[critique RPG ] Star Ocean

Sorti en 1996 sur Super Famicom et n’ayant jamais franchi les frontières du Japon dans cette version, Star Ocean est pourtant un RPG qui a pu apporter certaines innovations au monde du RPG Japonais. Si vous pouvez maintenant le découvrir sous le nom de First Departure depuis 2008 sur PSP, un retour sur cet épisode fondateur va nous permettre de voir que le jeu préfigurait l’avenir de la série.

SO présentation

People say, the universe is a Star Ocean.

An 346 de l’ère spatiale. La planète Roak est victime d’un étrange mal qui transforme tous les habitants en statue de pierre. Au village de Clatos, Milie, Dorn et Ratix (ou Roddick si vous y jouez sur PSP) font partie de la patrouille locale. Après avoir débarrassé le patelin d’une bande de voleurs, ils apprennent que des habitants du village voisin sont victimes d’une étrange maladie. Le père de Milie, soigneur de son état, s’y rend . Mais il en est lui-même victime, la maladie se transmettant juste par simple contact physique. Le trio décide de le sauver et ont entendu parler d’une herbe miraculeuse sur le Mont Metox, tout près d’ici. Mais Dorn est à son tour touché…

Alors sur le point d ‘arriver au sommet du Mont Metox, ils rencontre de façon purement fortuite, Ronixis et Iria, qui enquêtaient sur le mystérieux mal qui ronge la planète. Nos trois amis décident de les suivre, bien que les deux viennent d’une époque technologiquement plus avancée et que cela soit une violation de l’Underdevelopped Planet Protection Pact, qui interdit tout contact avec des civilisations et planètes n’ayant pas atteint un certain degré d’évolution, pour ne pas perturber leur développement.

Ils apprennent en fait que le mal est un virus transmis par la planète Resonia. Malheureusement , il n’existe plus aucun moyen d’enrayer le mal, car le porteur initial du virus est mort depuis trois siècles. Malgré tout, Ronixis, Iria, Ratix et Milie décident de tenter le coup, c’est à dire de se téléporter 300 ans en arrière sur Roak via la Porte du Temps, qui se trouve sur la planète Styx…

La Porte du Temps sera présente dans chaque épisode de la saga.

La Porte du Temps sera présente dans chaque épisode de la saga.

Une technique à la pointe

Pendant ce long prologue, vous aurez eu le temps d’observer le jeu. Et une chose est sure, c’est beau. Et pour cause, Star Ocean demeure la plus grosse cartouche jamais sortie sur la 16 bits de Nintendo en terme de mémoire. Pour obtenir le rendu graphique ainsi proposé, le jeu utilise des technologies vectorielles, le DUET ( Dual Unit Effect Translation), qui donne un effet de 3D concernant les graphismes. Les sprites sont énormes et même si la palme pour le plus beau jeu de la console varie selon les personnes, le premier Star Ocean est un prétendant au titre. C’est beau, c’est coloré, et on regrettera juste un manque de variété des sprites des PNJ dans les villes, mais le travail fait est énorme.

Le décor automnal est un des plus réussis du jeu.

Le décor automnal est un des plus réussis du jeu.

Il en est de même pour le son. Motoi Sakuraba signe ici une bande-son utilisant le VRSS, pour Virtual Reality Sound System, permettant de donner un effet de profondeur aux effets sonores et aux partitions. Star Ocean fait sans conteste partie des travaux les plus complets du maître, et on ne se lassera pas d’écouter le thème de début, le premier thème de carte, ou celui des boss… La bande-son tient sur deux CD et les morceaux sont nombreux. C’est aussi très varié niveau des bruitages, et chose ultime, le jeu dispose de voix digitalisées. La séquence d’introduction, extraordinaire, est doublée en anglais.

Vous le voyez, il innovait déjà sur le plan technique. Voyons un peu ce qui se passe durant le jeu.

Cyus a une façon de parler assez...spéciale.

Cius a une façon de parler assez…spéciale.

C’est privé !

Bien entendu, le titre obéit dans sa majeure partie au déroulement classique d’un RPG : vous explorez des villes, des donjons, et il y a une phase carte, avec des combats qui surviennent de façon aléatoire. Du moins c’est ce qu’on voit à première vue car si nous rentrons dans les détails, le jeu va beaucoup plus loin que ça. Vous remarquerez que lorsque vous arriverez aux abords d’une ville, un message s’affichera en haut de l’écran et marquera «Private Action» («Action Particulière») : Cela signifie en gros que si vous appuyez sur Y, le groupe se séparera en ville. Il se reforme si vous en sortez. Toutefois ces scènes, bien que facultatives, ne sont pas à négliger. Cette interaction poussée avec les membres permettront d’être plus ou moins appréciés par eux, selon les actions que vous faites ou les réponses que vous donnez. Il n’est pas possible de voir le compteur d’appréciation entre les membres, mais cela peut avoir des actions sur les combats : Par exemple, un membre qui vous apprécie beaucoup pourra rentrer dans une rage folle si vous êtes envoyé au tapis. Contre les boss, ça peut servir. Pour prendre un exemple de « Private Action »simple et au début du jeu : Lorsque vous arrivez à Clatos 300 ans dans le passé, Iria se rend compte que ses vêtements ne sont pas adaptés et peuvent choquer la population locale. Elle charge donc Ratix de lui en chercher d’autres. Vous avez alors trois choix . Le premier sera d’aller en boutique, et d’acheter ceux proposés par le vendeur. Ou bien vous pouvez aller chez une vieille dame et soit lui demander de vous en donner, soit voler ceux qui sèchent au fil à l’extérieur de sa maison. Selon l’action que vous ferez, Iria sera plus ou moins contente. On retrouvera ce système, parfois de façon plus subtile, dans les épisodes futurs.

Iria tient à son intimité...

Iria tient à son intimité…

Concernant les membres du groupe, sachez que seuls Ratix, Mily, Ronixis et Iria rejoindront automatiquement votre équipe, les autres étant totalement facultatifs. Ou ne viendront qu’à certaines conditions, et selon vos choix, vous ne pourrez en recruter d’autres. Ce qui implique à faire deux parties pour tous les avoir, ce qui en fait un jeu totalement non-linéaire sur ce plan, mais aussi de découvrir d’autres aspects de l’histoire. Il doit être techniquement possible de terminer le jeu avec les quatre persos de base, même si cela est déconseillé car certains donjons peuvent se révéler difficiles.

Joshua dispose de sorts assez puissants.

Joshua dispose de sorts assez puissants.

Craft Ocean

Les combats sont aléatoires, mais ne se déroulent pas au tour par tour. Vous approchez l’ennemi et appuyez sur le bouton en temps réel pour le taper. Le jeu peut paraître bourrin à première vue mais foncer dans le tas sans réfléchir peut souvent mener à la mort. Il vaut mieux aider un partenaire en difficulté, que d’aller seul dans son coin. J’ai d’ailleurs un reproche à faire au jeu, et cela se retrouvera dans le deuxième épisode : la difficulté inégale de ceux-ci. Vous pouvez sortir d’un combat que vous avez remporté les doigts dans le nez et vous prendre une rouste monumentale au suivant. Par exemple, vous avez infligé une sévère correction aux ennemis, mais vous tombez ensuite sur 4 monstres qui pétrifient tout le groupe sans avoir eu le temps de réagir… C’est du vécu, oui… Pour preuve, regardez un peu la capture ci-dessous. Les joies de l’aléatoire… Comme on dira quelques années plus tard dans Final Fantasy X, «Joie et Félicité»…

Vous voulez savoir la suite ? Je n'ai pas pu m'enfuir. Avec deux perso au tapis et un pétrifié...

Vous voulez savoir la suite ? Je n’ai pas pu m’enfuir. Avec deux persos au tapis et un pétrifié…

Bien entendu, chaque combat remporté rapporte XP et argent ( parfois aussi des objets). A chaque changement de niveau, vous récoltez des Skill Points, c’est à dire des points de compétences. Il faut aller dans le menu du même nom pour les attribuer aux talents que vous devez acheter en ville. Vous ne devez pas négliger cette étape Les sets coûtent parfois cher, mais sont indispensables pour développer les compétences passives ou actives au combat. Quel bonheur de ne pas finir sonné par une attaque d’un ennemi ou de résister à un empoisonnement ! De même, certaines compétences comme la cuisine, permettront d’obtenir ou de fabriquer plus facilement des objets. Chaque talent possède 10 niveaux d’évolution et plus vous les avancerez plus ils demanderont de SP. Mais bien exploités, ça facilite grandement les combats, car vous auriez tort de croire que vos adversaires resteront inertes…

Vous dépenserez vos SP dans des compétences que vous devrez acheter en ville.

Vous dépenserez vos SP dans des compétences que vous devrez acheter en ville.

Le système de combat et de gestion des compétences est intuitif est très bien trouvé, et on se prend très vite au jeu.

De plus, le système de craft, appelé « Item Creation », permet à partir du menu d’objet, d’en créer de nouveaux en combinant certain d’entre eux avec un matériaux. Selon le niveau des différentes compétences demandées et de la qualité des objets, vous aurez plus ou moins de chance d’en obtenir.Pour en créer certains il vous faudra aussi des objets spéciaux. Si cette étape n’est pas indispensable dans un premier temps, il faudra penser à la maîtriser dès la moitié du jeu pour pouvoir vous en sortir plus facilement. Un système simple et intuitif, bien qu’ayant une bonne part d’aléatoire.

Ça peut toujours servir.

Ça peut toujours servir.

Là haut dans les étoiles…

L’histoire de Star Ocean était, compte tenu de sa sortie, innovante et bien trouvée. Le jeu est avant tout un space-opera classieux, mais pas classique. Les J-RPG spatiaux étaient plutôt rares, à tel point que ce jeu était une petite bouffée d’oxygène par ses idées et son univers. L’histoire est bien amenée et surprenante. Pour la durée de vie, terminer le jeu en ligne droite ne devrait pas prendre plus de trente heures. Cependant, vos explorations pourront vous mener vers des donjons que vous ne verrez pas forcément, ainsi que des personnages que vous n’aviez pas eu avant. Par ses innovations et son ambiance, Enix publie ici un RPG aux antipodes de Dragon Quest. Pouvions nous alors savoir que les innovations qu’il a posées se retrouveraient dans les les épisodes suivants ?

A quoi sert ce sablier à Sylvalant ?

A quoi sert ce sablier à Sylvalant ?

Toujours est-il que sa « non-sortie » occidentale s’explique par deux facteurs : Le premier est que les consoles 32 bits étaient déjà bien présentes, et le deuxième que la plupart des éditeurs japonais considéraient le public européen comme n’étant pas encore prêt à accueillir ce genre de jeu. En 1996, l’Europe n’avait pas encore vu l’ombre d’un seul Final Fantasy (sauf ceux qui achetaient en import), aussi étonnant que cela paraisse.

Star Ocean est un peu comme un passage de témoin. Il est un des derniers du genre à être sorti sur Super Famicom, laissant une trace avant que les 32 bits ne prennent définitivement le marché. Dans le domaine du RPG, celle qui a plutôt brillé fut la PlayStation.

A la redécouverte d’un jeu oublié…

Aujourd’hui avec la généralisation de l’émulation, redécouvrir le jeu est un jeu d’enfant.

Il faut toutefois garder à l’esprit que Star Ocean est à l’origine une cartouche spéciale, et si l’envie vous venait d’y jouer par émulateur, sachez que le jeu est plus ou moins bien émulé selon celui que vous utilisez. Il se peut que vous ayez des sauts de son ( plus de musiques, ou morceaux qui buggent), par exemple, ou des plantages sans explications. Cependant vous devriez être capables de bénéficier de l’aventure malgré tout. Sauf si vous en utilisez un vraiment très ancien. Dans ce cas, le jeu utilisant des puces spéciales, vous n’aurez, par exemple, que des rectangles en guise de formes…Ça m’est arrivé.

Une autre solution est d’y jouer avec la version sortie sur PSP. Certes, elle est devenue rare,a été rebaptisée « First Departure », et c’est un remake fait avec l’aspect graphique du deuxième jeu de la série. Un lifting bienvenu qui ne change pas fondamentalement l’aventure, mais qui bénéficie d’une traduction en anglais de façon officielle. Par exemple, le héros est rebaptisé Roddick au lieu de Ratix. Il y a aussi une refonte de la carte, bien plus lisible. Si vous la trouvez,n’hésitez pas.

SO plage

Petite promenade nocturne sur la plage.

Verdict :

Star Ocean est un des RPG comme la Super Famicom savait nous en offrir. Mais il est également un magnifique chant du cygne pour cette console. Enix, alors concurrent de Square, sortit un excellent jeu, innovant dans son système bien plus profond qu’on ne pourrait le penser, mais laissant aussi une certaine liberté au joueur. Il a quelques défauts mais rien qui n’entache le plaisir de jouer et tout rôliste se doit de le découvrir d’une façon ou d’un autre. Le premier jeu d’une saga, ça ne s’oublie pas comme ça.

Points Positifs :

Techniquement à la pointe

Système de combat intéressant

Système de jeu profond

Sakuraba a fait d’excellentes musiques

Un jeu non-linéaire.

Points négatifs :

Certains combats peuvent vite tourner à la catastrophe

Mily ressemble à Arche, de Tales of Symphonia

Où en est la série actuellement ?

Le premier Star Ocean sortit en 1996 et n’a jamais franchi de façon officielle les frontières du Japon sur la 16 bits de Nintendo. Il faudra pour l’avoir de façon officielle attendre le remake sur PSP dont je viens de parler. Mais l’année d’après sortit Final Fantasy VII sur PlayStation avec le succès que l’on sait.

 Star_Ocean_Second_StoryEnix se devait de réagir et sortit en 1998 Star Ocean : The Second Story sur la même console, mais le jeu mettra près de deux ans à arriver en France. Il tient sur 2 CD et raconte les aventures de Reina,une jeune femme de la planète Expel,et de Claude C. Kenny, fils de Ronixis du premier jeu. Vous devez choisir un des deux au début de l’aventure. Un très bon RPG avec un Sakuraba inspiré (la musique de la carte, bordel!) qui de plus était sorti avec une traduction en français dans les textes. Malheureusement, comme il ne sortit qu’en 2000, le jeu fut qualifié de «  dépassé » au niveau graphique, notamment après le passage de Final Fantasy VIII et distribué en très petit nombre. Une fois de plus vous pouvez le redécouvrir via la PSP sous le nom Second Evolution, mais les textes seront cette fois en anglais.

Le troisième Star Ocean sortit en 2003 au Japon et en 2004 chez nous, mais ne fut pas traduit. Il est resté avec des textes SO 3 coveren anglais. Le jeu proposait un certain challenge, une aventure longue tenant sur 2 DVD (chose plutôt rare sur PS2), mais a divisé sur son histoire, notamment sur sa fin. Ce qui se comprend, mais qui n’enlève rien aux immenses qualités du jeu. A noter pour la petite histoire, que les premières copies se sont révélées incompatibles avec la première génération de PS2 japonaises. Square Enix dut en toute hâte rééditer d’autres versions du jeu, baptisées « Director’s Cut», et ce sont celles dont nous avons bénéficié en Europe. Avec quatre donjons bonus en prime, ça ne se refuse pas.

Star_Ocean_The_Last_Hope_cover

En 2009 sortit le quatrième opus de la série, d’abord sur Xbox 360 puis l’année d’après en version « International » sur PS3. Le jeu, sous titré The Last Hope, propose un bon système de combat, mais un casting on ne peut plus cliché et un scénario qui commence bien, mais qui ne tarde pas à s’enfoncer dans les méandres de la mièvrerie avec un héros tête à claques… Il n’y a d’ailleurs pas que lui au niveau du casting.

Mais d’après le producteur du jeu, le développement de cet épisode a plutôt été chaotique… je veux bien le croire.

Nous savons depuis l’E3 que le cinquième épisode est en cours de développement, intitulé « Integrity and Faithlessness », il sortira sur PS3 au Japon et sur PS4 partout dans le monde en 2016. Si on ne devrait pas échapper aux persos clichés au vu des images montrées, le système de combat proposera une dimension tactique et aléatoire qui à l’air assez plaisante sur le papier. J’espère toutefois que le cinquième jeu ne sera pas aussi niais question scénario que le quatrième épisode…

Le logo du cinquième jeu ressemble à celui du troisième.

Le logo du cinquième jeu ressemble à celui du troisième.

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Publié le 01/09/2015, dans Back to the Pixels, Level Up!, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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