TFGA #9 : Nos peurs inavouables (Julius)

Le thème de ce Top Five Game Addict de ce mois donné par alex est « Nos peurs inavouables », autrement dit, nos craintes concernant les jeux vidéo. Autant vous dire que personnellement, je flippe à propose de plein de choses concernant cette industrie, mais ce top 5 permettra de mettre en lumière celles que je crains le plus. Attention, ça ne veut pas dire que ce que je crains de voir est une réalité… 

5-Shenmue III

Je n’ai pas attendu l’E3 pour avoir des craintes vis à vis de ce jeu, s’il se faisait un jour. Plus le temps passait, et plus les espoirs se sont amenuisés, jusqu’à ce que le jeu se montre lors de l’E3 de ces derniers jours. Pourquoi  avoir peur? Parce que le monde du jeu vidéo a évolué depuis 2002. Tout le monde loue Shenmue pour ses innombrables qualités. Pendant toutes ces années, combien de fois ai-je entendu «  ah ouais, Shenmue III, ce serait top ! » Mais combien y ont réellement joué et savent que ces titres contiennent aussi des contraintes dans ses règles ? Par exemple, dans le premier, passé 23 heures, Ryo devra aller se coucher. Il devra aussi s’entraîner à améliorer ses coups. Entre autres. Alors avant de vous jeter sur le troisième, et de donner votre argent aveuglément, voyez d’abord ce que les deux premiers ont à offrir, et si vous accrochez. De plus, que vont dire les fans si le jeu n’est pas à la hauteur des attentes ?

shenmue

4- La généralisation des Kickstarters pour des projets triple-A

Le cas de Shenmue III m’amène à celui-ci. Un Kickstarter a été lancé. En réalité, on a su ensuite que Sony était déjà prêt à financer le projet, et que cela n’était que pour tester le marché. Alors OK, c’est Shenmue, c’est assez particulier, mais il ne faudrait pas que cela devienne une sale habitude. Que des petits développeurs indés le fassent, je comprends parfaitement. Mais qu’un gros puisse demander des sous alors qu’ils ont de quoi faire, non. J’ai bien peur que l’exemple de Shenmue III fasse tâche d’huile. Imaginez-vous Ubisoft lancer une telle campagne pour financer leur prochain Assassin’s Creed ? Ou Activision pour un Call of ? Si des grands en arrivent là, c’est que le public n’adhérera plus spontanément à leur séries. Plutôt que de continuer sur d’innombrables suites, peut-être serait-il temps de tourner la page et de partir sur de nouveaux projets pour susciter de nouveau leur enthousiasme.

3- Ou est passé le multijoueur local, bordel ???

Ben oui… Un proverbe dit que «  plus on est de fous, plus on rit ». Et cela se vérifie en matière de jeux vidéo. Quelle joie de pouvoir jouer à plusieurs sur un canapé, à s’envoyer des carapaces à Mario Kart et à rivaliser de mauvaise foi, ou de faire un Bomberman à 4 ( voire à 10 sur la version Saturn) et d’exploser les autres à grands coups de bombes ! Une tendance hélas en voie de disparition, privilégiant le « Online » à plusieurs… Si certains jeux offrent la possibilité de faire des salons privés, ça ne m’enchante pas forcément de me retrouver avec des inconnus…

Saturnbomberman

Même Splatoon, qui offre des principes très originaux, ne propose que deux joueurs en local, pour des duels manquant de pêche . Il aurait proposé un mode 4 joueurs local avec diverses options, en plus du mode online très bien fait il faut le dire, il aurait pu devenir vraiment un très, mais alors très grand jeu. Pour Splatoon 2, peut-être ?

2- La généralisation des DLC et des pay-to-win

Étant un grand adepte de rétrogaming, je ne peux m’empêcher de penser qu’au moins, malgré certaines contraintes, on avait les jeux entiers. Pas besoin d’aller sur Internet pour avoir une carte de jeu supplémentaire. D’accord, Capcom sortait déjà ses itérations de Street Fighter II améliorées,d’une année sur l’autre, mais cela restait rare.

Maintenant, on nous vend des jeux à trous. Pire, des jeux à trous mais dont les données pour les boucher sont comprises SUR le disque de jeu. Mais si tu les veux, va falloir raquer mon coco ! Allez, c’est pas cher, 15 € le pack de cartes pour Call of chez Activision ! 5 € pour la tenue d’un combattant de Street Fighter chez Capcom !

Je vous signale que sur Super Nintendo, Super Mario World pouvait se terminer très vite. Ah c’est sur, après, tu étais le King du collège… du moins jusqu’à ce qu’on apprenne que le jeu possède 96 sorties et qu’il faut toutes les trouver pour être vraiment sacré… Mais au moins, ces ajouts étaient présents dès le départ dans la cartouche. Et si vous vouliez les faire, vous alliez en baver… Il serait sorti en 2015, je suis sur que Nintendo aurait proposé cela en DLC…

Ce qui m’amène à l’autre phénomène de cette deuxième place : les pay-to-win, c’est à dire l’évolution des DLC mais en pire. Avec le développement des smartphones, il y a eu foule de petits jeux et d’adaptations pour des contrôles tactiles. Certains sont gratuits… Sauf que cela cache une réalité souvent plus amère… Même Candy Crush propose ce genre de choses . En gros, vous avez un nombre de parties gratuites, mais une fois épuisées (en général, jamais plus de 5 par jour) vous devez soit attendre un délai qui s’allongera de plus en plus (30 minutes, puis une heure, puis deux, puis quatre), soit… vous faites péter la CB pour avoir une partie supplémentaire, allez 50 centimes, 1 ou 2 euros, c’est pas cher, comme ça mais à force de cumuler, ça fait des sommes. L’exemple le plus détestable du genre revenant à Electronic Arts avec sa version mobile de Dungeon Keeper. Tu veux continuer ? Faut payer. EA, ou comment massacrer un titre avec d’excellents principes.

Je sais ce n’est point obligatoire. Mais combien succombent à ça dans le but de prolonger leurs parties, leur expérience de jeu ? Sommes nous devenus esclaves de nos jeux ? Dire qu’il suffirait que les gens n’achètent plus pour que ça ne se vende plus… Perso je trouve ça scandaleux .

dlc symbole

1-La baisse de qualité globale des jeux vidéo.

Je sais que je ne suis pas le seul à le penser, mais cela résume bien mon TFGA. J’ai peur de voir une industrie où les FPS bourrins seraient la norme. Enfin ça encore c’est pas trop gênant mais j’ai peur de voir deux choses : qu’ils soient des clones des modèles déjà existants, sans aucune innovation, et la mentalité qu’ils transportent derrière. Pourquoi je n’aime pas les Call-of ? Pour le message sous-jacent dans les jeux.

De plus, est-il raisonnable de voir des suites à rallonge ? Assassin’s Creed s’essouffle, aussi bien dans ses histoires que dans sa finition. Quant aux jeux de foot… alors, pour 2015, Fifa ou PES ? Ni l’un ni l’autre, merci… Je n’ai jamais compris l’intérêt d’acheter chaque version d’une année sur l’autre…

En réalité, le jeu vidéo, ça allait très bien lorsque tout le monde avait en tête le mot «  créativité ». malheureusement, chez les gros éditeurs, il tend de plus en plus à être remplacé par «  rentabilité », ce qui explique le point précédent.

Heureusement, la scène indé se développe de plus en plus et c’est effectivement vers eux qu’il faut aller pour retrouver des trésors d’imagination. Mais ils ne disposent hélas pas d’un département communication comme peuvent avoir les grands…

Alors le public joue à ce qu’on lui montre. Mais ce serait bien que certains comprennent que la forme ne fait pas forcément tout. Il faut que l’industrie garde son côté créatif même chez les gros éditeurs. Je ne peux que saluer, par exemple Ubisoft qui a tout de même pris des risques avec Child of Light et Soldats Inconnus. Mais le meilleur exemple dans tout cela reste Deadly Premonition, jeu où le fond compte plus que la forme elle-même.

Heureusement, ces visions ne sont qu’hypothétiques et nous n’en sommes heureusement pas là, tant qu’il y aura de quoi satisfaire tout type de public. Pour le moment  le jeu vidéo est suffisamment riche pour satisfaire tout le monde. Qu’il soit indé ou triple A.

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A vrai dire, cela est un sujet tellement vaste, que j’aurais pu aussi parler de certains éléments de la communauté des joueurs… Mais ce TFGA n’y suffirait pas. Je m’arrête là pour celui-ci.

Voilà, c’est tout pour ce TFGA numéro 9, j’espère qu’il vous aura plu. Le prochain se fera sans doute avec du retard étant donné que je risque d’être absent quelques jours…ou alors, je le publierai juste avant. Je verrai.

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Publié le 23/06/2015, dans Jeux vidéo, et tagué . Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. Et bien, comme je le pressentais à la lecture d’autres classements le bilan, actuel et dans un avenir proche, du JV est vraiment morose …

    Je partage avec toi 2 points en particulier : d’une part le multi joueur local et de l’autre l’uniformisation des jeux.

    D’un côté on a la disparition des soirées funs entre potes. Pourquoi ? Alors que parfois certains titres proposent un mode Coop dans le mode solo … celui-ci n’est jouable qu’en ligne ! Un comble tout de même. Seul Nintendo continue de proposer quelques jeux jouables en local, mais comme tu l’indiques avec Splatoon ça n’est pas toujours le cas. Pas très innovant non plus.

    Et puis, il n’y a pas que les soirées entre amis, mais aussi les séances de jeux avec Madame. J’ai la chance d’avoir une gameuse pour compagne et on compte sur les doigts de la main les titres sur lesquels on a vraiment pu s’amuser ensemble … ça remonte à RE5 en fin de compte (nous avons rayé RE6 de notre mémoire).

    Et donc l’uniformisation des jeux et du « goût commun ». C’est terrible mais malheureusement les chiffres de ventes parlent d’eux-mêmes : d’année en année, des titres comme CoD ou FIFA se vendent par palettes, au détriment de jeux indés. Il y a malgré tout des lueurs d’espoir que tu cites (il faut d’ailleurs que je fasse enfin Soldats Inconnus un de ces 4 …), mais chaque type de jeu a tout de même sa « méta » et c’est bien triste …

    Bon, je me rend compte que moi-même je déprime en faisant cet amer constat, alors je m’arrête là en partageant non sans peine certains de tes points ^^

    Au plaisir !

    • Merci. Mais tu sais, je conçois aussi qu’on ne soit pas d’accord. Mais il y a des manières de le dire, et l’insulte n’est pas acceptable. ^^

  2. Je suis d’accord avec la peur vis à vis la baisse de qualité des jeux ! On ressent de plus en plus le poids marketing et ça fait très très mal !

  1. Pingback: Alex Effect » TFGA n°9 : Nos peurs inavouables

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