[Critique rétro Disney] World of Illusion

En 1990, un premier grand jeu de plates-formes de la Megadrive, un an avant l’événement que représentera Sonic, sortait. Il s’agissait de Castle of Illusion, un superbe jeu marquant le début de l’exploitation de héros Disney par Sega. Il mettait en scène Mickey Mouse, qui devait délivrer Minnie kidnappée par la méchante sorcière Mizrabel. Un jeu d’une excellence rare, au vu de l’époque et du support : graphsimes chatoyants, musiques excellentes, et gameplay on ne peut plus simple et intuitif et level-design bien pensé. La même équipe récidivera l’année suivante, avec un jeu mettant en scène Donald Duck. Il s’agit bien sur de Quackshot, véritable hommage à Indiana Jones, le jeu ayant un aspect aventure plus poussé que le précédent, avec des niveaux à faire dans un ordre précis et des objets à trouver pour progresser sans trop de peine. Là encore, réussite totale : encore plus joli, plus long, plus difficile, et très jouable, le canard colérique a eu un bien bel hommage sur la 16-bits de Sega.

Il semblait donc logique que tous les segafans des deux précédents jeux attendaient THE jeu qui mettrait en scène les deux héros… Sega leur fera ce cadeau en 1992, l’année d’après, avec World of Illusion. Le jeu est-il LA réussite parfaite que tout le monde attendait ? Réponse ci-dessous.

 Mickey Mouse - World of Illusion000

Alors qu’ils préparent un numéro de magie, Mickey et Donald tombent sur une boite mystérieuse. Donald se fait aspirer à l’intérieur. Mickey voulant lui porter secours, il se retrouve lui aussi à l’intérieur. Tous les deux vont découvrir un monde fantastique, mais rempli de dangers, créé par un ancien magicien…

La grosse nouveauté de cette cartouche, c’est la faculté de jouer à deux simultanément et nos deux héros se retrouvent donc sur le même écran, sans séparation aucune . En solo, on peut choisir son personnage, le jeu démarre par défaut avec Mickey. Les programmeurs ont fait en sorte que les niveaux se modifient selon le personnage choisi, et en mode coopératif, certains passages devront obligatoirement se faire en s’aidant mutuellement. Le jeu est, dans sa forme, un jeu de plates-formes comme l’étaient les deux précédents et est composé de 5 niveaux, tous thématisés.

Un passage dans le ciel  en tapis volant.

Un passage dans le ciel en tapis volant.

A partir du deuxième niveau, nos deux héros pourront avoir des pouvoirs qui changeront d’un niveau à l’autre, s’obtenant en ayant vaincu le boss du précédent. Bien évidemment, un jeu Disney est basé sur la non-violence. Résultat, les deux compères transformeront leurs ennemis en fleurs, oiseaux ou papillons, à l’aide d’une cape ( bleue pour Mickey, rouge pour Donald).

Mickey Mouse - World of Illusion004

Dans le niveau aquatique, vous ne pourrez qu’éviter les ennemis dans cette bulle…

Alakazam !

Les graphismes représentent l’aboutissement du savoir faire de l’équipe sur les deux précédents jeux: c’est absolument magnifique, nos deux héros sont représentés à la perfection, et les sprites sont vraiment énormes. Et malgré certains décors de fond un peu vides, le choix des couleurs est tel que le jeu prouve qu’une Megadrive judicieusement programmée, ça peut faire mal. Et ce d’autant plus que les niveaux disposent parfois d’effets spéciaux bluffants pour la console.L’animation ne souffre d’aucun défaut, c’est fluide, ça bouge bien et il n’y a pas de ralentissement, les mouvements sont bien décomposés. Le jeu ne rame jamais, même en mode deux joueurs.

 

Pour un peu, ce niveau donnerait faim.

Pour un peu, ce niveau donnerait faim.

L’ambiance sonore est parfaitement adaptée, et c’est à ça qu’on reconnaît aussi l’excellence technique des jeux Disney développés par Sega . Les musiques sont de qualité, et le processeur de la console est très bien exploité. Les bruitages sont dans la plus pure tradition Disney : variés, mais le jeu propose aussi quelques voix , notamment pour les sorts et les cris lorsque Mickey ou Donald se font toucher.

 

Mickey dans une caverne située sous la mer.

Mickey dans une caverne située sous la mer.

La jouabilité est optimale. Bien qu’un peu lents, ils répondent bien aux commandes, il y a un bouton pour courir et les sauts sont vraiment faciles à gérer. Le gameplay change selon les niveaux, et ça aussi c’est très bien vu. Selon le pouvoir qu’ils auront acquis, le canard et la souris pourront faire différentes actions. Le « tir ami » qu’on pouvait avoir dans Streets of Rage ( « Pas moi! Le boss! » ) n’est pas de mise dans ce jeu. Certes, votre partenaire râlera si vous lui mettez un coup de cape, mais cela ne fera pas diminuer son compteur d’énergie.

 

Le passage des rapides du niveau 2 est exclusif à Donald.

Le passage des rapides du niveau 2 est exclusif à Donald.

Malheureusement, c’est du côté de la durée de vie que le jeu accuse son défaut majeur : World of Illusion est vraiment très facile, même à deux. Un ado le terminera en même pas une heure! Déjà 5 niveaux, ce n’est pas énorme, mais en plus, il ne s’y passe pas forcément grand chose, et les boss, bien que très grands et bien animés sont vraiment faciles à battre. Les continues sont infinis, cela rend par conséquent le système de mots de passe presque inutile. Cette facilité pourra cependant convenir aux enfants voulant découvrir les jeux-vidéo. Mieux encore, le fait de pouvoir jouer à deux simultanément permet aux parents de jouer avec eux. En fait, le jeu a la qualité inhérente à son défaut, d’autant que jeu Disney oblige, il n’y a pas de violence. Cependant, ceux qui ont payé les 450 F de l’époque ont dû trouver chère la minute de jeu…

 

Difficile de perdre contre le premier boss.

Difficile de perdre contre le premier boss.

Verdict :

Quel dommage qu’il soit trop facile. Pour le reste, il assurait à tous les niveaux. Superbement réalisé, exploitant les ressources de la console comme jamais, il est l’aboutissement d’une équipe qui aura fait auparavant deux superbes hits qui resteront dans les mémoires. Il conviendra aux plus jeunes voulant découvrir à la fois les jeux vidéos et le rétrogaming, c’est certain. Et c’est cette durée de vie rachitique qui fait qu’il ne peut prétendre occuper une plus haute place et atteindre l’excellence de Castle of Illusion ou Quackshot. Dommage, parce qu’il y était presque. Et pourtant comme les deux derniers, on y revient souvent… La magie Disney opère toujours, sans aucun doute.

Julius

World of Illusion

Développeur : Sega

Éditeur : Sega

Genre : plates-formes

Console : Megadrive

Année de sortie : 1992

1 ou 2 joueurs simultanément.

 

 

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Publié le 16/12/2013, dans Back to the Pixels, C'est quoi ce jeu ?, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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