Archives du 04/07/2015

[Crititique T-RPG] : Shining Force II

La Megadrive n’est pas forcément réputée pour ses RPG. Si dans le domaine, elle était moins bien lotie que la concurrence, force est d’admettre qu’à de très rares exceptions, ils font partie des grands jeux de la console : Phantasy Star II, III  et IV, Soleil, LandStalker, et j’en oublie sûrement, sont des jeux à faire.

C’est dire si elle était connue pour ses Tactical RPG… Et pourtant, elle mérite aussi d’être reconnue pour la qualité de ces derniers. Nous allons voir pourquoi Shining Force II vaut largement le détour et reste un de mes favoris dans le genre.

shing force japanese box art

J’ai préféré vous mettre la jaquette japonaise du jeu, tant l’occidentale est moche…

Le jeu est le troisième de la série « Shining » à sortir sur la console, après Shining in the Darkness et Shining Force. In the Darkness était un dungeon-crawler avec des combats au tour par tour en vue subjective. Le premier Shining Force établit les codes du T-RPG de la série. Un épisode qu’on se doit de découvrir bien qu’étant assez court.Ces deux titres ont été développes en collaboration avec Climax Entertainment. Cette fois, Sonic Software, qui sera rebaptisé Camelot Software Planning en 1995, se lance tout seul dans le grand bain. Force est d’admettre que leur expérience passée a servi.

Shining Force II_007

Par une sordide nuit d’Orage…

Nous sommes au royaume de Granseal, un soir d’orage. Dans de sombre ruines,et sans le savoir, le voleur Slade dérobe avec ces deux acolytes les bijoux de la lumière et des ténèbres, qui servaient à maintenir le démon Zeon enfermé pour l’éternité. Le lendemain, le roi de Granseal tombe malade.

Vous, le héros de cette histoire, alliez rejoindre vous camarades de classe et Sir Astral, votre instructeur, pour une nouvelle journée d’école. Mais comme ce dernier est aussi conseiller à la cour, il est vite appelé pour venir en aide au roi.

Vous en profitez donc, avec vos camarades Chester le centaure et Sarah la mage blanche, pour aller l’assister. Mais très vite, vous vous apercevez que votre seigneur est possédé par un démon, un « Evil Gizmo ». Astral parvient à l’exorciser du roi et le monstre s’enfuit, cependant, la Tour des Anciens est désormais ouverte, ce qui ne présage rien de bon…

La suite des événements feront que toute cette petite troupe avec quelques autres, sera obligée de quitter l’île de Granseal, du moins de façon temporaire…

Sarah et Chester seront les tous premiers personnages à rejoindre votre équipe.

Sarah et Chester seront les tous premiers personnages à rejoindre votre équipe.

La Force ? Oui, la Force.

Shining Force II propose une trentaine de personnages jouables. Vous incarnez un jeune homme du nom de Bowie ( nom donné par défaut par le jeu si vous ne rebaptisez pas, sans doute en hommage au chanteur très connu), et chaque personnage appartiendra à une classe donnée. Cependant, l’équilibre est mieux trouvé que dans le premier jeu et tous sont travaillés. Chaque personnage dispose de quatre emplacement d’objets, dont un occupé par l’arme de combat. Si je peux vous donner un conseil, n’hésitez pas à leur acheter au moins un objet de soin pour les batailles.

Chaque classe dispose d’avantages et d’inconvénients en combat. Par exemple, Chester n’est pas performant sur les terrains sableux, en tant que centaure, mais peut jeter sa lance à deux cases de distance pour toucher les ennemis.

Le jeu se découpe en deux phases distinctes : la phase recherche et la phase de bataille. La première vous permet d’explorer les villes, de parler avec les habitants et de faire des achats. La deuxième se déroule sur les vastes aires permettant de voyager. Vous voyez apparaître des monstres, et devrez les éliminer pour passer.

A défaut de trains...

A défaut de trains…

Le principe de base du combat est le même que celui du premier jeu. Cependant, le jeu ne fait pas toujours deux phases distinctes et un allié peut jouer juste après le tour d’un ennemi, par exemple, car il est basé sur l’agilité des personnages. Tous les personnages sont limités par une zone de déplacement, qui n’est pas à prendre à la légère. Si vous gérez bien le principe, vous pourrez empêcher l’ennemi de prendre l’initiative d’un combat. Si deux unités adverses se rencontrent, une scène se déclenche. Celui qui tape est le belligérant qui a déclenché la rencontre, ce qui veut dire que vous donnerez des coups, mais il faudra aussi vous attendre à en prendre pas mal. Chaque coup porté à l’adversaire, qu’il soit à l’arme ou avec de la magie, rapporte des points d’expérience. L’idéal est d’achever l’adversaire, ce qui rapporte un maximum d’XP au combattant, en plus de pièces d’or. Parfois, vous aurez droit à une esquive ou une deuxième attaque. Pour ces deux facteurs assez aléatoires, on est ravi quand c’est pour un de nos alliés, et nettement moins lorsque ce sont les adversaires qui en bénéficient ! Pour ce qui concerne les coups, il faut également faire attention au «  Field effect » qui peut affecter les personnages, sauf ceux qui peuvent voler. Tous les 100 points d’XP, vos personnages gagnent un niveau. Il faut donc réfléchir qui vous voulez faire évoluer. De fait, il est souvent assez dur de faire évoluer les mages en début de partie.Notamment les guérisseurs, car le sort de départ ne rapportera que quelques XP. Il faut toutefois faire attention, le jeu limitant la montée en puissance trop facile. Passé un certain niveau, qui varie selon les ennemis et votre avancée dans le jeu, les XP diminueront, jusqu’à n’en rapporter plus qu’un seul quoi qu’il advienne.

Vous vous souviendrez longtemps de cette partie d'échecs...

Vous vous souviendrez longtemps de cette partie d’échecs…

Bien entendu, si les HP d’un allié arrivent à 0, il est éliminé du champ de bataille. Heureusement, ce n’est pas Fire Emblem ou Final Fantasy Tactics, et la perte d’un membre n’est que temporaire, vous pouvez le ressusciter à l’église en sélectionnant l’option « Raise » auprès du prêtre, mais le prix variera en fonction du niveau. Si le héros est éliminé, vous reprenez depuis l’église, et devrez refaire toute la bataille précédente.

Le jeu permet aussi de mettre fin à une joute si le boss est éliminé, faisant ainsi disparaître les autres unités adverses. Vous récupérez tous vos HP/MP après chaque bataille.

La bataille contre le Kraken, culte.

La bataille contre le Kraken, culte.

May the Shining Force Be With You

A partir du niveau 20, vous avez la possibilité de «  Promouvoir » à la classe supérieure un personnage qui a atteint ce palier auprès d’un prêtre. Toutefois, je vous conseille d’attendre un peu, car même si on ne perd plus toutes les statistiques comme dans le premier jeu, vos personnages ne seront que plus forts. Sachez aussi que les cinq classes principales ont également accès des « promotions spéciales », qui ne sont accessibles qu’en trouvant des objets très bien planqués. Si le gain est évident par rapport à la promotion de base, il ne faut toutefois pas avoir cédé à la tentation d’avoir déjà fait évoluer le personnage visé. En effet, une fois effectuée, on ne peut plus revenir en arrière. Certaines promotions cachées n’ont aussi pas que des avantages. Par exemple, si vous trouvez l’objet permettant à un archer de devenir « Brass Gunner » au lieu de sinper, la puissance sera amoindrie par leur putain de lenteur !

Cependant, les promotions peuvent transformer totalement un personnage et pas seulement au niveau de son apparence. Slade devient enfin un combattant valable, et je ne vous raconte pas pour Peter…

Shining Force II a également pour lui un monde assez vaste. Une fois partis de Granseal, vous irez sur le continent de Parmécia , et je vous garantis que vous allez en voir,du pays. Et croiser diverses personnes, qui parfois rejoindront vos rangs, et surtout, combattre Notamment parce que les aires de jeu sont des terrains de guerre. Cependant, on notera la variété des peuples du monde de Shining Force II ( humains, centaures, elfes, beastmen, wolfmen, etc.)qui en font un jeu cosmopolite qu’on a plaisir à parcourir.

Vous jugeant responsable de la situation, Volcanon refusera de vous aider. Ingrat.

Vous jugeant responsable de la situation, Volcanon,  le dieu des Birdmen, refusera de vous aider. Ingrat.

Shining Force Puissance II

L’apport technique ne saute pas immédiatement au yeux, mais des améliorations sensibles par rapport au premier ont été apportées : graphiquement, le jeu est plus lisible, mais aussi plus détaillé et plus vif au niveau des couleurs. Les musiques sont elles aussi plus enjouées, et ce n’est pas un défaut, bien au contraire, au vu du contexte scénaristique, et le thème principal du champ de bataille, Wandering Warriors, reste un des meilleurs du genre. La musique change aussi lors des combats : héroïque si c’est la Force qui attaque, ou angoissante si c’est un ennemi. Certains boss ont leur propre thème. Les bruitages sont assez variés, et chaque personnage important a son bruit de texte lorsqu’il parle, sensé reflété un ton de voix. Les plus avertis sur le plan auditif auront remarqué que les sonorités et bruitages sont repris de LandStalker. Shining In the Darkness et le premier Shining Force ont été développés en collaboration avec Climax, ce qui explique les sonorités identiques.

On retrouve les créatures typiques d'un jeu du genre dans un univers d'Heroic Fantasy.

On retrouve les créatures typiques d’un jeu du genre dans un univers d’Heroic Fantasy.

Le gameplay est une nouvelle fois intuitif à base d’icônes à sélectionner. La manette à trois boutons est très bien exploitée, avec A et C qui servent à faire des actions ou en confirmer une, et B à annuler ou refuser. Ce système très simple, Camelot le reprendra dans d’autres titres, notamment Golden Sun. Au niveau des améliorations, on notera que le jeu passe enfin les objets à vos partenaires si vous ne pouvez plus en prendre, du moment que l’un d’eux a un emplacement libre. De plus vous avez également la fonction qui permet d’échanger un objet entre membres. Ça encourage vraiment l’exploration.

Les fonctions que vous pouvez  faire à l'église : sauvegarder ( en bas), ressusciter ( en haut), promouvoir  ( à droite) et soigner ( à gauche). Seule la  sauvegarde est gratuite.

Les fonctions que vous pouvez faire à l’église : sauvegarder ( en bas), ressusciter un membre tombé au champ de bataille, (en haut), promouvoir ( à droite) et soigner ( à gauche). Seule la sauvegarde est gratuite.

Shining Force II est un jeu long, très long, avec beaucoup de phases de dialogues, mais vous aurez plus de 40 batailles majeures à faire avant d’en voir le bout. Le jeu est de surcroît d’une difficulté plus élevée que son prédécesseur et vous devrez parfois en recommencer certaines pour éviter trop de pertes. Heureusement, il n’est pas très punitif. Il n’en reste pas moins que certaines batailles sont cultes, notamment celles contre le Kraken ou les «  Greater Devils ». Les complétistes seront également aux anges, avec les promotions de classe cachées déjà mentionnées dans cette critique, mais aussi les fragments de mithril au nombre de 15 à trouver pour forger les armes les plus puissantes du jeu, les personnages facultatifs, les références dans les bibliothèques (dont une au grand méchant du premier jeu) ont de quoi vous occuper encore plus.

Peu à peu la Force s'agrandira.Certains personnages sont facultatifs.

Peu à peu la Force s’agrandira.Certains personnages sont facultatifs.

L’histoire, somme toute assez simple, n’en reste pas moins passionnante, et surtout, n’est pas avare en rebondissements. Certains événements sont facultatifs, mais tous ces ingrédients mélangés font qu’une fois qu’on entame une partie de Shining Force II, il est très dur de lâcher sa manette.

Vous allez me dire que le jeu parfait n’existe pas, et qu’est ce que je pourrais trouver à reprocher à ce jeu qui est tout de même fantastique ? Qu’il est tellement rare chez nous que la cartouche Megadrive se vend à prix d’or, aux alentours de 90 € . Le pire c’est que le jeu Shining Force III Scenario 1 sur Saturn, se vend lui encore plus cher, à 150 €.

Le jeu en lui-même n’est cependant pas si rare. Vous pouvez le trouver sur les différentes compilations que Sega a sorti, notamment l’Ultimate Collection, sur la Virtual Console de Nintendo et même via Steam pour un prix modique.

Verdict :

Shining Force II fait partie des références du T-RPG à n’en point douter. Il améliore les points forts de son aîné et en corrige les principales faiblesses, et donne une aventure longe et passionnante. A tel point que c’est dur de le lâcher. Encore une brillante réussite, c’est le cas de le dire, de la 16 bits de Sega.

Points positifs :

Casting équilibré

Histoire passionnante

Surpasse ses aînés.

Système de jeu intuitif

Difficulté revue à la hausse.

Points négatifs :

Parfois énervant

Un poil répétitif

La cartouche Megadrive se vend à prix d’or !

Shining Force II

Éditeur : Sega

Développeur : Sonic/Camelot

Genre : Tactical RPG

Nombre de joueurs : 1

2 sauvegardes

Date de sortie : Octobre 1993 (Japon)/ 2 juillet 1994 (Europe)