Guns of the Kikoolols épisode #41

Acides Critiques

Pour une fois, ce sera  sur du cinéma et non sur des jeux vidéo.  Pacific Rim est sorti, et vous pouvez savoir ce que j’en pense  sur l’article juste en dessous de celui-ci ou dans la rubrique  » Pur film! »  de ce modeste blog.  La critique « professionnelle »  est plus divisée . Qu’on aime pas un film, je peux le concevoir. Mais qu’on dise de la merde dessus, sans prendre le temps de bien analyser les choses, ça m’énerve. Mais je crois que Pacific Rim cristallise tous les maux qui atteignent les critiques  français dès qu’un film sort un peu de l’ordinaire: l’élitisme.  Il est vrai que j’ai oublié de préciser ça dans ma critique, mais Pacific Rim  est un film issu  ex-nihilo, si ce n’est de l’imagination de Guillermo del Toro et de ses scénaristes.  Il n’est pas tiré d’une licence connue, de jouets, de jeux vidéo ou autre. Les références sont nombreuses et bien intégrées, mais ça, certains sont trop coincés du derche pour le voir. Qualifier ce film de nanar, c’est être de mauvaise foi crasse.Cela n’a pas gêné celui de la Voix du Nord  de traiter le public de  » geeks autistes » . Le film est même mis dans la partie « A éviter  » du journal Libération… Et étonnamment à Télérama, pourtant élitiste en diable, le critique qui a rédigé celle de Pacific Rim a aimé. Non, ce n’était pas Aurélien Ferenczi,non…

cyclimse

Bref qu’il y a t-il de PIRE qu’un critique ciné aigri ne supportant pas  qu’on bouscule ses conventions ? Une réunion de critiques aigris. Cela donne Le Cercle sur Canal+ cinéma, ou  Le match des critiques ciné sur le site de l‘Express et aussi sur DailyMotion. Pour Pacific Rim, c’est le cas. Et autant prévenir tout de suite, en plus de 6 minutes le taux de conneries débités est impressionnant. Mais je  vais commencer par le début. Après la présentation d’usage par la journaliste , et la présentation du sujet, Fabrice Leclerc,  le rédacteur en chef du magazine Studio Ciné Live, issu de la fusion entre les magazines Studio et Ciné Live, vous vous en seriez doutés, prend la parole en premier. Pour lui, on se retrouve devant  «  une folie furieuse de Transformers survitaminé« … Okay bon…  ça commence bien… oser comparer un auteur comme Del Toro à ce tacheron de Bay, fallait oser. Mais ça donne le ton général de ce « match » qui en fait n’en sera pas un.  Il décrit le film en trois tiers : le premier, c’est le blockbuster , le deuxième de la baston et le troisième…  » destiné aux geeks et aux amateurs de jeux vidéo, alors là totalement incompréhensible, y’a plus que des monstres et de la baston, y’a plus d’humain« . ACH SO! Leclerc n’a apparemment pas compris que ce qui fait la force du film c’est le mélange de ces trois tiers, en plus des gimmicks propres au réalisateur. OUI, il y a des références geek et vidéoludiques,  et même  aux anime Japonais , le plus évident et connu étant Evangelion, seulement, dans son monde à lui, on est totalement à l’ouest, on semble ne pas savoir que cinéma, animation et jeux vidéo sont maintenant intimement liés, et ce pour plusieurs raisons. Mais parce qu’il s’adresse à eux, le film devient incompréhensible ? Arrêtons le délire!  Et dire qu’il n’y a plus d’humain, c’est faux. Les robots sont pilotés justement par deux d’entre eux. On a pas du voir le même film… Ce qui n’empêche pas Leclerc de continuer :  » faillite totale des auteurs, normalisation des récits et une technique qui devient assommante/saoulante et qui va finir par signer la fin du cinéma en tant que tel« . Ça confirme… on a pas du voir le même film. Je vais directement au deuxième point :  » normalisation des récits » ?  Mais bordel la mise en scène de Del Toro  est excellente, certains plans sont justes des trouvailles qui font  que l’expression  » grand spectacle » prend tout son sens! Donc, si je comprends bien, pour Leclerc, il aurait fallu que le  film soit  » plus intellectuel »,  sans effets spéciaux… A l’entendre, il faudrait que le cinéma n’ait jamais connu d’évolutions franches.  Parler de  » fin du cinéma », c’est agiter un chiffon rouge pour effrayer les bobos bien pensants,  tant qu’on  y est il n’a qu’à se prononcer pour la  » bunkerisation » du cinéma français, vous savez, un monde où on aurait le choix entre les comédies de type Astérix  » bling bling », les comédies  » beaufs » du type Camping ( tant qu’il y est il n’a qu’à dire que Ontoniente est un bon réalisateur)   ou les comédies chiantes style  » Jabac »…  Je signale tout de même que Fabrice Leclerc est à la tête d’un magazine parlant cinéma… C’est grave…

La deuxième intervenante est  Iris Mazzacurati, journaliste à l’Express et Studio Cinélive… Pour elle, ça commence mieux. Plus conciliante, elle admet que Del Toro a  voulu se faire plaisir, et juge  que le film fait un «  drôle de mélange, pas toujours réussi« . Bon jusqu’ici, ça passe, pas de grosses conneries jusqu’à maintenant. Pour elle, le problème vient des acteurs, «  qui sont des huîtres« .  Ah oui quand même…  c’est oublier plusieurs choses : le héros, Charlie Hunnam,  a quand même joué au cinéma. Dans des films assez confidentiels c’est vrai, mais il a aussi officié  dans certaines séries,  notamment la très connue Sons of Anarchy, avec son pote Ron perlman ( tiens, lui aussi joue dans Pacific Rim).  Dire qu’il ne sait pas jouer, c’est un peu fort de café! Rinko Kikuchi , était certes, pas très connue avant, avec une filmo intimiste.  Mais madame Mazzacurati,  ce n’est pas parce que  ce ne sont pas de grands acteurs  comme Tom Cruise ( del Toro avait d’ailleurs pensé à lui en premier pour le film) qui jouent dedans que ces  » newbies » ne savent pas jouer! Je signale juste comme ça, Rinko Kikuchi a déjà eu plusieurs nominations pour des prix… Comme l’a dit  Daniel Andreyev sur le site Le Plus ( affilié au nouvel obs)  dans sa critique, plutôt positive d’ailleurs, c’est effectivement un film de « nobodies » : comprenez des gens peu connus du grand public. Mais Andreyev  s’abstient de franchir le pas en les traitant de n’importe quel qualificatif honteux pour eux,ni qu’ils ne savent pas jouer, au moins.

conjuration imbéciles

S’ensuit un mini  débat sur la direction d’acteurs, et là intervient ensuite Thomas Bourez. Qui veut rappeler qui est Guillermo Del Toro mais qui s’avère pas capable de prononcer  » Mimic » , son premier film, correctement!  En effet, il dit « Mimitch », ce que les autres lui font savoir. Mais pour lui  » on disait Mimitch » à l’époque »…  Je ne savais pas qu’il y avait eu un changement grammatical entre 1997 et 2013… Parce que j’ai toujours appris que « ic » en fin de mot sans rien derrière se prononçait [ik] et pas [itch]chez nous!  A moins qu’il l’ait vu dans les pays de l’Est, là je  pourrais comprendre. bon…  il rappelle le travail d’auteur  et le rapport entre animal et humain  présent chez le réalisateur, qui pour lui  » était l’apogée de son  travail d’auteur. et sur le papier on est plutôt intéressés par ça. » Putain… je disais quoi ? Il aurait fallu un film plus intello. Ce que Bourez confirme ensuite. «  Ça n’est pas traité » car selon lui, «  les producteurs à Hollywood  on sabré toutes se prétentions d’auteur ». La cause :  » des acteurs pas suffisamment forts » et les deux acteurs, lorsqu’ils se rencontrent,  font penser à un  » bal des freak« .  Pour lui le film est  » monstrueux, mais pas pour la bonne raison, c’est un gloubi-boulga informe. » Bourez n’a visiblement lui non plus pas  compris le mélange,  ni à qui s’adressait le film. Il n’ pas l’air féru de culture geek. Allez, viens Thomas, je t’offre un stage intensif si tu veux, dans ce pan de pop culture que tu méprises tant, à grand coups d’anime mettant en scène des gigantesques robots contre des monstres, et crois-moi il n’y a pas qu’Evangelion et Goldorak…  Peut être comprendras-tu mieux le film ensuite…

Bourez enchaîne en disant  que concernant les batailles , il a  » l’impression de n’avoir vu que ça et c’est énervant, atroce… ».  En effet, les batailles remplissent une bonne partie du film. Mais justement,  Del Toro ne nous prend pas pour des imbéciles sur ce plan, on savait à quoi s ‘attendre!  Mais pour lui, trop de violence, ça le fatigue le pauvre… Donc pour Bourez, il aurait fallu un film plus intello, sans bataille. Yeah on va aller loin… Mais le pire c’est quand il offre une tentative d’explication  sur l’humour du film, notamment sur la séquence du boulier mécanique qui vibre dans un immeuble au milieu d’une bataille. Pour Bourez  » c’est la preuve qu’il n’y était pas vraiment, quoi« .  Il n’a pas pigé que cette séquence de quelques seconde offre un pause dans la bataille titanesque qui a lieu. Une respiration  en somme. Je dirais même que c’est un  » bris du quatrième mur » : les robots s’invitent chez un particulier qui n’a rien à voir dans la bataille, qui devrait être comme le spectateur de la salle, c’est à dire ébahi.  Croyez-vous que Bourez l’a compris ?  Non, pour lui cet élément est incongru.

Ouiche_lorraine

Vient ensuite le tour de Thierry Chèze  et là, comment dire, accrochez-vous, ça va être du grand art dans la connerie.

Pour lui, le film  » c’est beaucoup de bruit pour  rien, c’est in-supportable! » ( il le dit de cette façon)…  Qu’a t-il du dire devant certains films d’action!!!   » c’est du bruit pendant deux heures ». Non ? un film d’action qui fait du BRUIT ?  Mais bordel ça fait longtemps qu’on a passé le stade du cinéma muet!!!  « Avec une musique d’ascenseur« .  Putain hé!   c’est gentil pour le travail de  Ramin Djawadi, compositeur d’origine iranienne qui a entre autres, composé les musiques des séries Games of Thrones ou encore Person of Interest, excusez du peu !!!  Si tu veux de la musique d’ascenseur  tu vas dans le moindre building et tu demandes à ce qu’on diffuse de la musique dedans,  et  » forte très forte » comme dans le film.  le résultat risque de ne pas être le même. Chèze semble oublier que la musique  est essentielle dans un film d’action. C’est elle qui souligne les moments d’intensité plus ou moins dramatique d’ailleurs.  parfois, ça rate, mais pour Pacific Rim, le résultat est on ne peut plus réussi. On a pas du entendre la même chose…  Il aurait fallu quoi pour que ça lui plaise, à lui ?  Du Mozart, du Bach ?  Dans un film d’action ?  Il enchaîne ensuite sur la façon de jouer des acteurs, et pour lui   » cela va rentrer  dans les sommets des nanars« .  Ahhh putain le vilain troll.  Il veut voir ce que ça donne, des nanars ? il n’a qu’à aller sur nanarland.com,  au moins, il saura ce que c’est,  un vrai nanar. Mais pour Chèze, comme les  acteurs sont pas connus au cinéma,  c’est forcément mal joué.  Après la confusion sur le plateau concernant les relations entre personnages , et c’est vrai qu’elles ne sont pas poussées,  Chèze ose dire «  y’a pas d’acteurs connus, mais il n’y a pas d’acteurs, surtout« . Je l’invite à se renseigner sur le CV des principaux acteurs. S’ils sont peu connus du grand public,  ça ne veut pas dire pour autant qu’ils ont forcément fait de la merde.

Et Leclerc de conclure : « ça fait passer le cinéma de Michael Bay pour celui d’Orson Welles« . PARDON ??? P A R D O N ??? AI-JE BIEN ENTENDU ??? Oser comparer un tâcheron comme Bay a Del Toro, c’est déjà insultant  pour le second, mais là, si on le met au niveau d’Orson Welles, ce dernier doit se retourner dans sa tombe!!!

idiocracy

Vous l’avez compris, ce « match des critiques ciné » n’en était pas un. A part l’avis d’Iris Mazzacurati, plus nuancé, les autres critiques présents sur le  plateau se sont ligués contre lui, pour dire que c’était saoulant, bruyant, bref que ça ne leur convenait pas.  C’est donc ça la critique professionnelle ? Taper sur un blockbuster original, truffé de références  qu’eux sont incapables de comprendre, et être à la tête d’un magazine spécialisé dans le cinéma ?  Tout ça pour plaire à quelle frange de la population ? Essayer de comparer l’incomparable pour tenter de donner une échelle de valeurs ? Je n’ai jamais vu autant de bullshit débité en plus de 6 minutes, c’est vous dire la densité…  Le cinéma français se complaît dans une suffisance fossilisante. Le pire c’est que les critiques professionnels  aussi, sans jamais se remettre en question. Il est difficile pour eux  d’admettre que la culture geek  fait maintenant partie à part entière  non seulement des jeux vidéo, mais aussi du cinéma. Et  tant que certains de  nos critiques hexagonaux n’auront pas compris cela,  ils resteront entre eux, à pester contre chaque blockbuster qui sort,  sur des références qu’ils ne comprendront pas forcément. Au final, il termineront comme les dinosaures, qu’ils sont sans doute déjà d’ailleurs. En fossiles. Ringardisés.  Ces gens là prétendent connaitre le cinéma ? laissez-moi rire. 

Je vous mets le lien, pour que vous puissiez constater comme moi ce massacre.

http://www.dailymotion.com/video/x11ph9h_pacific-rim-entre-nanar-et-film-pop-corn_news#.UerG8Y37ZYX

Un grand merci à l’Ermite Moderne, qui m’a fait découvrir ce lien via Twitter…

Julius

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Publié le 21/07/2013, dans Guns of the Kikoolols, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Kikoo Julius, je t’aime bien tu sais, je t’ai même ajouter en éclaireur sur SC donc bon tu m’es plutôt sympathique. Mais là franchement, je ne vois pas vraiment les arguments !

    Dans ta critique tu ne parles pas de l’histoire et je pense (je n’ai pas encore vu le film) que c’est l’histoire qui fait défauts au film, de ce que j’ai vu par-si par-là. Donc que tu dises que c’est mieux que Transformers et 2012 (Ce que je veux bien croire) mais prouve-le ! 2012 d’ailleurs est fichtrement impressionnant, alors vu que tu dis que ça n’a rien à voir bah…Scuse mais tu ne parle que de la réa et la réa de ce blockbuster est loin d’être immonde.

    Quand aux arguments de la culture geek, non ce n’est pas recevable ! Que l’on critique les films de niche (En gros les films avec Louis Garrel) ok mais que l’on fasse de même avec la culture geek. Un film, c’est pour tout le monde, je ne vois pas pourquoi il faudrait avoir des milliers de connaissances sur cette culture pour pouvoir donner un avis !

    En fait j’ai un peu l’impression que les gens s’excitent sur ce film alors que tout fait penser à un film « popcorn » en fin de compte. Je…Sais pas. Faut que je le vois en tout les cas, une oeuvre qui déchaîne autant les passions ça ne peut qu’être intéressant.

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