[Critique rétro] Bubsy (Megadrive)

Dans les années 90, la folie des mascottes faisait rage chez les différents éditeurs de jeux-vidéos. Nintendo avait Mario, et Sega s’est enfin doté d’une mascotte digne de ce nom avec Sonic. Ce dernier d’ailleurs, a sans doute relancé la mode… Impossible de ne pas voir les différents jeux qui ont fleuri sur nos 16 bits mettant en scène de nouveaux héros : Rolo l’éléphant chez Electronic Arts, Puggsy chez Psygnosis, Mister Nutz chez Ocean… Tous ayant une bouille sympathique pour faire craquer les joueurs. Et chez Accolade, ce fut Bubsy. Un lynx d’Amérique ( « bobcat » en anglais), en l’occurrence. Une mascotte sympathique… Mais la sympathie ne fait pas tout. Alors Bubsy, mascotte qui mérite son sort ou qui aurait mérité un autre destin ? Les plus de vingt ans ont sans doute déjà la réponse, mais il faut savoir que ce premier jeu mettant en scène le félin n’est pas responsable de ce qu’il adviendra de lui ensuite. Ce jeu recèle en effet de très bons éléments . Revue de détail.

Bubsy (JUE) [!]000

Busby in Claws Encounters of the Furred Kind (ouf!) est sorti sur Megadrive et Super Nintendo en Europe en 1993. Comme la plupart des jeux à mascotte, il s’agit d’un jeu de plates-formes. Le jeu est découpé en 16 niveaux décomposés comme de suit : 5 mondes à thèmes de trois niveaux avec un boss au bout, et le niveau final. Chaque fois que Bubsy bat un boss, un mot de passe est révélé au joueur. En effet, bien que disposant de 9 vies ( comme tous les chats), les continues sont très rares. On entre les mots de passe en allant dans le menu d’options. Jusque là, c’est du classique…

 

Le premier monde se déroule comme toujours dans un univers campagnard...

Le premier monde se déroule comme toujours dans un univers campagnard…

 

Le scénario du jeu nous fait connaître une nouvelle race d’aliens, les Woolies, qui ont comme énergie principale la laine. Mais voilà, leur source d’énergie se tarit et il leur faut aller en chercher d’autres. Mais seule la Terre dispose de réserves de laine suffisantes. Ils débarquent donc sur notre belle planète bleue afin de s’emparer de toutes les pelotes du monde entier. Sauf que Bubsy, en bon lynx qu’il est, n’a pas l’intention de les laisser faire.

Bon, voilà, ça ne va pas chercher loin, mais c’est tout de même assez rigolo. Comment un lynx peut-il faire pour combattre une armée d’extra-terrestres ? En misant sur son agilité. En effet, Bubsy peut leur sauter sur la tête avec ses griffes acérées. Ce sera d’ailleurs son seul mode d’attaque.

 

Au Far West, les girafes  veulent montrer qu'elles ont la classe.

Au Far West, les girafes veulent montrer qu’elles ont la classe.

 

Dans les niveaux, vous devez récolter le plus de pelotes de laine possible. Cependant, contrairement à Sonic, jeu auquel il a été souvent comparé notamment sur Megadrive, elles ne font pas office d’énergie. Si Bubsy prend un seul coup, il meurt. On comprend mieux pourquoi on démarre d’emblée avec 9 vies…Le lynx est aussi fragile que du verre! Le temps est limité et vous disposez de dix minutes pour traverser chaque « cha(t)pitre » du jeu. Les pelotes récoltées et le temps restant sont ajoutées au score. Les niveaux disposent de checkpoints symbolisés par un énorme symbole « ! » dont le point est une pelote de laine. Les T-shirts permettent soit d’avoir des vies, ou de l’invincibilité. La flèche rouge permet d’avoir un continue. Les ennemis sont nombreux et le moindre obstacle peut devenir rapidement mortel. Il faut toutefois reconnaître que les niveaux sont très vastes, sans doute même plus que ceux des deux premiers Sonic.

Côté environnements, c’est du vu et revu : les plaines, une fête foraine, le désert, la forêt… du classique.

 

Attention à ne pas tomber!

Attention à ne pas tomber!

 

Les graphismes sont beaux, très beaux même : c’est beau, c’est détaillé, les sprites sont de bonne taille, aussi bien pour notre lynx que pour les ennemis. Dommage toutefois qu’ils se ressemblent tout de même plus ou moins, de même pour les boss. On aurait aimé un peu plus d’imagination à ce niveau… Certains pièges sont bien vicieux, voire inattendus pour certains.

Les musiques sont rigolotes et entraînantes , mention spéciale à celle du deuxième monde, la fête foraine. Les bruitages ne sont pas en reste : ils sont variés, et Bubsy nous présente chaque écran de cha(t)pitre avec une petite réflexion en voix digitalisée.

 

Un lynx qui grimpe aux arbres... Dans ce monde, vous n’aurez pas le choix.

Un lynx qui grimpe aux arbres… Dans ce monde, vous n’aurez pas le choix.

 

 

L’animation est un des points forts du titre. Déjà, au niveau de la fluidité globale, il n’y a rien à dire. Bubsy est capable de piquer des sprints qui pourraient rivaliser avec le hérisson bleu. Il n’y a pas de ralentissements. Les ennemis ont aussi leurs mimiques hilarantes : ils deviennent effrayés lorsqu’ils voient le lynx approcher, par exemple. Bubsy lui-même semble tout droit sorti d’un cartoon digne de Tex-Avery : ses yeux sortent de leurs orbites lorsqu’il aperçoit de l’eau et ses morts sont hilarantes : dégonflé s’il tombe sur des pointes, en fondue « chatvoyarde », en mille morceaux après un sourire benêt , ou enfilant un bicorne s’il tombe dans un trou rempli d’eau… Il y en a beaucoup, et Vil Coyote a trouvé un sacré rival sur ce plan-là…

Mieux : laissez le jeu tourner sans toucher à la manette et vous verrez notre héros vous rappeler à l’ordre en tapant à l’écran ! Un véritable dessin-animé, je vous dis. Et souvent, on se dit que ça aurait dû être un dessin animé.

 

Ohé! y'a quelqu'un derrière l'écran ?

Ohé! y’a quelqu’un derrière l’écran ?

 

 

 

Parce que le gros défaut de ce jeu, et qui fait que de ce fait, il ne peut hélas prétendre rivaliser avec les plus grands du genre, c’est son gameplay. Bubsy n’est hélas pas très souple. De plus comme je l’ai déjà mentionné, le moindre contact tue notre infortuné félin. On notera aussi des incohérences, comme le fait d’être tué par un distributeur de bonbons belliqueux et pas lorsque le lynx se prend un mur à grande vitesse. La vue trop rapprochée n’aide pas non plus à anticiper certains pièges, et la moindre erreur de placement vous amènera à recommencer tout le passage. Les sauts d’une trop grande hauteur sont également sanctionnés par une mort immédiate à l’atterrissage. Seulement voilà, parfois cela se joue à quelques centimètres près : si vous êtes trop haut, le jeu vous sanctionnera. Certes, Bubsy peut planer, mais cela n’empêche pas une rencontre malencontreuse avec un ennemi… Certains pièges ne sont pas évidents à deviner, je pense par exemple aux wagons des montagnes russes : on pourrait penser que l’on va faire une petite ballade… Sauf que celle-ci s’avérera mortelle! Idem, Bubsy peut se noyer dans une hauteur d’eau ou il aurait normalement pied! Résultat, on ne comprend pas toujours pourquoi on meurt, d’autant que les collisions sont hélas très approximatives. Ce qui rend l’expérience vite frustrante. C’est vraiment dommage parce que si l’équipe de développement avait soigné ce point, nul doute qu’il aurait pu se hisser à la hauteur d’un Sonic ou d’un Mario. Parce qu’il ne faut pas oublier que pour qu’un jeu soit excellent, il doit être sympa à jouer.

 

Parfois, je me dis que ce jeu aurait pu être au sommet de son art...

Parfois, je me dis que ce jeu aurait pu être au sommet de son art…

 

Côté durée de vie, elle est plutôt bonne si vous persévérez : les niveaux sont vastes et la difficulté est au rendez-vous, même si une partie est due au gameplay bien frustrant. Les mots de passe permettent de combler en partie ce défaut.

 

Sympa, l'écran retourné...

Sympa, l’écran retourné…

VERDICT :

Pour ce jeu, j’ai envie de dire « quel gâchis ». Il aurait pu être excellent, il ne reste hélas que dans le haut de la moyenne de ce qui se faisait à l’époque sur 16 bits. La faute à un manque de renouvellement des environnements, surtout vers la fin, mais surtout à cause d’un gameplay qui aurait gagné à être plus travaillé pour une expérience de jeu optimale. Dommage parce que les graphismes, animations et musiques sont de très bonne facture. On peut le trouver à petit prix, mais, quitte à prendre un jeu à mascotte, je ne saurai que trop vous conseiller Rocket Knight Adventures,ou même Mister Nutz d’Ocean , sortis à la même période. C’est rageant, parce qu’il aurait pu rivaliser avec ces références. Oui, il aurait pu…

 Bubsy (JUE) [!]006

Le fin mot de l’histoire :

Le jeu a tout de même rencontré un certain succès, ce qui conduira Accolade à sortir Bubsy 2 l’année suivante sur les mêmes consoles. Le lynx n’est plus en verre et peut prendre trois coups avant de mourir. Le jeu propose des graphismes encore plus beaux, mais pêche toujours par des problèmes de gameplay.

Mais les deux jeux qui mèneront le lynx à sa perte furent les épisodes sortis sur Jaguar ( what else, pour un lynx, de sortir sur une console ayant un nom de félin ?) et sur PSX. Le premier disposait de jolis graphismes mais d’un gameplay foireux. Le second, baptisé Bubsy 3D, cumule les tares à tous les étages avec des graphismes immondes, une bande son qui tape sur le système un gameplay dont on a rarement vu plus pourri. Une des plus mauvais jeux de la console grise de Sony, et même, disons-le, de toute la création vidéoludique.

 

Julius

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Publié le 03/05/2013, dans Back to the Pixels, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Je me rappelle de la jaquette de ce jeu mais je lui avais effectivement préféré Mister Nuts dont j’ai de bons souvenirs. Mais J’ai envie de l’essayer du coup !

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