[critique jeu] The Last of Us

Naughty Dog, c’est l’histoire d’une success story depuis Crash Bandicoot, jeu qui a révélé le studio (fondé en 1986 sous le nom de Jam Software) sur PSX. Toutes les licences développées depuis les jeux du bandicoot, pour le compte d’Universal, ont eu un succès aussi bien critique que public. Sur PS3, après avoir développé les trois Uncharted d’excellente facture, voilà que le studio sort un nouveau jeu : The Last of Us. Ce titre est il bien parti pour suivre ses aînés ou bien est il un ratage monumental ? Bon je sais que vous savez, mais je ne pouvais pas passer à côté d’une critique pour vous dire mon ressenti.

 The-Last-Of-Us

L’apocalypse selon Naughty Dog

Le jeu commence alors qu’une épidémie a lieu dans la ville d’Austin. Les médias locaux font état d’une augmentation de 300% des hospitalisations dans tout le pays. La situation est grave, et Joël, le héros du jeu, ainsi que sa fille, ne vont pas tarder à s’en rendre compte. Ils doivent fuir. Loin.

 

Vingt ans plus tard, Joël vit dans une zone sécurisée. L’épidémie due à un champignon, le cordyceps, s’est propagée et contaminé l’humanité avec ses spores. L’armée contrôle strictement les allées et venues des survivants, et gare à celui qui désobéit, ou pire, qui s’est fait contaminer. La loi martiale sévit, et la vie n’est pas facile. Notre homme vit de trafics en tous genres avec son amie Tess. Un groupe s’est monté pour résister à l’armée, les Lucioles, et la guérilla est permanente. Après 48 heures d’incubation, les humains deviennent des « infectés », ne pensant qu’à une chose, répandre la contagion, notamment par morsure. Joël semblait s’accommoder de cette vie, mais lors d’une mission qui ne s’est pas déroulée comme prévu, il va se retrouver chargé par la chef des Lucioles d’escorter Ellie, une jeune fille de 14 ans, qu’il doit emmener à l’autre bout de la ville. Mais il va en être tout autre…

 

Le jeu part d’un fait réel : le champignon responsable, le cordyceps, est un parasite des insectes. Ils ont étendu cela à une supposition qui est que ce machin pas sympa (cherchez donc un peu) pourrait aussi contaminer les humains.

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Parfois, on a droit à des moments de tendresse.

Survivre à l’enfer

The Last of Us a au moins le mérite de partir sur un point de vue original. Point de chasse au trésor, ici, le monde dépeint par le jeu est résolument pessimiste et angoissant. Les zones hors de contrôle de l’armée sont en proie aux brigands et aux infectés. Tout est en ruine. Les bâtiments menacent de s’effondrer, et il est impossible de passer certains endroits sans masque à oxygène pour ne pas se faire contaminer. La loi de la jungle a repris sa place. Chaque être vivant ressemblant de près ou de loin à un humain constitue un danger potentiel. Soit parce qu’ils ont été contaminés, soit parce qu’ils luttent, eux aussi pour la survie. Notre duo trouvera toutefois des alliés sur la route, même si , tout ne se passera pas forcément au mieux. Le but est clair, il faut survivre. Et ce d’autant que si on peut trouver des armes diverses, les munitions sont non seulement limitées, mais en plus, vos ennemis n’en lâcheront pas des tonnes, et chaque coup de feu renseignera vos opposants sur votre position. Difficile de prendre l’IA en défaut tant au niveau des infectés que des humains « normaux ». La console réagit à vos actes et n’hésitera pas à vous prendre à revers. Il faut absolument partir du principe que vous ne serez jamais supérieurs à vos ennemis. Heureusement, Joël peut concentrer son ouïe pour repérer des ennemis potentiels dans un périmètre limité, ainsi que leurs mouvements. Idéal pour établir une stratégie. Car foncer dans le tas sera rarement une bonne idée. Il vaut mieux y aller furtivement, et éliminer un ennemi par derrière. Vous pouvez aussi aller au corps à corps, avec les armes de mêlée que vous trouverez, vous ferez mal, mais attention à la riposte, d’autant que leur usage est limité par une barre de résistance. Plus vous tapez, plus elle s’useront, jusqu’à se briser. Et surtout, cela vous expose aux armes à feu de certains. Se prendre une balle ne pardonne pas.

"je suis planqué derrière le bar, il ne pourra pas me voir!"

« je suis planqué derrière le bar, il ne pourra pas me voir! »

Le jeu dispose d’un système de crafting permettant de fabriquer des objets sur place : par exemple, avec de l’alcool, et un chiffon, vous pourrez créer une trousse de soin . Mais ces ingrédients peuvent, avec un tesson de bouteille, faire un excellent cocktail Molotov… Attention, se soigner ou fabriquer un objet prend du temps et il vaut mieux ne pas le faire pendant une bataille, car vous serez vulnérable, fouiller dans son inventaire ne met pas le jeu en pause.

Il faut choisir judicieusement les objets à confectionner. S’il trouve des gélules, Joël pourra améliorer certaines de ces compétences. Les armes s’améliorent, elles, grâce aux établis qu’on peut trouver dans les bâtiments à condition d’avoir suffisamment d’outils et mécanismes. Donc le jeu oblige le joueur à une gestion de ses ressources pour espérer survivre. Très bien trouvé.

 

Faites des kits de soin dès que vous le pouvez.

Faites des kits de soin dès que vous le pouvez.

 

The Walking Alive

Plus on parcourt The Last of Us, plus les références évidentes sautent aux yeux. On y trouve pêle-mêle, un peu de The Walking Dead pour la survie, un peu de La Route pour le parcours d’un homme et d’une ado dans un pays en ruines, Je suis une Légende, et pas mal d’autres dans la pop culture « zombiesque » et apocalyptique de ces dix dernières années. Et ça se voit.

Le jeu voit ses grandes parties découpées au rythme des saisons. Que se passe t-il entre Joël et Ellie ? Quelle relation entre celui qui a connu le monde d’avant, et celle qui n’a que 14 ans, et qui n’a jamais vu autre chose qu’une zone de quarantaine ? Force est de constater que Naughty Dog a vraiment travaillé le duo vedette. Lui, le vétéran, l’as de la survie, las de la vie (et pour cause, mais je ne vous dirai pas pourquoi) et elle, l’ado limite rebelle mais qui n’a d’autre choix que de le suivre. C’est sans doute là une des autres forces du jeu, sa qualité d’écriture. Non seulement, il y a de la qualité dans les dialogues, mais aussi dans le scénario global du jeu et les personnages intervenant dans le jeu. Le jeu est loin de nous prendre pour des imbéciles, car ici, dans ce monde désormais en ruines, personne n’est épargné.

 

Petite ballade à cheval...

Petite ballade à cheval…

Techniquement, c’est du grand art, à tous points de vue. Le jeu est sûrement un des plus beaux de la fin de vie de la PS3. L’Amérique en ruines est très bien rendue, avec un certain souci du détail. Un univers crade, hostile, qui contraste avec certains couchers de soleil. On notera aussi le travail sur la narration et la mise en scène des cinématiques. Le souci des détails des visages est tel qu’Ellie ressemble beaucoup à Ellen Paige. Pas de doute, Naughty Dog maîtrise, une fois de plus, la machine. Je trouve même le jeu plus beau que le dernier Uncharted, qui lui aussi faisait déjà très fort, c’est dire.

 

C'était l'heure de pointe quand l'apocalypse a eu lieu...En témoignent ces carcasses de voitures.

C’était l’heure de pointe quand l’apocalypse a eu lieu…En témoignent ces carcasses de voitures.

La musique, signée Gustavo Santaolalla, représente parfaitement ce qu’on ressent dans le jeu. Du calme trompeur de la page de présentation, aux percussions de plus en plus fortes lors de l’approche des ennemis jusqu’à devenir vraiment stressante en cas de bataille, elle sait se faire présente. Le jeu dispose non seulement de textes en de nombreuses langues, mais on a aussi le choix des voix. La VF est bonne, les acteurs jouent bien le jeu, mais les puristes le savent, pour une expérience totale, rien ne vaut la VO américaine.

 

La prise en main est intuitive, le système de crafting bien pensé. Si vous avez joué aux Uncharted, nul doute que vous devriez être familiers avec le gameplay. Il y a toujours un cover-system digne des meilleurs TPS, et les ennemis pourront également faire de même. De plus, votre jeune coéquipière n’a rien d’un bulot et sait aussi se débrouiller. Parfois elle vous trouvera certains objets. D’ailleurs si vous galérez trop, et ça vaut pour le mode de difficulté standard, le jeu vous offrira quelques cadeaux discrets. Par exemple, votre arme rechargée, votre santé plus haute, voire une trousse de soins dans l’inventaire, ou pose d’un checkpoint plus avancé… En cas de gros problème, vous pouvez recommencer la séquence en cours en baissant le niveau de difficulté.

 

Le genre de situation qu'il vaut mieux éviter d'avoir...

Le genre de situation qu’il vaut mieux éviter d’avoir…

Cette découverte des États-Unis de 2033 vous prendra environ 20 heures, (mon temps se situait à 19 heures et 46 minutes), ce qui en fait un jeu un peu plus long qu’un Uncharted. Certes, c’est guidé comme les jeux précédents, mais on prend plaisir à batailler et tenter de se frayer un chemin dans ce monde où la loi n’a plus cours, plus aucune, sauf celles de la jungle et du plus fort. Et vous devrez l’être, même si ce ne sera jamais le cas à première vue, car certains passages sont vraiment tendus. Le gros avantage de TLOU, c’est de toujours surprendre. Les séquences se suivent mais ne se ressemblent jamais. Certains passages sont vraiment bien trouvés et le mot «  entraide » sera aussi primordial. Les chasseurs de trophées se feront un plaisir de les chercher, il y a également un mode New Game +, et un DLC est annoncé, mettant en scène Ellie et une amie, intitulé Left Behind, et compris dans le Season Pass inclus avec le jeu. En fait, c’est comme les infectés du jeu, quand y’en a plus… y’en a encore. Il est vrai qu’on regrette que l’aventure se termine. Et si vous n’en avez pas encore assez, il existe un mode multijoueur, mais vu la qualité du solo, on se dit qu’il semble bien anecdotique. Il est cependant bien pensé.

 

"Qu'i z'y viennent, je défendrai la gamine coûte que coûte!"

« Qu’i z’y viennent, je défendrai la gamine coûte que coûte! »

Verdict :

Toute l’expérience acquise par les Uncharted est ici à son sommet. The Last of Us, c’est un jeu travaillé de bout en bout, jouable et accessible. Naughty Dog nous a fait un jeu qui saura surprendre le joueur, aussi bien dans ses possibilités de gameplay et au niveau du scénario. Certes, il reprend pas mal de choses de jeux déjà sortis dans ses principes, mais il le fait bien. Bref, c’est un produit abouti, bien pensé, qui conclut en beauté la venue du développeur sur PS3. The Last of Us n’est peut être pas le dernier des grands jeux de la console, mais il en fait assurément partie.

 

Points Positifs :

Réussite technique et artistique

Joël et Ellie

Le scénario

La variété des situations

L’aspect survie

Le système de crafting bien pensé

« Oh Putain ! » (en jouant et en ayant fini le jeu)

 

Points négatifs :

Un mode multi qui peut sembler bien anecdotique, vu la qualité énorme du solo.

« Comment, c’est déjà fini ? »

 

The Last of Us

Développeur : Naughty Dog

Éditeur : Sony

Genre : Survival-horror

Disponible sur: PS 3

Date de sortie : 14 juin 2013

Textes : français

Voix : françaises

Signalétique PEGI : 18+

Remerciement Spécial : Merci une fois de plus à Eresh ( qui se reconnaîtra), pour le jeu. 

Julius

 

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Publié le 25/11/2013, dans Jeux vidéo, Passe la manette !, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. à mon goût le meilleur jeu de la ps3. J’ai justement fais un article là dessus (http://zehitman.wordpress.com/2013/10/23/last-of-us-le-meilleur-jeu-sur-playstation-3/)
    La Bande originale est excellente aussi, signée par Gustavo Santaollala. Quand au multijoueur, je suis d’accord avec toi mais ils ont eu le mérite de faire quelque chose d’original !

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