Les 25 ans d’une console

Hier, une console fêtait son quart de siècle. Je suis sur que vous allez me répondre que c’était la Game Boy. Oui, pour l’Europe. Mais c’est en Europe justement, ce jour même de l’apparition de la portable de Nintendo, qu’une console qui restera comme une erreur de l’histoire des jeux vidéo, fut lancée. Je veux souhaiter un bon anniversaire à une des consoles les plus pourries qui soient, la Amstrad GX-4000. Non, ce n’est pas 2000, ce n’est pas 3000, c’est 4000 ! Qui dit mieux ?

Le problème, c’est que Amstrad a multiplié les handicaps dès le départ. Si le design de la console pouvait être plaisant compte tenu de l’époque de sa sortie (1990), c’est surtout un CPC camouflé dans un boîtier à brancher sur la télé. La raison est simple, Amstrad, entreprise britannique compte surfer sur la gamme de ses ordinateurs qui ont eu un énorme succès, notamment en France. Seulement, la firme n’a pas su anticiper l’évolution de la technologie des ordinateurs, qui ne cessera de progresser de façon fulgurante au cours des années 90 (composants plus performants et moins chers). Pour garder la main, Amstrad se dit que ce serait bien de mettre un pied sur le marché des consoles.

La GX-4000 est présentée à l’été 1990, avec le soutien des éditeurs du Vieux Continent, dont Loriciel. Amstrad prévoyait de vendre entre 150 000 et 200 000 machines rien que pour l’année en cours. La console est lancée en septembre, à temps pour les fêtes de fin d’année. D’autant qu’avec un prix attractif de 990 francs (150 €) il y avait de quoi attirer les acheteurs.

Amstrad-GX4000-Console-Set

Mais voilà, ce fut un flop. Début 1991 à l’heure des comptes une fois les fêtes passées, la France compte moins de 13 000 GX 4000 vendues. Certains éditeurs, par conséquent, quittent le navire et gèlent le développement de leurs jeux en cours. Dans un ultime effort, la firme baissera le prix à 690 francs (105 €) mais rien n’y fait. Au final, la GX 4000 s’éteint fin 1991, avec moins de trente jeux dans son catalogue.

Voici le cas typique d’un opportunisme cynique. Amstrad savait-il qu’il allait se planter ? Certes, la console était un CPC en plus évolué (plus de couleurs, gestion de la transparence), seulement, sortir une console 8 bits dont le marché est déjà saturé avec notamment, la NES de Nintendo ,la Master System de Sega, et même Atari dans une moindre mesure, c’est aller au casse-pipe. D’autant que ses concurrentes avaient pour elles une ludothèque diversifiée et de qualité. Celle de la GX-4000 n’était pas mirobolante, c’est le moins qu’on puisse dire. Entre portages paresseux du CPC à son lancement et de mauvais jeux, comment voulez-vous faire le poids… Tout n’est ce pendant pas à jeter, il y avait même de bons titres. Mais ils sont sortis assez tard ,cela n’a donc pas suffi. Au total, ce sont 27 jeux qui sortiront sur la console. Cela n’est pas allé sans poser de problèmes, notamment la duplication des jeux qui se comptaient en mois et non en semaines.Forcément, ça n’a pas aidé.

De plus, tout le monde savait que les consoles de génération supérieure, la Super Nintendo et la Megadrive, allaient arriver. La 16 bits de Sega fut lancée en Europe, territoire d’Amstrad, en novembre 1990 soit seulement deux mois après la GX-4000. Le public n’a donc pas été dupe et a préféré attendre le saut de génération.

Non seulement, la GX-4000 est sortie à un très mauvais moment, mais Amstrad n’avait pas non plus la puissance financière pour rivaliser avec les deux géants japonais. Et on le sait, sans argent, un constructeur n’est plus rien, et Sega est encore là pour nous le rappeler.

La seule raison d’acheter une GX-4000 à un gosse était d’être d’une radinerie crasse.

Cet échec, combiné à celui de la nouvelle gamme d’ordinateurs du constructeur, amenèrent Amstrad à se retirer définitivement du marché des consoles et de la micro-informatique.

Voilà pour l’histoire de cette console dont la durée de vie n’aura duré qu’un an. Je ne passerai pas sur la pub raciste de l’époque pour Amstrad Expo, où un des crocodiles de la marque assomme un prétendu Japonais ( avec bandeau et katana… sympa les clichés) avec une massue en disant «On ne touche pas à ma GX-4000 !». Il y avait sûrement moyen d’éviter ça car là c’est le degré zéro de la communication.

Une chose amusante : dans le Tilt hors-série fait pour Auchan fin 1991, consultable sur le site abandonware magazines, la console y figure, avec ses points forts et ses points faibles. Dans cette catégorie, il y est marqué « un avenir plutôt flou ». Le rédacteur ne croyait pas si bien dire.

Publicités

Publié le 29/09/2015, dans Divers. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :