Double critique ciné :Creed , l’héritage de Rocky Balboa

Il y avait longtemps qu’on ne vous avait pas donné une double critique ciné. Creed : l’héritage de Rocky Balboa est l’occasion de le faire. Il sera donc critiqué par vos serviteurs, dont le premier (Julius) n’est ni spécialiste de la série Rocky, (allez-y, jetez-lui des tomates pourries), ni même de la boxe en général, en gros un profane, et le deuxième (C2J) a lui vu tout les Rocky et est passionné par ce sport. C’est parti.

Avis de Julius :

Creed : l’héritage de Rocky Balboa est un très bon film. Même sans rien connaître de ce sport, et assez mal la série Rocky, (oui, je sais…). Le point de départ est assez simple, mais bien trouvé. Adonis Johnson, interprété par un très bon Michael B. Jordan, n’est pas un type qui ne pense qu’à taper sur son prochain. Fils d’Apollo Creed, qu’il n’a pas connu (ce dernier meurt au début de Rocky IV face à Ivan Drago sur le ring-ben quoi, y’a prescription maintenant), il a une passion pour la boxe, fait des matchs le soir dans de sombres bouges de la frontière mexicaine, mais est trader dans une grosse boite. Bref, il mène une vie sans histoire et dans l’ombre de son illustre paternel. Un jour, il décide de tout laisser de sa vie bien rangée pour devenir boxeur professionnel. Et devinez à qui il demande de devenir son entraîneur ? A Rocky Balboa. Rocky, à la fois adversaire, puis ami et entrainé par Apollo. Il n’empêche que Sylvester Stallone, 70 ans, peut encore surprendre, preuve en est dans ce film, dans lequel lui aussi doit mener un combat personnel. Il excelle dans son rôle d’entraineur.

On le voit, lorsque le film débute, la situation de départ se passe à l’opposé du premier Rocky. Cependant, un nom de famille célèbre peut s’avérer lourd à porter…

Une certaine humanité se dégage du film. Cela permet à Ryan Coogler de poser son empreinte et d’éviter un vulgaire copié/collé de la saga culte, tout en montrant qu’il connaît le matériau de base.. J’ia apprécié de développement des différents personnages, qui ont tous leurs forces et leurs faiblesses, ce qui les rend vraiment attachants. Et surtout, humains, en évitant le plus possible la caricature.

Le film est découpé entre scènes de la vie quotidienne, entraînements, et combats de boxe, dont les deux présents sont un peu les points clés du film. Nous voyons ici un apprenti boxeur qui apprend beaucoup auprès de Rocky, qui évolue jusqu’à l’événement final du film retransmis comme une diffusion de match de boxe télévisé. Le réalisateur va même jusqu’à y introduire des synthés.

En plus de l’histoire elle même, on s’aperçoit aussi que Ryan Coogler n’est pas un manche au niveau réalisation : la mise en scène est bonne, aussi bien hors que pendant les combats. De plus, le film dispose d’une bande-son qui envoie du lourd, axée très hip-hop, je ne suis pas forcément fan mais ça colle bien à l’esprit du métrage. Outre les musiques très bien choisies, je voudrais insister sur le « sound design » global : par exemple, pendant les combats, et parfois les entraînements, on ressent vraiment les coups.

Bref, Creed est sans doute un des meilleurs films traitant de la boxe de ces dernières années, mais il est aussi un magnifique passage de flambeau, humain, sincère, et je ne pensais pas aimer autant un film sur un sport qui ne m’attire pas vraiment. J’espère qu’il fera un bon score au « Boxe-Office »…

Julius

affiche Creed

Voilà, c’est sur ce calembour miteux, mais tellement facile que je vous laisse pour donner la plume à C2J, grand spécialiste du Noble Art et de la saga Rocky :

Avis de C2J :

Depuis que je suis petit, je baigne dans le monde de la boxe. J’ai vu de très nombreux matchs et l’univers de ce sport de combat n’a que peu de secrets pour moi. En tant que cinéphile, il était évident que la Saga Rocky fasse partie de mes films de référence et j’ai une affection toute particulière pour cette franchise à l’exception du 5ème film (oui, j’aime même le 4. J’ai une idée toute particulière de ce film. Faudra que je vous explique un jour).

Donc, j’attendais à la fois avec impatience et appréhension que j’attendais la sortie de Creed (non, je ne mettrais pas le sous-titre, je le trouve un poil putassier. Je préfère celui qu’on trouve dans les autres pays : « Né pour combattre »).

Soyons clair tout de suite, c’est une victoire par KO pour Ryan Coogler. Ce film est un petit bijou et clairement le digne successeur de la franchise Rocky.

Le scénario n’est certes pas le point fort du film, mais il a le mérite de nous proposer un schéma quasiment miroir par rapport à la saga dont le film s’inspire : Là où  Rocky  racontait l’histoire d’un mec un peu paumé des bas-fonds de Philadelphie qui se retrouve devant une opportunité inespérée de sortir de l’ornière et qui fera tout pour se faire un nom,  Creed  raconte l’histoire d’un jeune garçon, fils illégitime du légendaire Apollo Creed et recueilli par la veuve de ce dernier, qui décide de tout plaquer pour devenir boxeur et part à Philadelphie (ville considérée comme l’une des places fortes de la boxe aux USA) afin de se faire entraîner par le meilleur ennemi de son défunt père, Rocky Balboa. On peut y voir la quête d’un homme pour sortir de l’ombre d’un géant et qui veut prouver qu’il vaut quelque chose par lui-même.

Ryan Coogler signe ici un film maîtrisé de bout en bout et montre qu’il connaît non seulement la Saga Rocky mais aussi le monde de la boxe sur le bout des doigts. Ce dernier a fait appel a de vrais boxeurs pour jouer les challengers du jeune Adonis Johnson, et pas des tocards. On trouve ainsi André Ward (Champion Olympique 2004 poids mi-lourds et ancien Champion du Monde WBA/WBC des poids super-moyens), Gabriel Rosado (ancien challenger mondial poids moyen) et Tony Bellew (Champion d’Europe et ancien Champion Intercontinental WBC/WBO des poids lourds-légers) au casting.

Mais ce film, même sans la boxe, propose un récit très solide, jouant le funambule entre l’humour, bien plus présent que dans les « Rocky » mais toujours en légèreté et sans fausse note, et l’émotion (là, je ne dirais rien car spoilers), le tout se mêlant sans aucun problème et, couplé aux séquences concernant la boxe, donne au final un récit très bien mené, qui fait passer les 2h15 du film sans problème.

Concernant la mise en scène, on touche presque au sublime. Tous les choix de réalisation sont pertinents et apporte un côté très authentique au récit. Quant aux scènes de boxe, je l’affirme, c’est du grand art. Coogler propose une scénographie d’une très grande modernité pour les combats et ses choix de réalisation donnent de la crédibilité et de l’impact à ces affrontements. L’idée de proposer un match tout en plan séquence en imposant la caméra dans le ring, au plus proche des boxeurs, donne un cachet spécial à ce combat. On ressent vraiment le cœur de l’action et cela nous pousse à soutenir le jeune Adonis Johnson (superbement interprété par Michael B. Jordan) encore plus intensément. Mention spécial au combat final, qui donne presque une leçon de cinéma sur comment filmer un match de boxe au cinéma. De l’entrée du ring, filmé une nouvelle fois en plan-séquence, jusqu’à la dernière seconde du combat, tout est fait pour faire ressentir au spectateur la tension d’un Championnat du Monde de boxe et pour investir ce dernier dans la réussite ou non du jeune héros. A plusieurs reprises, j’ai même surpris Julius, qui était à côté de moi dans la salle, à réagir et s’exprimer au cours de cette scène tellement il était embarqué dans l’action.

Mais tout cela ne serait pas grand chose sans une direction sonore et musicale certes très « street » (le hip-hop prévaut pas mal dans le film), mais parfaitement cohérente, qui souligne excellemment l’action et qui sait faire de belles références aux thèmes originaux de la saga  Rocky  sans appuyer trop lourdement. Au contraire, ces références sont utilisées juste ce qu’il faut pour insuffler une dimension épique au combat final.

Les acteurs jouent tous leurs partitions avec justesse (je ne reviendrais pas sur le cas Michael B. Jordan), mais celui qui sort du lot, c’est bien Sylvester Stallone, qui campe ici à la perfection un Rocky Balboa égal à lui-même (c’est-à-dire bourru mais avec un cœur d’or) mais aussi vieillissant et déphasé avec notre époque, apportant quelques moments drôles au récit, une chose normalement peu courante dans la saga originale. Son Golden Globe est loin d’être immérité et mon intuition me dit que l’Oscar n’est pas inaccessible. Le rôle de l’Étalon Italien est comme une seconde peau pour Stallone et on peut même dire que l’évolution de son personnage fétiche résonne étrangement avec l’évolution de la carrière de son acteur (théorie à développer, faut vraiment que je pense à faire la critique des Rocky).

Pour conclure, je dirais que Creed  n’est pas la suite de la saga  Rocky , mais bel et bien le possible début d’une nouvelle franchise, centré sur un nouveau personnage, aux enjeux différents mais tout aussi intéressants que ceux du petit boxeur de Philadelphie qui aura fait rêver et aimer la boxe à plusieurs générations de personnes, à tel point que le personnage de Rocky Balboa a été intronisé au Hall of Fame de la Boxe pour son action favorable envers ce sport de combat et pour tous les champions qu’il a inspiré. Avec ce film, Ryan Coogler montre qu’il a le potentiel entre les mains pour créer une nouvelle histoire qui, pourquoi pas, en plus de proposer des films de qualité, inspirera de futurs jeunes garçons et filles à pratiquer la boxe en leur rappelant que les légendes se créent « un coup, un pas, un round à la fois »…

C2J

Creed : L’héritage de Rocky Balboa ( Creed)

Genre : Drame

Réalisation : Ryan Coogler

Avec : Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thomson…

Durée : 2h14

Distribution : Warner Bros France

 

 

 

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Publié le 21/01/2016, dans Divers, Pur Film !, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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