Guns of the Kikoolols épisode 26

Le Point, le comble du bullshit journalistique et pas qu’en politique.

 

Je n’aimais déjà pas ce magazine hebdomadaire soit disant d’information, mais là, ils aggravent leur cas avec un article paru aujourd’hui sur le leur site, et intitulé Jeux vidéo: Permis de tuer. Avec l’accroche suivante : « Merah, Brevik et beaucoup d’autres en étaient accros. Un passe temps qui peut s’avérer mortel ». Ça en dit déjà long sur la teneur de ce torchon faite par une gratte papier sans idée.

Déjà, ça commence très mal, avec un rappel de l’actualité politique aussi bien de ce qui se passe à l’UMP et les problèmes du gouvernement actuel. On se demande ce que ça fait dans un article sensé parler de jeux vidéo, mais l’auteure, Claire Gallois signale qu’ « il en a négligé l’essentiel : la nouvelle génération ». Après avoir bashé les réformes mises en place par le gouvernement actuel ( une tendance lourde depuis 6 mois au Point, où ses rédacteurs croient savoir ce que le gouvernement doit faire mieux que les ministres eux-mêmes), elle termine son paragraphe par : « on la laisse s’amuser dans son coin, ou désespérer, au choix… avec les jeux vidéo, dont la croissance est exponentielle. »

Ok, ça commence bien. Il y avait bien mieux pour commencer un article sur le sujet. M’enfin si Le Point faisait de la qualité, ça se saurait. Mais oui, la croissance des jeux vidéo est énorme et a dépassé le cinéma en terme de chiffres d’affaires. En quoi cela est dérangeant ? Le jeu vidéo est devenu un loisir de masse. Pas forcément de la meilleure façon qui soit, mais que le jeu s’ouvre à tous, je ne suis pas contre. Mais ça semble défriser la mère Gallois… Elle préfère sans doute laisser ses enfants devant le 20 heures, où les morts qu’on voit tous les jours ne sont pas virtuelles…

poursuivons avec le deuxième paragraphe : Gallois accuse le ministère de la culture de ne pas connaître des « distractions qui ne contribuent pas à la promotion des arts ». Euuh LOL ? Je signale à Claire Gallois outre le fait qu’elle prenne Filipetti pour une imbécile, que sous le précédent gouvernement, et même sous Chirac, plusieurs créateurs de jeux, dont Eric Viennot, que je salue au passage, Michel Ancel, créateur de Rayman, et Shigeru Miyamoto, créateur de Mario, entre autres, ont été faits chevaliers des arts et des lettres, une distinction remise par le ministère de la culture ! Qu’on ose encore me dire que le ministère de la culture n’en a que faire !!! Et j’ai sans doute révélé un scoop, mais elle apprendra qu’il y a des créateurs français de jeux vidéo ! Mais ce n’est pas le pire. Gallois demande « qu’à défaut, la ministre Aurélie Filipetti pourrait prendre connaissance des jugements de cours d’assises des joueurs qui sont passés à l’acte ».En quoi cela la concerne t-elle ? Mais Gallois poursuit, avec la citation suivante : «  Le processus est simple, une dépendance grandissante à la violence. A côté de ces jeux, le cannabis c’est ‘ la santé par les plantes’ comme disent certains habitués’. » Il faut avoir un sacré culot pour oser une telle comparaison, rendant les jeux vidéo plus dangereux encore qu’une drogue ! Puis la dépendance à la violence… les jeux vidéo ne rendent pas plus violent que la moyenne. Dans le cadre des tueries perpétrées, c’est surtout un raccourci trouvé par des journalistes pour ne pas avoir à s’embêter à contextualiser ou prendre le temps de comprendre la psychologie du tueur , c’est vrai c’est trop compliqué, le spectateur, il veut du concret, du direct, du facile à penser ! Donc on s ‘en prend à un loisir pratiqué par des millions de personnes à travers le monde. Pour Gallois, on serait donc tous des tueurs potentiels, alors que ceux-ci ne représentent même pas 0,1% et encore je suis large, de l’ensemble des joueurs ? Je joue depuis plus de 20 ans. Je n’ai jamais eu envie de prendre un fusil et d’aller dans la rue tuer tout ce qui bouge! J’ajoute aussi que la mère Gallois n’a pas du jouer aux jeux qu’elle cite. D’ailleurs, vouloir citer un jeu sans savoir l’écrire, ça montre une totale non-maitrise du sujet. Grand Thief Auto, ça n’existe pas. Mais Grand Theft Auto, en revanche oui. Je pinaille, mais cette petite chose dans un article à charge ne fait qu’augmenter ma colère. Gallois devrait pourtant savoir qu’à part Call of Duty, les autres licences qu’elle cite n’ont pas pour ordre de tirer sur tout ce qui bouge. Au contraire même, dans certaines, notamment Assasin’s Creed, ou Hitman, tuez un représentant de l’ordre, une mauvaise cible, jouez bourrin et vous verrez, même les locaux se retourneront contre vous. Ça peut se révéler très pénalisant. Il est possible de terminer Dishonored en utilisant d’autres moyens que les armes…

Mais je me suis égaré, je reprends mon analyse, j’en étais au premier intertitre , Jeux dangereux !

 

Là, elle prend pour exemple Andy, dont le procès s’est déroulé en début de mois, qui a tué ses parents en Corse, avec comme argument irréfutable que les jeux vidéo étaient en cause, qu’il aimait ça mais elle se permet de citer le « rapport du psychiatre à la cour :les jeux vidéo habituent à l’excès. Ils font croire que la mort est une solution et qu’on peut recommencer indéfiniment puisqu’on a plusieurs vies. On a beau colorer le sang en vert, il y a une répétition de la destruction délibérée qui maintient le joueur dans une fascination parfois sans borne. »

L’argument psychiatrique ne tient pas une seule seconde. Pour la bonne et simple raison que tous ne s’accordent pas sur le sujet. Certains pensent , au contraire, que les jeux sont bénéfique, comme Boris Cyrulnik ou Serge Tisseron. Alors le coup du «  les jeux vidéo c’est mal m’voyez, même les experts psychiatres le disent », je pourrais sortir pas mal d’arguments sur le même thème prouvant le contraire.

Bien entendu, elle enchaine sur Breivik, pour qui Call of Duty a servi « à se former ». Argument du serial killer qu’elle prend pour argent comptant, alors que le cynisme de ce dernier n’est plus à démontrer, dans tous les sens du terme. Se former pour tuer grâce à un jeu vidéo, non mais je n’ai jamais vu un tel argument. Un jeu vidéo, c’est fait, en principe, pour s’amuser. Pas pour se former à tuer. Breivik était néo-nazi. Je dis ça, je dis rien. Il prônait aussi une idéologie raciste. Mais c’est trop compliqué pour les gens. Il faut du direct , du concret. Don hop, c’est la faute aux jeux vidéo si il a tué 72 personnes sur une île. Bien entendu elle enchaine sur Merah ensuite, qui était lui aussi fanatisé, mais ça, il ne faut surtout pas le dire. Bien entendu, pour démontrer que les « adeptes » de Call Of Duty sont nombreux, elle cite les forums de jeuxvideo.com. Facile, c’est tellement la jungle sur leurs forums qu’on y trouve à boire et à manger. Sur tout et n’importe quoi. C’est sur qu’un gars qui invente une histoire sur Merah ( « high kick », tout ça) en fait forcément un tueur potentiel.

Dernier exemple qu’elle prend : le russe qui a tué 5 de ses collègues de travail. «  Il jouait à Warcraft, dans lequel les héros sont uniquement des tueurs ». Elle y a vraiment joué ? De plus, je suppose qu’elle parle de World of Warcraft...

 

Passons maintenant aux deux derniers paragraphes, avec l’intertitre «  un business hors normes ».

Si Gallois cite des défenseurs du jeu vidéo, c’est pour mieux les descendre ensuite. Elle termine l’avant-dernier paragraphe avec cette splendeur : «  De l’avis unanime des psys et des éducateurs, la plupart des enfants qui abusent de leurs consoles sont plus renfermés et agressifs que les autres ». C’est faux. Cela n’a pas été formellement démontré. Rien ne le prouve à grande échelle. Elle oublie, mais c’est volontaire je pense, de dire que la plupart des joueurs sont intelligents, et surtout qu’ils savent faire la part des choses. Comme je l’ai dit, je connais des psys renommés qui croient aux bienfaits de ce loisir. Si le jeu vidéo permet de détecter une tendance à l’agressivité, il ne permet pas cependant de l’induire. Pour l’éducation des bambins à ce niveau, le rôle des parents est indispensable. Ah, mais j’oubliais, gallois induit implicitement au début de l’article que sous ce gouvernement, les parents sont tous démissionnaires…

 

D’ailleurs elle reprend au dernier paragraphe son couplet sur le gouvernement, en exhortant François Hollande a leur «  épargner une addiction à la violence » et qu’il gagnerait des sous avec ça . En gros elle veut une taxe sur les jeux violents. Super, les jeux ne sont déjà pas assez chers comme ça, s’il y a une taxe de plus, les éditeurs ne se gêneront pas pour relever les prix. Et que s’il elle ne veut veut pas cautionner et participer aux bénéfice d’Activision avec Call of Duty, elle n’a qu’à faire comme moi, ne pas acheter le jeu, mais ne pas empêcher ceux qui aiment de le faire.

J’avoue ne pas avoir compris la dernière partie de l’article. C’est bien beau de citer les mesures que compte mettre en place la ministre de la culture, sauf que cela n’a absolument rien à voir.

Je pensais qu’on en avait fini avec les clichés les plus vils qui soient sur les jeux vidéo. Le Point par l’intermédiaire de Claire Gallois vient de démontrer le contraire. Rempli de clichés, d’amalgames foireux, notamment en mélangeant méfaits supposés des jeux vidéo et politique, et autres choses complètement fausses, avec des sous-entendus nauséabonds comme tous les parents sont démissionnaires et n’assument plus leur rôle, et le fait que nous soyons tous des tueurs potentiels, l’auteure a fini par oublier que le jeu vidéo, c’est avant tout fait pour s’amuser. Une fois de plus, le jeu vidéo est émissaire de tous les maux, formateurs des pires serial killers de ces deux dernières années, plutôt que de se poser les vraies questions sur leurs motivations réelles. Trop compliqué pour le lectorat, il ne faut pas oublier qu’il faut se placer du point de vue du moins intelligent ! Elle n’allait pas non plus se mettre à jouer alors qu’on peut  défoncer ce loisir aisément en se basant sur des choses fausses! Tu oses parler de « journalisme » ensuite ?   Un scoop pour Gallois : le point commun des criminels cités ce n’était pas les jeux vidéo, mais… la lecture! Faut-il pour autant demander une taxe sur les livres dans lesquels il y a de la violence, c’est à dire tous les thrillers ( pauvre Kay Scarpetta !) et polars ? Ah pardon, j’oubliais que la littérature c’est de l’art, et Gallois à l’air de savoir mieux que nous ce qui en relève ou pas, peu importe les faits. Le Point, cet hebdomadaire sans-gêne…

Julius

 

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Publié le 27/11/2012, dans Guns of the Kikoolols, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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