[Critique film] Birdman

La vie de Super Héros est courte… Et ça, Riggan Thomson s’en rend bien compte. Lui qui incarnait Birdman, Super Héros des années 90 dont les trois films lui ont rapporté des milliards… Eh bien tu vois gamin, aujourd’hui, il n’est plus rien. Juste un homme reconverti qui tente de monter une pièce de théâtre de Raymond Carver sur Broadway. Doit-il regretter le passé ?
Birdman, c’est ça : une réflexion brillante sur le concept de super-héros. Cette image risque t-elle de coller à jamais aux acteurs les incarnant, peu importe ce qu’ils deviennent ensuite ? Cette mise en abyme est signée Alejandro G. Iñaritu filmant au plus près les acteurs, grâce à la technique du plan-séquence. Quelle bonne idée d’avoir pris Michael Keaton pour le rôle principal, lui qui incarnait Batman dans les films éponymes de Tim Burton, et qui depuis s’est pas mal perdu en route ( oh oui RoboCop 2014, mon amour!). De plus, Iñaritu le rend schizophrène, hanté par son ancien personnage, qui ne cesse de lui dire qu’il s’est fourvoyé.
Mais Birdman n’est pas un film de super-héros. Bien au contraire. Si vous cherchez de l’action rapide, ce n’est pas ce film qu’il vous faut. Tout se passe dans un théâtre, sur scène, mais également et surtout en coulisses. Nous avons un Thomson désemparé, dépassé par les événements et renfermé sur lui-même tandis que tout s’agite autour de lui. Avec la technique du plan-séquence, le réalisateur donne une temporalité fluide à son film, permettant de ne jamais se sentir perdu. Pendant que Thomson doute, sa fille revient de de désintox et son avocat et ami tente de recoller les morceaux de ses bêtises. Là encore nous avons le droit à un casting de choix, entre Zack Galifianakis impeccable, une Emma Stone touchante et un Edward Norton qui se la pète en tant que rôle remplaçant. On notera aussi la performance de Naomi Watts dans le rôle de Lesley.
Birdman abonde de dialogues ironiques teintés d’humour noir, et de références à d’autres blockbusters. Mais on y trouve également une violente charge contre le star-system, certes, mais aussi contre la critique ( oh mince, que suis-je entrain d ‘écrire ?) ou plutôt, contre certains critiques pétris de certitudes et de préjugés justes bons à enfermer des gens dans des cases et à leur coller des étiquettes pour eux inamovibles ( si dans le film, il y a Tabitha Dickinson,  en France nous avons Aurélien Ferenczi). La fin vire au surréalisme et au bris du quatrième mur, mais le plan final la laisse ouverte et chaque spectateur pourra en faire sa propre interprétation.
Je ferai mention aussi de certaines scènes justes géniales comme Keaton en slip dans la rue où beaucoup de monde le reconnait tout en l’acclamant pour ce qu’il fut…
Birdman, c’est un film qui ne sent pas le slip, bien au contraire. La maestria de la réalisation me fait dire qu’il mérite au moins son Oscar sur ce point. Ensuite, c’est très bien écrit et le propos est bien amené. A tel point qu’on en aurait pour un peu le vertige.

affiche Birdman

Birdman (ou la surprenante vertu de l’ignorance)

Réalisation : Alejandro G. Iñarritu

Avec : Michael Keaton, Zack Galifianakis, Edward Norton, Emma Stone…

Genre :  comédie dramatique

Distribution : Twentieth Century Fox France

En salles depuis le 25 février 2015

Publicités

Publié le 27/02/2015, dans Pur Film !, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :