[critique rétro] Crash Bandicoot 2 : Cortex Strikes Back

Sorti à la fin de l’année 1996 et développé par le studio Naughty Dog, Crash Bandicoot avait su s’imposer comme un jeu de référence sur PlayStation. Un héros dingue, qui n’est pas sans rappeler par certains aspects le diable de Tasmanie de la Warner Bros. dans un jeu de plates-formes en 3D avec d’excellentes musiques et des graphismes qui rendaient honneur à la console. Le jeu était de plus bourré d’humour, et notre bandicoot (une espèce de marsupial) devait mettre fin aux agissements du Docteur Neo Cortex. Un succès appelle une suite et il était donc logique qu’un second épisode voit le jour l’année suivante, en 1997.

Crash Bandicoot 2 : Cortex Strikes Back avait la lourde tâche de succéder à son aîné. A t-il réussi dans sa tâche ? Les plus de 20 ans ont déjà la réponse, mais pour les plus jeunes n’ayant pas grandi avec la génération de consoles sur laquelle le jeu tournait, un retour sur ce titre s’impose.

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La tête de l’emploi

Le jeu démarre immédiatement après la fin du premier épisode. Cortex tombe en chute libre après avoir été vaincu par Crash. L’impact de sa chute dévoile une caverne, dans laquelle se trouve un cristal. Cortex a alors une idée : il se servira des cristaux pour dominer le monde ! Un an plus tard, Cortex a eu le temps d’avancer dans ses recherches… Malheureusement, comme le lui rappelle N-Gin, son acolyte, il ne dispose plus d’agents pour chercher les autres cristaux disséminés. Cortex a alors une idée : s’il ne peut pas recruter d’ami, il lui reste à recruter… un de ses ennemis.

Bien loin de tout ça, Crash roupillait sur la plage avant se se faire réveiller par sa sœur, qui a besoin d’une nouvelle batterie pour son ordinateur. Notre bandicoot part donc pour lui en rapporter une… C’est alors qu’il se trouve téléporté dans un étrange lieu. Là, une représentation holographique du Docteur Cortex lui apparaît. Ce dernier lui dit qu’il a besoin de lui, cette fois ci pour sauver le monde! En gros, Cortex fait croire à Crash qu’il est passé du bon côté de la barrière! Et que pour ça, il a besoin des cristaux disséminés dans les 5 portes qu’il peut voir dans cette salle, sorte de gigantesque hub. Crash va t-il arriver à déjouer les plans maléfiques de Cortex ou lui obéira t-il aveuglément ?

Il vous faudra affronter bien des dangers, pour récupérer les cristaux...

Il vous faudra affronter bien des dangers, pour récupérer les cristaux…

Bandicoot que coûte

A première vue, Crash Bandicoot 2 se présente comme le premier jeu : un jeu avec une perspective 3D précalculée se déroulant majoritairement avec le personnage de dos, devant évoluer dans les niveaux remplis de caisses, d’ennemis, de vies, de fruits wumpas et autres choses sympathiques, avec une récap de vos performances à la fin desdits niveaux.

Sauf qu’ici, le jeu diffère vraiment sur la façon de le parcourir, en rompant avec la linéarité du premier: vous êtes dans un hall et vous aurez à choisir entre 5 portails, que vous pourrez faire dans n’importe quel ordre. Le but principal étant bien sur d’en rapporter les cristaux, ce qui ne sera validé que si vous arrivez à la fin du niveau. Une fois les 5 niveaux terminés, vous devrez aller sur la plate-forme au centre qui vous emmènera pour une session de boss…que vous devrez bien entendu vaincre, pour aller dans la warp-room suivante. Et on recommence. Bien entendu, vous pouvez revenir dans un niveau déjà passé. C’est même fortement recommandé… Les murs des halls principaux serviront à sauvegarder la partie. Vous ne jetterez plus votre manette parce que vous avez manqué de peu le niveau bonus qui vous aurait permis de sauvegarder votre progression, comme c’était le cas dans le premier épisode! Le système de mots de passe a disparu, mais les continues sont infinis.

De plus il est assez aisé de gagner des vies, 100 fruits wumpas vous en donnant systématiquement une, mais d’autres sont cachées dans des caisses.

Vous pouvez voir  ce que vous avez récupéré dans un niveau.

Vous pouvez voir ce que vous avez récupéré dans un niveau.

A ce propos, il y a différents types de caisses : les caisses normales, qui s’éclatent d’un coup d’attaque tourbillon, les caisses avec une flèche indiquent que vous pouvez rebondir dessus, les caisses foncées nécessitent plusieurs sauts pour être détruites, et certaines sont explicites : une effigie de Crash signifie une vie, un masque de sorcier Aku Aku ( que l’on surnommait, ma sœur et moi « wolopega », au vu du bruitage qui avait lieu lorsqu’on en prenait un), permet à Crash de prendre un coup sans mourir ( il est fragile,le pauvre), et trois d’entre eux rendront notre bandicoot invincible quelques instants. Les caisses TNT et Nitro sont suffisamment explicites pour y voir un danger : les premières, si vous sautez dessus, vous laisseront trois secondes pour déguerpir, les secondes sont de couleur verte et à éviter comme la peste sous peine de sanction immédiate. Seule une caisse de couleur avec un point d’exclamation dessus pourra les faire exploser. On notera aussi un nouveau type de caisse, les caisses renforcées, qui nécessitent un saut pilon pour être détruite.

Ne  touchez jamais une caisse de Nitro...

Ne touchez jamais une caisse de Nitro…

Toutefois, les programmeurs ont voulu briser la monotonie en essayant de varier les plaisirs : certains niveaux proposent des gameplays différents, à commencer par les sections bonus, qui se déroulent en 2D. Ensuite, vous pourrez chevaucher un ourson (deux fois) pour des courses folles sur la glace, vous serez poursuivi par de très gros rochers ou un gros nounours en caméra inversée, rendant les dangers plus durs à anticiper. Vers la fin , vous devrez même jongler avec des lucioles dans des niveaux dans le noir complet, et même des niveaux en jet-pack! Les boss se battent tous d’une façon différente bien que trop faciles à vaincre, il y a de très bonnes idées de gameplay dans le jeu.

L'ours fonce très vite, à vous de gérer les trajectoires et de ne pas vous prendre un piège sur le parcours.

L’ours fonce très vite, à vous de gérer les trajectoires et de ne pas vous prendre un piège sur le parcours.

Les environnements font parfois dans le déjà vu, comme la forêt, la glace ou les ruines, mais d’autres sont inédits comme les niveaux les égouts. Il est d’ailleurs amusant de remarquer que les noms des niveaux ont des jeux de mots que les anglophones se feront un plaisir de dénicher.

Le jeu comporte 25 niveaux plus 5 cachés. Il existe un hall secret, et 5 accès disséminés dans le jeu pour y arriver. Selon l’accès que vous aurez utilisé, vous irez dans un niveau ou une section de niveau différente. On est pas obligé de les faire, mais cela permet d’obtenir la vraie fin du jeu…

Comme c'est vicieux, des caisses  bonus au dessus des caisses Nitro...

Comme c’est vicieux, des caisses bonus au dessus des caisses Nitro…

Réalisation : La PS1 « crashe » ses tripes

Les graphismes ont été améliorés par rapport à l’épisode précédent : plus fins, plus variés, les lieux vous enchanteront par leurs couleurs. Les environnements sont plutôt vastes, et remplis d’ennemis, qui eux aussi, ont gagné en variété: si vous pouvez sauter sur la plupart d’entre eux pour les éliminer, certains nécessiteront une autre façon de faire, parce qu’armés de pointes ou de rostres qui pourraient vous être fatals . On soulignera l’effet encore plus cartoon des personnages, et certains ennemis ont des looks assez déjantés. Évidemment on pourra m’opposer que le troisième épisode fera encore mieux à ce niveau. Je suis d’accord, mais en 1997 celui-ci pouvait se compter parmi les plus beaux de la machine.

Les reflets des niveaux de glace sont justes magnifiques.

Les reflets des niveaux de glace sont justes magnifiques.

L’animation a été améliorée : plus fluide, plus rapide , certains niveaux ont une vitesse impressionnante, et les temps de chargement sont très courts. Le jeu passe de la 3D à la 2D sans problème. Notre animal bénéficie d’encore plus d’animations, notamment lorsqu’il meurt : on se prend à rire à chaque fois qu’il se prend un piège! Bref, cela donne encore plus l’impression d’être dans un dessin animé.

Les musiques sont très bonnes, et correspondent bien aux lieux traversés. Les boss ont chacun la leur et certains airs vous resteront dans la tête. Le jeu bénéficie de bruitages absolument hilarants et variés, on sent bien qu’ils s’en sont donné à cœur joie et ils sont un élément essentiel de l’ambiance débridée du jeu. Les voix françaises sont bonnes mais si elles ne vous plaisent pas, vous aurez le choix entre l’anglais, l’allemand, l’espagnol ou l’italien , à choisir à la page de présentation. Cela modifiera aussi les textes écrits du jeu.

Le premier boss est une vieille connaissance...

Le premier boss est une vieille connaissance…

La jouabilité gagne elle aussi en souplesse, notre marsupial répond plus vite et a vu sa palette de mouvements étoffés : vous aurez, outre l’attaque tourbillon et le saut, le grand saut carpé , le saut pilon à plat-ventre, la glissade, il conduira un scooter des mers, se promènera à dos d’ourson aboyeur et il se verra même affublé d’un jet-pack dans les niveaux avancés. Mais justement avec cet accessoire les commandes inversées rendent le tout un peu moins jouable. Mais à part cette fausse note, pour le reste, Crash est un plaisir à diriger. De plus le fait d’avoir plus éloigné la caméra rend l’action plus lisible et permet d’anticiper les dangers.

Petite séquence en hors-bord. Attention aux mines...

Petite séquence en hors-bord. Attention aux mines…

Côté durée de vie, le jeu est déjà assez long en ligne droite, mais, si vous vous contentez de rapporter uniquement les cristaux, vous n’aurez même pas fait 50% du total du jeu. En effet, vous ne tarderez pas à savoir que vous devrez également ramener des diamants, et chaque niveau en contient au moins un, blanc, qui vous sera donné lorsque toutes les caisses d’un niveau auront été détruites. Bref, sur ce point, le premier jeu vous récompensait également d’un diamant blanc. Oui mais… Pour cela, il vous faudra faire les zones bonus, mais aussi de trouver comment accéder à d’autres parties du niveau : dans certains, ce sera ne pas perdre de vies jusqu’à un point donné, ce qui fera apparaître une plate-forme qui vous emmènera dans un autre coin du niveau. Il arrivera aussi que certains niveaux aient une section cachée avant même le début du niveau. C’est dire jusqu’où les programmeurs ont poussé le vice : on a l’impression d’avoir tout exploré, et en fait…non. Certains niveaux possèdent plusieurs diamants, et il faudra remplir certaines conditions pour les obtenir, comme arriver à la fin du niveau en moins d’une minute… Il y a aussi des gemmes de couleur, mais je préfère vous dire que pour les avoir, vous risquez souvent d’en baver…

Mais pas de panique, le jeu est faisable même pour un joueur moyen, en cas de trop nombreux échecs, le jeu vous donnera un masque d’Aku-Aku. En gros, il s’adresse à tous : un enfant, ou un joueur occasionnel pourra le terminer sans trop de problèmes,la difficulté globale étant progressive, et le hardcore gamer cherchera à vraiment tout avoir.

Crash devra progresser à la force des bras dans cette partie de niveau.

Crash devra progresser à la force des bras dans cette partie de niveau.

Verdict :

Crash Bandicoot 2 : Cortex Strikes Back sublime son ainé, en corrigeant ses défauts : système de sauvegarde mieux pensé, caméra plus éloignée et des graphismes encore plus fins, malgré certaines redites, comme des environnements réutilisés, mais toujours autant dans un esprit de cartoon déjanté que Tex Avery n’aurait pas renié. Naughty Dog signe, une fois de plus, un incontournable de la PlayStation si vous aimez les jeux d’action/plates-formes. Pour moi, ce jeu représente des heures devant ma belle console grise, à tenter de tout dénicher tant son contenu est énorme. Il reste, à mon sens, le meilleur de la trilogie.

Astuces :

comment obtenir le diamant bleu

Pour obtenir le premier diamant de couleur, c’est très simple : ne brisez aucune caisse du premier niveau, Turtle Woods.

Accès secret :

Pour accéder à une entrée de la warp-room secrète, terminez le deuxième niveau avec l’ourson. A la fin du niveau, vous serez projeté vers la sortie. Revenez sur vos pas et sautez sur les plates-formes de glace jusqu’à l’iceberg central. Dépêchez vous car elles s’effondrent… une fois arrivé, vous serez téléporté dans la warp-room secrète. Il y a quatre autres accès à dénicher, dont certains pas piqués des vers…

Crash Bandicoot 2 Cortex Strikes Back

Développeur : Naughty Dog

Éditeur : Sony

Date de sortie : 1997

Sorti sur : PlayStation

Continues : infinis

Sauvegardes : un bloc mémoire pour 4 emplacements possibles

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Publié le 26/11/2014, dans Back to the Pixels, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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