Retour sur Duke Nukem 3D

Y a t-il encore besoin de présenter Duke Nukem 3D ? Près de 20 ans après sa sortie, ce serait faire injure aux connaisseurs que vous êtes, d’autant que Forever est passé par là. Puisque vous insistez, je m’y colle de nouveau… Ça tombe bien, le jeu dans sa version Megaton vient de sortir sur le PSN pour PS3 et Vita… Et un petit rappel sur ce jeu ne fait pas de mal. Cette critique sera une fois de plus spéciale. Elle permettra de voir pourquoi ce jeu a acquis un statut de légende et les bonnes idées qu’il a apporté au genre.

Histoire

Duke Nukem 3D est le troisième jeu de la franchise et sortit à l’origine en 1996 sur PC. Les deux premiers titres, sobrement nommés Duke Nukem et Duke Nukem II ( vous vous en seriez doutés ? moi pas), étaient des jeux de plates-formes sympathiques où un héros blond devait atomiser littéralement les aliens adverses.

Justement, le scénario commence juste après sa deuxième aventure. En revenant sur Terre, Duke s’attendait à être accueilli en héros. Tu parles ! Il est à peine revenu dans l’atmosphère terrestre qu’un missile endommage son véhicule. Il s’éjecte sur un toit et se rend compte que les aliens ont envahi Los Angeles et la Californie. De plus, ils ont enlevé toutes les femmes. Et ça, ça ne va pas du tout ! Notre grand blond avec des lunettes noires repart donc à la chasse… Ce n’est pas du grand scénario mais le jeu n’est pas non plus un RPG…

dukenukem3d

Le suffixe «  3D » a été ajouté pour montrer le changement de perspective. En effet, il y a 20 ans, et bien que d’autres aient ouvert la voie, ce fut Doom qui popularisa vraiment la mode du FPS , qu’on appelait d’ailleurs « Doom-Like » pour les titres postérieurs à ce dernier si le jeu était en vue subjective. Et comme son illustre aîné, Duke Nukem 3D s’est fait connaître grâce au système de shareware, c’est à dire une démo jouable gratuite qui comprenait tout le premier épisode du jeu. Pour avoir les autres, il fallait acheter le titre.

 

Les différentes versions et rééditions

Le succès aidant le jeu sorti en premier sur PC et Mac s’est vu porté sur les consoles de l’époque, qui étaient la PlayStation, la Nintendo 64 et la Saturn.

J’ai beaucoup joué à la version PlayStation du jeu, qui a été renommée tout simplement Duke Nukem en Europe et affublée du sous-titre « Total Meltdown » en Amérique. Les trois épisodes originaux y sont présents, les niveaux aussi, et il n’y a aucune censure. Le jeu a été traduit avec des voix en français, et des musiques remixées voire remplacées dans certains niveaux, et il comportait un quatrième épisode exclusif qui s’intitulait «  Plug and Pray ! » et les niveaux étaient basés pour l’ambiance sur les grandes licences de la console comme Tomb Raider ou Resident Evil. Le boss était un robot, CyberKeef, clone de Duke en ferraille fait par les aliens pour l’éliminer. Toutefois, le portage global signé Aardvark Software ne s’est pas fait sans heurts : les graphismes sont étonnamment sombres, à cause du manque de couleurs et la résolution a été divisée par deux par rapport à la plateforme d’origine, ce qui faisait que le jeu était souvent une ode aux pixels. Le titre compense cela par une rapidité d’animation à toute épreuve. Je mentionnerai aussi que si les sauvegardes sur Carte Mémoire étaient très lourdes, de 3 à 7 blocs, l’apparition d’une sauvegarde rapide en passant par le menu permettait de ne pas reprendre à zéro tant qu’on n’éteignait pas la console. Très pratique.

On saluera l’exploit de la version Saturn, qui prouvait qu’elle était capable de faire mal bien exploitée,mais Lobotomy Software avait déjà fait ses preuves avec Exhumed. Cette version est construite sur le même moteur, le « Slave Driver Engine » et proposait des effets assez inédits ou durs à reproduire sur le support.

La version Saturn gérait les effets de transparence et de reflets.  C'est bête pour l'ennemi..

La version Saturn gérait les effets de transparence et de reflets. C’est bête pour l’ennemi..

La version Nintendo 64 a été faite par Eurocom. Politique de Nintendo de l’époque oblige, le jeu a été censuré : certains niveaux jugés trop sulfureux sont remplacés, et on peut désactiver le sang.. Certaines armes sont également substituées à d’autres. Le jeu offre une version plus colorée que ses consoeurs, toutefois l’anti-aliasing rend certaines textures assez floues. Idem il n’y a pas de musiques dans les niveaux, à cause des limitations du support cartouche. Cette version exprugée compense toutefois ses handicaps  en proposant un mode Dukematch à quatre joueurs sur la même console et la présence de vraie 3D. Pour faire de même sur PlayStation par exemple, vous deviez avoir deux jeux, deux consoles reliées et … deux télés. Le jeu fut adapté plus tard sur Game Boy Advance, sous le nom de Duke Nukem Advance.On évoquera aussi les portages assez calamiteux ailleurs, comme l’immonde épisode sorti sur Megadrive, mais uniquement au Brésil par TecToy. Il faut cependant préciser que le Brésil est un marché ultra-fermé et où tout produit étranger est fortement taxé à cause de la loi « reserva de mercado » de 1984 et qu’au niveau des jeux vidéo, seul Sega a réussi à durablement s’imposer. Pour en revenir à Duke, cet épisode ne comporte que le deuxième épisode et est totalement raté, en plus d’être entaché de soupçons d’illégalité concernant l’acquisition de la licence.

Et si vous voulez encore plus rigoler, sachez que 12 niveaux de Duke Nukem 3D ont été transposés sur la calamiteuse portable Game.com faite par Tiger Electronics, et l’adjectif sied aussi à la version du jeu. En 2009, le jeu se pointe sur le Xbox Live de la Xbox 360. Fidèle à l’original et comprenant les quatre épisodes, on regrettera l’affichage uniquement en 4/3, mais elle fait venir avec elle une feature bien sympa bien que facilitant quand même pas mal le jeu : le fait de reprendre à partir de n’importe quel point avant votre mort. Bien entendu, il est sorti aussi sous Android et iOS avec les contrôles tactiles.

"J'ai dit : on entre pas avec des baskets!"

« J’ai dit : on entre pas avec des baskets! »

« Those alien bastards gonna pay for shooting up my ride ! »

Le jeu se découpe à l’origine en trois épisodes. Le premier, intitulé LA Meltdown, est composé de six niveaux dont un caché, et se passe à Los Angeles et ses environs. Vous passerez dans les quartiers les plus mal famés de la métropole, à commencer par un cinéma porno… Le boss, le Battlelord, se cache dans son vaisseau, au fond des abysses de la faille de San Andreas.

Ensuite, vous irez dans l’espace pour Lunar Apocalypse, lorsque Duke apprendra que l’attaque était lancée depuis le satellite naturel de la Terre. Il se déplacera dans diverses bases, explorera même la face cachée de l’astre, et ira déloger l’Overlord dans son vaisseau. C’est l’épisode clairement orienté S-F du jeu.

Mais cela n’était qu’une distraction. Pendant que Duke s’occupait des avants-postes lunaires, le chef des aliens, l’Empereur Cycloide, en a profité pour que ses troupes d’élite débarquent sur Terre. Duke repart une fois de plus pour éliminer ce qui reste de la vermine dans Shrapnel City.

Les épisodes 2 et 3 ont deux niveaux cachés.

Le métro  de LA est très mal fréquenté. Attention, les Cervoctuples  tirent loin...

Le métro de LA est très mal fréquenté. Attention, les Cervoctuples tirent loin…

Un quatrième épisode fut ensuite développé, un add-on qu’on a vite retrouvé dans l’éditions Atomic du jeu. Ils ‘agit de The Birth, où Duke doit s’occuper de neutraliser une reine alien redoutable, au cours de dix niveaux dont un caché.

Bien évidemment, la difficulté est croissante, et le premier épisode est abordable, le second demande un poil plus d’adresse, le troisième est réservé aux joueurs avertis et ne vous lancez pas dans le quatrième si vous ne connaissez pas du tout le jeu.

De plus, le jeu vous demandait de choisir une difficulté : de «  Piece of cake ! » ( «  du gâteau ! ») en passant par « Let’s Rock ! » ( «  c’est parti ! ») pour le mode normal, ainsi que «  Come Get Some ! » («  Prends ça ! ») pour le mode difficile, le jeu en ajoutait un quatrième redoutable, le mode «  Damn I’m Good ! » ( « je suis trop bon! ») qui vous impose ici d’avoir de quoi exploser les cadavres de vos adversaires, faute de quoi ils ressuscitaient au bout de trente secondes.

Le Level design était très inspiré, oscillant entre zones urbaines, canyons, et décors plus orientés S-F. Il était cependant assez réaliste par rapport aux autres jeux du genre. Le but était simple : atteindre le symbole d’auto-destruction symbolisés par le signe signifiant «  radioactivité » pour détruire le niveau. La plupart d’entre eux contenaient des endroits secrets qui étaient comptés à la fin du niveau. Mieux encore, les programmeurs ont pensé à donner une certaine verticalité aux maps, et certains niveaux étaient d’ailleurs basés sur ça. Le jeu est construit sur le Build Engine, qui permettait de travailler la hauteur et le volume des niveaux, les rendant ainsi moins linéaires. Bien entendu un boss vous attend à la fin de chaque épisode. De plus les niveaux regorgent d’endroits secrets et tous les débusquer n’est pas une mince affaire, et vous savez combien vous en avez trouvé ou manqué à la fin de chaque niveau.

Le niveau final du premier épisode se déroule dans la faille de San Andreas

Le niveau final du premier épisode se déroule dans la faille de San Andreas

« Come Get Some ! »

Pour lutter contre l’envahisseur extraterrestre, Duke dispose d’un sacré arsenal. Si certaines d’entre elles sont assez conventionnelles comme le pistolet de base, le fusil à pompe (pratique à courte portée mais lent à recharger et moins efficace à distance) ou la sulfateuse (d’un autre modèle que celle de Doom), d’autres étaient inédites, je pense notamment au réducteur et au congélateur. La première arme réduit l’ennemi à la taille d’une fourmi et Duke l’écrase ensuite d’un bon coup de pied, ne laissant qu’une flaque de sang sur le sol. La seconde tire des cristaux de glace et gèle l’ennemi, si notre héros s’en approche, il donne un coup de pied dedans le brisant ainsi en mille morceaux. Dans les deux cas l’effet est temporaire et elles sont inefficaces contre les boss.

Vous avez aussi les armes qui nettoient même dans les coins, comme le lance-roquettes, très efficace et le double lance-missiles miniature, appelé ici « nettoyeuse » tellement rien n’y résiste. Ces deux armes demandent toutefois une certaine distance pour ne pas prendre soi-même des dégâts. Il en est de même avec les bombes télécommandées : éloignez-vous avant de les faire exploser. Elles permettent également de casser les fentes dans les murs, révélant des passages secrets.

Duke, responsable de  l’augmentation de la mortalité routière.

Duke, responsable de l’augmentation de la mortalité routière.

Il vous faudra être prudent lors des fusillades, si vous manquez de munitions pour l’une d’elles, le jeu change d’arme automatiquement, et parfois, on meurt parce qu’on a utilisé le lance-grenade à bout portant sans le vouloir… Une arme s’utilise toute fois de façon différente : il s’agit de la bombe à infrarouge, que vous pouvez poser sur un mur pour tendres des embuscades aux ennemis. Ceux qui franchiront le rayon subiront des dégâts.

Le jeu permet aussi l’utilisation d’objets de façon passive grâce à un inventaire, chose qui n’existait pas dans le genre. L’armure fait diminuer les dégâts subis et sa valeur s’affiche à coté des points de santé. Les autres objets peuvent être utilisés par le joueur lorsque bon lui semble, comme la trousse de soins portative ou les lunettes pour voir dans le noir, soit ils s’activent de façon automatique, c’est le cas des bottes pour marcher sur les substances dangereuses comme la lave ou les déchets toxiques, ou le scaphandre pour respirer sous l’eau dont le pourcentage diminuait au fur et à mesure. Le jetpack devait aussi être activé et était très pratique pour débusquer des secrets ou des ennemis haut perchés. Les stéroides vous permettent d’aller plus vite. L’holoduke permet de duper les ennemis en produisant un clone de Duke. Son utilisation est toutefois limitée.

Un réacteur nucléaire sur la Lune...

Un réacteur nucléaire sur la Lune…

Comme ce jeu date d’avant l’ère des FPS « contemporains », la santé ne remonte pas toute seule. Pour vous soigner, il vous faut trouver des trousses de soins, les grandes restaurent 30 points de vie, et les petites en remettent 10. Si vous trouvez un atome, vous en regagnez 50 d ‘un coup, et ces objets vous permettent d’augmenter votre capital de vie jusqu’à 200. Une astuce consiste aussi à trouver des points d’eau, comme des fontaines, des toilettes (pas mal de niveaux en comportent) ou des lavabos et de boire leur eau pour faire remonter progressivement la vie. Le problème de cette méthode étant bien entendu que cela fait perdre du temps…

Que valent les versions sorties récemment sur le PSN ?

La version du jeu apparue sur le PSN pour Playstation 3 et Vita est celle équivalente à celle sortie sur Steam avec des textures graphiques refaites pour être compatibles avec l’OpenGL. Cependant, le jeu accuse tout de même son âge, quel que soit le support. Les sprites des objets et ennemis sont en 2D et ça se voit encore plus de nos jours. Le jeu a vieilli de ce coté là,c’est indéniable. Il n’en reste pas moins que les décors sont plutôt assez bien faits et plus réalistes que ce qu’on pouvait trouver chez la concurrence. Les ennemis ont des apparences porcines et savent se défendre même si l’IA n’est pas forcément très poussée.

Les musiques sont fidèles à ce qu’on connaît et les bruitages et phrases de Duke sont toujours aussi fidèles.

Bidons+ balle = Boom.  équation qu'on retrouve dans tous les FPS...

Bidons+ balle = Boom. équation qu’on retrouve dans tous les FPS…

Au niveau de la durée de vie, en solo vous avez déjà de quoi faire, étant donné qu’en plus des quatre que je connais déjà bien , on a droit ici d’emblée au trois épisodes bonus développés par des studios externes. Ces épisodes ont le mérite de nous sortir de Los Angeles pour aller voir ailleurs, à défaut de réellement innover. Dans Duke Out in D.C, vous irez faire un tour à Washington et visiterez les lieux emblématiques de la ville, que les aliens ont infestée. LA, ça ne leur suffisait plus… Dans  Nuclear Winter, les aliens sont venus au Pôle Nord et prennent le Père Noël en otage. Autant dire qu’en guise cadeau, une bonne bastos devrait faire l’affaire. Enfin dans Duke of the Carribean, Duke voudrait bien prendre des vacances auprès de sublimes créatures dans un lieu paradisiaque… Mais les aliens en ont décidé autrement. Ce qui signifie une durée de vie déjà assez conséquente. En revanche j’ai trouvé les serveurs en multi bien vides, et quand j’étais dedans, le frame-rate n’était pas optimal.

Le titre est jouable quelle que soit la version, et diriger Duke à la manette est un vrai plaisir. Chose rare pour l’époque, notre héros peut sauter, ce qui est aussi assez utile pour certains passages ou secrets. La version portable utilise de façon judicieuse l’écran tactile : si vous tapez la moitié gauche de l’écran (doucement, il s’agirait de ne pas le péter, vu le prix de la console) vous prendrez l’arme précédente, et si vous tapez à droite, l’arme suivante. Cependant, ces versions comportent de sérieux glitchs qui peuvent empêcher la progression. Je ne saurai que vous recommander d’attendre que Devolver Digital, qui a récupéré les droits d’édition du jeu fournisse un patch pour corriger cela, ainsi que les erreurs de lecture marquant «  fichier corrompu » lorsqu’il s’agit de faire un respawn suite à une mort malencontreuse. La version sur Xbox 360 était beaucoup mieux optimisée à ce niveau. Je reviendrai sur les glitchs possibles en fin d’article.

Le premier niveaud e l'épisode 3 se passe dans un restaurant japonais et un karaoké.

Le premier niveaud e l’épisode 3 se passe dans un restaurant japonais et un karaoké.

« Hail to the King, Baby ! »

Maintenant, la question qui tue : pourquoi rejouer à Duke Nukem 3D alors que le monde des FPS a considérablement évolué depuis, et ce d’autant que Quake sorti immédiatement après a été une sacrée évolution technique ? Tout simplement parce que le jeu ne se prend aucunement au sérieux. En réalité, il est une parodie de la société et des peurs américaines. On visite plusieurs lieux emblématiques de la « culture » amerloque , tout en dénonçant son hypocrisie et ses travers (notamment en ce qui concerne le décalage entre la morale « officielle » et le rapport à la pornographie). La religion en prend notamment pour son grade.

Je me demande bien quel type  d'édition on produit, dans ce bâtiment...

Je me demande bien quel type d’édition on produit, dans ce bâtiment…

Le héros lui-même est un cliché : Grand, blond, baraqué, portant des lunettes noires, parlant comme un charretier avec des expressions bien vulgaires ( « your face, you ass, what’s the difference? »), mais devenues cultes, bourrin et macho, il n’est pas sans rappeler les stars des films d’action qui sortaient lors des décennies 80 et 90. Il est le contraire d’un intellectuel et préfère faire parler la poudre plutôt que les négociations. Les références au cinéma ne manquent d’ailleurs pas : de Alien à 2001 : l’odyssée de l’espace en passant par Star Wars, jusqu’aux plus obscurs films de S-F, le premier niveau de l’épisode 4 est même une référence au premier film Mission : Impossible sorti la même année que le jeu d’origine. Mais celui auquel le jeu rend le plus hommage, c’est à mon avis Invasion Los Angeles (ou « They Live » en V.O.) de John Carpenter, que je vous recommande d’ailleurs de voir, notamment en ces temps actuels.Plusieurs éléments du film sont repris : un héros blond, une ville, Los Angeles, envahie par les extra-terrestres, les lunettes permettant de voir d’autres vérités, la phrase de début de l’épisode 3 quoique légèrement adaptée (« It’s time to kick ass and chew bubble gum… and I’m all out ouf gu m ! » dans le jeu) il est de plus difficile de ne pas penser non plus au film lors du niveau Bank Roll, pour la scène gratuite mais jouissive où John Nada arrive lunettes noires sur le nez, shotgun dans les mains, et où il prononce la phrase près d’un drapeau américain et devant une foule médusée.

"I have come here to chew Bubble Gum and kick ass..."

« I have come here to chew Bubble Gum and kick ass… »

Le jeu comporte aussi des références à l’actualité de son époque de développement, notamment avec le procès et la fuite de O.J. Simpson accusé du meurtre de sa femme. A certains endroits,on peut voir certains grands panneaux avec «  Guilty ? » (« coupable ? »)ou «  Innocent ? » et un téléviseur dans le deuxième niveau de jeu montre un camion en fuite sur l’autoroute. Certains niveaux sont également inspirés de certains événements s’étant passés à l’époque du jeu comme le niveau « Going Postal », suite à une série de meurtres impliquant des postiers américains. L’expression a été utilisée dans un journal et est ensuite entrée dans le langage populaire, où elle signifie littéralement péter un plomb.

Bref, le jeu est une mine de références que les programmeurs ont su inclure de façon judicieuse dans le jeu. Je ne vous en cite que quelques unes car toutes les répertorier me prendrait un annuaire.

Cette séquence a effectivement de quoi vous rendre dingue.

Cette séquence a effectivement de quoi vous rendre dingue.

Ensuite, le level design fait partie des plus ingénieux. Si la sortie se trouve parfois à côté de l’entrée, il faudra souvent vous fader tout le niveau pour trouver les cartes vous permettant d’y accéder. Et les ennemis sont loin de se laisser faire. Si leur intelligence ne leur permet pas forcément d’anticiper, leur hargne est telle qu’ils sont réellement dangereux notamment si vous avez à affronter des groupes.Il n’hésiteront pas à vous poursuivre mais beaucoup ont un cri que vous pourrez identifier, vous indiquant ainsi de vous méfier. Le cri des porcoflics est clairement reconnaissable, et je dois avouer que les voir agoniser en criant comme des gorets a quelque chose de jouissif.

Dans Duke of The Carribean, les ennemis sont en chemise hawaïenne et lunettes de soleil. L'aspect et le nom des armes changent aussi.

Dans Duke of The Carribean, les ennemis sont en chemise hawaïenne et lunettes de soleil. L’aspect et le nom des armes changent aussi.

Il faut ajouter à cela de nombreuses interactions avec le décor. Certes, on trouvait les sempiternels interrupteurs à activer, mais parfois, il servaient juste à allumer ou éteindre la lumière d’une pièce, sans autre fonction que d’être purement cosmétique. On pouvait aussi jouer au billard, donner un billet à une strip-teaseuse, et beaucoup d’éléments étaient destructibles.Une chose amusante était de s’approcher d’un urinoir si le niveau comportait des toilettes, et d’appuyer sur le bouton d’interaction avec les portes : on regagnait un peu de santé en faisant ça. Il arrive aussi souvent de trouver des ennemis « sur le trône ». Toutes ces petites choses ne sont que des détails aujourd’hui, mais c’était bien vu pour l’époque du jeu. Pour tout cela, le jeu a acquis un certain statut. Pour un jeu pré-GoldenEye et toutes les références qui sortiront ensuite, c’est très fort. C’est sans doute pour cela qu’on ne l’a pas oublié près de 20 ans plus tard…

Une petite partie ?

Une petite partie ?

Enfin sachez certains concepteurs ayant participé au développement du jeu volent maintenant de leurs propres ailes. C’est le cas de Randy Pitchford, ayant travaillé sur la version « Atomic Edtion » du jeu et maintenant PDG de Gearbox Software.

Ce fut après que le prestige de Duke fut un peu écorné. Annoncé dès 1997, Duke Nukem Forever, sensé être la suite directe de l’épisode 3D a connu un développement tellement chaotique qu’il ne sortit que 14 ans plus tard, en juin 2011. Entre-temps, ce titre était devenu avec quelques autres (qui a dit Shenmue III ?) un des plus grands vaporwares de l’industrie vidéoludique. Cependant les aléas ne l’auront pas épargné : le jeu a changé trois fois de moteur principal, et a subi la faillite de 3D Realms, qui existe toujours et le jeu a failli être abandonné. C’était sans compter Gearbox Software qui a repris le bousin et… s’est contenté de le terminer. Le résultat fut archi-décevant, et DNF a payé cher les errements de ses développeurs.

Le héros de Doom ne sera pas le seul à être retrouvé mort...

Le héros de Doom ne sera pas le seul à être retrouvé mort…

Duke fut également exploité durant ce très long laps de temps dans des jeux allant du plutôt bon (Time to Kill, Land of The Babes) au franchement mauvais (Critical Mass sur DS), en étant des jeux à la troisième personne.Cependant le héros survécut au temps et ce fut un exploit. Mais aucun d’eux ne put acquérir le titre de «  légende » comme l’épisode 3D.

Pendant cette période, il fut aussi évoqué à plusieurs reprises un film « live » de Duke Nukem, dont une version avec Dolph Lundgren dans le rôle principal. Un acteur dont s’inspire très fortement le héros.

Je ne peux présager de ce que sera l’avenir du personnage, s’il a un. Ce que j’espère, c’est qu’entre l’annonce d’un prochain jeu et sa sortie effective, il ne s’écoulera pas de nouveau 14 ans.

2015-01-25-144713

 Julius

Les glitchs et bugs des versions PSN :

Il est vraiment dommage que Devolver Digital n’ait pas pris le temps de corriger ces gros bugs avant de commercialiser le produit, parce que j’estime que même à même pas 10 € ça fait mal. Je suis abonné PS+ donc je n’ai rien payé, mais voici les principaux problèmes que j’ai rencontré à cause d’un codage avec le c*l :

Sur Vita :

Problèmes de «  fichier corrompu » lors de la lecture du clip pour réapparaitre après une mort malencontreuse.

Episode 2 Niveau 7, Lunar Reactor :

Ce vaste niveau a fait glitcher le jeu au niveau de la porte activée par la clé jaune. Elle s’ouvre sur un écran noir qui tue instantanément. Heureusement, il est possible de le contourner en passant par les conduits d’aération. Mais vous ne pourrez pas franchir la porte non plus en sens inverse, la texture immédiate du cadre ne s’étant pas affichée.

Episode 4 Niveau 9 , Derelict :

Impossible de terminer le niveau au moment de plonger dans le dernier bassin après avoir battu le dernier battelord. J’ai eu trois cas : soit un insta-kill, soit un plantage pur et simple avec message envoyé par la console, soit le jeu considère que j’ai terminé le niveau (sans avoir pourtant activé le bouton) , mais me renvoie au premier de cet épisode.

Sur PS 3 :

Episode 2 Niveau 10, Overlord. :

Le jeu ne permet pas de passer le niveau final de l’épisode puis d’enchaîner sur le premier de Shrapnel City. Une fois le boss tué et la cinématique passée, le jeu met à jour les classements… de façon infinie.

J’ai aussi eu droit à «  fichier corrompu » lors de la lecture de l’enregistrement.

Pour les résoudre, j’ai eu bien peu de réponses mais j’ai lu qu’un des moyens serait de supprimer tous les clips de joueur, que le jeu enregistre à chaque niveau pour vous permettre de recommencer en cas de mort. Je l’ai fait et même si ça permet de libérer la mémoire du jeu, ça n’a pas marché pour passer Overlord.

Une solution serait également de supprimer sa sauvegarde…

Ou alors dans les cas extrêmes, de désinstaller puis réinstaller le jeu…

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Publié le 25/01/2015, dans Back to the Pixels, Jeux vidéo, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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