[Critique RPG] Persona 4 Golden

La série Persona est dérivée de la série Shin Megami Tensei, dont le premier jeu de la série est sorti en 1992, et était lui même la suite de la série Megami Tensei, sorti en 1987 sur Famicom. La saga des « Megami » est très complexe et cet article ne suffirait certainement à faire un rappel exhaustif. Elle compte en effet plus de 20 épisodes, mais si certains d’entre eux sortiront aux États-Unis, le premier à sortir en Europe fut Shin Megami Tensei : Lucifer’sCall en 2005.

Il faudra attendre 2008 pour que le premier Persona arrive sur le vieux continent, série dérivée des SMT avec le troisième épisode, sur PlayStation 2. Le jeu, avec ses graphismes typés manga, ayant son propre style, mêlait habilement deux styles : simulateur de vie d’un lycéen pendant toute une année scolaire, et dungeon-RPG la nuit. Très bien rodé, le jeu a eu un certain succès d’estime, et Atlus éditera quelques mois plus tard l’édition FES, rajoutant du contenu. Mieux vaut tard que jamais, comme on dit.

En 2009 le quatrième Persona arriva aussi chez nous sur PlayStation 2. Il fut très bien accueilli par les critiques et les joueurs. Mais le jeu se fait rare, hélas. Quelle ne fut pas la joie d’apprendre que Persona 4 allait revenir sur Vita, la nouvelle console portable de Sony, avec le suffixe Golden, histoire de bien montrer que le jeu revenait, mais avec pas mal de nouvelles choses… Alors, Persona 4 Golden est-il la pépite tant attendue ? Réponse dans cette critique.

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« Vous regardez trop la télévision, bonsoir! »

Lorsque le jeu commence, vous êtes un jeune lycéen auquel vous devez donner un nom et un prénom, comme dans tous les jeux SMT d’ailleurs, qui part faire une année scolaire dans la ville d’Inaba, dans la campagne japonaise, car ses parents sont partis travailler à l’étranger. Le genre de truc qui fait assez mal, de se retrouver dans un trou paumé alors qu’on était habitué à la ville, pour étudier. Heureusement, notre lycéen sera hébergé chez son oncle, Ryotaro Dojima, mais il le connait à peine. Il fera la connaissance de la petite Nanako, qui est sa cousine. Inaba est de plus très connue pour sa météo capricieuse, où il peut pleuvoir sans discontinuer pendant plusieurs jours… L’année risque d’être longue, parce qu’en plus, il se retrouve dans la classe de M. Morooka, un prof principal édenté et rustre n’hésitant pas à inculquer des vérités toutes acquises et souvent fausses, ainsi qu’insulter ses élèves, que tout le monde déteste et appelle « Roi des Crétins ». Pour un prof de philo,ça fait mal. Mais comme lui dira une de ses camarades, tous sont dans la même galère jusqu’à la fin de l’année. Du moins, notre pauvre lycéen le pensait-il car dès le lendemain de son arrivée, une personne connue est retrouvée morte pendue à une antenne de télévision. Une deuxième ne tarde pas à suivre, et a eu lieu comme par hasard une nuit de brouillard épais. Très vite, une rumeur se répand dans le lycée : les victimes seraient apparues à la télévision, sur un canal n’émettant qu’à minuit les jours de pluie, le Midnight Channel. Notre lycéen va s’apercevoir que ce n’était pas qu’une rumeur. La silhouette des personnes sur le point de mourir apparaissent bien sur ce canal. Cela se corse lorsqu’une camarade de classe est portée absente, et qu’elle apparaît sur la télévision… En fait, notre homme n’aura pas le temps de s’ennuyer ferme dans sa cambrousse.

 

M. Morooka, votre prof principal. Un homme..."raffiné".

M. Morooka, votre prof principal. Un homme… »raffiné ».

Dans sa structure de jeu, Persona 4 Golden est comme l’épisode précédent : votre emploi du temps, calé sur l’année 2011, commence en avril, à la rentrée scolaire japonaise. En journée, vous vivez votre vie de lycéen, c’est à dire que vous assistez aux cours, et il se peut que vous soyez interrogé ou qu’un camarade vous demande une réponse. Si vous donnez la bonne réponse, un de vos attributs augmentera. Très vite, vous pourrez faire diverses choses après les cours, comme vous inscrire dans différents clubs, aller trainer en ville, draguer une camarade en passant du temps avec elle, ou explorer le monde fascinant de la télévision. Car oui c’est bien de télévision qu’il s’agira dans Persona 4 Golden. En effet, Le soir, vous pourrez regarder les émissions de la télévision japonaise, fictives, bien entendu, avec Nanako. Ou dans votre chambre. Peut-être même achèterez vous des objets auprès du Pierre Bellemarre du jeu. Mais surtout, un programme qui comptera plus que les autres sera bien entendu la météo régionale. En effet, la météo aura une influence sur divers paramètres de jeu : dans votre vie de lycéen, si vous vous inscrivez à un club de sport, il n’y aura pas d’entrainement les jours de pluie.

Vous voyez les silhouettes des personnes disparue sur le Midnight Channel

Vous voyez les silhouettes des personnes disparue sur le Midnight Channel

Mais quand je dis que vous explorerez le monde de la télévision, vous le ferez au sens propre du terme . En effet, votre héros et son groupe ont le pouvoir de passer à travers les écrans pour se rendre dans une sorte de monde parallèle. Là, Teddie, le maître des lieux, vous accueillera. Si un membre vient pour la première fois, il lui donnera une paire de lunettes, comme celles qu’on porte pour corriger notre vue, qui permettront de voir à travers le brouillard de ce monde. En général, vous venez là pour sauver la personne que vous avez vue auparavant apparaître sur votre TV sur le Midnight Channel. En réalité, ce monde est un exutoire des pensées non-avouées et chaque donjon sera une représentation de son for intérieur. Donjons au sens propre du terme d’ailleurs, car ils auront plusieurs étages, et ce sans points de sauvegardes. Cependant, les lieux sont variés, et il n’y en pas un seul comme c’était le cas dans le troisième épisode. Mais si vous venez pour sauver une personne prisonnière, il est rare que vous puissiez franchir le niveau d’un seul coup. En effet, vous aurez des ennemis à combattre, je vais y revenir après. Vous serez aussi limité par le temps. En effet, le temps ne sera pas une durée en minutes ou heures, mais en jours. Il faut que vous sauviez la personne de ses démons avant l’apparition du brouillard dans votre monde. Sans quoi elle mourra. Et la partie se terminera. Dans ce cas, le jeu vous proposera de reprendre une semaine avant. Mais divers indices vous indiquent que l’échéance se rapproche. Déjà, le brouillard ne se forme qu’après plusieurs jours de pluie non stop. Si vous en êtes là, vous savez qu’il y a vraiment urgence. Mais le jeu ou vos camarades laisseront aussi des indices sur la conduite à tenir… Il vous sera possible de vous échapper d’un étage pour reprendre des forces grâce à l’objet Goho-M. Vous serez alors téléportés à l’entrée du donjon en cours. Lorsque vous y retournerez, le jeu vous proposera de reprendre à l’étage où vous vous étiez arrêtés. Il en est de même si vous subissez une défaite cuisante : le jeu vous permettra de reprendre depuis l’étage, du moins en mode de difficulté normale. Les petits joueurs qui auront pris le mode « Very Easy » pourront même reprendre le combat directement. Les vrais durs, eux, en mode « Very Hard » devront recharger leur sauvegarde.

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Système de combat

Ce qui fait la force des Persona, c’est le système de jeu. Autant le dire, ici il est très réussi, et depuis l’opus PS2, il y a certaines choses sympa qui s’y sont ajoutées. Les combats contre les shadows ne sont pas aléatoires : vous voyez leurs formes flasques sur le sol, et selon les circonstances, la bataille peut débuter sur un avantage. Pour vous si vous surprenez les ennemis, pour eux s’ils vous surprennent. Il faut faire très attention à ça, car ce système très carré basé sur les faiblesses élémentaires ne laisse quasiment pas de droit à l’erreur. Il vous faudra agir vite et bien pour pouvoir passer les combats sans encombres, sachant que non seulement, exploiter les faiblesses pourra assommer les ennemis, tout comme les coups critiques, mais en plus cela vous donnera un tour supplémentaire. Mais attention, cela est valable pour les deux camps. Si tous les ennemis sont au sol, vous pourrez lancer une « all-out attack », c’est à dire une mêlée généralisée qui peut faire très mal.

Choisissez bien l'action à faire...

Choisissez bien l’action à faire…

Il se peut aussi que l’ennemi trouve une de vos faiblesses, et dans ce cas, le perso se retrouvera par terre, s’il n’est pas tué d’un coup, car en général, ça fait très mal. N’oubliez pas non plus une chose : si le héros, qui sera le chef d’équipe, meurt, le jeu se termine. Et il faut faire très attention : les ennemis ne sont pas avares pour lancer des sorts sur tout le groupe, ou de se protéger entre eux notamment de leurs faiblesses élémentaires.

Bien évidemment, pour utiliser les pouvoirs, vous devrez passer par des Persona, des entités liées à chacun de vos alliés. Seul le héros du jeu peut en utiliser plusieurs, et en changer une fois par tour, afin d’utiliser ses pouvoirs.

Une des nouveautés des combats est qu’on peut régler le niveau d’intelligence artificielles de nos co-équipiers : s’ils agissent par eux mêmes de façon assez équilibrée, vous pouvez leur ordonner de se concentrer sur les soins, la défense ou l’attaque. Mieux encore, via l’option « direct orders » vous pourrez les contrôler et décider des commandes. Je ne saurai que trop vous conseiller de le faire.

On retrouve le « shuffle time » déjà présent dans P3, sauf que cette fois, les cartes ne sont plus face cachée et ne se mélangent pas. Vous les voyez et pouvez choisir laquelle tirer : acquérir une nouvelle Persona, plus d’XP ou remettre de la santé à tous les membres ? Choix cornélien lorsqu’on sait qu’on s’approche du boss du lieu…

 

Certaines cartes vous offrent des avantages, d'autres se feront au détriment de moins d'XP ou d'argent.

Certaines cartes vous offrent des avantages, d’autres se feront au détriment de moins d’XP ou d’argent.

« Coucou, tu veux voir mon arcane ? »

D’autant que les Persona, c’est bien gentil, mais vous ne pourrez en stocker qu’une quantité limitée auprès de vous. Si celles du début sont sympa pour débuter, il faudra vite que notre héros en acquiert des plus puissantes, en les fusionnant, pour cela il devra aller dans la Velvet Room avec toujours ce cher Igor et son nez démesuré, un brin flippant d’ailleurs, et Elizabeth. Cependant, une nouvelle a fait son apparition une apparition dans cet épisode Vita, il s’agit de Marie, avec qui vous pourrez construire un lien social dans le jeu. Vous pouvez faire deux types de fusions : une fusion de deux Persona, ou une en triangle, avec trois d’entre elles. D’autres seront possibles par la suite, à mesure de votre progression. Vous pouvez voir le résultat de la fusion, mais attention : si vous voyez le résultat en ombre, c’est que la Persona est trop puissante par rapport à votre niveau actuel, et donc, ne pourrez faire la fusion. Attention aussi au temps : la météo peut influer sur le résultat final, notamment les jours d’orage, et ainsi, vous pourrez ne pas avoir la créature escomptée. Un atout également rajouté pour cette version Vita : vous pouvez choisir les pouvoirs que le nouveau Persona héritera de ses parents. Très bien vu, notamment pour ne pas perdre certains sorts puissants.

Un exemple de fusion.

Un exemple de fusion.

Les Personas du héros évoluent indépendamment de lui : elles changent de niveau de façon autonome, et parfois, acquièrent de nouveaux pouvoirs. Mais là encore, la place est limitée. Si une des créatures évolue et que vous n’avez plus de place, elle devra en abandonner un déjà acquis.

Tous sont reliés aux différentes arcanes du tarot. Ce qui n’est pas sans lien avec vos interactions d’après cours. C’est en créant des relations sociales avec les gens de votre entourage que vous pourrez créer ces liens, et si vous donnez les réponses que les gens attendent, votre lien sera renforcé, l’arcane aussi, rendant votre Persona correspondant plus fort et vos coéquipiers plus efficaces en combat.. A vous de voir comment vous choisissez de gérer vos activités extra-scolaires, il n’est pas rare qu’un de vos camarades vous demande à midi de passer du temps avec lui , par exemple, ou alors, le jeu vous suggérera aussi des choses…

Maximisez vos liens sociaux, et ils ne pourront être rompus par la suite.

Maximisez vos liens sociaux, et ils ne pourront être rompus par la suite.

Tout expliquer dans les détails relève clairement de la gageure tant c’est à la fois riche et complet, mais P4G a fait l’objet d’un système jouissif tant il y a de choix possibles.

Persona, vraiment « Golden » ?

Pour ce qui est du côté technique, la console s’en sort magnifiquement. Certes, la Vita a hérité d’un jeu venu tout droit la PS2. Pourtant, les graphismes sont dans le style de Persona, et si les personnages manquent de détails dans le rendu ingame, leurs artworks sont très bien travaillés, et les décors bénéficient de la puissance de l’écran OLED de la console. On notera aussi que chaque donjon a sa propre identité, mention spéciale à celui en mode 8-bits, qui maintenant, n’est pas sans rappeler Minecraft! Une pépite chatoyante, donc .

La bande son est fantastique. De nouvelles musiques ont également été crées pour l’occasion, en plus de celles existantes. On retrouve ce mélange si particulier à la série, avec des morceaux chantés. Je trouve que les voix américaines sont bonnes, même si on aurait aimé la possibilité d’activer les voix japonaises pour plus d’immersion dans le pays où se déroule l’action.

"Twin Dragons", le pouvoir combiné de Chie et Yukiko.

« Twin Dragons », le pouvoir combiné de Chie et Yukiko.

Le gameplay hors combat est également instinctif. Les boutons de la console sont remarquablement utilisés, et on regrettera juste la tendance de la caméra à zoomer en passant une porte, ce qui n’est pas forcément pratique. Pour le reste c’est du bonheur. On appréciera aussi la fonction réseau, qui permet de se connecter et de demander de l’aide en cas de besoin. en pressant simplement l’icône SOS en haut de l’écran. Si des personnes sont reliées au réseau et dans le même donjon que vous, elle soigneront vos persos et vous encourageront si vous vous retrouvez face à un boss, par exemple. On notera aussi que le jeu, de par son rythme assez découpé, se prête bien au format portable.

Ceux qui connaissent déjà le jeu sur PS2 ont déjà une idée du scénario du jeu. Il n’en reste pas moins qu’il est très bien trouvé, abordant des thèmes matures ( sexualité non-assumée, meurtres, libido, désir de puissance…), mais il y a également deux arcs narratifs supplémentaires, un nouveau personnage et le jeu sait surprendre, l’histoire prenant des tournants souvent inattendus, pour qui n’a pas déjà fait la version PS2 bien entendu. Mais Persona 4 Golden est avant tout un voyage au Japon. Ainsi, le jeu vous fera vivre l’emploi du temps japonais, avec ses rythmes scolaires, ses jours fériés et ses traditions.

Ce cher Igor nous avait manqué...

Ce cher Igor nous avait manqué…

Côté durée de vie, ne vous en faites pas vous aurez largement de quoi faire. Près de 60 heures pour une première partie, et encore, si vous voulez avoir toutes les fins, tous les trophées, toutes les combinaisons de Persona disponibles, d’autant que de nouvelles interactions et arcanes ont été rajoutées, croyez-moi, vous recommencerez le jeu encore et encore. D’autant qu’il est tellement prenant que seuls l’épuisement de vos points de magie vous indiqueront qu’il est temps de faire une pause, ou alors… l’épuisement de la batterie. De plus, le jeu est loin d’être facile. Si vous êtes débutants dans le RPG, ce n’est clairement pas celui-ci qu’il faut prendre, vous risquez d’avoir des surprises, même si on peut choisir la difficulté en début de jeu. Certains boss sont juste abusés, et en général ils ne peuvent être vaincus sans une bonne stratégie, n’oubliez cependant pas que patience et longueur de temps… font que vous les aurez au final, même si parfois ça passera à un cheveu.

Verdict : 

Persona 4 Golden est un grand RPG . Non content d’être le remake d’un épisode déjà unanimement salué à l’époque sur PS2, il le transcende littéralement, avec ses diverses fonctionnalités, ses nouveautés bienvenues, rallongeant une durée de vie déjà conséquente. Certes, on peut lui reprocher d’être une version revue et corrigée d’un jeu déjà sorti. Mais il faut aussi avouer qu’avec les rajouts, et les nouveautés bienvenues, Atlus a su éviter le simple portage et ne s’est pas moqué des joueurs. Donc, ne vous laissez pas endormir par les chantres de la traduction à tout prix, qui descendent le jeu sans même y avoir joué sous prétexte qu’il est en anglais. Si vous avez une PS Vita et que vous cherchez un excellent RPG, vous auriez tort de vous priver de celui-ci.

 Julius

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Les +

Une excellente réalisation

Un système de combat parfait

De très bonnes musiques

Un très bon mélange exploration/simulation de vie

La gestion de la météo

Des nouveautés toutes très appréciables ( aide en ligne, nouveaux arcs narratifs, nouvelles personas)

Un scénario en béton.

Les –

Les voix japonaises n’auraient pas été de trop…

Parfois très dur, même en mode normal

Répétitif par nature.

 

Note finale : cette critique est également disponible sur le site  de GameWedge à l’adresse suivante :

http://www.gamewedge.fr/article/203/critique-persona-4-golden/

Je les remercie  de m’avoir fait confiance. 

 

Persona 4 Golden

Disponible sur : PS Vita

Genre : RPG

Éditeur : Atlus

Développeur: Atlus

Prix: 40 €

Voix: anglaises

Textes: anglais

 

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Publié le 06/03/2013, dans Level Up !, Passe la manette !, et tagué , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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