l’Empire Valuan la capture… D’un caractère timide, elle est accompagnée de Cupil, son animal multiforme, qu’elle utilise comme arme. Pour augmenter la puissance, vous devrez capturer des «  chams » et les donner à manger au compagnon de Fina.

 

Au fil de l’aventure, d’autres personnages rejoindront le trio principal, de façon temporaire dans un premier temps, pour des raisons scénaristiques. Parmi ceux-ci on peut citer Gilder, Drachma ou encore Enrique, ce dernier étant le fils de l’impératrice de Valua mais estime que la politique de sa mère est mauvaise !

En face de vous, se dressent les 6 amiraux de l’Armada de Valua, chargée par l’Impératrice de s’emparer des cristaux de lune. Vous devrez les affronter, eux, et surtout leurs vaisseaux lors de combats homériques, mais j’y reviendrai plus loin.

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Le monde de Skies of Arcadia est un univers enchanteur, qui se découvre au fil de vos déplacements. Certes, on ne peut pas aller partout dès le début, les régions étant délimités par des barrières flottantes ou des courants trop forts pour être franchis. Cependant, le secteur qui vous est donné à explorer est suffisant pour se perdre dès le début! De toute façon, si les monstres deviennent trop forts pour votre niveau, c’est que vous n’avez pas pris le bon chemin… Si vous êtes perdu, une carte est toutefois disponible en appuyant sur Start pour vous permettre de vous repérer. Cependant, la carte vous sera révélée au fur et à mesure de votre progression.

Dans le détail, il existe 6 civilisations pour autant de lunes différentes : Nasr est celle de la lune rouge, Ixa ‘ Taxa celle de la lune verte, Valua dépend de la lune jaune, Yafutoma s’est développée avec la lune bleue, tandis que les civilisations de glace ( Lune violette) et d’Argent (lune de même couleur) sont sensées avoir disparu. Chacune s’est développée en fonction de l’astre dominant : Nasr est une civilisation désertique avec quelques oasis, il y fait très chaud, Valua a pu se développer grâce à la découverte de l’électricité, et celle de Ixa’Taka vit en harmonie avec la nature, permettant ainsi de développer des sorts guérisseurs ou de poison. Ils sont séparés par des « océans » célestes, composés de vents, pouvant favoriser votre avancée ou au contraire, tenter de vous freiner. L’un d’eux sera d’ailleurs un véritable donjon que vous devrez parcourir avec votre vaisseau.

United Colors of Game System

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Bien entendu, SoA est un RPG dans la plus pure tradition, entendez par là à combats aléatoires.

Ces derniers se déclenchent bien évidemment dans les donjons, mais également lorsque vous naviguez sur votre navire volant. Les membres de votre équipe combattent alors sur le pont. On notera que la musique est différente selon que vous soyez soit dans un donjon ou sur le navire.

Mais la première chose qui frappe lorsque l’on entre en phase de combat, c’est l’immense barre verte plus ou moins remplie qui occupe le haut de l’écran: les Point d’Esprit, ou ES, qui permettent d’utiliser des sorts ou des attaques spéciales. Plus elles seront puissantes, plus elles demanderont de points dans la barre d’ES.

On retrouve ici les commandes habituelles d’un RPG proposant des combats au tour par tour : Attaque à l’arme, utilisation de la magie, mais aussi de techniques spéciales que les héros peuvent apprendre en utilisant des Baies de Lune. Cette option n’est pas à négliger, car certaines peuvent faire de gros ravages même sur les boss. Tâchez d’attribuer les objets permettant cet apprentissage de façon équitable à vôtre équipe. Vous pouvez également demander à un personnage de se concentrer pour augmenter la barre d’ES. La commande tout à droite permet d’utiliser une technique d’équipe, qui fait encore plus mal que les techniques individuelles, mais qui nécessite d’avoir la barre d’ES au maximum. La commande tout à gauche est, bien entendu la fuite. Toutefois, seul le personnage ayant l’initiative en premier dans le combat peut utiliser cette commande. Il faut de plus ne pas en abuser, voire ne pas l’utiliser du tout, sous peine de faire baisser votre réputation de pirate des cieux. Tout est représenté sous forme d’icônes très facilement repérables.

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Les ennemis du jeu sont sensibles à une couleur élémentaire particulière. Le principe du jeu repose là dessus, et ceux qui ont joué à Chrono Cross doivent en avoir un bon aperçu. Les personnages peuvent orner leurs armes de différentes couleurs, chacune représentant un élément. Si vous trouvez le bon, les dégâts seront doublés. A la fin du combat, vous récoltez bien sur de l’expérience et de l’argent. Mais aussi des points pour faire évoluer la couleur qui était sur votre arme lorsque la joute s’est achevée. Au bout d’un certain nombre de points, vous gagnez un niveau dans cet élément et débloquez une aptitude nouvelle que vous pourrez utiliser ensuite en combat. Mais si les autres combattants avaient une couleur différente sur leurs lames, vous récolterez aussi des points dans celles-ci. Un bon système, mais qui réclamera de la patience, car développer chaque couleur prendra du temps.

 

Mais ces combats présentent tout de même quelques défauts. Cela manque cruellement de dynamisme. La vitesse d’exécution est lente. Je n’ai rien contre le fait que cela ne soit pas rapide, car cela nous permet de bénéficier des excellentes musiques, mais là c’est carrément lénifiant. De plus, une technique consiste à faire utiliser la troisième technique d’Aïka , qui fait littéralement des ravages sur tous les ennemis présents dans le combat. Il ne reste ensuite plus qu’à les achever à l’arme. Le problème, c’est qu’une fois qu’on a compris que ça nous facilitait grandement la tâche, et vu la longueur des combats, on utilise plus que cette façon de jouer. Mais n’oubliez pas une chose : si les combats contre les ennemis de base vous semblent faciles, notamment avec la technique que j’ai décrite plus haut, les boss font beaucoup plus mal. Ils disposent de coups vraiment fourbes et même d’altérations d’état pouvant devenir vraiment handicapantes pour votre équipe. Une bonne maîtrise de la barre d’ES, des tours et des soins est impérative pour s’en sortir sans trop de bobos. La musique lors de ces phases varie en fonction de la tournure du combat. Si un de vos alliés est très mal en point voire mis hors combat, elle deviendra très stressante au point de vous rendre fou. Si vous êtes quasiment sur le point de gagner le combat, la musique deviendra plus joyeuse, comme si elle vous encourageait à l’achever.

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Heureusement les combats de vaisseau à vaisseau ou contre les Gigas sont beaucoup plus intéressants . Vous devez déterminer vos actions selon un damier et les actions de l’ennemi selon trois voyants : Vert, vous ne risquez rien, Jaune, il peut tenter une action dangereuse, Rouge, il vous nuira à coup sur et risque de plus, de faire assez mal. Votre vaisseau a un nombre de HP déterminé, mais vous pouvez le réparer avec des Kits de réparation . Là aussi , les combats sont longs, mais bien mis en scènes et assez dynamiques. Parfois, vous devrez prendre des décisions dans l’urgence. Si vous prenez la bonne initiative, vous prendrez un avantage certain sur vos adversaires, qui seront les amiraux de l’Armada, que vous affronterez tour à tour.

Comme Skies of Arcadia se passe dans un monde flottant dans les airs, vous changerez de vaisseau au fur et à mesure de l’histoire. Ce qui vous permettra également de recruter votre propre équipage pour naviguer. Et, vers le milieu de l’aventure, vous découvrirez même une île pour pouvoir loger tout ce petit monde. Le jeu est une aventure qui vous mènera de surprise en surprise.

Réputation, piège à cons !

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Dans Skies of Arcadia, le jeu vous demandera de choisir entre deux décisions lors de phases de dialogues, essentiellement. Si vous choisissez la bonne réponse, une musique gaie se fera entendre, améliorant ainsi votre réputation de fier à bras. Dans le cas contraire, un autre jingle retentira, et une mauvaise réponse peut faire baisser de manière significative cette réputation. Faites attention… Par exemple, dans l’Empire, une fois Fina délivrée, ne dites pas «cela me semble équitable » lorsque l’on vous propose de l’échanger contre la vie sauve… Un autre moyen de monter sa réputation est de faire des combats, mais cela risque d’être très long. D’autant que, même si elle est permise, je rappelle que la fuite fera également baisser votre réputation.

Un monde de rêve

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Le jeu est beau pour de la Dreamcast, jamais les cieux n’ont été aussi resplendissants avec des effets à tout va. Les personnages sont bien modélisés et les boss sont souvent énormes. Les différentes régions célestes sont toutes inspirées de différentes civilisations existantes : Par exemple, Marmaba , la région de la lune rouge, est inspirée de la culture égyptienne, et celle de Yafutoma, qui dépend de la lune bleue, de la culture asiatique. C’est une excellente idée d’y avoir pensé !

A tel point qu’il est dommage que le jeu accuse des chutes framerate ou des ralentissements lors de certaines phases, notamment lors des attaques spéciales. Mais cela reste marginal par rapport aux grandes qualités techniques du titre.

Les musiques font également partie de la grande réussite du titre. La bande-son se compose de 67 morceaux réparties sur 2 CD et ce sont pour la plupart de grands morceaux. Outre le thème des boss, déjà évoqué, on saluera certains thèmes de donjons, de villes, ou même celle des combats sur le pont du vaisseau.

En revanche, le point assez fâcheux concerne les voix digitalisées. S’il y en a presque pas pendant les phases de dialogues, et les personnages s’expriment souvent pas onomatopées, elles sont présentes dans les combats. Mais nous avons souvent l’impression que les personnages parlent dans un seau en fer blanc, ou que le volume change d’un personnage à autre : par exemple, Vyse pourra être presque inaudible pendant qu’il lance une attaque tandis que Aika vous brisera les tympans en faisant les siennes… Mais c’était un problème courant de l’époque, nombre de RPG sur PS1 et PS2, même certains titres faisant partie des plus grands du genre présenteront ce défaut. On le voit, le jeu n’a strictement à envier à ses concurrents de l’époque sur le plan purement technique.

La jouabilité est exemplaire elle aussi : les personnages se manient très facilement, le menu de jeu et de combat sont clairs et faciles à utiliser. Donc, pas de problèmes si vous avez déjà joué à un jeu du genre.Les vaisseaux se pilotent quasiment tous seuls, mais on regrettera tout de même une trop grande fréquence des combats lors de la navigation, ce qui peut agacer à la longue.

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Quant à la durée de vie, vous n’êtes pas près de finir cette invitation à l’exploration et au voyage. Le jeu tient sur deux GD ROM et non seulement l’aventure est longue en elle même mais si vous faites les à-cotés, vous en aurez pour un sacré moment. Le jeu a de plus été traduit en français, pas toujours de façon très heureuse, mais il fallait souligner l’effort.

Il est dommage que le titre soit arrivé chez nous alors que Sega avait déjà annoncé la fin de la production de la console, mais comme on dit : mieux vaut tard que jamais.

Verdict :

Skies of Arcadia est une invitation au rêve et à l’aventure. Le jeu se déroule dans un cadre original digne des plus grands récits de voyages et est magnifiquement réalisé. Bien que les combats soient un peu redondants à force, tout possesseur de la Dame Blanche aurait eu tort de passer à côté de ce chef d’œuvre fait par Overworks, à moins, bien entendu de ne pas aimer le genre. Ce qui serait dommage, vous en conviendrez. Une pièce unique à avoir impérativement dans sa collection.

 

La version Gamecube :

Le jeu est sorti sur la console de Nintendo en 2003, et devait aussi sortir sur Xbox et PS2 mais les versions pour ces deux consoles furent annulées. Il fut renommé en Skies of Arcadia Legends. Le jeu ajoute de nouvelles quêtes de pirates, de nouveaux lieux à découvrir ainsi qu’une nouvelle ennemie, Piastol. Les personnages ont subi un petit lifting avec plus de polygones sur certaines parties du corps mais en dehors de ça le jeu reste graphiquement identique. La fréquence des combats est moins élevée que sur la version d’origine mais il rapportent en contrepartie un peu plus d’XP. En revanche, et c’est plus dommageable, il tient sur un seul mini-disque, tandis que la version DC tenait sur deux. Cela s’est fait au détriment de la qualité musicale, nettement inférieure sur Legends et je peux vous dire que cela s’entend clairement. Pour le reste, que vous le trouviez sur l’un ou l’autre support à un bon prix…n’hésitez pas.

Points Positifs :

Une belle réalisation

Les musiques

Le scénario

Une aventure vraiment épique

Traduit en français

 

Points Négatifs:

Fréquence élevée des combats

Des ralentissements…

Les voix mal échantillonnées

 

Skies of Arcadia

Console : Dreamcast

Développeur : Overworks

Éditeur : Sega

Genre : RPG

Format : 2 GD-ROM

1 joueur

sauvegardes : 27 blocs

Date de sortie : 27 avril 2001 (Europe)

À propos de Julius

Gamer aimant les jeux actuels et rétro, aimant aussi le cinéma les chats, la photo. J'écris aussi. Pour moi, ici, et aussi ailleurs.

Publié le 19/03/2016, dans Divers, Level Up !, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. C’est fou comme le temps passe! Je me souviens de ce jeu acheté en import US et de la difficulté que j’avais eu à le faire fonctionner sur ma dreamcast vu qu’il ne passait pas via le câble RGB!
    Détail amusant, tu soulignes à juste titre l’absence de dialogues parlés et c’est vrai qu’aujourd’hui, ça fait tout de suite vieillot. Pourtant, à l’époque, je me souviens que d’une part, ça ne gênait pas du tout mais surtout que le fait que les personnages aient une bouche était « révolutionnaire » (je mets de guillemets mais vraiment à l’époque, ça avait mis pour moi un sacré coup de vieux aux autres jeux du même genre)

    Merci pour ce bel article qui fait remonter de bons souvenirs 🙂

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